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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la sardine du Pacifique (Sardinops sagax) au Canada - Mise à jour

COSEPAC Résumé

Sardine du Pacifique
Sardinops sagax

Information sur l’espèce

La sardine du Pacifique (Sardinops sagax) réside une partie de l’année dans les eaux canadiennes. Elle migre en effet au printemps depuis la Californie jusqu’aux riches aires d’alimentation du large de l’île de Vancouver, pour retourner vers le sud à l’automne. D’après les données d’études de marquage et autres, les sardines monteraient progressivement plus au nord, au cours de leur migration annuelle entre leurs aires de fraye et les aires d’alimentation, à mesure qu’elles prennent de l’âge. D’après le récent consensus sur la structure des stocks, il n’existerait qu’une seule population panmictique dans l’est du Pacifique nord. Sans doute y a-t-il fraye par intermittence dans les eaux du nord-ouest de l’Amérique du Nord, y compris en Colombie-Britannique, mais il est peu probable qu’on y trouve des populations autonomes. La sardine a disparu des eaux canadiennes à la fin des années 1940, au moment où le stock tout entier s’est effondré; elle n’y est réapparue qu’en 1992, lorsque la population de Californie a commencé à se rétablir et que son aire de répartition s’est de nouveau élargie. 

Répartition

En tant que groupe, les sardines comptent quelque 18 espèces réparties sous trois genres, à l'échelle mondiale. On les trouve dans les eaux de tous les continents, mais elles sont essentiellement une espèce d'eau chaude dont la répartition mondiale ne dépasse pas 60 ºN et 50 ºS de latitude. On rencontre l’espèce Sardinops sagax depuis le nord du Mexique jusqu'au sud-est de l'Alaska, mais les grandes concentrations sont surtout observées entre le sud de la Californie et le nord de la Basse-Californie, d'une part, et le sud de la Colombie-Britannique, d'autre part.

Habitat

On sait peu de choses sur les besoins particuliers de la sardine du Pacifique en matière d'habitat. En Californie, on a observé des bancs de sardines dans des eaux dont la température variait entre 7 et 28 ºC. La gamme des températures propices à la fraye se situerait entre 13 et 22 ºC. Presque tous les œufs se trouvent dans des eaux dont la température oscille entre 12,5 et 16 ºC. La sardine se nourrit principalement de copépodes et de diatomées. La température de l’eau et les conditions d'alimentation favorables pourraient expliquer la migration des adultes vers le nord chaque été. On sait peu de choses sur les besoins des juvéniles au cours de leur premier été, lorsqu'ils sont entraînés vers le littoral et vers le sud par les courants dominants.

Biologie

On compte actuellement deux grandes aires de fraye dans les eaux du sud de la Californie et de la Basse-Californie. La principale, située au nord entre la pointe Conception et Ensenada, mesure quelque 400 km de longueur et s'étend jusqu'à 325 km au large; l'autre, qui fait environ la moitié de la première, est située dans les eaux du centre de la Basse-Californie. On trouve une autre petite aire de reproduction dans le golfe de Californie. La fraye a lieu au printemps et à l'automne. On a signalé la présence de sardines adultes porteuses d'œufs mûrs dans les eaux canadiennes et on y a récemment capturé des juvéniles, ce qui témoigne d'une fraye locale. Le recrutement de ces juvéniles dans la population semble toutefois limité. La sardine du Pacifique est une espèce à ponte fractionnée, les individus les plus grands (21 cm) libérant jusqu'à 65 000 œufs par ponte, et jusqu'à 200 000 œufs par saison de fraye. Les œufs, pélagiques, mesurent environ 1,6 mm de diamètre et éclosent après deux à quatre jours. Les larves mesurent environ 3,5 mm de longueur, et le sac vitellin se résorbe après quatre à sept jours. Le poisson croît rapidement, pour atteindre 115 mm à la fin de la première année. La longueur maximale de 31 cm est atteinte à l’âge de 10 à 12 ans. Les femelles grandissent plus vite et deviennent plus grosses que les mâles. Pendant qu'elles grandissent, les jeunes sardines se déplacent vers le littoral et se rassemblent en bancs près des plages. Chaque année, à partir du deuxième été, les poissons migrent vers le nord au début de l'été et reviennent dans le sud à l’automne. Avec l’âge, ils migrent de plus en plus au nord, mais cette migration peut aussi être affectée par les conditions océanographiques.

Taille et tendances des populations

La taille et les tendances des populations au Canada dépendent de la dynamique démographique dans les eaux de la Californie et des conditions environnementales. La sardine a réapparu dans les eaux canadiennes en 1992, et son effectif augmente. D'après les données historiques sur les prises et les relevés récents effectués au chalut, environ 10 p. 100 en moyenne de la population de sardine du Pacifique des États-Unis migreraient au Canada chaque année. Si la population américaine continue d'augmenter, l'abondance des sardines devrait aussi augmenter proportionnellement en Colombie-Britannique.

Facteurs limitatifs et menaces

Les principaux facteurs limitatifs et menaces qui affectent la sardine sont la surpêche et le changement des conditions environnementales. On sait que l'effondrement de la population de sardine dans les années 1940 fut causé par la surpêche et des conditions environnementales défavorables à la survie de l’espèce. Le régime de gestion en vigueur aux États-Unis prescrit de récolter la sardine que si le stock de géniteurs dépasse 150 000 tonnes. Un taux de récolte de 5 à 15 p. 100 serait viable, selon la température de l'eau, dont dépend directement la survie de l'espèce. Le Canada a adopté le taux d’exploitation en vigueur aux États-Unis et est en passe d’accroître la pêche en Colombie-Britannique. Si les mauvaises conditions environnementales du siècle dernier ne se répètent pas, la pêche de la sardine devrait être durable sur la côte du Pacifique. L’analyse de carottes de sédiments et des dépôts d'écailles a montré que cette population de sardine s'est effondrée puis rétablie au moins 9 fois au cours des deux derniers millénaires, et que chaque période de déclin ou de rétablissement durait une trentaine d'années. 

Importance de l’espèce

Les pêcheurs commerciaux capturent les sardines pour la consommation humaine et comme appât. La sardine, lorsqu'elle était présente, a également été une importante source alimentaire pour le peuple de la Première Nation Nuu-chah-nulth (côte ouest de l'île de Vancouver). Composante essentielle de l'intégrité de l'écosystème, la sardine est une importante espèce fourrage pour de nombreuses autres espèces de poissons, comme le thon, la sériole, le barracuda, la bonite, le makaire, le merlu et le maquereau. Au maximum de son abondance les années 1930 et 1940, la sardine était la principale espèce proie des saumons quinnats et cohos dans le nord-ouest de l’Amérique du Nord. Sa vaste répartition en fait également une proie facile pour les mammifères, comme les otaries, les marsouins et les baleines, et pour les oiseaux, comme les cormorans, les goélands et les pélicans. 

Protection actuelle ou autres désignations 

Aux États-Unis, la sardine du Pacifique est gérée par le Pacific Fisheries Management Council. Le niveau de récolte autorisé est fonction des conditions océaniques et d'une biomasse minimale (150 000 mt). L'objectif de récolte a été fixé au niveau présumé de production maximale équilibrée, qui est fonction des conditions océaniques, et doit se situer entre 5 et 15 p. 100 du volume du stock prévu dans les eaux des États-Unis. Dans les eaux canadiennes, la sardine du Pacifique est actuellement considérée comme une espèce préoccupante par le COSEPAC. Depuis 1997, elle est gérée par Pêches et Océans Canada dans le cadre d’un permis de pêche expérimentale, et la récolte est d’environ 1 450 tonnes par année. L'augmentation des prises présente un intérêt commercial pour la Colombie-Britannique.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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