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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la sardine du Pacifique (Sardinops sagax) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

On ne comprend pas bien les facteurs qui déterminent l’abondance des sardines. On sait que le succès de la reproduction ou la survie jusqu’au recrutement sont liés à la température de l’eau (Conser et al., 2001). La pêche intensive a eu par ailleurs des effets désastreux sur l’abondance de l’espèce par le passé. On a aussi fait diverses hypothèses sur les relations entre les populations de sardines et d’anchois, tant à court qu’à long terme, en se fondant sur l’analyse de carottes de sédiments (Soutar et Isaacs, 1969, 1974). D’après les données obtenues, depuis au moins 200 ans, l’anchois serait présent au large de la Californie à un niveau d’abondance plus uniforme que la sardine du Pacifique (Soutar et Isaacs, 1974). Pendant cette période, cette dernière semble être passée par plusieurs périodes de grande abondance intercalées de périodes d’absence presque totale. Il se pourrait que la sardine soit localement adaptée à une gamme de températures plus étroite que l’anchois pour ce qui est de la fraye et, donc, du développement et de la survie des œufs et des larves. Tout changement à long terme dans les régimes de température de l’océan pourrait donc influer sur le succès reproducteur de l’espèce et, en bout de ligne, sur la taille du stock, au point de faire de la sardine, dans des régions bien délimitées, un important compétiteur pour l’anchois, ce dernier semblant tolérer une gamme de températures plus large. Le facteur limitant l’expansion actuelle de la population de sardine pourrait être la disponibilité de l’habitat de fraye et de la nourriture, étant donné que la population commence à atteindre le point où les ressources disponibles sont insuffisantes.

Le régime de gestion de la pêche de la sardine actuellement en vigueur aux États-Unis autorise un taux de prise maximum de 15 p. 100. Ce taux, qui peut varier entre 5 et 15 p. 100, est lié aux changements dans la température de l’eau, qui déterminent directement le succès reproducteur et la productivité de l’espèce. Cette politique, jugée prudente, s’approche du taux de prélèvement maximal équilibré estimé pour l’espèce; elle prévoit également la constitution d’une réserve de géniteurs de 150 000 tonnes métriques qui doit être protégée avant même qu’on envisage une pêche quelconque (Conser et al., 2001).

À l’heure actuelle, on ne pratique qu’une pêche expérimentale de la sardine en Colombie-Britannique, mais on aimerait bien l'étendre. Le taux de récolte proposé au Canada est le même qu’aux États-Unis, et la récolte se fonde sur l’évaluation des États-Unis de la taille de la population (Schweigert et McFarlane, 2001). Comme la pêche canadienne est tributaire des migrations des sardines de Californie vers le nord, seule une portion très limitée de la population est susceptible d’être exploitée au pays; le taux de récolte proposé ne représente en fait que 1 à 2 p. 100 du stock total, cela en posant que 10 p. 100 de la population migrent dans les eaux canadiennes, et que 5 à 15 p. 100 de ces poissons sont capturés.