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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le chardon de Pitcher (Cirsium pitcheri) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs

Plusieurs facteurs biotiques et abiotiques influent sur la survie des populations en accroissant leur taux de mortalité, en retardant la reproduction des plantes, en réduisant leur production totale de graines, en diminuant le taux d’établissement des semis ou en prolongeant l’exposition des plantes à leurs ennemis naturels, augmentant ainsi de manière générale le risque de disparition des populations.

Facteurs biotiques 

La prédation par le cerf de Virginie (Phillips et Maun, 1996) et par les ptérophores (Louda, 1994) constituent un facteur limitatif critique pour la survie, la croissance et la dynamique des populations de chardons de Pitcher.

Cerf de Virginie

À Pinery, l’explosion de la population de cerf de Virginie (Odocoileus virginianus) menace la survie de la population de Cirsium pitcheri.

Population actuelle de cerfs = 826 individus (Maun et Crabe, 1995).

Population soutenable de cerfs = 200 individus (Gedge et Maun, 1992 et 1994).

Les cerfs broutent pendant tout l’été les feuilles des chardons juvéniles ou en fleurs (D’Ulisse et Maun, 1996). Ces auteurs ont établi que l’intensité du broutage des fleurs allait du broutage de quelques capitules par plante à l’élimination de tous les capitules de certains sujets (tableau 2). En 1993, 90 % des sujets en fleurs ont été broutés, et la moitié de tous les capitules produits par la population ont été consommés (tableau 2). De plus, les cerfs ont brouté environ la moitié des chardons juvéniles. En 1994, les dégâts ont été moindres : 29 % des sujets en fleurs ont été broutés, et 7 % des capitules produits par la population ont été consommés, tandis que 31 % des sujets juvéniles ont été complètement ou partiellement broutés. Comme les prédateurs du cerf de Virginie sont disparus de la région, ce mammifère constitue une très grave menace pour le chardon de Pitcher.

Tableau 2. Nombre de sujets en fleurs* et juvéniles de Cirsium pitcheri broutés par le cerf de Virginie au parc provincial Pinery durant les étés 1993 et 1994
 19931994
En fleursJuvénilesEn fleursJuvéniles
Nombre total de sujets1134765
Nombre de sujets broutés1017220
% de sujets broutés90502931
Nombre total de capitules138--30--
Nombre de capitules broutés68--2--
% de capitules broutés49--7--

*Les données relatives aux sujets en fleurs n’ont trait qu’au broutage des capitules. La proportion de sujets en fleurs dont les feuilles ont été broutées était de 72 % en 1993 et de 43 % en 1994.

Ptérophores 

Les chenilles des ptérophores peuvent endommager le méristème apical et provoquer la formation de tiges multiples (Stanforth, Louda et Bevill, 1997). Il peut en résulter une perte de 0 à 42 % des graines chez une même plante (Keddy et Keddy, 1984). Comme dans le cas du cerf de Virginie, la prédation par ces insectes peut réduire la production de graines, retarder la maturation et réduire la persistance de l’espèce dans les milieux relativement stabilisés correspondant à la fin de la succession végétale. Cependant, les ptérophores ne constituent pas une menace importante pour les populations de chardon de Pitcher du lac Huron.

Oiseaux

Nous avons observé des chardonnerets jaunes en train de prélever et de consommer des graines de Cirsium pitcheri. Les dégâts causés par ces oiseaux sont cependant minimes.

 

Facteurs abiotiques

Destruction de l’habitat

L’utilisation croissante des dunes de sable pour les activités récréatives et pour la construction de chalets entraîne une perte d’habitat pour le chardon de Pitcher. Plusieurs secteurs bordant le lac Huron, comme les plages de sable de Kettle Point, d’Ipperwash Beach, de Port Franks et de Grand Bend, ont été transformés en terrains pour des chalets. Le camp militaire situé à proximité d’Ipperwash Beach a été utilisé pour l’entraînement des recrues, et les véhicules tout-terrain ont détruit tous les milieux convenant au C. pitcheri à l’intérieur du camp. Un projet de développement commercial est prévu pour la baie Carter, à l’île Manitoulin (Anonyme, 1998). Le secteur sera transformé en centre de villégiature « écologique » comprenant un hôtel, un centre de congrès, des courts de tennis, un terrain de polo et des installations nautiques. Les visiteurs pourront y pratiquer le golf, le kayak, la pêche, le ski nautique, la randonnée pédestre, la chasse à l’arc, la bicyclette, le canoë et l’équitation. Il est impossible que la population de C. pitcheri (n = 1000 sujets) se trouvant sur le complexe dunaire puisse survivre à ce genre de pression. 

Impact des activités récréatives

L’utilisation récréative des dunes influe sur les populations de chardons de trois manières. Premièrement, le piétinement tue directement les plantes (figure 2c). Deuxièmement, le piétinement crée des sentiers qui tendent à s’élargir avec le temps à cause de l’érosion des sables, ce qui expose les racines des chardons et finit par tuer les plantes. Troisièmement, le sable ainsi arraché par le vent est transporté par-dessus les cordons dunaires et est déposé derrière, ce qui entraîne un enfouissement excessif des plantes et finit par les tuer. L’enfouissement excessif augmente également la vulnérabilité des graines, des semis et des sujets adultes de l’espèce. Les graines profondément enfouies n’arrivent pas à germer, ou produisent des plantules incapables d’atteindre la surface. Les graines qui n’ont pas germé peuvent pourrir dans le sol, ou subir une dormance forcée. Par ailleurs, les plantules qui ont levé risquent d’être enfouies par le sable à divers degrés, selon les microhabitats (Maun et al., 1996). Elles peuvent survivre à un enfouissement ne dépassant pas 75 %, mais un enfouissement total leur est fatal. Dans le cas des sujets juvéniles, le risque de mortalité est le plus élevé dans le cas des classes de
taille inférieures, à cause de leur plus faibles réserves d’énergie. Cependant, au stade juvénile, même les grandes plantes peuvent être tuées s’il y a dépôt d’une couche de sable de plus de 25 cm (Rowland, 1999).