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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chardon de Pitcher (Cirsium pitcheri) au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Chardon de Pitcher

Cirsium pitcheri

Description

Le chardon de Pitcher (Cirsium pitcheri) est une plante vivace produisant entre 2 et 125 capitules blanc crème, au sommet d’une tige mince, blanche et laineuse qui peut atteindre un mètre de hauteur. Le dessus des feuilles est vert et très laineux, et le dessous présente de longs poils blancs. Les feuilles sont uniformément et profondément divisées en lobes opposés et étroits qui se terminent par une épine. Ces caractéristiques distinguent l’espèce de plantes analogues qui produisent également des feuilles divisées. Au stade juvénile (végétatif), la plante ne produit qu’une rosette de feuilles.

Répartition

L’espèce est endémique de la région des Grands Lacs et présente au Canada et aux États‑Unis. Au Canada, on ne la trouve que dans quatre secteurs : le long de la rive sud‑est du lac Huron, dans une localité de la baie Georgienne, dans plusieurs localités riveraines de baies sableuses de l’île Manitoulin et dans une localité située au bord du lac Supérieur.

Habitat

Les populations du chardon de Pitcher poussent dans des milieux sableux riverains des Grands Lacs et plus précisément sur les arrière-plages, sur les avant‑dunes, dans les creux de déflation et sur les cordons dunaires. L’espèce se rencontre en petits nombres dans les communautés d’Ammophila breviligulata, de Calamovilfa longifolia et d’Andropogon scoparius. Elle est le plus fréquente dans les creux de déflation et dans les communautés de graminées qui reçoivent deux à trois centimètres de sable chaque année. La plante prospère dans les lieux ouverts, où l’ensoleillement est maximal. Elle peut supporter une température élevée de la surface du sol.

Biologie générale

Au stade juvénile, la plante se compose d’une rosette de feuilles et de profondes racines. La plante est vivace et monocarpique, pouvant croître pendant de trois à onze années avant de fleurir puis mourir. Des champignons mycorhiziens sont associés aux racines. Seulement 30 % des fleurs de chaque capitule se transforment en graines. Le chardon de Pitcher ne se multiplie pas par voie asexuée. Les graines arrivent à maturité à la fin de l’été. Elles sont dispersées une à une par le vent, aidées en cela par une aigrette faiblement attachée, ou bien tombent au pied de la plante avec l’ensemble du capitule, vers la fin de l’automne. Les graines sont grosses (12,5 mg) et montrent une dormance innée que leur confèrent la solidité du tégument et la présence de substances inhibitrices à l’intérieur de celui‑ci. On peut obtenir artificiellement un taux élevé de germination en faisant d’abord subir aux graines un traitement consistant à enlever le tégument ou à y pratiquer une encoche au niveau de la radicule ou de l’extrémité cotylédonaire. Les graines ainsi traitées peuvent germer à une température de 15 à 30 °C. Dans les conditions naturelles, les graines germent au printemps après avoir passé l’hiver et avoir été stratifiées et scarifiées par le gel et le dégel du sol. L’espèce contribue à la diversité de l’écosystème dunaire et occupe des superficies autrement dénudées entre les touffes de graminées.

Taille et tendances des populations

Les populations autrefois abondantes d’Ipperwash Beach et de Kettle Point ont disparu à cause de la destruction de leur habitat. La population du parc provincial Pinery a oscillé entre 33 et environ 115 sujets. On trouve aussi une très petite population, d’environ 60 sujets, dans le parc provincial Inverhuron. La tendance démographique générale de ces deux populations indique un déclin. Les plus grandes populations de chardon de Pitcher se trouvent sur les rives de baies sableuses de l’île Manitoulin, sur des terrains privés. Là aussi les populations déclinent à cause de la forte pression exercée par les activités récréatives et par le lotissement en vue de la construction de chalets. La population située au bord du lac Supérieur est stable et se trouve sous la surveillance de d’Agence Parcs Canada.

Facteurs limitatifs et menaces

Le broutage par les cerfs de Virginie, la destruction de l’habitat due à la construction de chalets, le lotissement à des fins commerciales, le passage de véhicules tout‑terrain et l’utilisation des dunes de sable à des fins récréatives contribuent à la disparition des populations. Les activités récréatives affectent les chardons en raison du piétinement, de la création de sentiers, de l’érosion et de l’ensablement excessif. L’ensablement excessif accroît la vulnérabilité de l’espèce aux stades de la graine, du semis et de la plante adulte. Les graines profondément enfouies ne germent pas ou produisent des plantules qui ne peuvent pas atteindre la surface. Les plantules peuvent survivre à un ensablement ne dépassant pas 75 %, mais l’ensablement complet leur est fatal. Les grandes plantes se trouvant au stade juvénile meurent si le sol reçoit un dépôt de sable de plus de 25 cm.

Protection actuelle

Le chardon de Pitcher ne jouit d’aucune protection officielle. Cependant, Parcs Ontario et Parcs Canada sont conscients de son statut d’espèce en voie de disparition. Le professeur A. Maun, de la University of Western Ontario, travaille au rétablissement de l’espèce aux parcs provinciaux Pinery et Inverhuron et a entrepris un programme de recherche sur l’espèce, avec des fonds très limités. Pour sauver l’espèce, il faudra mener des recherches en écologie appliquée sur les conditions de son rétablissement.

 

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MANDAt DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés et populations (importantes à l’échelle nationale) sauvages jugées en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes des groupes taxonomiques suivants : mammifères, oiseaux, amphibiens, reptiles, poissons, mollusques, lépidoptères, plantes vasculaires, lichens et mousses.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est formé de représentants des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique) et de trois organismes non gouvernementaux, ainsi que des coprésidents des groupes de spécialistes des espèces. Le comité se réunit pour examiner les rapports sur la situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada          Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.