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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le loup de Béring au Canada – Mise à jour

Biologie générale

Reproduction et croissance

Très peu de données ont été publiées sur la biologie du loup de Béring. Les seules données qui existent proviennent de l’analyse de spécimens pris dans le nord‑ouest du Pacifique. Andriyashev (1954) mentionne une femelle de grande taille (112 cm) portant des œufs bien développés, prise à la fin de mai dans la baie Avachinskaya, péninsule du Kamtchatka. Les œufs des Anarhichadidés sont généralement gros, leur diamètre variant entre 4,0 et 4,5 cm (Barsukov, 1959). On ne connaît pas le nombre d’œufs par ponte. Andriyashev (1954) rapporte le cas d’une larve projetée à bord d’un navire durant une tempête dans la mer de Béring en mai, ce qui donne à croire queles larves sont pélagiques. Kobayashi (1961) donne une description des juvéniles de l’espèce fondée sur deux spécimens, pris en juin et en août dans la mer d’Okhotsk à la fin des années 1950. Matarese et al. (1989) montrent un spécimen de 21 mm de longueur.

Selon Barsukov (1959), l’espèce atteint la maturité à une taille de 15 à 17 cm. L’âge d’individus mesurant 41 cm, 70 cm et 112 cm a été estimé respectivement à au moins 4, 8 et 17 ans. L’espèce a une durée de vie relativement longue et une croissance lente.


Alimentation et relations interspécifiques

L’analyse de contenus stomacaux révèle que le loup de Béring se nourrit d’invertébrés benthiques, notamment de crabes et de mollusques. On connaît très peu de choses sur les besoins alimentaires de l’espèce. Andriyashev (1954) a trouvé dans l’estomac de spécimens de l’espèce des restes de bernard-l’hermite et des coquilles de gastropodes des genres Buccinum et Neptunea. On peut penser que chez une espèce arctique, la benthophagie limite la répartition à des zones très localisées où les eaux sont moins profondes et moins froides et l’action érosive des glaces moins importante, conditions essentielles pour que puissent se former des populations abondantes d’invertébrés benthiques. Cela pourrait expliquer la répartition apparemment sporadique du loup de Béring, et peut‑être aussi l’absence de l’espèce dans l’est de l’Arctique, où les eaux côtières sont généralement plus profondes et plus froides (Houston et McAllister, 1990).

Smith (1977) a observé que le phoque annelé (Phoca hispida) se nourrit de loup à tête large (Anarhichas denticulatus), autre espèce des eaux arctiques et subarctiques, et suppose qu’il peut se nourrir également de loup de Béring.