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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chaboisseau à quatre cornes (forme d’eau douce) au Canada – Mise à jour

Mise à jour
Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC
sur le
Chaboisseau à quatre cornes
Myoxocephalus quadricornis
(forme d’eau douce)
au Canada

chaboisseau à quatre cornes

Données insuffisantes 2003

COSEPAC
Comité sur la situation des espèces en péril au Canada



COSEWIC
Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada

Les rapports de situation du COSEPAC sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2003. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) (forme d’eau douce) au Canada – Mise à jour. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa. vi + 28 p.

Rapports précédents

Houston, J.J.P. 1989. COSEWIC status report on the fourhorn sculpin Myoxocephalus quadricornis (Arctic Islands Fresh Water Form) in Canada. Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada. Ottawa. 84 p.

Note de production

Le COSEPAC reconnaît le travail de Lee Sheppard, dans la rédaction du rapport de situation sur le chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) (forme d’eau douce) au Canada – Mise à jour, préparé en vertu d’un contrat avec Environnement Canada, rapport dont la révision et l’édition ont été assurées par Richard Haedrich, coprésident du sous-comité de spécialistes des poissons marins du COSEPAC.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa, Ontario
K1A 0H3

Tél. : 819-953-3215
Téléc. : 819-994-3684
Courriel du COSEPAC
Site web du COSEPAC

Also available in English under the title COSEWIC assessment and update status report on the fourhorn sculpin Myoxocephalus quadricornis (freshwater form) in Canada.

Illustration de la couverture

Chaboisseau à quatre cornes (forme d’eau douce) – dessin reproduit avec la permission de Donald McPhail, de la University of British Columbia.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2004
PDF : CW69-14/366-2004F-PDF
ISBN 0-662-76766-7
HTML : CW69-14/366-2004F-HTML
ISBN 0-662-76767-5

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Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Novembre 2003

Nom commun : Chaboisseau à quatre cornes (forme d’eau douce)

Nom scientifique : Myoxocephalus quadricornis

Statut : Données insuffisantes

Justification de la désignation : Il y a une insuffisance de données nécessaires pour évaluer le statut de l'espèce ainsi qu’une incertitude quant au statut taxinomique.

Répartition : Terre-Neuve-et-Labrador, Territoires du Nord-Ouest, Nunavut

Historique du statut : Espèce désignée « préoccupante » en avril 1989. Réexamen du statut en novembre 2003 et inscription à la catégorie d'espèces pour lesquelles les données sont insuffisantes. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

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Résumé

Chaboisseau à quatre cornes
Myoxocephalus quadricornis
(forme d’eau douce)

Information sur l’espèce

Décrit pour la première fois par Linnaeus en 1758, le chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) a connu de nombreux changements taxinomiques. Sur la base de ses caractéristiques morphologiques, on l’a placé dans les genres Cottus, Oncocottus, Myoxocephalus et Triglopsis. En Amérique du Nord, on préfère le placer dans le genre Myoxocephalus plutôt que dans le genre Triglopsis, comme les auteurs européens. Le chaboisseau à quatre cornes, qui appartient à la famille des Cottidés, est communément appelé fourhorn sculpin en anglais et kanayok en inuktitut.

Répartition

Le chaboisseau à quatre cornes est une espèce relique confinée aux eaux intérieures des lacs froids et profonds d'Amérique du Nord et d'Europe septentrionales, en particulier au Canada, en Finlande, en Norvège, en Suède et en Russie. Au Canada, les documents des musées indiquent que le chaboisseau habite les lacs des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut. Terre-Neuve-et-Labrador est la seule province où on a pu le capturer.

Habitat

On sait très peu de choses sur les besoins de la forme d’eau douce en matière d’habitat. Dans le lac Garrow de la Petite île Cornwallis, au Nunavut, ces poissons vivent à une profondeur de 3,8 à 15 m, avec une gamme de salinité d’environ 3 à 35 parties par millier. Les adultes sont benthiques et ont besoin d’un fond meuble pour frayer.

Biologie

On sait peu de choses sur la reproduction et la croissance de la forme d’eau douce. Les individus du lac Garrow croissent moins rapidement que les individus marins de la mer de Beaufort et de la baie Strathcona. On ne connaît pas l’âge maximal, l’âge de première maturité sexuelle, et le temps nécessaire pour trois générations. Les prédateurs du chaboisseau à quatre cornes sont des poissons et des oiseaux ichtyophages. L’espèce ne semble pas être fortement parasitée, ni en eau douce ni en mer. Le chaboisseau à quatre cornes se nourrit surtout d’invertébrés benthiques, de petits poissons et d’œufs de poisson.

Taille et tendances des populations

On sait peu de choses sur la taille et les tendances des populations de la forme d’eau douce. Les données sur la répartition se limitent à des relevés de présence ou d’absence. Certains auteurs ont établi que la population du lac Garrow avait été touchée de manière défavorable par la pollution due à une mine de plomb et de zinc récemment désaffectée et qu’elle pouvait disparaître d’ici les 20 prochaines années. Des données anecdotiques indiquent par contre que la population actuelle est en bonne santé, mais il est impossible de comparer ces observations avec la situation antérieure. Ce manque de données est dû au fait que le chaboisseau à quatre cornes n’est pas une espèce exploitée pour le commerce, les activités récréatives ou la subsistance et qu’il ne se retrouve que dans des lacs isolés de l’Arctique.

Facteurs limitatifs et menaces

Le chaboisseau à quatre cornes présente peu d’intérêt commercial ou récréatif, mais il peut être capturé accidentellement par les pêcheurs sportifs. La forme marine est parfois consommée par les Autochtones, mais on ignore s’il en est de même pour la forme d’eau douce. Le chaboisseau à quatre cornes présente un intérêt particulier pour les membres de la communauté scientifique qui étudient la dispersion des espèces et la zoogéographie post-glaciaires au Canada. Il se peut que l’espèce soit également intéressante comme indicateur de la qualité de l’environnement et qu’elle puisse être une espèce clé à surveiller dans les zones en développement de l’Arctique. 

Protection actuelle ou autres désignations

Dans les eaux canadiennes, la Loi sur les pêches assure une protection générale. L’espèce n’est pas répertoriée par la CITES, l’UICN ou le United States Fish and Wildlife Service. En Suède, on considère qu’elle est en voie de disparition dans plusieurs lacs d’eau douce. Le chaboisseau à quatre cornes figure comme espèce protégée dans le rapport sommaire de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore sauvages européennes et de leurs habitats naturels.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l’espèce

Nom et classification

Le chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) (Linnaeus, 1758), est un cottidé principalement marin à répartition circumpolaire (McAllister, 1980). L’espèce, étroitement apparentée au limnicole M. thompsoni (Girard, 1852) – le chabot de profondeur –  a été décrite pour la première fois à partir de spécimens de la mer Baltique. Le chaboisseau à quatre cornes d’eau douce a fait l’objet de plusieurs études taxinomiques et zoogéographiques, particulièrement en rapport avec le chaboisseau à quatre cornes marin et le chabot de profondeur, vivant en eau douce (Berg, 1949; Walters, 1955; McAllister, 1961; Johnson, 1964; McAllister et Aniskowicz, 1976). Girard (1852) a décrit sous le nom Triglopsis thompsoni le chabot de profondeur du lac Ontario, et McAllister (1961), en réexaminant l’historique du problème, a considéré le chaboisseau à quatre cornes comme une espèce distincte et la forme ancestrale.

Malgré les constatations de McAllister (1961), d’autres auteurs ont pensé, en se fondant sur la découverte dans trois lacs de l’île Victoria, au Nunavut, de populations distinctes possédant certaines caractéristiques morphologiques intermédiaires, que le chaboisseau à quatre cornes et le chabot de profondeur ne constituaient pas des espèces distinctes (Johnson, 1964; McPhail et Lindsey, 1970). Pour cette raison, McPhail et Lindsey (1970), à la suite de Nikolsky (1961) et de Hubbs et Lagler (1964), ont considéré eux aussi que le chabot de profondeur ne différaient du chaboisseau à quatre cornes que sous le rang de l’espèce. En se fondant sur cette relation, ils ont nommé la forme marine M. quadricornis quadricornis(Linnaeus) et la forme d’eau douce M. quadricornis thompsoni (Girard).

McAllister et ses collaborateurs (McAllister, 1961; McAllister et Aniskowicz, 1976; McAllister et al., 1978) ont examiné des spécimens des deux formes ainsi que les reliques datant de la période post-glaciaire récemment découvertes dans les eaux douces de l'Arctique, qui avaient été décrites (McAllister, 1961; Hubbs et Lagler, 1964; Johnson, 1964; McPhail et Lindsey, 1970; Dadswell, 1972). En se fondant sur leurs caractéristiques morphologiques, leur répartition et leur écologie, ils en sont venus à la conclusion que les deux formes constituaient des espèces distinctes. Les reliques de la période post-glaciaire de l'Arctique, qui font l’objet du présent rapport, correspondent à la définition du M. quadricornis et devraient être désignées sous le nom de chaboisseaux à quatre cornes. Selon Nelson (comm. pers., 2002), la forme marine et la forme d’eau douce du M quadricornis seront classées, dans la nouvelle édition de Common and scientific names of fishes of the United States, Canada, and Mexico, qui devrait être publiée plus tard cette année, comme espèce distincte du M. thompsoni.

Depuis sa description par Linnaeus en 1758, le chaboisseau à quatre cornes a changé de nom et de classification à de multiples reprises. En se fondant sur ses caractéristiques morphologiques, on l’a inclus dans les genres Cottus, Oncocottus, Myoxocephalus et Triglopsis (McPhail et Lindsey, 1970; Scott et Scott, 1988; Muus et al., 1999; Kallner et Bernander, 2001). Il semble que M. quadricornis soit le nom le plus largement usité par les chercheurs, quoique Triglopsis ait été utilisé en Europe après que le cottidé ait été associé à ce genre par Fedorov (1986). Certains chercheurs appellent T. polaris le chaboisseau à quatre cornes (Khlebovich, 1997). Malgré ces discussions quant au genre de l’espèce, sa classification dans les rangs supérieurs est restée presque inchangée :

  • famille des Cottidés
  • sous-ordre des Cottoidei
  • ordre des Scorpéniformes
  • classe des Actinoptérygiens
  • infra-classe des Téléostéens
  • sous-classe des Néoptérygiens
  • super-classe des Ostéichthyens
  • sous-embranchement des Vertébrés
  • embranchement des Cordés
  • règne animal

En raison de sa répartition circumpolaire, le chaboisseau à quatre cornes est présent dans nombre de pays en Amérique du Nord et en Europe. Le tableau 1 donne la liste des noms communs utilisés dans ces pays. En anglais, le chaboisseau à quatre cornes est communément appelé fourhorn sculpin.

En inuktitut, le niveau de précision dans la correspondance entre les noms communs et les niveaux taxinomiques (famille, espèce, etc.) dépend de l’intérêt alimentaire ou autre d’un animal. Les ombles, par exemple, font partie de l’alimentation normale et les Inuits non seulement nomment individuellement chaque espèce, mais aussi, dans le cas de l’omble chevalier, donnent des noms différents à la forme marine (iqalukpik), à la petite forme confinée aux eaux intérieures (nutilliq) et au poisson rouge vif en période de fraye (ivitaaruq). Ce n’est toutefois pas le cas des cottidés. Plusieurs espèces de cette famille, qui n’étaient utilisées pour l’alimentation qu’en période de famine, sont, dans la plupart des localités, regroupées sous une appellation unique – kanayok(McAllister et al., 1987).

Tableau 1. Noms communs du Myoxocephalus quadricornis selon les pays (Linnaeus, 1758)

Nom commun

Pays

Chaboisseau à quatre cornes
Canada
Fourhorn sculpin
Canada, États-Unis
Four-horned sculpin
Estonie, Fédération de Russie
Four-horned bullhead
Europe
Four-horned sea sculpin
Canada, Europe
Härkäsimppu
Finlande
Hornsimpa
Suède
Hornulk
Danemark
Hornulke
Norvège
Kur rogacz
Pologne
Rogatka
Ancienne URSS
Vierhörniger Seeskorpion
Allemagne
Alyaskinskaya rogatka
Russie

Description

La forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes est un cottidé benthique d’assez petite taille, atteignant rarement une longueur de plus de 100 mm (Bengtsson et Bengtsson, 1983; Muus et Dahlstrøm, 1999) (figure 1). Les individus du lac Garrow atteignent de plus grandes tailles, pouvant aller de 170 à 194 mm, avec une gamme observée allant de 20 à 194 mm (BC Research, 1978; Fallis et al., 1987). Fallis et al. (1987), pour un échantillon de 51 individus, ont rapporté une longueur totale moyenne de 155 mm et un poids moyen de 26,6 g (de 10 à 45 g). La forme marine de l’espèce se distingue des autres cottidés par la présence, sur la tête, de quatre longues protubérances (épines frontales et pariétales) en forme de massue, qui donnent son nom au poisson (Scott et Scott, 1988; Coad et al., 1995). Par contre, ces protubérances sont d’habitude réduites ou absentes chez la forme d’eau douce. Leger (comm. pers., 2003), dans sa description des chaboisseaux à quatre cornes du lac Garrow, a observé que leurs cornes sont plus molles et beaucoup plus délicates que celles de la forme marine. Le chaboisseau à quatre cornes possède aussi quatre épines préoperculaires bien développées ainsi que des épines nasales et cléithrales. L’épine préoperculaire supérieure, pointe droite simple, lui est propre (Coad et al., 1995).

Le corps, allongé, est muni d’un pédoncule caudal effilé. La tête est aplatie et large. Les yeux, rapprochés, sont situés sur le dessus de la tête. La bouche est terminale et la mâchoire inférieure est légèrement saillante. Le vomer, dans la voûte du palais, porte des dents, mais les dents palatines sont clairement absentes. Contrairement aux poissons qui lui sont étroitement apparentés, le chaboisseau à quatre cornes n’a pas de plis sur la partie inférieure des flancs. Il possède deux nageoires dorsales, la première plus petite et épineuse; la nageoire caudale est carrée ou tronquée; la nageoire anale possède des rayons mous et une longue base; les nageoires pelviennes, placées très en avant, entre les nageoires pectorales, sont petites et ont une épine et 3 ou 4 rayons mous; les nageoires pectorales sont grandes et en éventail et sont dotées de rayons mous (voir McAllister, 1961; Scott et Scott, 1988; Coad et al.,1995). 

Figure 1. Chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) (dessin reproduit avec la permission de Donald McPhail, de la University of British Columbia).

Figure 1.   Chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis) (dessin reproduit avec la permission de Donald McPhail, de la University of British Columbia).

Ces poissons n’ont pas de vraies écailles et peuvent avoir des tubercules (parfois décrits comme de grandes écailles en forme de disques), parfois réduits à des piquants, placés au-dessus et en dessous de la ligne latérale en forme de chaîne, qui s’étend rarement vers l’arrière plus loin que l’insertion de la deuxième nageoire dorsale (McAllister, 1961). La deuxième nageoire dorsale est généralement plus grande et les nageoires pelviennes sont beaucoup plus grandes chez les mâles adultes que chez les femelles. Les mâles, contrairement aux femelles, peuvent avoir des tubercules sur la deuxième nageoire dorsale et sur les nageoires pectorales (McAllister, 1961; McPhail et Lindsey, 1970).

La coloration générale varie de gris foncé à brun; elle passe progressivement de foncée, sur le dos, à claire, sur le ventre. Le dos et les flancs peuvent être mouchetés ou tachetés, avec généralement entre quatre et sept marques diffuses en forme de selle. Les nageoires pectorales peuvent porter jusqu’à trois bandes foncées et diffuses, tandis que les nageoires pelviennes peuvent être mouchetées et les nageoires dorsales et anales tachetées. Généralement, la nageoire caudale porte des marbrures brun foncé. Les mâles développent une coloration rosée sous la tête, sur la partie inférieure des nageoires pectorales et sur les nageoires anales et pelviennes (McAllister, 1961; Scott et Scott, 1988).

McAllister et Aniskowicz (1976) ont rapporté que des chaboisseaux à quatre cornes marins, d’eau saumâtre et dulcicoles présentaient des comptes moyens de 38 à 42 vertèbres, les individus dulcicoles étant plus petits et possédant moins de vertèbres. Fallis et al. (1987) ont pour leur part rapporté que des individus du lac Garrow comptaient entre 41 et 43 vertèbres, la moyenne étant de 42,2.

Le chaboisseau à quatre cornes est décrit dans les grands ouvrages sur l’ichtyofaune canadienne : Atlantic Fishes of Canada, de Scott et Scott (1988, 504-505); Encyclopedia of Canadian Fishes, de Coad et al. (1995, 295-296); The Freshwater Fishes of Alaska, de Morrow (1980, 207-209); Atlas of North American Freshwater Fishes, de Lee et al. (1980, 826) et Fishes of the North-Eastern Atlantic and the Mediterranean, de Whitehead et al. (1986, 1259-1260). La forme d’eau douce décrite dans Poissons d’eau douce du Canada de Scott et Crossman (1974, 900–904) et Freshwater Fishes of Northwestern Canada and Alaska de McPhail et Lindsey (1970, 318-323) est le chabot de profondeur, M. thompsoni.

Il existe environ 300 espèces de cottidés, la plupart marines, mais aussi parfois dulcicoles. Quelques-unes des formes marines remontent les fleuves et les rivières et peuvent parfois parcourir de longues distances vers l’amont. Seules trois espèces d’eau douce, le chaboisseau de profondeur, le chabot visqueux (Cottus cognatus) et le chabot à tête plate (C. ricei), ont une répartition qui chevauche celle du chaboisseau à quatre cornes (Lee et al., 1980; Morrow, 1980; Page et Burr, 1991). Les caractéristiques particulières du chaboisseau à quatre cornes d’eau douce mentionnées plus haut, ainsi que son habitat restreint, devraient permettre de l’identifier facilement lorsqu’il est capturé dans les lacs de l’Arctique. Cependant, à cause de leur forte ressemblance, il peut être difficile de faire la différence entre le chaboisseau à quatre cornes et le chabot de profondeur. Le chabot de profondeur habite au fond de lacs profonds et froids, jusqu’à 366 m. D’habitude, ce cottidé, protégé au Canada comme espèce menacée, ne possède pas les quatre cornes sur la tête ni les tubercules sous la ligne latérale du chaboisseau à quatre cornes (Morrow, 1980; Page et Burr, 1991). Quand il a des épines sur la tête, celles-ci n’ont pas la forme de massue caractéristique de celles du chaboisseau à quatre cornes. Les individus observés dans le lac Ontario, d’où l’espèce est aujourd’hui disparue, avaient une longueur maximale de 230 mm. Aujourd’hui, le chabot de profondeur a une longueur totale allant de 102 à 127 mm (Delisle et Van Vliet, 1968).

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Répartition

Répartition mondiale

La forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes est un taxon relique confiné aux eaux intérieures des lacs froids et profonds d’Amérique du Nord et d’Europe septentrionales, en particulier au Canada, aux États-Unis, en Suède, en Finlande, en Norvège et en Russie (McAllister, 1980; Hammar et al., 1996). Selon Delling (1994), cette forme habite au moins 22 lacs du sud et du centre de la Suède. On l’a trouvée dans les lacs Vättern, Wättern, Fryken, Siljan, Orsasjön et Mälaren, en Suède, et Ladoga et Onega en Russie (Jääskeläinen, 1917; Nyman et Westin, 1968; Muus et al., 1999). Les données des musées (voir celles du Musée canadien de la nature, à l’annexe 1) indiquent la présence d’individus au lac Swan, sur la presqu’île Baldwin, en Alaska.

Répartition canadienne

Au Canada, la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes vit dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut (figure 2). Il n’a été capturé que dans une seule province, Terre-Neuve-et-Labrador, et il ne s’agit dans ce cas que d’un seul individu, capturé en 1964 au lac Sipukat par John G. Hunter (annexe 1; identification confirmée le 28 février 2003).

Figure 2. Répartition nord-américaine de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis). La carte a été établie à l’aide des données du Musée canadien de la nature (voir l’annexe 1).

Figure 2.   Répartition nord-américaine de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes (Myoxocephalus quadricornis). La carte a été établie à l’aide des données du Musée canadien de la nature (voir l’annexe 1).

Johnson (1964) a signalé la présence du M. quadricornis dans trois lacs de l’île Victoria, au Nunavut, et les données muséales (annexe 1) confirment sa présence sur cette île, dans les lacs Zeta, Ferguson, Longspur, Washburn, Tassijuak et Surrey. On a aussi constaté la présence de populations de chaboisseaux à quatre cornes sur l’île d'Ellesmere, dans les lacs Tuborg et Romulus. L’espèce a aussi été capturée sur les îles Cornwallis (lacs Eleanor et Sophia), petite Cornwallis (lac Garrow), Bathurst, Melville, Somerset (lac Stanwell-Fletcher), Hepburn (lac Wentzel) et Campbell (lacs des Eskimo) (voir l’annexe 1). Les populations d’eau douce ne se trouvent pas seulement dans des lacs situés sur des îles. En effet, on a capturé des chaboisseaux à quatre cornes dans le lac Nauyak, sur la presqu’île Kent, au Nunavut. On n’a pas signalé l’espèce dans des lacs de parcs nationaux de l'Arctique canadien (McDonald, comm. pers., 2002).

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Des populations reliques de chaboisseaux à quatre cornes existent dans quelques lacs d’eau douce des îles de l’archipel Arctique, surtout les îles Victoria, Cornwallis et d’Ellesmere (Johnson, 1964; McAllister et Aniskowicz, 1976). Quelques-uns de ces lacs sont des lacs d’eau douce, tandis que d’autres, méromictiques, présentent des couches ayant des taux de salinité différents. McAllister et Aniskowicz (1976) pensent que les chaboisseaux à quatre cornes ont été introduits sur ces îles lors des inondations marines qui ont suivi la glaciation et qu’ils ont été pris au piège dans des lacs en dessalure lors du relèvement isostatique. D’ailleurs, on trouve également dans ces lacs un isopode relique, Mesidosethra entomon glacialis, qui n’existe pas dans les eaux douces de la partie continentale (McAllister et Aniskowicz, 1976).

On pense donc que ces populations reliques dulcicoles se seraient différenciées du chaboisseau à quatre cornes marin plus récemment que le chabot de profondeur, et indépendamment de ce dernier, et qu’on doit donc toujours les identifier comme M. quadricornis. Les différences morphologiques observables ne sont pas assez importantes pour justifier l’établissement d’une nouvelle sous-espèce (McAllister et Aniskowicz, 1976). D’ailleurs, les variations sont plus grandes parmi de telles populations reliques qu’en mer, car il n’y a pour ainsi dire pas de flux génique entre les populations des différents lacs, ce qui a pour conséquence d’accentuer les différences génétiques. Ce n’est pas le cas en milieu marin où le flux génique se fait librement. Les variations de taille et de caractéristiques méristiques moyennes semblent indiquer la présence de différences génétiques. De plus, les températures et le taux de salinité fluctuent plus fortement dans les lacs méromictiques (surtout pendant l’incubation, ce qui influe sur la variabilité morphologique, notamment pour ce qui est du nombre de vertèbres [McAllister et Aniskowicz, 1976]). Il est également intéressant de relever que les populations reliques peuvent se retrouver dans des lacs ne comptant aucun autre poisson d’eau douce (comme le lac Garrow), mais contenant parfois l’isopode M. entomon glacialis. 

On a peu écrit sur les besoins en matière d’habitat de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes, mais sa gamme d’habitat semble limitée. L’information à ce sujet provient surtout de recherches menées au lac Garrow, au Nunavut, sur la Petite île Cornwallis, à environ 95 km de Resolute (Dickman, 1991). Découvert en 1974, ce bassin côtier d’une profondeur maximale de 47 m (Page et al., 1984) est le lac méromictique sursalé le plus septentrional connu (Dickman et Ouellet, 1987). Les lacs méromictiques se caractérisent normalement par une absence de mélange vertical complet des eaux, une absence continue d’oxygène dans le monimolimnion et une augmentation de la salinité et de la densité à mesure qu’on descend sous la chimiocline (Stewart et Platford, 1986). On retrouve ces conditions dans le lac Garrow, qui peut être divisé en quatre couches distinctes (décrites par Dickman et Ouellet [1987]; résumées par Dickman [1995]) : 1) un mixolimnion saturé en oxygène d’une profondeur de 0 à 5 m, dont la faible salinité (< 1 partie par millier) est attribuée au ruissellement et à la fonte des glaces; 2) entre 5 et 12 m de profondeur, une couche d’eau saumâtre avec saturation et sursaturation d’oxygène dissous et une salinité croissante; 3) entre 12 et 20 m, une chimiocline avec un fort gradient de salinité et une concentration d’oxygène dissous décroissant rapidement; 4) entre 20 et 47 m, un monimolimnion anoxique pouvant atteindre une très forte salinité (jusqu’à 82 parties par millier; Dickman, 1991) et une concentration taux très élevée de sulfure d’hydrogène. Les chaboisseaux à quatre cornes sont les seuls vertébrés du lac Garrow et la majorité d’entre eux vivent dans la couche d’eau saumâtre. Le lac possède un émissaire peu profond coulant vers l’océan Arctique (Stewart et Platford, 1986), qu’une société exploitant une mine de plomb et de zinc dans les environs a endigué, ce qui a fait monter le niveau d’eau du lac d’environ 2,5 m (Donald, comm. pers., 2003).

Les chaboisseaux à quatre cornes du lac Garrow ont été capturés à une profondeur allant de 3,8 à 15 m (BC Research, 1978; Fallis et al., 1987; Dickman, 1991, 1995), dans des eaux dont le taux de salinité varie entre 3 et 35 parties par millier (Dickman, 1995). Si on considère généralement que les chaboisseaux à quatre cornes vivant dans des lacs sont de la forme d’eau douce, certains d’entre eux sont capables de survivre dans des eaux salées et même sursalées. La fourchette de profondeur restreinte dans laquelle vit le chaboisseau à quatre cornes du lac Garrow est déterminée par ses préférences en matière de température, de salinité et d’oxygène dissous. À plus de 15 m de profondeur, la température augmente rapidement pour atteindre 8,9°C à 20 m et la quantité d’oxygène dissous diminue rapidement pour devenir nulle à 20 m. La majorité des spécimens capturés par Dickman et ses collaborateurs l’ont été à une profondeur de 7 à 12 m (Dickman et Ouellet, 1987; Dickman, 1995). Les chercheurs de BC Research (1978), qui ont utilisé des sennes de plage et des filets maillants et pratiqué l’observation en plongée, n’ont pas trouvé de chaboisseaux à plus de 13 m dans le lac Garrow. Fallis et al. (1987) ne signalent aucune capture de chaboisseau à quatre cornes à plus de 15 m, la majorité (92 p. 100; n = 51) ayant été pris entre 3,8 et 9,3 m. Les plongeurs d’Arctic Divers Limited ont observé des chaboisseaux à quatre cornes entre 6 et 9 m, avec une majorité d’individus dans les eaux les moins profondes (Gzowski, comm. pers., 2003; Leger, comm. pers., 2003). On ignore si les populations de chaboisseaux des autres lacs de l’Arctique canadien vivent à des profondeurs similaires ou s’il se produit des migrations individuelles ou de masse. Quelques populations européennes de chaboisseaux à quatre cornes d’eau douce vivent à des profondeurs beaucoup plus importantes. Nyman et Westin (1968) ont capturé tous leurs spécimens des lacs Vättern et Mälaren à plus de 40 m, et dans les lacs Orsasjön et Siljan, les chaboisseaux ne se trouvaient qu’entre 80 et 90 m.

La température pourrait aussi être un facteur influant sur la profondeur à laquelle vit la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes. Hammar et al. (1996) ont signalé que la population de chaboisseaux à quatre cornes du lac Vättern semblait rester à plus de 40 m à la fin de l’été (août-septembre) pour éviter l’eau plus chaude (environ entre 8 et 17°C). La majorité des juvéniles ont été capturés au niveau de la thermocline ou plus bas, à des températures de moins de 10°C. Les cottidés vivent d’habitude près du fond à une température de 5°C ou moins. Westin (1968) a établi la température létale supérieure du chaboisseau à quatre cornes de la Baltique à 14°C; par contre, il se peut que la forme d’eau douce tolère mieux des températures plus élevées, puisque Hammar et al. (1996) ont capturé un spécimen près de la surface, dans une eau à 17°C. 

Tendances

On sait peut de choses sur la stabilité de l’habitat d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes en Amérique du Nord. Toutefois, certaines études limnologiques ont été conduites au lac Garrow (Page et al., 1984; Stewart et Platford, 1986; Dickman et Ouellet, 1987; Fallis et al., 1987; Dickman, 1991, 1995). En raison de sa forte concentration en sulfures dans la couche profonde sursalée, on a jugé que le lac Garrow était idéal pour recevoir les résidus miniers, surtout des boues de plomb et de zinc, de la mine Polaris. Une évaluation environnementale a conclu que, dans le monimolimnion, les boues de plomb et de zinc entreraient en contact avec d’assez fortes concentrations de sulfures pour entraîner une précipitation rapide des sulfures métalliques dans les sédiments du lac. Ce processus est essentiel pour que les métaux demeurent éloignés des eaux de la surface, où ils menaceraient les biotes du lac et de la mer, qui n’est séparée du lac Garrow que par un cours d’eau peu profond (Dickman, 1991). De novembre 1981 à août 2002, environ 15 millions de tonnes métriques de boues de plomb et de zinc ont été déversées dans le lac Garrow (Donald, comm. pers., 2003). Cette pollution a eu de graves répercussions sur les bactéries productrices de sulfures, qui sont les principales productrices primaires du lac. Les concentrations de sulfures dans la zone anaérobie ont diminué à mesure qu’augmentaient les concentrations de plomb et de zinc dans l’eau de surface (Dickman, 1991). Les concentrations de zinc sont toutefois restées sous la concentration maximale admissible de 0,5 mg/l (Donald, comm. pers., 2003). Tout le réseau trophique a été touché, et Dickman (1991) s’est demandé si le chaboisseau à quatre cornes, qui a survécu pendant 3 000 ans dans le lac Garrow, n’allait pas disparaître en moins de 20 ans. Toutefois, la mine Polaris est désaffectée depuis 2002 et la société Teck Cominco Limited a commencé à prendre des mesures pour que le lac retrouve son état originel. On a commencé à enlever les tuyaux d’évacuation des boues et les quais, et le barrage a été démantelé pour que le lac puisse retrouver ses cycles de décharge saisonniers normaux. On réalisera aussi des études pour déterminer les effets de la mine sur la population de chaboisseaux à quatre cornes (Donald, comm. pers., 2003).

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Biologie

Reproduction

On sait très peu de choses sur la reproduction de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes. Fallis et al. (1987) ont déterminé le sexe et le stade de maturité de 27 chaboisseaux capturés au filet maillant en mai au lac Garrow, sous la glace. La plupart des poissons (22) étaient des femelles et 12 d’entre elles portaient des œufs peu développés. On n’a pas compté le nombre d’œufs par femelle. Aucune des femelles ne se trouvait en état de fraye, mais ces auteurs ont évalué que la ponte se ferait quelques mois plus tard. On ne connaît pas l’âge de première maturité sexuelle. Par contre, Hammar et al. (1996), après examen de l’otolithe, ont évalué que des chaboisseaux à quatre cornes matures du lac Vättern mesurant entre 82 et 110 mm étaient d’âge 4+ à 6+.

Le cycle de reproduction de la forme marine a été bien décrit par Morrow (1980) et il se peut que certaines de ses caractéristiques générales s’appliquent à la forme d’eau douce. La fécondation est interne. Territoriaux, les chaboisseaux à quatre cornes construisent des nids et seuls les mâles défendent les œufs jusqu’à l’éclosion des larves pélagiques. Nyman et Westin (1968) indiquent que la couleur des œufs des populations de chaboisseaux à quatre cornes des lacs suédois est variable. Ils sont jaunes dans les lacs Vättern, Orsasjön et Siljan, bleu verdâtre, comme dans la Baltique, dans le lac Mälaren, alors qu’on en retrouve des deux types dans le lac Fryken. Ces deux couleurs d’œufs ont poussé Svärdson (1961) à conclure à l’existence de deux sous-espèces; il a nommé les chaboisseaux aux œufs bleu verdâtre M. quadricornis relictus et ceux aux œufs jaunes M. q  quadricornis. Par contre, Nyman et Westin (1968) ont comparé les protéines sanguines du chaboisseau à quatre cornes de la Baltique (M. quadricornis), du M. q. quadricornis et du M. q. relictus et ont conclu à l’absence de différence significative entre ces différentes formes.

On sait peu de choses sur la croissance de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes. Fallis et al. (1987), à partir de régressions du poids sur la taille, concluent que le chaboisseau du lac Garrow croit beaucoup plus lentement que les spécimens marins des régions de la mer de Beaufort et de la baie Strathcona. Selon Bond et Erickson (1989), les chaboisseaux à quatre cornes marins de la baie Phillips, au Yukon, grandissent lentement, jusqu’à un âge otolithique de 14 ans. Les jeunes de l’année avaient une longueur totale de 10 à 14 mm à la fin de juin et de 15 à 39 mm en septembre. Les individus d’une longueur totale de 40 à 99 mm ont probablement entre 1 et 3 ans (Bond et Erickson, 1989). Chez la forme marine, les individus d’âge 5+ et 6+ mesurent de 21 à 24 cm, ceux de 7 et de 8 ans de 24 à 27 cm, et ceux d’âge 10+ de 30 à 31 cm en moyenne (Morrow, 1980). Les chaboisseaux à quatre cornes du lac Garrow sont en général plus petits et Fallis et al. (1987) ont attribué cette croissance plus lente à un habitat déficient et à une nourriture moins abondante. L’âge maximal et le temps pour trois générations sont inconnus.

Survie

La plupart des auteurs sont d’avis que la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes a pour prédateurs des poissons et des oiseaux ichtyophages. Parmi ces poissons, on retrouve la lotte (Lota lota), le touladi (Salvelinus namaycush), le grand brochet (Esox lucius) et l’omble chevalier (Salvelinus alpinus) (Dickman, 1995; Hammar et al., 1996). En raison de sa répartition en eaux peu profondes, le chaboisseau à quatre cornes pourrait subir une forte prédation due aux oiseaux, comme les mouettes et goélands, les plongeons, les hérons, les cormorans, les grèbes et les harles. Assez mauvais nageur, ce poisson constituerait une proie facile (Bengtsson, 1993). Cependant, la forme marine vit dans des eaux très peu profondes où l’on pense que ses épines céphaliques embrouillent suffisamment sa silhouette pour la dissimuler dans une certaine mesure aux yeux des prédateurs aviens. Par ailleurs, la forme d’eau douce, dont les épines céphaliques sont petites ou absentes, vit toutefois généralement dans des eaux plus profondes, et donc habituellement à l’abri des prédateurs aviens (Dickman, 1995).

On sait peu de choses des parasites de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes, mais selon Scott et Scott (1988), l’espèce ne semble pas fortement parasitée, ni en eau douce ni en eau salée. Hammar et al. (1996) ont observé des parasites acanthocéphales sur 3 de 19 chaboisseaux à quatre cornes. Les individus parasités étaient petits (de 39 à 41 mm de longueur totale) et il n’y avait pas plus d’un ver par individu.

Physiologie

On ne connaît pour ainsi dire rien de la physiologie de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes. 

Déplacements et dispersion

On dispose de peu d’information sur les déplacements des chaboisseaux à quatre cornes dans les lacs canadiens, mais on a démontré l’existence de migrations saisonnières dans la population du lac Vättern. Celle-ci se déplace vers des profondeurs de plus de 40 m en août et en septembre, pour s’éloigner des couches d’eau plus chaude (Hammar et al., 1996). De plus, Hammar et al. (1996), pendant des chalutages pélagiques nocturnes du lac Vättern à la recherche de l’éperlan d’Europe (Osmerus eperlanus) et du corégone blanc (Coregonus albula), ont capturé 19 petits chaboisseaux à quatre cornes (d’une longueur totale de 27 à 110 mm; moyenne = 53,9 mm). Ces auteurs ont suggéré que la migration nocturne de ces jeunes de l’année et de ces petits individus matures vers les couches pélagiques plus chaudes leur permettait de maximiser leur taux métabolique et leur croissance, et de réduire directement ou indirectement à la fois le cannibalisme dû aux concentrations en eaux profondes de congénères de plus grande taille et la prédation et la compétition interspécifiques attribuables à l’omble chevalier et à la lotte.

Alimentation et interactions interspécifiques

Le chaboisseau à quatre cornes est un prédateur qui chasse à l’affût et qui est capable de broyer de gros aliments avant de les avaler (Leonardsson et al., 1988). Il se nourrit surtout la nuit, mais cette activité devient diurne de novembre à avril (Froese et Pauly, 2002). Le régime alimentaire consiste essentiellement en invertébrés (priapulides, mysidacés, isopodes, amphipodes, copépodes, annélides, chironomes et mollusques) et en petits poissons et œufs de poisson, particulièrement de son espèce. Les invertébrés du benthos semblent être les proies les plus courantes; il s’agit d’habitude de l’isopode Mesidotea entomon, de l’amphipode Pontoporeia affinis et du mysidacé Mysis relicta. On a aussi trouvé, dans les contenus stomacaux des chaboisseaux, des insectes, des matières végétales, du sable, du gravier et des matières animales non identifiées (Morrow, 1980; Muus et al., 1999).

Fallis et al. (1987) ont examiné les contenus stomacaux de 27 chaboisseaux du lac Garrow. Environ la moitié d’entre eux (14) étaient vides. Des œufs non identifiés représentaient un aliment important par leur occurrence (30,8 p. 100) et leur biomasse (69,1 p. 100). Il s’agissait peut-être d’œufs de chaboisseaux, puisque le chaboisseau à quatre cornes est le seul poisson d’eau douce capturé dans ce lac (BC Research, 1978; Fallis et al., 1987; Dickman, 1995). Certains estomacs contenaient des matières végétales (15,4 p. 100) et des copépodes (7,7 p. 100), mais la biomasse de ces aliments était peu importante (respectivement 3,3 p. 100 et 2,2 p. 100) (Fallis et al., 1987). Selon BC Research (1978), les proies les plus courantes étaient des Limnocalanus. Fallis et al. (1987) ont découvert qu’environ 7,7 p. 100 des chaboisseaux à quatre cornes avaient ingéré des amphipodes constituant une biomasse négligeable. La majorité des estomacs contenaient des éléments non identifiés (53,8 p. 100), représentant 25,4 p. 100 de la biomasse totale.

Svärdson et al. (1988) pensent que le chaboisseau à quatre cornes est l’espèce la plus spécialisée pour ce qui est de la consommation des crustacés de profondeur reliques du lac Vättern. Les chaboisseaux de moins de 200 mm se nourrissent surtout de M. relicta et de Pallasea quadrispinosa, alors que les individus de plus de 200 mm se nourrissent surtout de Sadurai entomon, de P. quadrispinosa et de Gammaracanthus lacustris. Les contenus stomacaux des plus petits individus du lac Vättern (longueur totale de 27 à 45 mm) consistaient surtout en de gros copépodes cyclopoïdes et en M. relicta, alors que les chaboisseaux un peu plus grands (de 82 à 110 mm) se nourrissaient également de P. quadrispinosa, de M. affinis et de G. lacustris. Les estomacs contenaient aussi des S. entomon, des larves et des pupes de chironomes, ainsi que des ostracodes, mais ils étaient peu abondants et ne formaient qu’une faible biomasse (Hammar et al., 1996).

Comportement et adaptabilité

Le fait qu’il soit une relique de l’ère glaciaire constitue une preuve de l’adaptabilité du chaboisseau à quatre cornes aux perturbations naturelles. On pense que, pendant la dernière glaciation, son aire de répartition s’étendait beaucoup plus au sud. Lors du retrait des glaces, plusieurs populations locales se sont retrouvées isolées en eau douce, leur accès à la mer ayant été coupé. Ces dernières se sont adaptées à leur nouvel environnement et c’est pourquoi on retrouve aujourd’hui des populations reliques du chaboisseau à quatre cornes dans plusieurs lacs froids et profonds d’Amérique du Nord et d’Europe septentrionales (Muus et Dahlstrøm, 1999; Muus et al., 1999).

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Taille et tendances des populations

Les données sur la taille et les tendances des populations de chaboisseaux à quatre cornes se limitent surtout à des relevés de présence ou d’absence. Puisque la plupart des localités n’ont pas fait l’objet d’échantillonnages approfondis ou suivis, il est difficile d’estimer le nombre d’individus et le nombre d’individus matures au Canada. Il est même difficile d’estimer la population d’un lac en particulier, car les données sur l’abondance sont très limitées. Ce manque de données sur l’espèce s’explique par deux facteurs évidents :

  1. La forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes ne fait pas l’objet d’une pêche commerciale, récréative ou de subsistance. Bien qu’il soit comestible, ce poisson contient peu de chair et celle-ci est difficile à séparer des arêtes (Morrow, 1980). L’espèce convient donc mal à l’exploitation commerciale ou à la pêche de subsistance. De plus, sa petite taille (le plus souvent < 100 mm) fait qu’elle n’est pas recherchée par les pêcheurs récréatifs.

  2. Plusieurs des lacs habités par le chaboisseau à quatre cornes sont situés dans l’Extrême-Arctique, loin des agglomérations. L’isolement et l’inaccessibilité de ces plans d’eau rendent difficile l’étude approfondie et suivie des populations. L’éloignement rend aussi ces études plus coûteuses en transport et en main-d’œuvre. De plus, puisqu’ils se trouvent à des latitudes élevées, ces lacs sont couverts de glace pendant la plus grande partie de l’année, ce qui se traduit par une période d’échantillonnage en eaux libres extrêmement courte. On peut faire un échantillonnage à travers la glace, mais celui-ci peut être coûteux en équipement et en main-d’œuvre. En général, les échantillonnages sont faits dans le cadre d’évaluation environnementale précédant la prospection et la mise en valeur de gisements d’hydrocarbures et d’autres matières premières. Le lac Garrow, par exemple, n’a été découvert qu’en 1974 et sa surface est gelée onze mois par année. À peine quelques années après sa découverte, ce lac a servi de site de déversement pour les résidus d’une mine de plomb et de zinc, pour éviter un rejet de ces polluants dans l’océan Arctique (Dickman et Ouellet, 1987).

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Facteurs limitatifs et menaces

On sait peu de choses sur les facteurs limitatifs et les menaces touchant la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes, mais un nombre considérable de travaux traitent de la forme marine dans les eaux saumâtres du golfe de Botnie (Bengtsson et Bengtsson, 1983; Hansson et al., 1984; Bengtsson et al., 1985; Bengtsson, 1991,1993). Une grande proportion des chaboisseaux à quatre cornes souffrent d’anomalies vertébrales et médullaires associées à l’industrie de la fonderie des minerais métalliques et aux effluents très riches en métaux lourds et en hydrocarbures chlorés venant d’usines de pâte à papier. Parmi les autres anomalies observées, on retrouve le retard de la première maturité sexuelle, la déformation des branchicténies, le noircissement de la queue, des problèmes hématologiques et un déséquilibre ionique. Cette sensibilité à la pollution fait de la forme marine du chaboisseau à quatre cornes un bon bio-indicateur des effets des différents types de pollution sur les populations naturelles de poissons en Suède (Gyllensten et Ryman, 1985) et dans l'Arctique (Khlebovich, 1997).

Jusqu’à maintenant, les problèmes de pollution sont minimes dans l’aire canadienne de l’espèce, mais ils pourraient devenir plus courants s’il y avait dans l’Arctique une intensification de l’exploitation, particulièrement de l’exploration et de l’exploitation pétrochimiques. Moulton et George (2000) ont décrit les effets néfastes que peuvent avoir les champs pétrolifères de l'Arctique sur les populations ichtyennes d’eau douce. Les activités pétrolifères peuvent altérer, retarder ou empêcher les migrations et peuvent influer sur le nombre et la qualité des habitats hivernaux. On a observé un blocage de la migration dans des fosses d’affouillement en aval de ponceaux dans la plaine inondable de la rivière Sagavanirktok, dans la baie de Prudhoe, en Alaska. Les poissons passant à travers les ponceaux lors de la débâcle se trouvaient pris au piège dans des fosses lors de la baisse du niveau de l’eau. Selon Moulton et George (2000), ces poissons sont d’habitude condamnés à cause du stress causé par les températures élevées en été et le gel des fosses l’hiver suivant. Dans la mise en valeur des champs pétrolifères, on a reconnu très tôt plusieurs besoins des poissons d’eau douce en matière de migration et d’habitat, ainsi que les activités qui pourraient nuire aux poissons. Normalement, on a planifié ou modifié les installations à l’intérieur ou autour des champs pétrolifères de façon à éliminer ou à réduire au minimum leurs effets sur les populations de poissons d’eau douce. Moulton et George ont étudié 279 lacs de la plaine côtière de l'Arctique dans une région pétrolière de l’Alaska. Ils y ont capturé 17 espèces de poissons d’eau douce. Les plus abondantes et les plus courantes étaient l’épinoche à neuf épines (Pungitius pungitius), l’ombre de l'Arctique (Thymallus arcticus), le cisco sardinelle (Coregonus sardinella), le corégone tschir (C. nasus) et le ménomini rond (Prosopium cylindraceum). Parmi les 11 chaboisseaux à quatre cornes de leur échantillon, qui ne représentaient que 3,9 p. 100 des prises, la majorité ont été pris dans des lacs à coulée (soit des lacs qui communiquent directement avec le chenal d’une rivière en été). Ces auteurs concluent que la mise en valeur pétrolière étudiée menace peu les espèces d’eau douce parce que les champs pétrolifères contiennent moins d’habitats propices au poisson pendant toute l’année que les régions avoisinantes et que les installations, comme les ponts, les ponceaux et les équipements d’évacuation des eaux, ont été conçues et localisées de façon à réduire au minimum les effets sur les populations ichtyennes.

Cette conclusion ne peut être étendue à toutes les formes d’expansion industrielle. Au lac Garrow, par exemple, Teck Cominco Limited, dans une tentative de réduction de l’empreinte écologique laissée par sa mine de plomb et de zinc Polaris, récemment désaffectée, a fait appel à des plongeurs pour retirer les tuyaux d’écoulement des boues situés dans le lac et démanteler des installations placées près de la berge, comme des quais. Les plongeurs d’une entreprise qui a travaillé pour la mine Polaris depuis le début de ses opérations en 1981 ont récemment observé que les chaboisseaux à quatre cornes étaient relativement nombreux dans des eaux peu profondes (de 6 à 9 m). Par contre, il est difficile de savoir comment cette population nombreuse se compare à celle qui existait autrefois dans le lac, parce que les plongeurs travaillaient généralement dans des eaux plus profondes que celles où vit la population de chaboisseaux (Gzowski, comm. pers., 2003). On n’a jamais essayé d’estimer la taille de la population de chaboisseaux à quatre cornes du lac Garrow. Aucune crainte pour la population de chaboisseaux n’a été émise lorsque la mine a proposé de déverser ses boues dans le lac. Quand Teck Cominco Limited a obtenu la permission d’utiliser le lac Garrow, son permis ne mentionnait aucunement la protection des chaboisseaux (Donald, comm. pers., 2003). Dans ces circonstances, il est étonnant que les chaboisseaux à quatre cornes du lac Garrow semblent être en bonne santé et qu’ils n’aient pas disparu.

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Importance de l'espèce

Le chaboisseau à quatre cornes présente peu d’intérêt commercial ou récréatif, mais il se peut que des pêcheurs le capturent accidentellement. Par exemple, Dayman (comm. pers., 2002) en a attrapé un avec un hameçon appâté au bacon alors qu’il pêchait sur la glace aux lacs Husky, dans les Territoires du Nord-Ouest. La forme marine a parfois été utilisée comme aliment par les Autochtones de la région de la baie d’Hudson (Scott et Scott, 1988), mais il existe peu d’indications que la forme d’eau douce ait fait l’objet d’une telle utilisation.

Le chaboisseau à quatre cornes est d’un intérêt particulier pour la communauté scientifique intéressée à la dispersion des espèces et à la zoogéographie post-glaciaires au Canada. Il se peut aussi que l’espèce soit utile comme bio-indicateur de la qualité de l’environnement en raison des changements morphologiques qu’entraînent les effets non mortels de la pollution. Elle pourrait même devenir une espèce clé pour la surveillance des effets de l’exploitation dans l’Arctique. Sa répartition et son évolution dans les lacs d’eau douce et les lacs euryhalins des îles de l’Arctique présentent un intérêt scientifique et, puisque le chaboisseau d’eau douce est peut-être différent génétiquement du chaboisseau marin, ses populations devraient être protégées dans ces milieux particulièrement sensibles aux perturbations.

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Protection actuelle ou autres désignations

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) (Houston, 1990) a attribué en 1989 le statut d’espèce préoccupante à la forme d’eau douce du poisson relique de la période post-glaciaire qu’est le chaboisseau à quatre cornes. Cette désignation était justifiée par la répartition étroite, l’habitat restreint et les besoins spécifiques en matière d’habitat de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes, ainsi que par sa rareté présumée. Dans les eaux canadiennes, la Loi sur les pêches assure une protection générale. L’espèce n’est pas répertoriée par la CITES, l’UICN ou le United States Fish and Wildlife Service. En Suède, on considère qu’elle est en voie de disparition dans plusieurs lacs d’eau douce (Kullander, 1992; Nilsson, 1996). Le chaboisseau à quatre cornes figure, sans spécification de formes, dans la liste de la faune protégée de l’annexe III du rapport sommaire de la Convention sur la conservation de la faune et de la flore sauvages européennes et de leurs habitats naturels, aussi connue sous le nom de Convention de Berne.

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Résumé du rapport de situation

On sait très peu de choses sur l’état de la population de la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes, Myoxocephalus quadricornis. La répartition de ce taxon relique de la période post-glaciaire se limite à un minimum de 23 lacs de l’Arctique canadien (annexe 1) et on ne possède des données que sur la population du lac Garrow. Il se peut que cette population soit menacée par la pollution générée par une mine de plomb et de zinc désaffectée qui a virtuellement éliminé les producteurs primaires, brisant ainsi les chaînes alimentaires. Dickman et ses collaborateurs ont établi que cette population de chaboisseaux pouvaient disparaître dans les 20 prochaines années, mais des données anecdotiques indiquent que la population actuelle serait abondante. Bien qu’on ne sache pas grand-chose des populations des autres lacs de l'Arctique, elles sont probablement uniques sur le plan génétique et il se peut qu’elles soient sensibles aux perturbations naturelles et anthropiques. On a besoin de plus d’information sur la répartition, l’abondance, la biologie et l’écologie de la forme d’eau douce, qu’on connaît beaucoup moins bien que la forme marine.

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Résumé technique

Myoxocephalus quadricornis

chaboisseau à quatre cornes – fourhorn sculpin

Répartition au Canada :

Lacs arctiques des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut; un lac à Terre-Neuve-et-Labrador

Information sur la répartition

Zone d’occurrence (km²) :

Lacs arctiques du nord du Canada

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Zone d’occupation (km²) :

Inconnue

Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

Nombre d’emplacements existants :

Au moins 23 lacs

Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur >1)?

On ne sait pas.

Tendance de l’habitat : préciser la tendance, de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).

Stable

Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.) :

Inconnue, possiblement moins de 5 ans

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population :  indiquer en années, en mois, en jours, etc.) :

Inconnu

Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.

Inconnue

S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).

Inconnu

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?

On ne sait pas.

La population totale est-elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.-à-d. migration réussie de < 1 individu/année)?

On ne sait pas.

Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).

Inconnue

Y a-t-il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur >1)?

On ne sait pas.

Énumérer chaque population et donner le nombre d’individus matures dans chacune.

 

Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

 

Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?

États-Unis : dans quelques lacs; les populations semblent stables
Suède : rares dans quelques lacs (désignée « en voie de disparition »)

Une immigration a-t-elle été constatée ou est-elle possible?

Non

Des immigrants s’adapteraient-ils pour survivre à cet endroit?

Oui, probablement

Y a-t-il suffisamment d’habitat dispinoble pour les individus immigrants à l’endroit en question?

Oui, probablement

Peut-il y avoir sauvetage par des populations de l’extérieur?

Oui, probablement

Analyse quantitative

Inconnue

 

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Remerciements

Le présent rapport n’aurait pu être réalisé sans les énormes connaissances des experts du Service canadien des ressources fauniques, du ministère des Pêches et des Océans, de Parcs Canada, des gouvernements provinciaux et territoriaux, des centres de données sur la conservation, des centres d’information sur le patrimoine naturel et des conseils de gestion de la faune. Les données sur la répartition ont été fournies par Sylvie Laframboise du Musée canadien de la nature, Gavin Hanke du Musée manitobain de l’homme et de la nature, et Erling Holm du Musée royal de l’Ontario. Nous devons beaucoup à Bruce Donald, Wayne Gzowski et Francis Leger qui nous ont fait part de leurs observations sur le chaboisseau à quatre cornes du lac Garrow. Nous voudrions aussi remercier Krista Baker, de la Memorial University of Newfoundland, qui nous a aidé à préparer la carte de la répartition du chaboisseau à quatre cornes. Nous remercions également Richard Haedrich, président du sous-comité de spécialistes des poissons marins, qui nous a fait bénéficier de ses conseils et de son aide dans la révision du présent rapport. Finalement, nous remercions le Service canadien de la faune d’Environnement Canada pour le financement de ce rapport.

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Ouvrages cités

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Sommaire biographique du rédacteur du rapport

Lee Sheppard a obtenu un baccalauréat spécialisé en biologie marine de la Memorial University of Newfoundland (MUN) en octobre 2002. Son mémoire de premier cycle traitait de l’habitat du poisson et étudiait les variations annuelles et la complexité des peuplements de zostère marine (Zostera marina L.) du détroit de Newman, dans la baie de Bonavista, à Terre-Neuve-et-Labrador, sur une période de quatre ans (de 1998 à 2001). Lee prépare actuellement une maîtrise en sciences dans le domaine de l’écologie marine à la MUN. Il étudie la dynamique des populations de la morue ogac (Gadus ogac) dans le détroit de Newman. Par ailleurs, il aime particulièrement le cyclisme, la plongée sous-marine et les romans de Tom Clancy.

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Experts consultés

  • Benoit, H. Octobre 2002. Pêches et Océans Canada, Moncton (Nouveau-Brunswick).
  • Bérubé, M. Octobre 2002. Biologiste, Pêches et Océans Canada, Mont-Joli (Québec).
  • Dayman, J. Novembre 2002. Enseignant, école SAMS (Territoires du Nord-Ouest).
  • Delling, B. Novembre 2002. Musée suédois d’histoire naturelle, Stockholm, Suède.
  • Donald, B. Avril 2003. Reclamation Manager, Teck Cominco Limited, Kimberley (Colombie-Britannique).
  • Gzowski, W. Avril 2003. Operations Manager, Arctic Divers Limited, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest).
  • Hanke, G. Octobre 2002. Conservateur - zoologie, Musée manitobain de l’homme et de la nature, Winnipeg (Manitoba).
  • Hansson, S. Novembre 2002. Université de Stockholm, Stockholm, Suède.
  • Leger, F. Avril 2003.
  • Mandrak, N.E. Octobre 2002. Spécialiste des communautés ichtyennes, Laboratoire des Grands Lacs pour les pêches et les sciences aquatiques, Burlington (Ontario).
  • McDonald, I. Novembre 2002. Biologiste de la conservation, Parcs Canada, Inuvik (Territoires du Nord-Ouest).
  • Nelson, J. Octobre 2002. Professor of Biological Sciences, University of Alberta, Edmonton (Alberta).
  • Stewart, K.W. Octobre 2002. Senior Scholar, Department of Zoology, University of Manitoba, Winnipeg (Manitoba).
  • Toyne, M. Octobre 2002. Conseil des ressources renouvelables gwich’in, Gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Inuvik (Territoires du Nord-Ouest).

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Collections consultées

On a consulté les données sur le Myoxocephalus quadricornis des collections zoologiques du Musée canadien de la nature, du Musée royal de l'Ontario et du Musée manitobain de l’homme et de la nature. Les collections du Musée royal de l'Ontario et du Musée manitobain de l’homme et de la nature ne contenaient aucune donnée sur la forme d’eau douce du chaboisseau à quatre cornes.

Annexe 1. Spécimens de la forme d’eau douce relique post-glaciaire du chaboisseau à quatre cornes, Myoxocephalus quadricornis, dans les collections du Musée canadien de la nature jusqu’en novembre 2002
(A.N. = Amérique du Nord; US = États-Unis; CA = Canada; NT = Territoires du Nord-Ouest; NU = Nunavut; NL = Terre-Neuve-et-Labrador; AK = Alaska).
Numéro de catalogueNombre de spécimensDate de récolteRégionLocalité
CMNFI 2002-0013.112002A.N.: CA: NULac Tuborg, île d'Ellesmere
CMNFI 62-0439.1711/8/1962A.N.: CA: NULac Romulus, île d'Ellesmere
CMNFI 62-0487.16211/8/1962A.N.: CA: NULac Romulus, île d'Ellesmere
CMNFI 63-0079.111/9/1962A.N.: CALac Washburn, île Victoria
CMNFI 63-0080.11524/8/1962A.N.: CALac Ferguson, île Victoria
CMNFI 65-0365.1463/9/1962A.N.: CALac Washburn, île Victoria
CMNFI 72-0338.119/7/1962A.N.: CALac Ferguson, île Victoria
CMNFI 72-0341.1131/8/1962A.N.: CALac Surrey, île Victoria
CMNFI 74-0328.133/9/1974A.N.: CA: NULac Nauyak, presqu’île Kent
CMNFI 75-1527.1829/7/1974A.N.: CA: NULac Nauyak, presqu’île Kent
CMNFI 75-1528.1131/7/1974A.N.: CA: NULac Nauyak, presqu’île Kent
CMNFI 75-1529.1222/8/1974A.N.: CA: NULac Nauyak, presqu’île Kent
CMNFI 75-1530.1227/8/1974A.N.: CA: NULac Nauyak, presqu’île Kent
CMNFI 75-1932.1123/6/1975A.N.: CALac Stanwell-Fletcher, île Somerset
CMNFI 75-1933.11425/6/1975A.N.: CALac Stanwell-Fletcher, île Somerset
CMNFI 75-1939.1531/8/1975A.N.: CALac Sophia, île Cornwallis
CMNFI 77-1205.1323/7/1971A.N.: CA: NTLacs des Eskimo (nord), île Campbell
CMNFI 77-1206.2625/7/1971A.N.: CA: NTLacs des Eskimo, mer de Beaufort
CMNFI 77-1207.31926/7/1971A.N.: CA: NTLacs des Eskimo, île Campbell
CMNFI 77-1251.3511/9/1971A.N.: CA: NT« Thumb Lake », baie Liverpool, mer de Beaufort
CMNFI 77-1294A.1129/8/1962A.N.: CA: NTLac Zeta, île Victoria
CMNFI 77-1334.1121/6/1962A.N.: CALac Ferguson, île Victoria
CMNFI 77-1335.117/8/1962A.N.: CA: NULac Eleanor, île Cornwallis.
CMNFI 77-1470A.11323/7/1961A.N.: CA: NTLacs des Eskimo, île Thumb
CMNFI 77-1471A.28831/7/1961A.N.: CA: NTLacs des Eskimo, île Thumb
CMNFI 77-1664.1124/8/1962A.N.: CA: NULac Ferguson, île Victoria
CMNFI 77-1665.1123/8/1962A.N.: CA: NULac Ferguson, île Victoria
CMNFI 77-1706.1222/8/1977A.N.: CA: NULac Garrow, Petite île Cornwallis
CMNFI 77-1711.1241977/08/00A.N.: CA: NULac Garrow, Petite île Cornwallis
CMNFI 78-0233.115/8/1976A.N.: CA: NULac Longspur, île Victoria
CMNFI 82-0098.1320/7/1981A.N.: CA: NTLac sans nom, île Melville
CMNFI 82-0099.2321/7/1981A.N.: CA: NTLac sans nom, île Melville
CMNFI 82-0102.1330/7/1981A.N.: CA: NULac sans nom, île Bathurst
CMNFI 82-0196.281/8/1981A.N.: CA: NULac sans nom, île Cornwallis
CMNFI 82-0197.1171/8/1981A.N.: CA: NULac Garrow, Petite île Cornwallis
CMNFI 82-0513.19825/7/1977A.N.: CA: NTLac Thumb, Lacs des Eskimo
CMNFI 83-0034.114/8/1971A.N.: CA: NTLac Thumb, Lacs des Eskimo
CMNFI 83-0100.4125/8/1964A.N.: CA: NLLac Sipukat, baie Okak
CMNFI 83-0108.214/8/1982A.N.: CA: NULac Tassijuak, île Victoria
CMNFI 84-0173.633/8/1983A.N.: US: AKLac Swan, presqu’île Baldwin
CMNFI 86-0573.1116/8/1967A.N.: CA: NULac Wentzel, île Hepburn
CMNFI 90-0120.1318/8/1976A.N.: CA: NULac Nauyak
CMNFI 90-0123.1225/8/1976A.N.: CA: NULac Nauyak
CMNFI 90-0130.11023/9/1979A.N.: CA: NTLac Alexie

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