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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la ptychomitre à feuilles incurvées au Canada

Répartition

Répartition mondiale

Le Ptychomitrium incurvum se rencontre dans les zones tempérées. Les populations se trouvent principalement dans l’Est de l’Amérique du Nord (Crum et Anderson, 1981; Missouri Botanical Garden, 2001), mais également dans certaines régions montagneuses d’Europe (Pyrénées, Alpes et Caucase) (Corleyet al., 1981; Düll, 1984). L’espèce est assez répandue dans l’Est de l’Amérique du Nord, mais elle se concentre dans le Sud des États-Unis (figure 2; Crum et Anderson, 1981; Missouri Botanical Garden, 2001; New York Botanical Garden, 2001; Norton Miller, comm. pers., Nancy Slack, comm. pers.). Dans le passé, des récoltes ont été faites aussi loin au nord que dans le comté de Washington, dans le Centre-Est de l’État de New York (New York Botanical Garden, 2001).

Les limites de répartition du Ptychomitrium incurvumsemblent avoir changé au cours du siècle dernier. Les spécimens d’herbier révèlent l’existence d’un assez grand nombre de sites dans le Nord-Est des États-Unis, mais ces récoltes sont assez anciennes. Par exemple, il existe au New York Botanical Garden (2001) 25 spécimens récoltés dans cet État, mais tous l’ont été avant 1940; par ailleurs, parmi les sept spécimens récoltés dans l’État de New York et déposés au New York State Museum (NYS), la récolte la plus récente remonte à 1960 (Miller, comm. pers.). Selon la liste de Clemants et Ketchledge (1993) sur la situation des mousses rares de l’État de New York, l’espèce ne comporte que des sites historiques dans cet État. Norton Miller (comm. pers.) estime qu’il faut interpréter prudemment ces tendances, car il ne connaît aucun botaniste qui ait recherché cette mousse récemment dans cet État. Les herbiers du New York Botanical Garden (NY), du Missouri Botanical Garden (MO) et de la University of Alberta (ALTA) renferment très peu de spécimens de P. incurvum récoltés récemment dans les États voisins de l’État de New York (figure 2).

Répartition canadienne

Il existe une seule mention canadienne du Ptychomitrium incurvum, et elle provient d’une localité située très près de la frontière des États-Unis. Cette mention est fondée sur le spécimen n61 d’un exsiccata distribué en 1828 par Drummond, Musci Americani (Specimens of the Mosses Collected in British North America). Selon l’étiquette de l’exemplaire déposé au Musée canadien de la nature (CANM), le spécimen a été récolté « sur une roche près des chutes Niagara, dans le Haut-Canada ». Macoun et Kindberg (1892) ont changé « Haut-Canada » pour « Ontario », province qui n’avait pas encore été créée au moment de la récolte du spécimen.

Répartition approximative du Ptychomitrium incurvum en Amérique du Nord

 

Figure 2. Répartition approximative du Ptychomitrium incurvum en Amérique du Nord. Les régions ombrées et les points noirs montrent la répartition de l’espèce selon Reese (1999). L’étoile marque la position des chutes Niagara, seule localité canadienne où a été signalée une population de l’espèce, en 1828.Les années sont celles de la dernière récolte dans chaque État, selon les herbiers du New York Botanical Garden (NY), du Missouri Botanical Garden (MO), du Musée canadien de la nature (CANM) et de la University of Alberta (ALTA); une mention a été obtenue du New York State Museum (NYS). À noter : les années les plus récentes se trouvent dans le sud, et il y a peu d’années récentes dans le nord. Ces années ont été établies au moyen d’un examen préliminaire : nous n’avons vérifié aucun spécimen nord-américain duP. incurvum ni fait de recherche exhaustive dans les herbiers. La tendance ici observée demande donc à être confirmée par des recherches plus approfondies.

Une certaine incertitude entoure le lieu exact de la récolte faite par Drummond, dont les indications plutôt vagues auraient difficilement permis de retrouver le site, même peu de temps après. De plus, de nombreux spécimens de son exsiccata de 1828 présentent des indications de lieu qui se sont avérées inexactes (Crum, 1969). Étant donné les conditions dans lesquelles se faisaient les voyages et les herborisations au début du 19e siècle, on peut se demander si Drummond a tenu compte de la frontière canado-américaine lorsqu’il a traversé la région durant le voyage qui l’a mené de l’État de New York à l’Ouest canadien (Pringle, 1995). Il n’en reste pas moins que plusieurs spécimens récoltés dans l’État de New York par d’autres herborisateurs confirment que leP. incurvum a déjà poussé dans cette région (voir la section « Répartition mondiale » et la figure 2). Du point de vue phytogéographique, l’existence d’un site historique près des chutes Niagara est plausible, étant donné la proximité des sites historiques signalés dans l’État de New York (1960), en Ohio (1936), en Pennsylvanie (1938), au Vermont et au Michigan.

Quel que soit le lieu exact de la récolte, il est évident que le Ptychomitrium incurvum n’a pas été observé dans la région depuis un certain temps. Le Sud de l’Ontario est densément peuplé et a été relativement bien exploré, et il semble peu probable que le P. incurvum, s’il y était toujours présent, n’aurait pas été récolté depuis l’époque de Drummond. En 2001, dans le cadre de la préparation du présent rapport, nous avons passé une journée à fouiller en vain divers micro-habitats rocheux des environs des chutes Niagara et de la vallée du Niagara. Il se peut que des recherches plus longues et mieux concertées permettent un jour de trouver des populations du P. incurvum dans le Sud de l’Ontario. Cependant, pour l’instant, comme près de deux siècles se sont écoulés sans qu’aucun spécimen ne soit observé, il semble probable que l’espèce soit disparue du Canada.