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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tortue mouchetée au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Les tortues mouchetées, qui parcourent de longues distances sur la terre ferme, sont particulièrement susceptibles d’être heurtées et tuées en traversant des routes (Ashley et Robinson, 1996; Harding, 1997), d’autant plus qu’elles ont tendance à se déplacer le long de celles-ci (Ron Brooks, comm. pers.). On a signalé des tortues mortes sur la route aux endroits suivants : Scarborough, parc national de la Pointe-Pelée, parc provincial Algonquin, Sudbury, réserve nationale de faune de Sainte-Claire, Halton, parc provincial Long Point, Parry Sound, Renfrew, Merrickville, parc provincial Rondeau, Kempville et Bancroft (Ashley et Robinson, 1996; Bob Johnson, Constance Browne, Norm Quinn, Mike Hall, John Haggeman, Kim Barrett, Glenda Clayton, Lauren Trute, David et Carolyn Seburn, Sandy Dobbyn, comm. pers., le 25 mai 2004; Chris Burns, comm. pers., le 4 juin 2004; Angie Horner, comm. pers., le 6 juin 2004; Ontario Herpetofaunal Summary, 2004). On a également signalé des tortues mouchetées mortes sur les routes du Québec (Desroches et Picard, 2005), dans la région de l’Outaouais et à l’ouest du parc de la Gatineau (Jean-François Desroches, comm. pers., le 25 mai 2004; Daniel St-Hilaire, comm. pers., le 1er juin 2004; Joël Bonin, comm. pers., le 9 juin 2004). Des 1 908 mentions de tortues mouchetées répertoriées dans la base de données de l’OHS, 9,8 p. 100 ont été trouvés morts sur la route (Oldham, 1998). Compte tenu de la longévité de l’espèce, la perte de femelles adultes tuées par des véhicules entraîne des effets à long terme sur la population et est difficile à compenser (Congdon et al., 1993; Herman et al., 2003). C’est ce que nous amène à constater la prédominance de mâles dans la population de la réserve nationale de faune de Big Creek (Saumure, 1995 et 1997; Gillingwater, données inédites).

L’aménagement des milieux humides et des écosystèmes terrestres qui les entourent constitue une menace sérieuse pour les populations de tortues mouchetées d’Ontario et du Québec. Non seulement doit-on protéger les plans d’eau et les zones riveraines, mais on doit également protéger les aires de nidification pouvant se trouver jusqu’à 1 620 m de ces plans d’eau (Joyal et al., 2001).

L’engouement pour la tortue mouchetée comme animal de compagnie présente une menace pour les individus de toutes les classes d’âge. Des tortues mouchetées de l’année élevées en captivité peuvent être achetées sur Internet du Amazon Reptile Center (2005). Ces animaux sont également offerts aux résidants du Canada (Amazon Reptile Center, comm. pers., le 16 février 2005). Ce commerce lucratif attire des personnes qui sont prêtes à s’exposer à des amendes ou à des peines d’emprisonnement pour le gain de la vente de quelques individus. Ceux qui capturent des animaux sauvages pour la vente ne se soucient guère de l’âge des individus et ramènent tous ceux qu’ils peuvent capturer. Généralement, ce sont des femelles adultes car elles sont plus faciles à trouver et à capturer, et on en obtient un meilleur prix du fait qu’elles peuvent porter des œufs. La capture de tortues mouchetées pour le marché des animaux de compagnie est une menace grandissante, dont l’impact sur les populations est pour l’heure difficile à estimer. Toutefois, une étude récente sur l’impact de la capture de tortues serpentines femelles nidifiant au bord des routes indique que les conséquences de ce prélèvement peuvent être très graves (Tucker et Lamer, 2004).