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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le boa caoutchouc (Charina bottae) au Canada

Habitat

Besoins de l’espèce

Le boa caoutchouc se rencontre dans des milieux très variés : rives de cours ou de nappes d’eau, chaparrals, prairies et forêts subalpines (Hoyer, 2001; Gregory et Campbell, 1984; Stebbins, 1966). Dans l’Ouest de l’Oregon, on le trouve dans presque tous les types de milieux, sauf les terres cultivées ou régulièrement broutées; on en a même capturé dans des terrains vagues en ville, en bordure de grandes routes et de voies ferrées et à proximité d’installations industrielles (Hoyer, 1974). L’espèce semble exiger surtout la présence de débris ligneux grossiers abondants (Hoyer et Stewart, 2000a; Cannings et al., 1999), qui lui permettent de s’abriter et l’aident à assurer sa thermorégulation (Dorcas et Peterson, 1998). Des expériences réalisées dans le Sud de la Californie ont montré qu’un couvert artificiel, par exemple du contre-plaqué, peut attirer le boa caoutchouc. On a en effet capturé un boa caoutchouc toutes les 34 minutes sous un couvert artificiel comparativement à un toutes les 2 heures et 29 minutes sous un couvert naturel (Hoyer et Stewart, 2000a). Le boa caoutchouc passe beaucoup de temps sous terre, dans des anfractuosités rocheuses et des terriers de rongeurs abandonnés (Dorcas et Peterson, 1998). Les données télémétriques obtenues pour la population de la vallée de Creston, en Colombie-Britannique, montrent que le boa caoutchouc passe 25 p. 100 du temps sous couvert à la surface du sol et le reste, sous terre (St. Clair, 1999). Ce boa occupe principalement les affleurements rocheux des zones déboisées. Il y a preuve à l’appui que le boa caoutchouc choisit des pierres de différentes épaisseurs et donc de diverses températures afin de régulariser sa température corporelle (R. St. Clair, données inédites).

Tendances

L’accroissement urbain, l’agriculture intensive et les pratiques forestières, qui ne laissent aucun gros débris ligneux sur les parterres de coupe, sont autant de facteurs susceptibles de réduire l’habitat propice au boa caoutchouc.

Protection et propriété des terrains

Le code d’exploitation forestière de la Colombie-Britannique assure une protection au boa caoutchouc en ceci qu’il oblige en droit les titulaires de concessions forestières à gérer de façon appropriée les secteurs de coupe renfermant des habitats essentiels à l’espèce. On sait que les habitats essentiels renferment des repaires et des aires de reproduction et d’alimentation, mais il n’existe aucune information sur l’utilisation de l’habitat chez le boa caoutchouc. La population de la vallée de Creston bénéficie de la protection que lui assure sa situation au sein d’une aire d’aménagement de la faune.