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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie dorée (Castilleja levisecta) au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Castilléjie dorée
Castilleja levisecta

Information sur l’espèce

La castilléjie dorée (Castilleja levisecta) est une plante herbacée vivace qui produit normalement plusieurs tiges formant une touffe à partir d’une base commune. Les feuilles sont poilues, alternes et disposées le long de la tige. Les feuilles inférieures sont simples et étroites, tandis que les feuilles supérieures sont ovées et peuvent avoir de 1 à 3 paires de courts lobes latéraux. L’inflorescence est un épi terminal garni de grandes bractées poilues, jaune doré, arrondies au sommet et à peu près de la même largeur que les feuilles supérieures. L’extrémité des bractées possède de 1 à 3 paires de lobes courts. Les fleurs sont en grande partie cachées par les bractées. La corolle est constituée de pétales soudés qui forment 2 lèvres à l’extrémité du tube corollaire. La lèvre supérieure ressemble à un bec et fait de 3 à 4 fois la longueur de la lèvre inférieure. On dénombre 4 étamines et un seul style, terminé par un seul stigmate. Après la fécondation, l’ovaire se transforme en une capsule sèche renfermant de 70 à 150 graines minuscules à tégument lâche et réticulé.

Le nombre de chromosomes de la castilléjie dorée est de 2n=24. Des études ont montré que des degrés de diversité génétique exceptionnellement élevés sont maintenus au sein de l’espèce, comparativement à d’autres espèces végétales étroitement endémiques. La population de l’île Trial, bien qu’elle soit l’une des populations les plus géographiquement isolées, présentait la plus forte diversité génétique, mais des degrés de divergence génétique relativement bas. Au contraire, la population de l’îlet Alpha venait au deuxième rang relativement aux degrés de convergence génétique, mais affichait seulement des degrés moyens de diversité génétique.

Répartition

L’espèce vit à de faibles altitudes à l’ouest de la chaîne des Cascades, depuis l’île de Vancouver jusqu’au comté de Linn, en Oregon. Au Canada, la castilléjie dorée se trouve seulement dans de petites îles au large de Victoria, en Colombie-Britannique. Les deux populations existantes sont à environ 7 km l’une de l’autre, et la zone d’occurrence mesure 2,2 km2. La zone d’occurrence historique était, semble-t-il de 100 km2. La zone d’occupation mesure au plus 4 km2 lorsque l’on se fonde sur une grille de 2 km × 2 km.

Habitat 

Au Canada, la castilléjie dorée se rencontre dans les prés maritimes. Les températures estivales sont fortement modérées par la proximité de l’océan. Les brouillards côtiers donnent lieu à de fortes rosées à la fin de l’été et au début de l’automne, ce qui stimule la germination et lève la dormance des pousses chez nombre de plantes vivaces alors que les zones de l’intérieur demeurent sèches et brunes. Les brouillards côtiers et la proximité de l’océan tendent aussi à modérer les gels hivernaux (particulièrement la nuit) ainsi qu’à retarder l’accumulation de chaleur, ce qui peut ralentir la croissance des végétaux. Les prés maritimes peuvent être largement dépourvus de végétation ligneuse à cause de divers facteurs, dont de forts déficits hydriques estivaux (particulièrement aux endroits exposés au vent ou présentant des sols minces à texture grossière), les embruns salés et les brûlages effectués pendant longtemps par les Premières Nations. Les prés maritimes peuvent être exposés à un seul de ces facteurs ou à plusieurs. Ainsi, certains prés peuvent accueillir des peuplements forestiers, alors que d’autres demeurent dégagés malgré l’élimination des feux.

La superficie de l’habitat potentiel dans le sud-est de l’île de Vancouver et les îles adjacentes a considérablement diminué au cours du siècle dernier, pendant lequel les prés maritimes ont été exploités à des fins résidentielles et récréatives. L’aire de répartition canadienne de la castilléjie dorée compte environ 24 ha de prés maritimes. Elle se trouve au cœur de l’une des régions nord-américaines qui se développent le plus rapidement. Par conséquent, une forte pression d’aménagement continuera d’être exercée sur les prés maritimes propices à la castilléjie dorée.

Environ 90 p. 100 de la zone d’occupation actuelle était, dans le passé, sujette à de longues périodes de broutage par le bétail. Aujourd’hui, la végétation est dominée par des graminées et autres plantes herbacées envahissantes. Une proportion encore plus grande de l’habitat potentiel, mais inoccupé, a été broutée par le bétail. Elle est maintenant elle aussi dominée par des graminées et autres plantes herbacées envahissantes. Même des zones qui ne semblent pas avoir servi de pâturages dans le passé ont été altérées par des espèces exotiques envahissantes, dont l’abondance continue peut-être de croître.

Le brûlage pratiqué par les Premières Nations, qui vise à améliorer les cultures de camassies, permettaient d’assurer le maintien des prés maritimes. La suppression des feux favorise de nos jours l’aménagement de denses parcelles d’arbustes et d’arbres indigènes où la castilléjie ne peut survivre.

Biologie 

La levée de la dormance des pousses commence dès la mi-septembre, et, en janvier, la plupart de ces dernières sont sorties de leur état de dormance. Ces dernières commencent à s’allonger en mars alors que les feuilles grossissent et que les entre-nœuds s’allongent. Le pic de floraison survient en avril et mai. Les fruits verts se forment de mai à juillet, puis mûrissent. Des fruits non ouverts sont généralement présents depuis juillet jusqu’au début de septembre. Les graines tombent graduellement jusqu’à la fin de novembre ou en décembre, moment où la plupart des graines mûres se sont dispersées. Les graines sont minuscules et dépourvues des caractères adaptatifs facilitant leur dispersion sur de longues distances. Elles semblent tomber dès que le vent agite les plantes mûres.

La castilléjie dorée, plante vivace à racine pivotante, est incapable de se reproduire par voie asexuée et donc de produire des clones.

Les mammifères et arthropodes herbivores peuvent avoir des effets néfastes sur l’espèce, mais les populations canadiennes vivent dans des îles où il n’y a pas de mammifères herbivores et où l’herbivorie par les arthropodes n’exerce qu’un impact mineur.

La castilléjie dorée est un hémiparasite, c’est-à-dire qu’elle contient de la chlorophylle et fixe le carbone au moyen de la photosynthèse, mais acquiert l’eau et les nutriments grâce à des connexions racinaires parasites. Elle parasite probablement une large variété d’espèces.

Taille et tendances des populations

La castilléjie dorée a été mentionnée dans huit localités du Canada, dont seulement deux abritent des populations existantes. D’après les données les plus récentes, il y avait 3 361 plantes produisant des fleurs en 2006. Ce nombre semble refléter un déclin démographique d’environ 25 p. 100 au cours de la dernière décennie, principalement dans l’îlet Alpha. La possibilité d’une immigration de source externe est faible étant donné que les populations voisines, qui se trouvent aux États-Unis, sont petites et séparées par une dizaine de kilomètres de haute mer et que les graines sont mal adaptées au transport sur de longues distances.

Facteurs limitatifs et menaces

Outre les menaces qui pèsent sur l’habitat -- voir ci-dessus -- la castilléjie dorée a également souffert par le passé du fauchage pratiqué au printemps et au début de l’été, de l’herbivorie et du piétinement.

Importance de l’espèce 

Les populations canadiennes de castilléjies dorées présentent une valeur très élevée pour la conservation, car elles représentent environ 20 p. 100 de la population mondiale, laquelle est endémique et répartie sur une étroite superficie. Dans certaines régions, l’espèce est peut-être un hôte important du damier de Taylor, papillon désigné en voie de disparition à l’échelle du pays.

Protection existante ou autres désignations de statut 

NatureServe a classé la castilléjie dans la catégorie des espèces gravement en péril à l’échelle mondiale. L’espèce est désignée menacée aux termes de l’Endangered Species Act des États-Unis. En 2000, le COSEPAC a désigné la castilléjie dorée espèce en voie de disparition au Canada en se fondant sur un rapport rédigé en 1995. L’espèce et d’autres espèces des prés maritimes associés aux chênes de Garry font l’objet d’un programme de rétablissement d’espèces multiples.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril(LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2007)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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