Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Magnolia acuminé (Magnolia acuminata L.)

RÉTABLISSEMENT

1.    But du rétablissement

Assurer la conservation du magnolia acuminé et, au besoin, aménager l’espèce pour qu’elle forme des populations autosuffisantes (c.-à-d. viable sur le plan démographique) dans les deux régions de son aire de répartition canadienne naturelle dans le sud de l’Ontario (c.-à-d. le comté de Norfolk, au sud et à l’ouest de Simcoe, et la ville de Pelham, dans la municipalité régionale de Niagara).

2.    Objectifs du rétablissement

Objectif I : Protéger les populations naturelles existantes et leur habitat, en accordant la priorité à l’habitat essentiel, au cours des cinq prochaines années (c.-à-d. l’habitat désigné à la section 13.2).

Le processus de communication avec les propriétaires fonciers concernant la réglementation des populations existantes non encore réglementées en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario a été achevé en 2005. La cartographie de l’habitat important aux fins du Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées (PEFTP) sera entreprise dans les propriétés admissibles. Le PEFTP offre aux propriétaires fonciers la possibilité de participer à un programme de réduction de l’impôt foncier pour la portion de leur propriété ayant été désignée comme habitat important pour une espèce en voie de disparition réglementée. D’autres méthodes de protection de l’habitat devraient être également employées, telles que l’intendance, l’éducation et la sensibilisation à l’échelle régionale et le partenariat avec les programmes de remise en état du paysage, tels que le Carolinian Canada’s Big Picture pour l’ensemble du territoire, et des projets locaux des régions de Long Point et de Niagara. La protection de l’habitat désigné des espèces en voie de disparition peut être réalisée en mettant en application la section 2.3 de la Déclaration de principes provinciale.

Objectif II : Au cours des 25 prochaines années, augmenter la taille de la population jusqu’à avoir 50 individus reproducteurs dans au moins deux sites à l’intérieur des deux régions occupées par l’espèce.

Cet accroissement de la population peut être réalisé par recrutement naturel grâce à des activités de gestion ou de remise en état qui permettront de recréer des liens entre les fragments de forêt et ainsi amélioreront les échanges entre les sous-populations situées sur des propriétés voisines. L’atteinte de populations comptant autour de 50 individus reproducteurs est considérée comme un indicateur de succès pour assurer des populations stables et constituera l’objectif initial en matière de populations et de répartition. Cependant, comme les recherches sur les taux démographiques du magnolia acuminé sont toujours en cours, il faudra peut-être réviser ces objectifs pour tenir compte de l’amélioration des connaissances sur les besoins de l’espèce en matière de population et de répartition pour son rétablissement. Des mesures de gestion visant à créer une matrice d’habitat pour les pollinisateurs et les disséminateurs de graines (une fois que ceux-ci seront mieux compris) et pour le recrutement des semis (une fois que des orientations auront été tirées des études actuelles) pourraient également être importantes pour favoriser l’expansion de la population par le biais des processus naturels.

Objectif III : Au cours des trois prochaines années, mener des recherches afin de mieux comprendre les aspects de la biologie et de l’écologie de l’espèce qui sont reliés à son statut précaire.

Entreprendre une évaluation préliminaire de la biologie de la pollinisation, de la dispersion des graines, de l’établissement des semis, de la génétique des populations et des effets de la fragmentation de l’habitat du magnolia acuminé sur ces différents éléments, dans le paysage du sud de l’Ontario. Élaborer un plan de recherche visant à combler les lacunes dans les connaissances et à fournir les orientations nécessaires pour une gestion efficace du magnolia acuminé et de son écosystème.

Objectif IV : Élaborer et mettre en œuvre un plan de remise en état du paysage pour réduire les impacts de la fragmentation ou des autres facteurs sur les habitats désignés. Au cours des cinq prochaines années, inclure des mesures de sensibilisation de la population, la possibilité de projets d’intendance par les propriétaires fonciers et la participation des collectivités dans des plans de gestion par site.

Travailler avec les propriétaires fonciers et trouver des participants intéressés; rechercher des partenariats avec des organismes de financement afin de défrayer les dépenses, et des  bénévoles des collectivités pour réaliser le travail. Participer aux initiatives de remise en état du paysage visant à réduire la fragmentation de l’habitat, et maximiser l’efficacité de la remise en état du paysage naturel du magnolia acuminé avec des partenaires, notamment le projet Carolinian Canada’s Big Picture, les conseils d’intendance et les initiatives locales dans les deux régions.

3.    Approches recommandées pour l’atteinte des objectifs du rétablissement

Tableau 1.  Priorités du programme de rétablissement de Magnolia acuminata L.

PrioritéObjectifApproche généraleMesures spécifiquesRésultat escomptéMenaces abordées
UrgenteI Protection par des lois et des politiques

·   Achever la réglementation touchant les nouveaux sites en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de la province.

·   Élaborer et mettre en œuvre des lignes directrices provinciales visant la cartographie de l’habitat dans le cadre de la Déclaration de principes provinciale et de la Loi sur les espèces en voie de disparition.

·   Fournir aux municipalités concernées des données cartographiques et de l’information sur la situation et la protection de l’espèce.

·   Désigner et cartographier l’habitat essentiel sur les terres domaniales.

·   Protection de l’espèce et de son habitat par des lois et des politiques.

·   Mauvaises pratiques d’aménagement forestier

·   Fragmentation de l’habitat

UrgenteI Protection et intendance de l’habitat

·   Communiquer avec les propriétaires fonciers admissibles pour les inciter à participer au Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées (PEFTP).

·   Favoriser l’intendance des sites.

·   Coopération des propriétaires fonciers à la protection des habitats occupés.

·   Amélioration de la coopération sur une plus grande superficie d’habitat.

·   Sensibilisation des communautés.

·   Mauvaises pratiques d’aménagement forestier

·   Fragmentation de l’habitat

NécessaireIIGestion de l’habitat

·   Déterminer les meilleurs moyens de recréer les liens entre les petites populations.

·   Relier les petites populations pour augmenter le recrutement.

·   Favoriser l’aménagement durable des forêts afin de protéger les arbres et l’habitat, et d’augmenter le recrutement.

·   Augmentation de la taille des petites populations (court terme).

·   Amélioration de la capacité des populations à être autosuffisantes.

·   Augmentation du recrutement dans les sites gérés.

·   Fragmentation de l’habitat

·   Mauvaises pratiques d’aménagement forestier

·   Faible connectivité et petite taille de la population.

Urgente/ nécessaireIIIRecherche·   Achever une évaluation préliminaire des effets de la fragmentation de l’habitat sur la pollinisation.

·   Meilleure compréhension de cette menace.

·   Élaboration des approches de gestion et de remise en état pour atténuer cette menace.

·   Amélioration de la compréhension de la biologie et de l’écologie de l’espèce afin d’orienter les mesures de gestion.

·   Élaboration d’approches et de lignes directrices en matière de gestion et de remise en état.

·   Fragmentation de l’habitat
NécessaireIIIActivités de recherche

·   Mener des études détaillées sur la pollinisation, la démographie et la dispersion des graines.

·   Déterminer la composition génétique des populations.

·   Caractériser les habitats essentiels.

·   Élaborer des lignes directrices en matière d’aménagement forestier pour atténuer les impacts de la récolte forestière et faciliter le recrutement.

·   Amélioration de la compréhension de la biologie et de l’écologie de l’espèce afin d’orienter les mesures de gestion.

·   Élaboration d’approches et de lignes directrices en matière de gestion et de remise en état.

·   Faible connectivité et petite taille de la population.

·   Mauvaises pratiques d’aménagement forestier

NécessaireIVRemise en état du paysage (long terme)

·   Déterminer les meilleurs moyens de créer des liens entres les populations dans le paysage.

·   Rechercher des propriétaires fonciers et des bénévoles intéressés pour participer à la remise en état de la connectivité du paysage.

·   Élaborer et mettre en œuvre des plans de gestion à l’échelle régionale et à l’échelle des sites.

·   Coopérer avec d’autres organismes engagés dans la remise en état du paysage (p. ex. Carolinian Canada, conseils d’intendance, etc.).

·   Augmentation de la quantité d’habitat pour le recrutement.

·   Augmentation de la taille effective des populations.

·   Amélioration de la connectivité entre les populations.

·   Existence de lignes directrices pour des activités ciblées de remise en état du paysage.

·   Coordination des efforts des partenaires pour une meilleure efficacité des mesures et de l’utilisation des ressources.

·   Faible connectivité et petite taille de la population.
BénéfiqueIVSensibilisation et participation du public·   Rechercher des propriétaires fonciers et des bénévoles intéressés pour effectuer la plantation.

·   Augmentation de la visibilité.

·   Augmentation de l’intérêt des collectivités locales.

·   Faible connectivité et petite taille de la population.

·   Fragmentation de l’habitat.

·   Mauvaises pratiques d’aménagement forestier.

 

4.    Impacts possibles du programme de rétablissement sur d’autres espèces ou sur des processus écologiques

Des essais de gestion ont montré qu’il est possible d’améliorer la régénération du magnolia acuminé dans son habitat naturel. Il faut aussi examiner les impacts (positifs et négatifs) sur d’autres espèces et sur l’ensemble de l’écosystème. Il sera primordial de communiquer et de coopérer avec d’autres équipes de rétablissement et groupes de spécialistes des espèces de ce groupe taxinomique avant de recommander des mesures de gestion s’appliquant à l’ensemble des deux régions. La gestion de cette espèce a permis d’établir que les petites ouvertures du couvert forestier favorisaient la régénération. Il faudra définir la forme et la taille des ouvertures avant de formuler des recommandations. Il est toutefois également important d’envisager les impacts, tant positifs que négatifs, que de telles mesures de gestion pourraient avoir sur d’autres espèces de l’écosystème forestier.

5.    Mesures achevées ou en cours

Le magnolia acuminé a d’abord fait l’objet d’une réglementation par site individuel en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition en 1986. De nouveaux sites portant des populations naturelles et/ou en régénération ont été découverts depuis, et ont été inclus à la réglementation en vertu de ladite loi en 2005. La cartographie de l’habitat des espèces en voie de disparition a été complétée aux fins du Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées (PEFTP) pour le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) (cartographie initiale en 1998, sites additionnels en 2000). Le MRNO évalue actuellement l’admissibilité des habitats désignés au PEFTP et, selon la disponibilité des ressources, pourra peut-être entamer une nouvelle ronde de communications avec les propriétaires fonciers dans un proche avenir.

Carolinian Canada a produit, pour le projet Big Picture, une cartographie qui comprend les aires naturelles principales et les meilleures connexions à remettre en état. Ces éléments doivent être considérés en fonction de l’habitat du magnolia acuminé et on doit déterminer les endroits où les mesures de remise en état seraient le plus appropriées.

L’Office de protection de la nature (OPN) de la région de Long Point et la University of Guelph effectuent actuellement des relevés de l’habitat et une analyse du recrutement dans différentes conditions; ces activités élargiront nos connaissances au sujet des caractéristiques de l’habitat du magnolia acuminé et de la dynamique de régénération de l’espèce.

En 2002, le Department of Environmental Biology de la University of Guelph a mené des recherches sur la dynamique de la pollinisation du magnolia acuminé; celles-ci incluaient le piégeage de pollinisateurs potentiellement importants et l’examen de leur corps en vue d’y détecter du pollen. On a aussi procédé à un suivi préliminaire des mammifères et des oiseaux disséminateurs de fruits et de graines. Ces travaux se sont poursuivis jusqu’en 2003.

L’OPN de la région de Long Point a obtenu des fonds du Programme d’intendance de l’habitat (PIH) en 2004 pour réaliser un projet intitulé Protection de certaines espèces des terrains boisés faisant partie du patrimoine naturel de la région de Long Point. Ce projet comportait la réalisation d’inventaires et l’élaboration de plans de gestion des propriétés de l’OPN, lesquels devaient contribuer au rétablissement des espèces en péril. En 2005 et en 2006, l’OPN de la région de Long Point s’est engagé dans un programme de gestion de l’habitat du magnolia acuminé pour la parcelle Smith. Au cours de l’hiver 2006, des arbres et des gaulis d’autres espèces ont été marqués et éliminés dans le but de réduire la compétition et de promouvoir la régénération du magnolia acuminé.

Différentes options de gestion sont actuellement envisagées pour la propriété Shining Tree Woods. Un document a été rédigé en vue d’étudier les options disponibles et une décision finale sera rendue par le conseil de la North American Native Plant Society. Les options de gestion examinées sont les suivantes : abattre certains arbres matures en vue d’ouvrir le couvert forestier et de favoriser la régénération du magnolia acuminé; faciliter l’expansion de l’habitat sur des terres en friche adjacentes de sorte que le magnolia acuminé puisse les coloniser lorsque les conditions seront favorables; remettre en état de manière plus active les terres en friche, notamment en plantant quelques magnolias acuminés provenant de graines d’origine locale.

6.    Échéancier prévu pour l'élaboration d'un ou de plusieurs plans d'action

Un plan d’action visant la mise en œuvre des recommandations du programme de rétablissement sera préparé d’ici 2008, selon les priorités et les contraintes de l’organisation principale et des organisations participantes.

7.    Évaluation

Les mesures de rendement pour évaluer le succès de la planification et des efforts de rétablissement s’attarderont à évaluer l’atteinte du but et des objectifs du rétablissement, elles porteront plus spécifiquement sur les éléments suivants :

1)     les variations de la taille, des tendances, du recrutement et de la productivité de la population, avec explications des variations;

2)     la caractérisation et la désignation de l’habitat essentiel;

3)     la proportion de l’habitat essentiel désigné qui a été protégée;

4)     la mesure dans laquelle les intervenants ont été consultés ou ont participé aux activités de rétablissement;

5)     l’atténuation des menaces;

6)     le soutien du public à l’égard des travaux de rétablissement.