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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la ptychomitre à feuilles incurvées au Canada

COSEPAC Résumé

Ptychomitre à feuilles incurvées

Ptychomitrium incurvum

Information sur l’espèce

Le Ptychomitrium incurvum (Schwägr.) Spruce est une petite mousse (de 2 à 6 mm de hauteur) qui pousse en touffes brun jaune à vert noirâtre, sur des substrats rocheux. L’espèce a été décrite pour la première fois par C.F. Schwägrichen, en 1823, sous le nom de Weissia incurva. Elle appartient à l’embranchement des Bryophytes, au sous‑embranchement des Mousses, à la classe des Bryopsides, à l’ordre des Grimmiales et à la famille des Ptychomitriacées. Il ne semble exister aucune controverse récente quant au statut taxinomique de l’espèce. Cependant, le seul spécimen canadien connu est en fait un isotype du Grimmia hookeri Drumm., aujourd’hui considéré comme synonyme du P. incurvum.

Répartition

À l’échelle mondiale, le Ptychomitrium incurvum est une espèce de la zone tempérée et possède des populations des deux côtés de l’Atlantique. Dans l’Est de l’Amérique du Nord, l’espèce est assez répandue, mais ses populations sont concentrées dans le Sud des États-Unis. Dans le Nord-Est de ce pays, on n’en connaît qu’un nombre assez faible de sites, tous historiques, mais il faudrait des recherches plus approfondies avant de pouvoir confirmer ou infirmer que l’espèce tend à décliner dans les États bordant la frontière canadienne.

La seule mention canadienne de l’espèce est historique et se rapporte à un spécimen récolté en 1828. La seule indication que porte l’étiquette du spécimen, rédigée en anglais, peut se traduire par « Sur une roche, près des chutes Niagara, en Ontario ». La localité exacte est incertaine, et il n’existe actuellement aucune population canadienne connue. Comme près de deux siècles se sont écoulés sans que l’espèce ne soit retrouvée au Canada depuis la seule récolte connue, il existe un doute quant à l’appartenance actuelle du Ptychomitrium incurvum à la flore canadienne.

Habitat

Le Ptychomitrium incurvum se rencontre habituellement dans des forêts de feuillus, à la surface ou dans les petites fissures de blocs rocheux exposés ou abrités à composition chimique variée (calcaires ou non). L’espèce pousse parfois à la base d’arbres ou sur des troncs morts couchés. On sait que les perturbations anthropiques, notamment la destruction ou fragmentation des forêts, ont nui à de nombreuses espèces végétales de la forêt décidue dans le Sud de l’Ontario, mais il est peu probable que ce facteur soit responsable de l’absence du P. incurvum dans cette région. En effet, comme le P. incurvum peut pousser sur une variété de substrats rocheux naturels et artificiels, il ne semble pas que sa répartition soit limitée par le manque de substrats adéquats. Des facteurs climatiques seraient plutôt en cause, puisque l’espèce est surtout présente plus au sud.

Biologie

On ne sait presque rien des caractéristiques biologiques propres au Ptychomitrium incurvum. Comme la plupart des mousses, la plante se propage au moyen de ses spores, mais on sait qu’elle produit à l’occasion des gemmules (propagules asexuées). Le P. incurvum est autoïque (ce qui devrait permettre l’autofécondation), et la production de spores est très fréquente. D’ailleurs, le seul spécimen canadien de l’espèce porte beaucoup de sporophytes. L’établissement peut présenter des difficultés particulières pour une espèce saxicole comme le P. incurvum. En effet, les milieux rocheux retiennent mal l’humidité et offrent souvent peu de protection contre les intempéries.

Les mousses formant des colonies en coussins, comme le Ptychomitrium incurvum, sont moins bien adaptées à la multiplication végétative que les mousses formant des tapis, qui sont plus ramifiées et plus étalées. Les espèces qui poussent dans les fissures de la roche, comme peut le faire le P. incurvum, sont en outre limitées par le peu d’espace qu’elles peuvent occuper avant que la dispersion à plus grande distance devienne nécessaire. La préférence pour des milieux qui sont isolés les uns des autres oblige la plante à se disperser par delà des milieux défavorables, ce qui ne peut être accompli par un accroissement végétatif des colonies.

Taille et tendances des populations

Comme on ne connaît aucune population canadienne actuelle du Ptychomitrium incurvum et comme l’auteur de la seule récolte historique n’a pas précisé l’abondance de l’espèce sur l’étiquette du spécimen, il est impossible d’évaluer la taille et les tendances des populations.

Facteurs limitatifs et menaces

Comme il est expliqué ci-dessus, le climat semble limiter l’expansion vers le nord de l’aire de répartition nord-américaine du Ptychomitrium incurvum. Les activités humaines (pollution et destruction de l’habitat) peuvent également avoir contribué à l’absence actuelle de l’espèce dans le Sud de l’Ontario. Comme on ne connaît actuellement aucune population de l’espèce au Canada, il est impossible d’évaluer les menaces auxquelles l’espèce est exposée.

Importance de l’espèce

Le site ontarien du Ptychomitrium incurvum est important, car il représente la seule population de l’espèce au Canada et aide à préciser la limite nord de la répartition nord-américaine de l’espèce. Le P. incurvum fait partie d’un nombreux cortège d’espèces végétales de la zone carolinienne qui sont en voie de disparition au Canada ou même déjà disparues du pays.

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 MANDAT DU COSEPAC 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.