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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la sardine du Pacifique (Sardinops sagax) au Canada - Mise à jour

Répartition

Répartition mondiale

L’aire de répartition de la sardine du Pacifique s’étend du nord du Mexique jusqu’au sud-est de l’Alaska; les plus fortes concentrations se trouvent toutefois entre le sud de la Californie et le nord de la Basse-Californie, d’une part, et le sud de la Colombie-Britannique, d’autre part (figure 2). Avant l’effondrement de la population de sardine de Californie au début du XXe siècle, on s’entendait en général pour distinguer trois stocks dans le système du courant de Californie : un stock septentrional [depuis le nord de la Basse-Californie (30°N) jusqu’à l’Alaska (55°N)], un stock méridional [au large de la Basse-Californie (23-30°N)], et un stock du golfe de Californie (23-31°N). Cette classification se fondait sur la répartition des aires de fraye, les taux de croissance, des études de marquage et des données sérologiques (Culley, 1971; Felin, 1954; Hart, 1943a; Janssen, 1948; Marr, 1957, 1960; Murphy, 1966; Vrooman, 1964). En se basant sur des différences dans les taux de croissance et la disposition des écailles, Radovich (1962) a postulé l’existence d’une autre population septentrionale éloignée dans les eaux du nord-ouest de l’Amérique du Nord. D’autres chercheurs ont toutefois remis cette hypothèse en question (Marr, 1960; Murphy, 1966), et des études récentes donnent plutôt à penser que la variation des traits du cycle de vie résulte probablement davantage de variations de l’environnement que de différences génétiques (Hedgecocket al., 1989). Ces études indiquent également qu’il n’y aurait qu’un seul stock génétique de sardines dans le système du courant de Californie (Parrish et al., 1989; Hedgecock et al., 1989). Hedgecock et al. (1989) ont ainsi relevé une même fréquence des allozymes dans toute l’aire de fraye de la sardine du Pacifique, et trouvé les mêmes allèles rares dans des localités très éloignées les unes des autres, ce qui évoque un flux génique important entre les populations et ne corrobore en rien l’hypothèse d’une différenciation génétique étayant l’existence de stocks distincts.

Répartition canadienne

La sardine du Pacifique réside une partie de l’année dans les eaux canadiennes; elle migre en effet au printemps vers le nord, des eaux de la Californie jusqu’aux riches aires d’alimentation du large de l’île de Vancouver, pour retourner dans le sud à l’automne. L’espèce, qui a fait l’objet d’une pêche intensive dans les eaux du nord-ouest de l’Amérique du Nord au cours de la première moitié du XXe siècle, a disparu entièrement de la région à la fin des années 1940. Certaines sardines passaient l’hiver dans des bras de mer le long de la côte ouest de l’île de Vancouver au lieu de migrer au sud à l’automne (Hart, 1938; 1943a). Selon Hart (1943a), certaines données d’études de marquage-recapture indiquent que ces sardines (capturées dans les bras de mer) sont des membres de la population générale qui n’ont pu participer à la migration d’ensemble à cause des conditions locales, et ne forment pas une population locale spéciale. Après une absence de près de 50 ans, les sardines ont réapparu dans les eaux canadiennes en 1992 (Hargreaves et al., 1994) et, comme par le passé, on en a trouvé qui passaient l’hiver dans les bras de mer de la côte ouest de l’île de Vancouver et de la côte centrale de la Colombie-Britannique. Le phénomène a été plus marqué en 1997 et 1998, où l’eau a été plus chaude. Il pourrait s’agir de bancs de sardines piégés dans des cellules d’eau chaude, car leur présence coïncidait avec une mortalité massive des poissons dans ces régions en hiver (comm. pers. – G. Traxler, Pêches et Océans Canada, Station biologique du Pacifique, Nanaimo [C.-B.], 14 novembre 2001). Rien ne corrobore aujourd’hui l’existence de populations reproductrices résidentes de sardines du Pacifique dans les eaux du Canada.

Figure 2. Répartition de la sardine du Pacifique, et emplacements de ses principales aires de reproduction et de croissance ainsi que des principaux secteurs de pêche avant 1950 (d’après un dessin de Culley, 1971). Les sardines se reproduisent également dans le golfe de Californie, mais l’emplacement exact est inconnu.

Figure 2. Répartition de la sardine du Pacifique, et emplacements de ses principales aires de reproduction et de croissance ainsi que des principaux secteurs de pêche avant 1950