Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chaboisseau à quatre cornes (forme d’eau douce) au Canada – Mise à jour

Résumé

Chaboisseau à quatre cornes
Myoxocephalus quadricornis
(forme d’eau douce)

Information sur l’espèce

Décrit pour la première fois par Linnaeus en 1758, le chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) a connu de nombreux changements taxinomiques. Sur la base de ses caractéristiques morphologiques, on l’a placé dans les genres Cottus, Oncocottus, Myoxocephalus et Triglopsis. En Amérique du Nord, on préfère le placer dans le genre Myoxocephalus plutôt que dans le genre Triglopsis, comme les auteurs européens. Le chaboisseau à quatre cornes, qui appartient à la famille des Cottidés, est communément appelé fourhorn sculpin en anglais et kanayok en inuktitut.

Répartition

Le chaboisseau à quatre cornes est une espèce relique confinée aux eaux intérieures des lacs froids et profonds d'Amérique du Nord et d'Europe septentrionales, en particulier au Canada, en Finlande, en Norvège, en Suède et en Russie. Au Canada, les documents des musées indiquent que le chaboisseau habite les lacs des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Terre-Neuve-et-Labrador est la seule province où on a pu le capturer.

Habitat

On sait très peu de choses sur les besoins de la forme d’eau douce en matière d’habitat. Dans le lac Garrow de la Petite île Cornwallis, au Nunavut, ces poissons vivent à une profondeur de 3,8 à 15 m, avec une gamme de salinité d’environ 3 à 35 parties par millier. Les adultes sont benthiques et ont besoin d’un fond meuble pour frayer.

Biologie

On sait peu de choses sur la reproduction et la croissance de la forme d’eau douce. Les individus du lac Garrow croissent moins rapidement que les individus marins de la mer de Beaufort et de la baie Strathcona. On ne connaît pas l’âge maximal, l’âge de première maturité sexuelle, et le temps nécessaire pour trois générations. Les prédateurs du chaboisseau à quatre cornes sont des poissons et des oiseaux ichtyophages. L’espèce ne semble pas être fortement parasitée, ni en eau douce ni en mer. Le chaboisseau à quatre cornes se nourrit surtout d’invertébrés benthiques, de petits poissons et d’œufs de poisson.

Taille et tendances des populations

On sait peu de choses sur la taille et les tendances des populations de la forme d’eau douce. Les données sur la répartition se limitent à des relevés de présence ou d’absence. Certains auteurs ont établi que la population du lac Garrow avait été touchée de manière défavorable par la pollution due à une mine de plomb et de zinc récemment désaffectée et qu’elle pouvait disparaître d’ici les 20 prochaines années. Des données anecdotiques indiquent par contre que la population actuelle est en bonne santé, mais il est impossible de comparer ces observations avec la situation antérieure. Ce manque de données est dû au fait que le chaboisseau à quatre cornes n’est pas une espèce exploitée pour le commerce, les activités récréatives ou la subsistance et qu’il ne se retrouve que dans des lacs isolés de l’Arctique.

Facteurs limitatifs et menaces

Le chaboisseau à quatre cornes présente peu d’intérêt commercial ou récréatif, mais il peut être capturé accidentellement par les pêcheurs sportifs. La forme marine est parfois consommée par les Autochtones, mais on ignore s’il en est de même pour la forme d’eau douce. Le chaboisseau à quatre cornes présente un intérêt particulier pour les membres de la communauté scientifique qui étudient la dispersion des espèces et la zoogéographie post-glaciaires au Canada. Il se peut que l’espèce soit également intéressante comme indicateur de la qualité de l’environnement et qu’elle puisse être une espèce clé à surveiller dans les zones en développement de l’Arctique. 

Protection actuelle ou autres désignations

Dans les eaux canadiennes, la Loi sur les pêches assure une protection générale. L’espèce n’est pas répertoriée par la CITES, l’UICN ou le United States Fish and Wildlife Service. En Suède, on considère qu’elle est en voie de disparition dans plusieurs lacs d’eau douce. Le chaboisseau à quatre cornes figure comme espèce protégée dans le rapport sommaire de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore sauvages européennes et de leurs habitats naturels.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

Retour à la référence de la note de bas de page1

Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de page2

Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

Retour à la référence de la note de bas de page3

Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Retour à la référence de la note de bas de page4