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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chaboisseau à quatre cornes (forme d’eau douce) au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Les données sur la taille et les tendances des populations de chaboisseaux à quatre cornes se limitent surtout à des relevés de présence ou d’absence. Puisque la plupart des localités n’ont pas fait l’objet d’échantillonnages approfondis ou suivis, il est difficile d’estimer le nombre d’individus et le nombre d’individus matures au Canada. Il est même difficile d’estimer la population d’un lac en particulier, car les données sur l’abondance sont très limitées. Ce manque de données sur l’espèce s’explique par deux facteurs évidents :

  1. La forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes ne fait pas l’objet d’une pêche commerciale, récréative ou de subsistance. Bien qu’il soit comestible, ce poisson contient peu de chair et celle-ci est difficile à séparer des arêtes (Morrow, 1980). L’espèce convient donc mal à l’exploitation commerciale ou à la pêche de subsistance. De plus, sa petite taille (le plus souvent < 100 mm) fait qu’elle n’est pas recherchée par les pêcheurs récréatifs.

  2. Plusieurs des lacs habités par le chaboisseau à quatre cornes sont situés dans l’Extrême-Arctique, loin des agglomérations. L’isolement et l’inaccessibilité de ces plans d’eau rendent difficile l’étude approfondie et suivie des populations. L’éloignement rend aussi ces études plus coûteuses en transport et en main-d’œuvre. De plus, puisqu’ils se trouvent à des latitudes élevées, ces lacs sont couverts de glace pendant la plus grande partie de l’année, ce qui se traduit par une période d’échantillonnage en eaux libres extrêmement courte. On peut faire un échantillonnage à travers la glace, mais celui-ci peut être coûteux en équipement et en main-d’œuvre. En général, les échantillonnages sont faits dans le cadre d’évaluation environnementale précédant la prospection et la mise en valeur de gisements d’hydrocarbures et d’autres matières premières. Le lac Garrow, par exemple, n’a été découvert qu’en 1974 et sa surface est gelée onze mois par année. À peine quelques années après sa découverte, ce lac a servi de site de déversement pour les résidus d’une mine de plomb et de zinc, pour éviter un rejet de ces polluants dans l’océan Arctique (Dickman et Ouellet, 1987).