Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Programme de rétablissement du chat-fou du Nord (Noturus stigmosus) au Canada (proposition)

Sommaire

Le chat-fou du Nord est un poisson-chat d’eau douce de petite taille (longueur totale maximale de 132 mm) dont le corps, tacheté en grande partie, présente trois marques distinctes en forme de selle situées sur le dos, plus précisément à l’avant et à l’arrière de la nageoire dorsale ainsi qu’à l’emplacement de la nageoire adipeuse. Les observations nous ont appris que le chat-fou du Nord tolère un vaste éventail de conditions d’habitat et qu’il peut être présent autant dans de petits ruisseaux que dans de grands cours d’eau, dans des eaux claires à turbides dont le courant est modéré à rapide, au-dessus de substrats se composant de sable, de gravier et de roches et, parfois, de limon, de détritus et de débris accumulés. On l’observe également parfois en association avec des macrophytes comme le chara. Le chat-fou du Nord est originaire de l’Amérique du Nord et affiche une aire de répartition disjointe dans des parties des bassins hydrographiques du Mississippi et de l’ouest du lac Érié et du lac Sainte-Claire. Cette espèce est tenue pour rare ou extrêmement rare dans l’ensemble de son aire de répartition et est classée G3 (vulnérable) à l’échelle mondiale; N3 (vulnérable) à l’échelle nationale américaine; N1N2 (gravement en péril/en péril) à l’échelle nationale canadienne. Il subsiste deux (peut-être trois) populations reproductrices au Canada : 1) dans la partie inférieure du lac Sainte-Claire et dans la rivière Detroit; 2) dans la rivière Thames, dans le sud-ouest de l’Ontario; 3) peut-être dans la rivière Sainte-Claire (on y a capturé un juvénile en 2003, ce qui indique qu’une reproduction y a peut-être lieu). Un spécimen a été capturé dans la rivière Sydenham en 1975; cependant, il s’agit du seul chat-fou du Nord signalé à cet endroit.

Les menaces potentielles relevées qui pèsent sur le chat-fou du Nord sont les suivantes : envasement, turbidité, charges en éléments nutritifs, perte d’habitat physique, composés toxiques, espèces exotiques et changement climatique. Il faudra mener de nouvelles recherches sur les impacts et les effets de ces menaces sur le chat-fou du Nord pour orienter les efforts de rétablissement et favoriser leur réussite.

Le présent programme de rétablissement a été élaboré par les membres de l’Équipe de rétablissement des poissons d’eau douce de l’Ontario et est fondé, en partie, sur le contenu d’autres programmes de rétablissement écosystémique.

L’objectif à long terme (plus de 20 ans) du rétablissement est de maintenir et de renforcer la viabilité des populations de chats-fous du Nord présentes dans le corridor des lacs Érié et Huron, dans la rivière Thames (de la route Little John, jusqu’à proximité de Tate Corners, en amont) et dans la rivière Sydenham, si l’espèce est toujours présente dans le réseau.

On a établi les objectifs à court terme (de 5 à 10 ans) suivants afin de permettre l’atteinte de l’objectif du rétablissement à long terme.

  1. Clarifier les objectifs en matière de population et de répartition.
  2. Assurer la protection de l’habitat essentiel.
  3. Déterminer les tendances à long terme de la population et de l’habitat.
  4. Évaluer et atténuer les menaces pesant sur l’espèce et son habitat.
  5. Déterminer la faisabilité de la relocalisation et de l’élevage en captivité.
  6. Assurer une utilisation efficace des ressources (humaines et financières) dans le cadre de la planification du rétablissement.
  7. Faire connaître le chat-fou du Nord et sensibiliser le public à la conservation de l’espèce.

L’Équipe de rétablissement a relevé plusieurs approches nécessaires à l’atteinte des objectifs de rétablissement du chat-fou du Nord. Ces approches ont été classées en trois catégories : 1) Recherche et surveillance; 2) Gestion et coordination; 3) Intendance, sensibilisation et approche communautaire. Ces approches seront mises en œuvre en collaboration avec les équipes de rétablissement écosystémique appropriées et les groupes de mise en œuvre connexes.

À l’aide des données disponibles, on a désigné l’habitat essentiel actuel des populations de chats-fous du Nord de la rivière Detroit et du cours inférieur de la rivière Thames; d’autres zones d’habitat essentiel potentiel dans le lac Sainte-Claire seront examinées en collaboration avec la Première nation de l’île Walpole. À l’heure actuelle, on n’a pas suffisamment d’information pour désigner l’habitat essentiel dans la rivière Sainte-Claire. On a élaboré un calendrier d’études qui décrit les étapes nécessaires à l’obtention de l’information requise pour désigner l’habitat essentiel dans la rivière Sainte-Claire ainsi que pour peaufiner les descriptions actuelles de l’habitat essentiel dans la rivière Detroit et la rivière Thames. Jusqu’à ce qu’on ait désigné l’ensemble de l’habitat essentiel, l’équipe de rétablissement recommande que les habitats où l’espèce est présente actuellement soient protégés.

L’équipe de rétablissement recommande que soit adoptée une approche à deux volets pour la mise en œuvre du rétablissement, c’est-à-dire une approche écosystémique plurispécifique qui serait complétée par une approche monospécifique. Pour ce faire, l’équipe travaillera en étroite collaboration avec les équipes de rétablissement écosystémique en place ainsi que d’autres organismes pertinents afin de mettre en commun les expertises et les connaissances sur les initiatives de rétablissement. Le programme de rétablissement sera soutenu par un ou plusieurs plans d’action qui seront élaborés dans un délai de cinq ans suivant la publication du programme de rétablissement final sur le Registre public. Le succès des mesures de rétablissement sera évalué au moyen des mesures de rendement fournies. Le programme de rétablissement sera réévalué dans son ensemble tous les cinq ans, ce qui permettra de faire le point sur les progrès accomplis et d’incorporer de nouvelles données.