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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie dorée (Castilleja levisecta) au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Les menaces qui pèsent sur l’habitat, dont la perte directe de l’habitat, la détérioration causée par des espèces exotiques envahissantes et les changements dus à l’altération des régimes de feux, sont décrites ci-dessus. La présente section traite des menaces qui pèsent directement sur la castilléjie dorée dans les localités où on la trouve actuellement, ou dans celles qu’elle a occupées dans le passé. Le déclin marqué dans l’îlet Alpha est inhabituel puisque le site était pratiquement exempt de plantes envahissantes, n’avait pas subi de recrutement forestier ou arbustif et n’a pas été affecté par les menaces ci-dessous (fauchage, herbivorie, piétinement et pollution marine) pendant la période du déclin.

Fauchage

Le déclin et la disparition éventuelle de la castilléjie dorée dans le parc de la colline Beacon semblent avoir été accélérés par un régime de fauchage estival qui a éliminé les inflorescences avant qu’elles ne parviennent à maturité. Les dernières plantes se trouvaient dans ce qui est encore un pré dégagé apparemment capable d’abriter l’espèce (F. Hook, comm. pers., 2005). Le fauchage d’automne, au contraire, favorise la survie de la castilléjie dorée parce qu’il réduit le nombre d’herbacées envahissantes, éléments importants des prés (Wilson et Clark, 2001), et qu’il améliore la dispersion des graines dans l’habitat propice (Caplow, 2004).

Herbivorie

L’herbivorie présente une faible menace pour les populations canadiennes existantes de castilléjies dorées, ces dernières vivant dans de petites îles exemptes de mammifères herbivores. Certains invertébrés peuvent se nourrir de tissus végétaux, mais les dommages qu’ils causent sont généralement mineurs et localisés (voir ci-dessus). L’herbivorie menace plutôt les populations se trouvant dans des régions habitées par des cerfs, des lièvres et des campagnols (Caplow, 2004); elle peut y avoir joué un rôle dans la perte de populations canadiennes par le passé.

Piétinement

Le piétinement et les activités connexes ont peut-être autrefois présenté des menaces mineures, mais la persistance de la population du parc de la colline Beacon pendant plusieurs décennies de fréquentation intensive donne à penser que l’espèce n’est pas particulièrement vulnérable aux dommages causés par le piétinement. Quoi qu’il en soit, peu de piétons se promènent dans les deux populations existantes de castilléjies dorées, ces dernières étant situées dans des îles qu’on ne recommande pas de visiter.

Pollution marine

Selon Douglas et Ryan (1999), la pollution marine peut menacer la castilléjie dorée au Canada, car les populations existantes vivent juste au-dessus du niveau de la mer, près des voies maritimes qui passent par les détroits de Haro et de Juan de Fuca. Ces voies sont les plus achalandées et utilisées d’Amérique du Nord, au nord de San Francisco. Malgré ces arguments, il n’est pas clair que la pollution marine pose des menaces importantes pour la castilléjie dorée.