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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie dorée (Castilleja levisecta) au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

La castilléjie dorée produit des fleurs distinctes qui attirent l’attention et ne passent pas facilement inaperçues. On a effectué dans des sites propices de nombreux relevés depuis le début des années 1980 dans le cadre d’une série de projets visant à documenter la répartition des plantes rares des prés maritimes du sud-est de l’île de Vancouver et des îles Gulf. Parmi les principaux chercheurs figuraient Adolf et Oldriska Ceska, Matt Fairbarns, Hans Roemer, Jenifer Penny, Harvey Janszen, Frank Lomer et le défunt George Douglas, qui connaissent ou connaissaient tous bien la castilléjie dorée. Entre 2002 et 2005, Fairbarns (2005c) a mené des recherches approfondies sur plusieurs espèces rares, dont la castilléjie dorée, dans 41 complexes de prés du sud-est de l’île de Vancouver ainsi que des îles et îlets du large. Les relevés consistaient notamment à examiner de manière détaillée chacun des complexes de prés au sein de la zone d’occurrence canadienne connue, qui comprend une seule réserve indienne. Aucune nouvelle population n’a été trouvée. Les terres privées et les réserves indiennes en périphérie de la zone d’occurrence connue, qui constituent seulement une faible proportion de l’habitat apparemment propice, n’ont pas été étudiées aussi rigoureusement que les terres publiques.

Abondance

Étant donné l’absence d’information sur les taux d’échange génétique, on a considéré comme distinctes les occurrences de l’espèce qui étaient à plus de 1 000 m les unes des autres. Ainsi, la castilléjie dorée a été signalée dans huit localités du Canada (voir le tableau 1), dont seulement deux abritent des populations existantes. La population de la colline Beacon n’a pas été observée dans les relevés annuels depuis 1991. La population de l’île Trial est formée de multiples sous-populations (c’est-à-dire de parcelles séparées de < 1 000 m). D’après les données les plus récentes provenant de chaque site, il y avait au total 3 361 plantes produisant des fleurs au Canada sur environ 3,9 ha (0,039 km²).

Fluctuations et tendances

Le nombre de castilléjies dorées mûres et en âge de se reproduire dans une population peut fluctuer en fonction des taux de recrutement, de maturation, de régression et de mortalité. Les grands individus reproducteurs peuvent très bien, pendant les années moins favorables, régresser et redevenir petits et non reproducteurs (Wentworth, 1994). La régression de certains individus pourrait expliquer en partie les fortes fluctuations observées ces dernières années. Par ailleurs, les comptes élevés peuvent être le résultat du recensement de tiges florifères, et les faibles comptes, celui du recensement de plantes entières (chaque sujet a tendance à produire de 1 à 3 tiges florifères). Les changements dans la taille de la population de l’île Trialsont en grande partie attribuables à ces deux facteurs, bien qu’une augmentation du nombre de genêts à balais puisse également expliquer les faibles comptes récents. Le déclin rapporté dans l’îlet Alpha peut être en partie dû au type de recensement (tiges florifères ou plantes entières) ou à la régression subie par des sujets mûrs. Par contre, l’ampleur du changement indique clairement un déclin marqué de la population. En effet, le déclin était si important que le relevé du printemps (voir « 2006a » dans le tableau 1) a dû être suivi d’un relevé d’automne (voir « 2006b » dans le tableau 1). Dans l’ensemble, le taux de déclin de cette population au cours des 10 dernières années approchait probablement les 25 p. 100 (si l’on présume que les comptes antérieurs à l’îlet Alpha sont constitués d’individus ayant en moyenne 2 tiges florifères).

Immigration de source externe

Des relevés floristiques étendus ont été réalisés dans des régions voisines de l’État de Washington, notamment la péninsule Olympic (Buckingham et al., 1995), les principales îles du comté de San Juan (Atkinson et Sharpe, 1993) et des petits îlets de ce même comté (Giblin, comm. pers., 2006). Selon les résultats de ces relevés, la castilléjie dorée serait absente de la péninsule Olympic et très rare dans les îles du comté de San Juan (trois localités). Les populations des îles du comté sont petites et isolées par plus d’une dizaine de kilomètres de haute mer de la portion la plus proche de l’aire de répartition canadienne. Les graines sont dépourvues des caractères adaptatifs facilitant la dispersion sur de longues distances par le vent, l’eau ou les animaux. Pour ces raisons, la possibilité d’un flux naturel des gènes (par les graines ou le pollen) à partir des États-Unis est négligeable.

Tableau 1. Emplacement, populations et propriété des terres -- castilléjie dorée
EmplacementAnnéeChercheur / observateurNombre de plantesNote de tableaua/superficiePropriété des terres/remarques
Île Trial1961CalderTrès communeTerres publiques mixtesNote detableaub
Île Trial1964HettInconnuTerres publiques mixtesNote detableaub
Île Trial1974BrayshawInconnuTerres publiques mixtesNote detableaub
Île Trial1992Douglas2 560/0,5 haTerres publiques mixtesNote detableaub
Île Trial2002Douglas6 450/haTerres publiques mixtesNote detableaub
Île Trial2006Fairbarns3 192 (p)/3,7 haTerres publiques mixtesNote detableaub
Îlet Alpha1983BrayshawInconnuRéserve écologique
Îlet Alpha1999Douglas2 863 (t)/687 Réserve écologique
Îlet Alpha2002Fairbarns2 400 (t)/0.2 haRéserve écologique
Îlet Alpha2006aFairbarns169 (p)/0,2 haRéserve écologique
Îlet Alpha2006bFairbarns165 (p)/0,2 haRéserve écologique
Colline Beacon1896AndersonInconnuParc municipal
Colline Beacon1907NewcombeInconnuParc municipal
Colline Beacon1908PorsildInconnuParc municipal
Colline Beacon1969ClarkInconnuParc municipal
Colline Beacon1991Brayshaw3/1m²Parc municipal
Colline Beacon2006FairbarnsDisparueParc municipal
Route Patricia Bay1954MelburnInconnuInconnue
Lac LostNote de tableauc1945HardyInconnuInconnue
Sidney1927GoddardInconnuInconnue
Wellington1898FletcherInconnuInconnue
Colline Cedar1887MacounInconnuInconnue
Note de tableau a

(t) renvoie aux comptes de tiges florifères; (p) renvoie aux comptes de plantes entières; les autres comptes pouvaient être constitués de tiges florifères ou de plantes entières.

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Note de tableau b

La population se trouve sur des terres fédérales (station de phare de la Garde côtière canadienne), une réserve écologique provinciale et des terres publiques provinciales.

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Note de ta bleau c

Lac Blenkinsop.

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