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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Crapaud de l’Ouest (Bufo boreas) au Canada

Résumé

Crapaud de l’Ouest
Bufo boreas

Le crapaud de l’Ouest (Bufo boreas) présente une grande aire de répartition partout dans l’Ouest de l’Amérique du Nord, incluant des secteurs au sud du territoire du Yukon, la majeure partie de la Colombie-Britannique et l’Ouest de l’Alberta. C’est l’un des rares amphibiens habitant les zones alpines. Deux sous-espèces sont reconnues, la plus largement répandue se trouvant au Canada (B. b. boreas). Le crapaud de l’Ouest vit de neuf à 11 ans. Avec une reproduction de type explosif, les adultes se rassemblent le long des rives en eau peu profonde lentique pour une période d’une à deux semaines chaque printemps. Les femelles pondent entre 5,000 et 16,500 oeufs par saison de reproductionl’âge de quatre ou cinq ans. Les mâles atteignent la maturité sexuelle en trois ans. Les têtards sont noirs et se métamorphosent après environ trois semaines, période à laquelle ils se rassemblent en grand nombre le long des rives. Le crapaud est hautement philopatrique : la plupart des mâles retournent sur les sites de reproduction chaque année alors que les femelles n’y retournent que tous les un à trois ans. Les femelles s’éloignent plus des sites de reproduction, se déplaçant de 400 à plus de 600 m vers les aires estivales. Des déplacements exploratoires de plus de 7,2 km ont déjà été observés. Les domaines estivaux sont distincts et couvrent une surface variant de trois à sept hectares. Ces crapauds utilisent une variété d’habitats incluant la forêt, les terres humides, les coupes à blanc et les prairies herbacées, le domaine estival comprenant généralement des terres humides et terrestres. Ils utilisent les milieux ouverts car ils s’exposent souvent au soleil pour se réchauffer. Ils hibernent de quatre à six mois chaque hiver dans des terriers et sous des débris leur permettant de rester en contact avec l’humidité du sol.

Bien que B. boreas soit désigné « en sécurité » en Colombie-Britannique et en Alberta, c’est la seule espèce d’amphibien au Canada placée sur la liste rouge de l’UICN. Cette désignation repose essentiellement sur sa situation dans le Sud de son aire de répartition aux États-Unis où de nombreuses populations sont en déclin ou sont disparues. Le crapaud du Sud des Montagnes Rocheuses, B. b. boreas, est un candidat pour la liste des espèces en péril du U.S. Fish and Wildlife Service. Les infections bactériennes comme la « maladie des pattes rouges » (Aeromonas), les agents fongiques qui s’attaquent aux oeufs (c.-à-d., Saprolegnia) et les radiations UV ont été proposées comme contributeurs possibles au déclin. Bufo boreas est vulnérable aux échecs massifs de développement des oeufs, particulièrement dans les petites populations isolées. Les jeunes crapauds sont aussi souvent vulnérables à des mortalités massives après la métamorphose. De plus, les orages printaniers, les sécheresses estivales et les gels automnaux hâtifs peuvent abaisser la taille des populations à des niveaux critiques. Enfin, les petites populations peuvent être fortement touchées par les prédateurs tant en milieu aquatique que terrestre.

La population côtière sud de B. boreas devrait être considérée préoccupante au Canada car le nombre de crapauds dans les basses-terres de Colombie-Britannique et dans l’Est de l’île de Vancouver (Georgia Depression) est en baisse. Bien que des données à long terme soient manquantes, les taux de rencontre obtenus lors d’inventaires réalisés récemment étaient bas comparativement à des données historiques pour ces secteurs. La majorité des populations de crapauds de l’Ouest de la Georgia Depression sont isolées des populations continentales en raison de la fragmentation et de la modification de l’habitat liées à l’exploitation urbaine et agricole. La possibilité de se maintenir grâce à l’immigration est donc très faible. Des déclins importants et rapides de populations aux États-Unis dans les dernières décennies démontrent la vulnérabilité de cette espèce autrefois commune et largement répandue. Les raisons des déclins étant largement inconnues et des populations en Colombie-Britannique étant soumises à des pressions similaires, incluant les malformations et les maladies, de sérieuses préoccupations augmentent en regard de cette espèce en décroissance dans certaines régions. Si la tendance se maintient, les populations intérieures et septentrionales pourraient alors servir de noyau-source pour l’espèce. Le reste de la population de crapauds de l’Ouest ne semble pas à risque pour l’instant, mais un examen de sa situation devrait être réalisé régulièrement.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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