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Magnolia acuminé (Magnolia acuminata L.)

CONTEXTE

Date de l’évaluation : Mai 2000

Nom commun : Magnolia acuminé

Nom scientifique : Magnolia acuminata

Statut selon le COSEPAC : En voie de disparition

Justification de la désignation : Occurrences localisées et majorité des sites sur des terres non protégées

Présence au Canada : Ontario

Historique du statut selon le COSEPAC : Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1984. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai 2000. Dernière évaluation fondée sur un rapport de situation existant.

Statut attribué par le MRNO : En voie de disparition (réglementé)

8.    Information sur l’espèce

8.1     Description de l’espèce

Le magnolia acuminé est la seule espèce du genre Magnolia indigène de l’Ontario. Il s’agit d’une espèce forestière pouvant atteindre une hauteur de 30 m dans son aire de répartition en Ontario. Les feuilles sont grandes, simples et non dentées. Elles peuvent atteindre de 10 à 24 cm de longueur et la moitié de cette valeur en largeur. De grandes fleurs jaune verdâtre s’épanouissent au début de l’été et sont pollinisées par des coléoptères et d’autres insectes. Les fruits arrivent à maturité vers la fin de l’été et sont composés d’un grand nombre de gousses rouges et charnues contenant une ou deux graines chacune. Le nom commun anglais de cet arbre (Cucumber Tree) tire son origine de la légère ressemblance du fruit immature avec le concombre.

9.    Répartition

9.1     Aire de répartition mondiale

Le magnolia acuminé est une essence forestière secondaire de l’est de l’Amérique du Nord. Le centre de son aire de répartition s’étend depuis le sud-est de l’État de New York jusqu’au nord de la Géorgie. L’espèce compte également des populations périphériques du sud de l’Ontario jusqu’en Floride (y compris l’Indiana, l’Illinois, le Missouri, l’Oklahoma et la Louisiane) (voir figure 1).

Figure 1.  Répartition naturelle de Magnolia acuminata en Amérique du Nord (d’après Ambrose, 1987)

Figure 1.  Répartition naturelle de Magnolia acuminata en Amérique du Nord (d’après Ambrose, 1987)

9.2     Aire de répartition au Canada

Le magnolia acuminé n’est présent que dans deux régions du sud de l’Ontario : la ville de Pelham, dans la municipalité régionale de Niagara, de même que le sud et l’ouest de la ville de Simcoe, dans le comté de Norfolk (voir figure 2).

Figure 2.  Répartition naturelle de Magnolia acuminata au Canada

Figure 2.  Répartition naturelle de Magnolia acuminata au Canada

9.3     Pourcentage de la répartition mondiale au Canada

Il est peu probable que les populations ontariennes représentent plus qu’une fraction de 1% de la répartition mondiale totale de l’espèce, puisque les populations situées au centre de l’aire de répartition ne sont pas désignées et seraient par conséquent plus abondantes. Des populations isolées existent en périphérie, et certaines sont suffisamment restreintes pour justifier une désignation par les compétences infranationales.

9.4     Tendances de la répartition

Il est difficile de déterminer le taux de variation de la répartition géographique de l’espèce, car on ne possède pas de données historiques complètes et les magnolias acuminés n’ont fait l’objet de recherches intensives que récemment. Le nombre d’enregistrements a augmenté ces dernières années, mais cela ne signifie pas nécessairement que l’aire de répartition canadienne de l’espèce s’est agrandie. Il est plus plausible que cette hausse soit le résultat de l’intensification des efforts consacrés à l’étude de l’espèce. Sur les 31 sites connus de magnolias acuminés en Ontario, huit ont disparu depuis 1930 – quatre dans le comté de Norfolk et quatre dans la région de Niagara.

10.  Abondance de la population

10.1   Aire de répartition mondiale

À l’échelle mondiale, le magnolia acuminé est coté G5, et est donc considérée « non en péril ». On présume donc qu’il existe des populations abondantes de cette espèce au centre de son aire de répartition dans les Appalaches. Bien que répandue dans l’est de l’Amérique du Nord, l’espèce est cotée S1 dans trois États (Indiana, Oklahoma et Floride), S2 en Ontario et non en péril dans seulement deux États (Caroline du Nord et Pennsylvanie : S5). Dans tous les autres États, le magnolia acuminé n’est pas coté (S?) ou sans cote (SR), d’après l’actuel site Web de NatureServe (2004) (voir le tableau 2).

Tableau 2.  Cotes de conservation de Magnolia acuminata (NatureServe, 2004)

ÉchelleCote
MondialeG5
CanadaN2
OntarioS2
États-Unis N5
AlabamaSR
ArkansasSR
Caroline du NordS5
Caroline du SudSR
ConnecticutSR
FlorideS1
GéorgieSR
IllinoisS?
IndianaS1
KentuckyS?
LouisianeSR
MaineSE
MissouriSR
New JerseySE
New YorkS?
OhioSR
OklahomaS1
Pennsylvanie S5
TennesseeSR
VirginieSR
Virginie-OccidentaleS?

G = échelle mondiale; N = échelle nationale; S = échelle subnationale

            1 : Gravement en péril

2 : En péril (c.-à-d. extrêmement rare ou particulièrement vulnérable)

3 : Vulnérable (c.-à-d. rare et peu commune)

4 : Apparemment non en péril (c.-à-d. non commune mais non rare)

5 : Non en péril (c.-à-d. commune, répandue et abondante)

? : Non classée

R : Signalée (c.-à-d. signalée mais non cotée)

10.2   Aire de répartition au Canada

Il existe certains indices démontrant que le magnolia acuminé aurait connu un déclin au Canada, plus précisément en Ontario, au cours du siècle dernier. Les données historiques donnent à penser que l’espèce était auparavant plus abondante dans les deux régions de l’Ontario dans lesquelles on la trouve aujourd’hui. La perte de certains sites au cours des 20 à 70 dernières années a été confirmée (Ambrose et Aboud, 1983; voir la section 19). Au cours des 20 dernières années, le personnel du MRNO, des consultants et des scientifiques ont mené des recherches approfondies et systématiques sur les populations de magnolias acuminés. Durant cette même période, de nouvelles populations ont été découvertes par des employés du service des forêts du MRNO et des propriétaires fonciers privés. Au cours des deux dernières années, d’autres relevés de terrain approfondis ont mené à la découverte d’une nouvelle population et à celle de nouveaux arbres et gaulis dans des populations connues. La cartographie récente a confirmé la présence de 283 arbres et gaulis sur 32 propriétés [ou 13 communautés végétales en péril (endangered plant communities [EPC]), puisque certaines propriétés partagent la même communauté végétale en péril]. Bien que la perte de certains arbres ait été signalée, il n’y a probablement pas eu de déclin important de cette espèce depuis sa désignation, et ce, en raison de la plus grande sensibilisation à sa situation précaire et du plus grand nombre de mesures mises en place pour la protéger.

La mention d’un arbre près d’Ipperwash, déjà coupé au moment où Fox et Soper (1952) en ont fait état dans leur rapport, était peut-être erronée. Il est possible que l’arbre ait été confondu avec le tulipier d’Amérique (Liriodendron tulipifera), qui est abondant dans cette région. John Goldie, dans son journal de 1819, écrit : « dans cette partie du pays [l’État de New York], les habitants le nomment [le Liriodendron] Cucumber Tree. » [traduction].

Le tableau 3 présente l’ensemble des données disponibles sur les populations existantes et disparues du magnolia acuminé au Canada et que l’on présume naturelles. Aux fins du présent programme de rétablissement, les populations sont considérées comme indépendantes si elles sont distantes de 1 km ou plus; les groupes d’arbres séparés par moins de 1 km sont considérés comme des sous-populations (CIPN, mars 2001). La mention de l’arbre d’Ipperwash, dans le comté de Lambton, sera considérée comme erronée jusqu’à preuve du contraire. L’absence de cette essence au Michigan et dans le nord-ouest de l’Ohio, deux États adjacents (Voss, 1985; Barnes et Wagner, 1981), suscite de nouveaux doutes sur cette mention.

10.3   Pourcentage de la population mondiale au Canada

Le pourcentage de la population mondiale se trouvant au Canada est inconnu, mais il est estimé à moins de 1 p. 100.

10.4   Tendance de la population

Les changements démographiques ne peuvent être mesurés avec précision en raison de la nature incomplète des mentions recueillies avant 1978. Cependant, en s’appuyant sur les mentions complètes recueillies depuis cette date, il y a eu une perte de 113 arbres répartis entre quatre sites et une régénération a été signalée dans huit sites. Ces données indiquent que l’abondance de l’espèce n’a probablement pas connu de déclin important au cours des dernières années.

Tableau 3.  Estimation de l’abondance de Magnolia acuminata au Canada

Nom et numéro de la populationCanton géographique et/ou municipalité

Nombre d’arbres et de gaulis (à l’exclusion des rejets et des semis)

 

Régénération

 

COMTÉ DE NORFOLK

I. Parcelle Smith + propriétés adjacentesCanton géographique de Charlotteville 88Oui
II. Parcelle Baker + propriété adjacenteCanton géographique de Charlotteville11Mineure
III. Walsh Canton géographique de Charlotteville17Oui
IV. Lynedoch (ZINS* de Delhi Big Creek)Canton géographique de Charlotteville 20Oui
V. Shining Tree Woods + propriétés adjacentesCanton géographique de Houghton 33Oui
VI. Réserve nationale de faune de Long PointCanton géographique de South Walsingham 11Mineure

 

MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE NIAGARA

VII. ZINS de North Pelham Valley Municipalité de Pelham 2Non
VIII. Fonthill Kame : versant ouestMunicipalité de Pelham8Non
IX. ZINS de North Fenwick Footslope Forest Municipalité de Pelham 35Mineure ou aucune régénération
X. Boisé Fenwick Slough Forest + boisé voisinMunicipalité de Pelham 41Oui
XI. ZINS de Northwest Fenwick ForestMunicipalité de Pelham 16Oui (102 semis dénombrés)
XII. Memorial Drive Municipalité de Pelham 1 
    
TOTAL 12 populations existantes283 arbres et gaulis8 sites avec régénération

* ZINS : Zone d’intérêt naturel et scientifique.

11.  Facteurs limitatifs d’ordre biologique

Pollinisation

La pollinisation croisée favorise la production de graines (Ambrose et Kevan, 1990). Bien que le magnolia acuminé ne soit pas totalement autostérile, la faible production de graines chez les arbres individuels réduit le potentiel reproducteur des petites populations isolées. De plus, les pollinisateurs pourraient limiter davantage le potentiel reproductif; on dispose seulement de renseignements préliminaires sur les coléoptères et autres insectes pollinisateurs de cette espèce (Thien, 1974; Ambrose et Kevan, 1990). Une identification plus précise des principaux pollinisateurs et une meilleure connaissance de leur comportement de butinage faciliteront l’évaluation des impacts des pratiques d’aménagement forestier et de la fragmentation de l’habitat sur la pollinisation croisée de l’espèce.

Dispersion des graines

Les principaux disséminateurs des graines du magnolia acuminé sont fort probablement les oiseaux. Le fruit possède les caractéristiques types pour la dispersion par les oiseaux, et van der Pijl (1969) cite le genre Magnolia en exemple pour décrire ce phénomène. Cependant, on ignore quelles espèces d’oiseaux sont responsables de la dissémination des graines chez les populations ontariennes. La façon dont les graines sont consommées et dispersées peut avoir des répercussions importantes sur la distance de dispersion et, donc, sur les échanges génétiques entre les sous-populations ou leur isolement génétique. Selon des observations, les oiseaux frugivores dispersent davantage de graines dans les trouées créées par les arbres tombés que dans la forêt environnante (Hoppes, 1988), ce qui est bénéfique pour une espèce intolérante à l’ombre comme le magnolia acuminé. Les écureuils et les petits mammifères terrestres pourraient également jouer un rôle secondaire dans la dissémination des graines, mais ils risquent de consommer ou d’endommager une plus grande proportion des graines qu’ils touchent. La scarification peut améliorer la germination de certaines graines dotées d’un tégument imperméable, mais cela n’est pas le cas du magnolia acuminé (Kock, 1998).

Intolérance à l’ombre

Une certaine ouverture du couvert forestier semble essentielle pour que le recrutement des semis soit efficace. Des pratiques d’aménagement forestier laissant de petites ouvertures dans le couvert se sont révélées efficaces pour favoriser la régénération naturelle de l’espèce dans le sud de l’Ontario (MRNO, 2000). L’OPN de la région de Long Point et la University of Guelph mènent actuellement une étude en vue de comparer la régénération dans différentes conditions de couvert forestier, y compris des couverts forestiers ouverts expérimentalement (Reader et de Gruchy, comm. pers., 2001).

12.  Menaces

Fragmentation de l’habitat

De nombreuses populations sont isolées en raison de la fragmentation de l’habitat, ce qui réduit sans doute les possibilités de pollinisation croisée, la distance de dispersion des graines et la taille effective de la population. La fragmentation a probablement aussi des impacts sur l’habitat des pollinisateurs et des disséminateurs des graines, empêchant ainsi une pollinisation et une dispersion optimales des graines. La perte de l’habitat semble une menace de moindre importance, peut-être parce que bon nombre des habitats se trouvent en amont de cours d’eau, dans des boisés humides qui ont été abandonnés lorsque les terres plus élevées ont été déboisées à des fins agricoles.

Faible connectivité et petite taille des populations

Une connectivité sous-optimale entre les sous-populations et la petite taille de celles-ci peuvent réduire les possibilités d’échanges génétiques. À long terme, ce phénomène peut amoindrir la capacité d’adaptation de l’espèce aux changements et, peut-être, mener à sa disparition à l’échelle du pays ou de la planète. Plusieurs des sites de magnolias acuminés abritent des populations qui sont isolées des autres, et deux populations semblent descendre d’un seul parent.

Aménagement forestier

Un mauvais aménagement forestier peut porter préjudice à la santé et à la survie des populations de magnolias acuminés. Il peut entraîner des coupes sans discrimination, l’abrasion de l’écorce des arbres situés à proximité des sentiers des débusqueuses ou des arbres abattus, l’écrasement des gaulis sous les tas de déchets d’abattage, l’érosion du sol et sa compaction. Cependant, les coupes sélectives effectuées avec de bonnes pratiques de foresterie peuvent créer des conditions favorisant la régénération, et la plupart des propriétaires fonciers réagissent de façon positive à cette information sur l’espèce.

Modification du régime hydrique des sols

Les magnolias acuminés croissent principalement dans des forêts humides à mésoïques dont le sol est moyennement drainé à bien drainé, et ils ne tolèrent ni les conditions trop humides, ni les conditions trop sèches. Certains auteurs affirment que, même si le magnolia acuminé est moyennement tolérant à la sécheresse, une modification prolongée de l’humidité du sol peut nuire à la survie des individus, en particulier des spécimens matures. Bien qu’on n’ait signalé aucun déclin du magnolia acuminé occasionné par cette menace, son existence potentielle devrait être considérée au moment d’entreprendre des activités à proximité de l’espèce.

Tableau 4.  Évaluation des menaces anthropiques pesant sur Magnolia acuminata

Nom et numéro de la populationSource de la menaceType de menaceÉtendue OccurrenceDegré de certitude
I. Parcelle Smith et propriétés adjacentesExploitation forestièreFacteur aggravantUne sous-populationPériodiqueConfirmé
Forestville, comté de Norfolk Exploitation forestièreDisparition complèteEnsemble du siteUniqueConfirmé
IV. Lynedoch, comté de Norfolk Exploitation forestièreDisparition complèteUne sous-populationUniqueConfirmé
IV. Lynedoch, comté de Norfolk Sentier de véhicules tous terrains PotentielleLocaleIntermittentPrésumé
Fairground, comté de Norfolk Exploitation forestièreDisparition complèteSite completUniqueConfirmé
XI. Fonthill Kame, versant ouestEntretien routier?Disparition complèteUne sous-populationPériodiquePrésumé
XII. Boisé Fenwick Slough Forest Activités de constructionFacteur aggravantUne sous-populationUniqueConfirmé

 

13.  Désignation de l’habitat

13.1   Besoins en matière d’habitat

Dans l’ensemble, les caractéristiques de l’habitat des populations viables du magnolia acuminé en Ontario sont les suivantes : une forêt humide de haute terre caducifoliée ou mixte, souvent située dans la partie amont d’un cours d’eau où la topographie vallonnée se compose de creux marécageux et d’élévations dispersées (Ambrose et Aboud, 1983). On trouve les arbres dans les secteurs les mieux drainés de cette matrice, et la régénération dans les secteurs où le couvert forestier est partiellement ouvert. Le tableau 5 présente un sommaire de l’information, recueillie à des fins de cartographie de l’habitat, sur la communauté végétale de chacune des populations du magnolia acuminé (Dougan et Associates, 1998; Ambrose, 2000). Le tableau fournit les espèces caractéristiques de l’étage supérieur et du sous-étage ainsi que les codes correspondants du système de Classification écologique des terres (CET) et la description générale de la communauté forestière.

 

Tableau 5.  Sommaire des espèces répertoriées dans les habitats des populations de Magnolia acuminata en Ontario

Nom et numéro de la populationÉtage supérieurSous-étage dominantCode de la CET et descriptionNombre d’arbres
COMTÉ DE NORFOLK
I. Parcelle Smith + propriétés adjacentesÉrable rouge, hêtre à grandes feuilles, bouleau jaune, tulipier d’Amérique, chêne rouge, chêne blanc, peuplier faux-tremble, peuplier à grandes dents, nyssa sylvestre, frêne blanc d’AmériqueHamamélis de Virginie, sassafras, benjoin officinal

SWD3-1 – Marécage minéral décidu à érable rouge

SWD3-2 – Marécage minéral décidu à érable argenté

SWD4-3 – Marécage minéral décidu à bouleau à papier et peuplier

FOD8-2 – Forêt décidue fraîche-humide à peuplier et sassafras

FOD6 – Forêt décidue fraîche-humide à érable à sucre

SWT3-11 – Marécage organique arbustif à benjoin officinal

88 arbres et régénération
II. Parcelle Baker + propriété adjacenteÉrable rouge, érable à sucre, hêtre à grandes feuilles, cerisier tardif, chêne rouge, chêne blanc, peuplier faux-tremble, peuplier à grandes dents, pin blancHamamélis de Virginie, sassafras, viorne à feuilles d’érable, benjoin officinal

FOD8-1 – Forêt décidue fraîche-humide à peuplier et sassafras

SWD3-1 – Marécage minéral décidu  à érable rouge

FOD2-4 – Forêt décidue feuillue sèche-fraîche à chêne

6 arbres et régénération
III. WalshPin blanc, érable rouge, érable à sucre, cerisier tardif, chêne noir, orme d’AmériqueSassafras, noyer noir, châtaignier d’Amérique

CUP3-2 – Plantation de pins blancs parsemée de feuillus

FOD2-1 – Forêt décidue sèche-fraîche à chêne rouge, pin blanc et érable rouge

17 arbres et gaulis
IV. Lynedoch (ZINS de Delhi Big Creek)Pin blanc, pin sylvestre, érable rouge, érable à sucre, chêne rouge, chêne blanc, caryer ovale, peuplier à grandes dents, érable de NorvègeFrêne blanc d’Amérique, sassafras, noisetier d’Amérique, mûrier blanc

CUP3-3 – Plantation de pin sylvestre

FOD5-9 – Forêt décidue sèche-fraîche à érable à sucre et érable rouge

1 arbre et 19 gaulis
V. Shining Tree Woods + propriétés adjacentesÉrable rouge, hêtre à grandes feuilles, érable à sucre, frêne blanc d’Amérique, pruche du Canada, tulipier d’Amérique, peuplier faux-tremble, chêne rougeSassafras, hamamélis de Virginie, benjoin officinal

FOM6-2 – Forêt décidue fraîche-humide à pruche, érable rouge, bouleaux jaune et érable à sucre

FOD9-2 – Forêt décidue fraîche-humide à chêne rouge, chêne blanc, érable rouge et érable argenté

32 arbres et régénération
VI. Réserve nationale de faune de Long PointChêne blanc, chêne jaune, pin blanc, frêne blanc d’Amérique, chêne rougeAucune donnéeFOM-1 – Forêt mixte sèche à pin et chêne11 arbres et régénération
MUNICIPALITÉ RÉGIONALE DE NIAGARA
VII. ZINS de North Pelham ValleyÉrable à sucre, érable rouge, chêne rouge, pruche du Canada, tilleul d’Amérique, chêne blanc, chêne rouge, tulipier d’Amérique, peuplier à grandes dents, bouleau à papierSassafras, benjoin officinal, viorne à feuilles d’érable

FOD1-4 – Forêt décidue sèche-fraîche mixte à chêne rouge, chêne blanc, chêne noir

FOD6-5 – Forêt décidue fraîche-humide à érable à sucre, hêtre à grandes feuilles, tilleul d’Amérique, chêne rouge, érable rouge et caryer ovale

FOD6-3 – Forêt décidue fraîche-humide à érable à sucre, bouleau jaune et pruche

2 arbres (un récemment abattu)
VIII. Fonthill Kame : versant ouestÉrable à sucre, hêtre à grandes feuilles, chêne rouge, érable rouge FOD6-5 - Forêt décidue fraîche-humide à érable à sucre, hêtre à grandes feuilles, tilleul d’Amérique, chêne rouge, érable rouge et caryer ovale7 arbres et 1 gaulis
IX. ZINS de North Fenwick Footslope ForestÉrable rouge, érable à sucre, hêtre à grandes feuilles, cerisier tardif, chêne rouge, chêne noir, pruche du Canada, tulipier d’AmériqueCornouiller à grappes, spirée, sassafras

SWD3-1 – Marécage minéral décidu à érable rouge

FOD6-5 – Forêt décidue fraîche-humide à érable à sucre, hêtre à grandes feuilles, tilleul d’Amérique, chêne rouge, érable rouge et caryer ovale

SWT2-6 – Marécage minéral arbustif de reines-des-prés

SWD2-9 – Marécage minéral arbustif à cornouiller à grappe

35 arbres et régénération
X. Boisé Fenwick Slough Forest + boisé avoisinantÉrable à sucre, érable rouge, érable argenté, hêtre à grandes feuilles, cerisier tardif, chêne rouge, pruche du Canada, chêne noirSassafras, hamamélis de Virginie, peuplier faux-tremble

FOD6-5 – Forêt décidue fraîche à humide à érable à sucre

FOC3 – Forêts de conifères fraîche à humide à pruche

SWD3-1 – Marécage minéral décidu à érable rouge

41 arbres et régénération
XI. ZINS de Northwest Fenwick Forest Érable rouge, pruche du Canada, hêtre à grandes feuilles, chêne rouge, frêne blanc d’Amérique, peuplier faux-trembleSassafras

FOM6-1 – Forêt mixte fraîche à humide à érable à sucre et pruche

FOM6-2 – Forêt mixte feuillue fraîche à humide à pruche

SWM2-1 – Marécage minéral mixte à conifère et érable rouge

SWD3-1 – Marécage minéral décidu à érable rouge

FOD8-2 – Forêt décidue fraîche à humide à sassafras

16 arbres et régénération abondante
XII. Memorial Drive à l’est de la rue BalfourÉrable rouge, érable à sucre, cerisier tardif, caryer ovaleSassafras, hamamélis de Virginie, viorne à feuilles d’érableFOD2-4 – Forêt de feuillus décidue sèche-fraîche à chêne, érable et pruche1 arbre

13.2   Habitat essentiel (proposition)

La Loi sur les espèces en péril définit l’habitat essentiel comme étant « l’habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d’une espèce sauvage inscrite ». Pour désigner l’habitat essentiel, il importe de posséder une compréhension approfondie des besoins de l’espèce en matière d’habitat, à toutes les étapes de son cycle biologique. Actuellement, on ne dispose pas de renseignements suffisants pour effectuer intégralement ce travail. Par conséquent, l’habitat essentiel est désigné au meilleur des connaissances actuelles et un calendrier des études a été élaboré dans le but de déterminer la nature de l’information qui devra être recueillie pour compléter cette désignation (voir la section 13.4). Le calendrier des études n’est pas exhaustif et on prévoit que de nouvelles questions surgiront à mesure que les travaux progresseront. On s’attend à ce que les recherches approfondies et l’analyse de la viabilité de la population mènent à une modification de la désignation de l’habitat essentiel.

Une désignation de l’habitat essentiel est proposée pour le magnolia acuminé, dans la mesure du possible, et comprend les communautés végétales dans lesquelles se trouvent les populations, telles que définies par les caractéristiques des populations qui sont situées dans les deux secteurs abritant des métapopulations, qui comprennent dix arbres matures ou plus et qui présentent des signes d’une saine régénération. La province (MNRO, 1998) a élaboré des lignes directrices pour la cartographie de l’habitat du magnolia acuminé aux fins du Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées, et ces lignes directrices pourraient être appliquées à la cartographie de l’habitat essentiel. L’habitat désigné dans le cadre de ce processus inclut l’habitat occupé et l’étendue des communautés végétales (selon la classification écologiques des terres) dans lesquelles les populations du magnolia acuminé se trouvent (les lignes directrices du PEFTP réfèrent à ces communautés par l’expression communauté de plante en voie de disparition). Si la communauté de plante en voie de disparition se situe à moins de 100 mètres de l’habitat occupé et est contiguë à une communauté végétale naturelle, une zone tampon est ajoutée afin d’étendre le territoire protégé jusqu’à 100 m de l’habitat occupé. Les secteurs désignés sont essentiels à la survie de l’espèce et constitueront le point de départ de l’expansion naturelle dans des habitats de rétablissement une fois les menaces atténuées.

En plus de la description de l’habitat figurant à la section 13.1, l’habitat essentiel se caractérise par la présence des espèces associées suivantes, énumérées par ordre décroissant de fréquence : Acer rubrum, A. saccharum, Betula papyrifera, Fagus grandifolia, Prunus serotina, Quercus rubra et Tsuga canadensis. Les espèces suivantes sont occasionnellement associées : Amelanchier arborea, Betula alleghaniensis, Castanea dentata, Fraxinus americana, Lindera benzoin, Liriodendron tulipifera, Pinus strobus, Quercus alba, Quercus velutina et Sassafras albidum.

Le magnolia acuminé est inscrit comme espèce en voie de disparition en vertu de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral et est réglementé en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario, ce qui donne une protection à l’individu et à son habitat. La Déclaration de principe provinciale (DPP) de l’Ontario offre également une protection en ne permettant pas l’aménagement ou la modification du site dans son habitat important.

Habitats essentiels

Comté de Norfolk

1.     Parcelle Smith et propriétés adjacentes

2.      Shining Tree Woods (North American Native Plant Society – NANPS)

3.     Réserve nationale de faune de Long Point

Municipalité régionale de Niagara

4.      ZINS de North Fenwick Footslope Forest

5.     Boisé Fenwick Slough Forest

6.     ZINS de Northwest Fenwick Forest

En plus des populations que l’on trouve dans les habitats essentiels mentionnés ci-dessus, il existe d’autres populations qui, pour diverses raisons, sont considérées comme peu importantes pour la régénération. Il s’agit notamment des populations comptant quelques arbres ou un seul arbre, et des populations confinées dans un très petit espace d’habitat convenable (p. ex. Lynedoch et Walsh). Il faut aussi compter d’autres sites d’occurrence documentés dans la base de données du CIPN. Cependant, la plupart, sinon la totalité de ces populations sont aujourd’hui disparues (Ambrose et Aboud, 1983). Certains de ces sites pourraient offrir la possibilité d’accroître la viabilité de la population dans la mesure où l’habitat demeure convenable à la réintroduction et où les propriétaires fonciers acceptent de collaborer. Ces sites pourraient aussi être inclus dans l’habitat essentiel si la présence de magnolias acuminés y était confirmée ou si la caractérisation de l’habitat permettait de déterminer que celui-ci n’a pas été altéré, et si les résultats des recherches décrites à la section 13.4 permettent de déterminer que ces sites sont nécessaires au rétablissement.

Autres habitats

Comté de Norfolk

Existants

1.     Lynedoch

2.     Walsh

3.     Parcelle Baker

Disparus

1.     Fairground, 0,5 km à l’ouest. Abattage des deux derniers arbres au début des années 1980.

2.     Forestville, 3,3 km au NNO. Dernière observation à la fin des années 1950.

3.     Green’s Corners, au sud (1948).

4.     Lynedoch, 2 km à l’OSO (1992). Boisé abattu en 1992 (Dougan, 1998).

5.     Turkey Point (1932).

Municipalité régionale de Niagara

Existants

1.     North Pelham Valley

2.     Fonthill Kame

3.     Memorial Drive

Disparus

1.     Hurlburt’s Woods, près de Fonthill (1947)

2.     Three Mile Woods (1942)

3.     Canton de West Lincoln (1978)

4.     St. Catharines, à proximité (1897)

5.     St. David’s, bordure de la route (1998)

Des renseignements additionnels sont nécessaires pour caractériser l’habitat optimal afin de localiser l’habitat convenable inoccupé dans les régions où des populations sont connues et ainsi permettre d’orienter la gestion, la remise en état et d’éventuelles activités d’introduction. L’occurrence de petites populations dans des parcelles de forêt isolées suggère également qu’il y a une superficie minimale d’habitat pouvant supporter une population viable.

13.3   Exemples d’activités susceptibles de détruire l’habitat essentiel

Les activités les plus susceptibles de détruire l’habitat essentiel sont les suivantes :

·       le déboisement et le morcellement forestier (quoique de petites parcelles puissent faciliter la germination et la régénération du magnolia acuminé);

·       les activités qui modifient le tracé du réseau hydrographique, le ruissellement souterrain et/ou la teneur en humidité des sols.

13.4   Calendrier des études

Du fait que l’on ne dispose pas de toute l’information nécessaire pour désigner l’habitat essentiel du magnolia acuminé dans le sud de l’Ontario, un calendrier d’études a été élaboré (voir tableau 6). Ce calendrier orientera les travaux pour acquérir l’information requise. L’équipe de rétablissement et le MRNO dirigeront les travaux.

Tableau 6.  Calendrier des études

Description des activités de rechercheRésultat escomptéÉchéancier estimé
Cartographier l’habitat essentiel proposé sur le territoire domanial et si les ressources le permettent sur les autres terres publiques.Obtenir une désignation et une cartographie précises de l’habitat essentiel afin de répondre aux exigences de la LEP en matière d’habitat essentiel.2 ans
Déterminer les paramètres démographiques (taux de survie, de recrutement, de dispersion), leurs tendances et leurs fluctuations.Recueillir l’information nécessaire pour réaliser une analyse de la viabilité de la population.3 ans
Réaliser une analyse de la viabilité de la population.Déterminer la viabilité de la population dans les conditions actuelles et contribuer à l’évaluation du nombre d’individus et de la quantité d’habitat requis pour atteindre la viabilité.2 ans
Définir plus en détail les besoins du magnolia acuminé en matière d’habitat à toutes les étapes de son cycle biologique.Contribuer à repérer l’habitat potentiel pour une expansion de la population (au besoin).3 ans
Achever la modélisation de l’habitat.Raffiner la désignation de l’habitat essentiel ainsi que sa cartographie.1 an

 

14.  Rôle écologique

Le magnolia acuminé est un grand arbre de l’étage supérieur forestier qui représente une composante importante des écosystèmes de la forêt caducifoliée de l’Est, dans la grande région des Appalaches aux États-Unis. Bien que rare dans la forêt carolinienne du Canada, l’espèce peut être abondante localement dans les vallées des montagnes des Carolines et du Tennessee (Sargent, 1922). Comme il s’agit d’une espèce intolérante à l’ombre dans les habitats forestiers humides, elle peut occuper les trouées ouvertes par les chablis ou autres perturbations.

15.  Importance pour les humains

La région carolinienne du Canada suscite l’intérêt des naturalistes et soutient une importante industrie écotouristique en raison de sa grande diversité biologique, qui comprend notamment des espèces méridionales, comme le magnolia acuminé, ainsi que d’autres plantes et animaux associés. Le bois du magnolia acuminé est semblable à celui du tulipier d’Amérique et est mis en marché sous le même nom (le bois des deux espèces est commercialisé sous le nom de « Yellow Poplar »). Il s’agit d’un bois lisse dont le grain est fin, et qui est utilisé dans la fabrication de stores vénitiens, de meubles, de portes et de garnitures.

16.  Conflits et difficultés anticipés

Certains propriétaires fonciers pourraient être réticents à autoriser la protection de leurs terres et l’accès à celles-ci pour la gestion et la recherche. La remise en état du paysage reposera sur la définition des besoins, la collaboration avec des organismes locaux, dont ceux mettant en œuvre le programme de remise en état de la Réserve de la biosphère de Long Point et le Niagara Natural Heritage Corridor Program, et la participation de propriétaires fonciers intéressés. Cela représentera un défi de taille, compte tenu de la gravité de la fragmentation de l’habitat et de l’intensité de l’utilisation des terres dans les deux régions concernées.

17.  Lacunes dans les connaissances

17.1   Besoins en matière de relevés

L’espèce a fait l’objet d’un projet de cartographie intensif entrepris par le MRNO aux fins de la réglementation des espèces en péril et de la classification de celles-ci aux termes du Programme d’encouragement fiscal pour les terres protégées. Par conséquent, on connaît l’emplacement des sites et on possède des données démographiques de base pour la plupart des populations du Canada, sinon toutes (Dougan et Associates, 1998; Ambrose, 2001). On procédera à la cartographie de l’habitat pour les sites nouvellement réglementés, une attention particulière sera cependant portée à la définition de l’habitat essentiel.

17.2   Besoins en matière de recherche biologique et écologique

La pollinisation et la biologie de la reproduction du magnolia acuminé ne sont que peu comprises (Ambrose et Kevan, 1990). Des recherches additionnelles sont requises pour comprendre la biologie de l’espèce et déterminer à quel endroit des facteurs comme la fragmentation de l’habitat et la petite taille des populations réduisent son potentiel reproductif. En outre, l’étude de la génétique de la population du magnolia acuminé peut aider à comprendre les impacts de la fragmentation de l’habitat sur la viabilité de la population et à orienter les activités de rétablissement en vue de réduire ces impacts. Des recherches additionnelles sont nécessaires pour évaluer les paramètres démographiques (taux de survie, de recrutement, de dispersion), leurs tendances et leurs fluctuations, afin d’être mieux en mesure de déterminer la population et la répartition de magnolia acuminé nécessaires pour assurer le rétablissement de l’espèce et pour compléter la désignation de son habitat essentiel.

17.3   Besoins en matière de recherche pour clarifier les menaces

Des études préliminaires ont été menées au printemps et à l’été de 2002 et de 2003 en vue de mieux comprendre la biologie de la pollinisation de l’espèce, en particulier l’identité de ses pollinisateurs et les mécanismes de pollinisation, de même que pour évaluer les données démographiques en fonction des caractéristiques des sites afin de mieux définir les besoins en matière de recherche (Kevan, 2003). L’analyse des nouvelles données compilées par l’OPN de la région de Long Point dans la parcelle Smith sera utile pour mieux définir l’habitat et mieux comprendre les conditions optimales de recrutement des semis (LPRCA, 2005).

18.  Caractère réalisable du rétablissement sur les plans écologique et technique

Le rétablissement du magnolia acuminé est considéré comme réalisable tant sur le plan écologique que technique. Les méthodes de propagation et de culture des arbres sont bien documentées (Kock, 1998), mais il ne sera probablement pas nécessaire d’y avoir recours. La régénération naturelle a été observée en plusieurs sites et des essais de gestion du MRNO sont parvenus à accroître le recrutement (Ambrose et Aboud, 1983). Le rétablissement des populations à un niveau plus stable demande de mieux comprendre l’écologie de l’espèce (en particulier la pollinisation, la dispersion des graines et le recrutement), incluant une meilleure quantification des distances limites pour les échanges génétiques, les besoins généraux en matière d’habitat et les meilleures façon de gérer les habitats pour favoriser ces fonctions écologiques et la viabilité des populations. Une fois que la composition génétique des populations sera mieux connue, il faudra peut-être accroître la diversité génétique des populations de petite taille ou issues d’un seul parent.

Caractérisation de l’habitat

En élargissant nos connaissances sur les facteurs qui définissent un habitat optimal à l’échelle de chacun des sites, l’habitat de cette espèce pourra être remis en état dans des sites appropriés voisins et ainsi, l’étendue de l’habitat de rétablissement potentiel pourra être accrue. Des semis pourraient être réintroduits dans des sites où l’espèce a disparu ou d’autres sites considérés appropriés. Cependant, à l’heure actuelle, il existe des doutes quant à la pertinence d’une telle réintroduction.

Remise en état de l’habitat à l’échelle du paysage

La remise en état à l’échelle du paysage pourrait permettre de relier des habitats isolés voisins et accroître la viabilité à long terme des populations que l’on y trouve, comme par exemple avec le programme Big Picture de Carolinian Canada (Jalava et al., 2000). Il est possible qu’il y ait suffisamment d’habitat pour l’espèce, mais non pour les pollinisateurs et les disséminateurs de graines ou pour le maintien d’échanges génétiques occasionnels entre les sous-populations. Une remise en état à l’échelle du paysage pourrait répondre à ces besoins et accroître la viabilité à long terme des populations du magnolia acuminé et d’autres espèces caroliniennes en péril.

19.  Échelle recommandée pour le rétablissement

Il existe de nombreux motifs pour considérer le rétablissement du magnolia acuminé dans le contexte de son paysage naturel. L’espèce occupe généralement des zones sensibles en amont de cours d’eau, souvent en association avec d’autres espèces végétales en péril (p. ex. Aplectrum hyemale, Castanea dentata, Panax quinquefolium) de même que, probablement, des espèces fauniques qui dépendent des forêts intérieures et/ou des étangs boisés. Le magnolia acuminé, qui croît dans des milieux humides ou à proximité de ceux-ci, a probablement de ce fait échappé au déboisement pour l’expansion de l’agriculture ou autres utilisations des terres, mais le déboisement autour d’un grand nombre des sites a entraîné la fragmentation des populations de magnolias acuminés et la perte de la connectivité entre elles. De plus, avec l’intensification de l’urbanisation et du développement agricole, ces habitats forestiers de basse terre pourraient être sujets au déboisement et à l’assèchement au détriment des espèces qui en dépendent, ce qui aurait aussi des effets sur la viabilité et les fonctions écologiques des terres adjacentes aux terrains exploités par les humains.

À titre d’exemple, un drain agricole traverse un boisé humide tout juste à l’est de la parcelle Baker traversant ainsi le site d’une sous-population de la ZINS de North Fenwick Forest. Autre exemple de changement dans l’occurrence de l’espèce en fonction des pratiques d’utilisation des terres, les travaux d’arpentage menés entre 1805 et 1815 dans le sud de l’Illinois indiquaient que le magnolia acuminé était l’une des principales essences caractéristique de la région (Leitner et Jackson, 1981). Aujourd’hui, la répartition du magnolia acuminé est très restreinte (et l’espèce est cotée S?) et gravement en péril (S1) dans l’État voisin de l’Indiana.

Par conséquent, il est recommandé d’adopter une approche qui aborde les valeurs du patrimoine naturel à l’échelle du paysage et de favoriser la remise en état de l’intégrité du paysage naturel. Cette approche permettra d’aborder les impacts de la fragmentation sur le magnolia acuminé et d’autres espèces en péril, et offrira un cadre respectueux de l’environnement pour l’aménagement futur du territoire. Elle s’inscrit dans la philosophie du projet Carolinian Canada’s Big Picture et d’autres initiatives locales de la région (p. ex. le programme de remise en état de la Réserve de la biosphère de Long Point et le Niagara Natural Heritage Corridor Program).

20.  Références

Ambrose, J.D., 2000. Endangered species habitat mapping and landowner response: Magnolia acuminata (Cucumber Tree), 12 p. + cartes.

Ambrose, J.D., 1987. Magnolia acuminata L., in Atlas of Rare Vascular Plants of Ontario, part 3, (éd.) G.W. Argus et C.J. Keddy, Musée national des sciences naturelles, Ottawa. 

Ambrose, J.D. et S.W. Aboud. 1983. Status Report on Magnolia acuminata (Magnoliaceae): A Rare Canadian Tree Species, Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada, Ottawa, 24 p.

Ambrose, J.D. et P.V. Kevan, 1990. Reproductive biology of rare Carolinian plants with regard to their conservation management, in G. Allen et al. (éd.) Conserving Carolinian Canada, compte rendu d’un atelier, University of Waterloo Press, Waterloo.

Barnes, B.V. et W.H. Wagner, 1981. Michigan Trees, University of Michigan Press, Ann Arbor.

Dougan et Associates, 1998. Endangered species habitat mapping study & landowner correspondence: Magnolia acuminata (Cucumber Tree), 54 p. + cartes.

Fox, W.S. et J.H. Soper, 1952. The distribution of some Trees and Shrubs of the Carolinian Zone of Southern Ontario, Trans. Royal Can. Inst. 29(2):65-84.

Goldie, J. 1819.  Journal through Upper Canada and some of the New England states.

Hoppes, W.G., 1988. Seedfall patterns of several species of bird-dispersed plants in an Illinois (USA) woodland, Ecology 69(2):320-329.

Jalava, J., P. Sorrill, J. Henson, K. Brodribb, 2000. The Big Picture Project:  Developing a Natural Heritage Vision for Canada’s Southernmost Ecological Region, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Centre d’information sur le patrimoine naturel, Peterborough (Ontario), 13 p.

Joyce, D., P. Nitschke, et A. Mosseler, 1999. Genetic Resource Management, in R.G. Wagner et S.J. Colombo, Regenerating the Canadian Forest: Principles and Practices for Ontario, Fitzhenry et Whiteside, Markham (Ontario).

Kevan, P.G. 2002. Species Focus: Cucumber Tree, Ontario Aborist Newsletter, septembre 2002. (voir aussi www.isaontario.com/pages/news_letter/spec_focus/sf_cucum_sept02.html)

Kevan, P.G. 2003. Sexual reproduction as a constraint to recovery in Magnolia acuminata, rapport final au MRNO, Programme de protection des espèces en péril, 11 p. 

Kock, H. 1998. Growing Native Plants from Seed, 10th edition, The Arboretum, University of Guelph.

Lee, H.T., W.D. Bakowsky, J.Riley, J. Bowles, M. Puddister, P. Uhlg et S. McMurray. 1998. Ecological Land Classification for Southern Ontario: First Approximation and Its Application, Ministère des Richesses naturelles de l’Ontario, Section des sciences de la région Centre-Sud, Direction du développement et du transfert des connaissances scientifiques, SCSS Field Guide FG-02.

Leitner, L.A. et M.T. Jackson, 1981. Presettlement forests of the unglaciated portion of southern Illinois, États-Unis, Am. Midl. Nat. 105(2):290-304.

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