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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la ptychomitre à feuilles incurvées au Canada

Biologie

Très peu d’information a été publiée sur les caractéristiques biologiques propres au Ptychomitrium incurvum. Les renseignements qui suivent s’appliquent à d’autres mousses présentant certains des caractères du P. incurvum.

Généralités

Le cycle vital des mousses comporte quatre grands stades, chacun se caractérisant par des exigences écologiques particulières.

Dispersion :         Les mousses comme le Ptychomitrium incurvum se dispersent au moyen de leurs spores, qui s’échappent dans l’atmosphère à travers les dents du péristome entourant l’orifice apical de la capsule. Dès qu’une spore entre en contact avec un substrat favorable se trouvant dans un micro-habitat adéquat, elle germe et produit une structure filamenteuse appelée protonéma.

Établissement :   Le protonéma est très sensible au dessèchement et exige donc un taux d’humidité élevé. C’est à partir du protonéma que se développent les gamétophores, sujets feuillés du gamétophyte qui possèdent généralement des caractéristiques leur permettant de supporter les contraintes liées à l’habitat de l’espèce. Les milieux rocheux sont particulièrement hostiles pour le protonéma, car ils retiennent mal l’humidité et offrent souvent peu de protection contre les intempéries. Le passage du stade de protonéma à celui de gamétophores, qui exige des conditions humides persistantes exemptes de perturbation, est critique pour l’établissement des mousses poussant sur la roche (Schofield, 1985).

Croissance :        Les gamétophytes se multiplient par voie végétative et finissent ainsi par former des colonies. Les mousses acrocarpes, comme le P. incurvum, forment généralement des coussins ou des gazons et sont moins bien adaptées à la multiplication végétative que les mousses pleurocarpes, couchées et ramifiées, qui forment plutôt des tapis. Les mousses qui poussent dans les fissures de la roche, comme peut le faire le P. incurvum, sont en outre limitées par le peu d’espace qu’elles peuvent occuper avant que la dispersion à plus grande distance devienne nécessaire.

Reproduction :     Les gamétophytes produisent des oosphères (œufs) non mobiles et des spermatozoïdes flagellés, et il faut la présence d’eau libre pour que ces gamètes puissent entrer en contact. Après la fécondation, l’oosphère, toujours enfermée dans le gamétophyte, se développe en en un sporophyte dont la tige, appelée soie, se termine par une capsule remplie de spores.

Reproduction

Le Ptychomitrium incurvum est une espèce autoïque, ce qui signifie que chaque gamétophyte produit à la fois des organes mâles (anthéridies) et des organes femelles (archégones). L’autofécondation étant ainsi apparemment possible, il ne serait donc pas absolument nécessaire que des gamétophytes mâle et femelle poussent à proximité. Le seul spécimen canadien de P. incurvum comprend beaucoup de sporophytes; ceux-ci sont d’ailleurs très communs chez l’espèce, selon Reese (1999). Comme le P. incurvum est une mousse assez commune vers le sud des États-Unis, il est peu probable que son mode de reproduction limite sa répartition davantage que ne le font les facteurs climatiques.

Déplacements et dispersion

La dispersion du Ptychomitrium incurvum est probablement en grande partie assurée par les spores, car les propagules asexuées sont rares chez l’espèce (Reese, 1999). Les milieux propices à l’espèce (blocs rocheux et arbres) sont isolés les uns des autres, ce qui oblige la plante à se propager par delà des milieux non propices et empêche les colonies de s’étendre par voie végétative.

Nutrition et relations interspécifiques

Comme le Ptychomitrium incurvum ne possède apparemment aucune préférence particulière quant à la composition chimique du substrat, il semble peu probable que des facteurs nutritifs limitent sa répartition.

Comportement et adaptabilité

Le Ptychomitrium incurvum est une petite plante (haute de 2 à 6 mm), ce qui lui permet d’exploiter des milieux exigus situés sur des blocs rocheux secs qui ne peuvent pas servir à la plupart des autres espèces. Cette adaptation en fait une espèce peu visible, qui peut échapper aux herborisateurs occasionnels ou inexpérimentés.

Le Ptychomitrium incurvum semble posséder une capacité d’adaptation supérieure à celle de nombreuses autres espèces de bryophytes. On sait en effet que de nombreuses mousses ont des besoins spécifiques en matière de substrat, alors que le P. incurvum est très souple à cet égard. De plus, il possède deux modes (sexué et asexué) de reproduction et de dispersion.