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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la sardine du Pacifique (Sardinops sagax) au Canada - Mise à jour

Protection actuelle ou autres désignations

Échelle internationale

De 1928 jusqu’à l’effondrement des stocks, la Californie a surtout réglementé ses pêches en fixant des limites saisonnières. Certains règlements imposaient des restrictions sur les filets et sur le maillage. La question de la quantité de sardines transformées en huile et en farine versus la quantité destinée à la conserve pour la consommation humaine a soulevé une énorme controverse (Ahlstrom et Radovich, 1970; Culley, 1971). Un système de permis a été mis en place pour limiter les quantités de poissons destinées aux minoteries, mais on l’a contourné, notamment en exploitant les bateaux de pêche minotière en dehors de la limite territoriale de trois milles. On a proposé d’imposer des quotas à partir de 1931 environ, mais sans beaucoup de succès (Radovich, 1982). En 1967, la législature de Californie a décrété un moratoire sur les débarquements de sardines du Pacifique à quelque fin que ce soit, y compris comme appât. On a recommandé de suspendre la pêche jusqu’à ce que les stocks remontent à au moins 20 000 tonnes. En 1986, l’État a levé son moratoire de 18 ans en se fondant sur des données indiquant que la biomasse de géniteurs dépassait ces 20 000 tonnes. Pour la période de 1986 à 1990, un quota annuel de 1 000 tonnes a été fixé pour la pêche dirigée; ce quota est passé à 12 000 tonnes en 1991, puis à 20 500 tonnes 1992. Par la suite, comme le stock continuait de croître rapidement, les quotas ont augmenté. Aux États-Unis, le quota est fixé à un taux de récolte maximum de 15 p. 100 tant que la biomasse dépasse 150 000 tonnes. Ce taux est limité à une fourchette de 5 à 15 p. 100 en se basant sur une moyenne mobile sur trois ans de la température de l’eau qui reflète la productivité récente du stock.

Échelle nationale

En Colombie-Britannique, on n’a imposé aucune restriction sur la quantité de sardines destinée à la transformation en huile et en farine. La pêche était saisonnière et variable, et de légères restrictions ont été imposées de temps à autre sur la taille et le maillage des sennes coulissantes et sur la saison de pêche (Ahlstrom et Radovich, 1970). La réapparition récente des sardines dans les eaux canadiennes a suscité un nouvel intérêt pour la récolte, principalement à des fins de consommation humaine et comme appât. Une pêche expérimentale se pratique depuis 1997, à laquelle participent sept détenteurs de permis. Vu la nature expérimentale de cette pêche, les prises étaient limitées à 1 600 tonnes en 2001, mais on compte bien étendre la pêche à l’avenir. Le quota proposé en Colombie-Britannique en 2002 se fonde sur le taux de récolte de 15 p. 100 actuellement en vigueur aux États-Unis, de même que sur la proportion de la biomasse de l’ensemble de la côte que l’on estime présente dans les eaux canadiennes. Le taux de récolte qui en résulterait ne représente que 1 à 2 p. 100 du stock total environ (en posant que 10 p. 100 de la population migrent dans les eaux canadiennes, et que 15 p. 100 des poissons sont capturés; voir Schweigert et McFarlane, 2001). L’évaluation et le quota canadiens se fondent sur l’évaluation du stock de sardines effectuée par les États-Unis, qui prélèvent des échantillons et recensent les principales aires de fraye au large de la Californie. Le Canada a toujours fourni et fournit encore aujourd’hui des données sur les prises et des données d’échantillonnage concernant la Colombie-Britannique destinées à la base de données sur la sardine pour l’ensemble du littoral.

La sardine du Pacifique de Colombie-Britannique est actuellement désignée comme une espèce vulnérable ou préoccupante par le COSEPAC, d’après un examen antérieur au rétablissement de la population (Schweigert, 1988).