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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le boa caoutchouc (Charina bottae) au Canada

COSEPAC Résumé

Boa caoutchouc
Charina bottae

Information sur l’espèce

Le boa caoutchouc (Charina bottae) est un petit serpent (75 cm) de la famille des Boïdés, dont il est le seul représentant au Canada. On distingue une sous-espèce du Nord (Charina bottae bottae) et une sous-espèce du Sud (Charina bottae umbratica). Au Canada, on ne trouve que le C.b. bottae. Le boa caoutchouc se distingue aisément des autres serpents du Canada par sa couleur brunâtre et son aspect caoutchouteux (attribuable à ses petites écailles lisses) ainsi que par sa queue, courte avec le bout arrondi et ressemblant à une tête.

Répartition

Le boa caoutchouc se rencontre dans l’Ouest de l’Amérique du Nord depuis la Colombie-Britannique jusqu’en Californie et, vers l’est, jusqu’au Montana, au Wyoming et dans le Nord-Ouest du Colorado. Au Canada, l’espèce est sporadique et confinée au tiers sud de la Colombie-Britannique, où elle est associée aux bassins hydrographiques des principaux cours d’eau. La seule population canadienne de boa caoutchouc ayant jamais été étudiée est celle de l’aire d’aménagement de la faune de la vallée de Creston.

Habitat

Le boa caoutchouc fréquente des habitats très variés : des milieux riverains, des terres herbeuses, des forêts montagnardes et, parfois, des terrains urbains vacants. L’espèce exige avant tout la présence d’affleurements rocheux et de débris ligneux grossiers abondants, qui lui permettent de s’abriter et l’aident à assurer sa thermorégulation. Le boa caoutchouc passe beaucoup de temps sous terre, dans des anfractuosités rocheuses et des terriers de rongeurs abandonnés.

Biologie

Le boa caoutchouc est un prédateur nocturne. Il est actif à des températures beaucoup plus basses que la majorité des reptiles (de 6 à 28 °C). Cependant, on a observé, de jour, une préférence pour une température corporelle de 30 °C chez la population de la vallée de Creston. L’activité du boa caoutchouc à de basses températures constitue peut-être un compromis entre l’avantage de se nourrir la nuit, pendant que ses prédateurs sont moins nombreux à chasser, et le coût d’être actif à des températures qui ne sont pas les plus favorables. La femelle donne naissance, fin août ou début septembre, à 2-8 petits. Les femelles ne produisent pas une portée tous les ans, ne le faisant peut-être même qu’aux 4 ans. Le boa caoutchouc peut vivre jusqu’à 20 ou 30 ans dans la nature et plus encore en captivité.

Taille et tendances des populations

On ne connaît ni le nombre ni la taille des populations et des sous-populations du boa caoutchouc au Canada. L’espèce ne semble pas très abondante dans l’aire d’aménagement de la faune de la vallée de Creston, en dépit du fait que l’habitat y est considéré comme très propice à l’espèce.

Facteurs limitatifs et menaces

Il est possible que la répartition du boa caoutchouc soit limitée par la brièveté des étés dans la majeure partie du Canada, les femelles gravides n’ayant pas le temps, si la période de chaleur est trop courte, de mener à terme le développement de leurs embryons. Au Canada, il est possible que le taux d’accroissement des populations soit faible en raison de la maturité sexuelle tardive chez cette espèce et du nombre peu élevé de petits par portée, facteurs qui feraient que la réaction des populations aux perturbations serait lente. L’exploitation forestière, l’agriculture et l’expansion urbaine réduisent la qualité et la quantité des milieux convenant à l’espèce, en particulier lorsque ces activités endommagent ou détruisent les affleurements rocheux et ne laissent en place aucune quantité importante de débris grossiers.

Importance de l’espèce

Le boa caoutchouc est le seul représentant au Canada de la famille primitive des Boïdés et l’un des deux seuls membres de cette famille vivant hors des zones tropicales et subtropicales. Il présente un intérêt en raison de son aspect particulier, de son apparente rareté au Canada et de sa capacité à chasser la nuit alors que sa température corporelle est très basse.

Protection actuelle et autres désignations

La cote G5 (espèce manifestement non en péril; commune, généralement répandue et abondante) a été attribuée au boa caoutchouc à l’échelle mondiale, et la cote S5 ou S4 dans tous les États des États-Unis où l’espèce est présente, sauf au Wyoming (S2S3). En Colombie-Britannique, l’espèce a la cote S3S4 (espèce vulnérable, mais apparemment non en péril; peu commune mais non rare et généralement répandue; peut-être préoccupante à long terme) et elle figure sur la « liste bleue » (espèces vulnérables). En outre, elle est désignée par le code d’exploitation forestière de la province, ce qui oblige en droit les titulaires de concessions forestières à gérer les secteurs de coupe de manière à protéger l’habitat essentiel à l’espèce.

Résumé du rapport de situation

Le boa caoutchouc se rencontre dans une assez grande étendue à la limite nord de son aire de répartition (Colombie-Britannique). Cependant, il est très rare qu’on l’aperçoive, même en le recherchant intensivement, soit que l’espèce est véritablement rare au Canada, soit que ses mœurs, notamment son alimentation nocturne et sa retraite sous couvert pour la thermorégulation, la rendent difficile à trouver. La répartition et le potentiel de reproduction du boa caoutchouc sont probablement limités par la brièveté des étés (saison de reproduction), les femelles gravides n’ayant pas toujours le temps de mener à terme le développement de leurs embryons avant d’entrer en hibernation. Si le boa caoutchouc est rare au Canada, sa répartition sporadique et son faible potentiel de reproduction pourraient entraîner sa disparition des régions où son habitat est dégradé par l’exploitation forestière, l’agriculture ou l’exploitation urbaine, ou des régions où la croissance du réseau routier entraîne un accroissement des taux de mortalité.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préocpupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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