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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le loup de Béring au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Il existe peu de données sur le loup de Béring, sauf des mentions de sa présence (Houston et McAllister, 1990). Selon Andriyashev (1954), l’espèce serait commune dans le détroit de Béring, la mer de Béring et le nord-ouest du Pacifique. Cependant, le fait qu’elle ne soit pas exploitée commercialement dans ces eaux, alors que le sont d’autres espèces du genre Anarhichas, donne à croire qu’elle n’est peut-être pas aussi abondante que ne l’implique le terme « commun » (Houston et McAllister, 1990).

On ne possède que trois spécimens de l’espèce provenant d’eaux canadiennes; les trois font partie de la collection du Musée canadien de la nature (voir l’annexe 1). Les Inuits de la région semblent posséder une connaissance limitée du loup : ils ne distinguent pas le loup de Béring (Anarhichas orientalis) du loup à tête large (Anarhichas denticulatus), qu’ils désignent indifféremment du nom de akoak ou akoaksaluk (« poisson vieille femme ») (Smith, 1977). Un pourvoyeur et guide de pêche de Bathurst Inlet affirme qu’il attrape du loup régulièrement, mais il ne distingue pas l’A. orientalis de l’A. denticulatus (Warner, comm. pers., décembre 2001).

Le loup de Béring, facile à reconnaître, serait bien connu des Inuits s’il était commun dans leurs territoires de pêche traditionnels. Comme ce n’est pas le cas, on peut croire que l’espèce est réellement rare et très localisée. En outre, Pêches et Océans Canada, le Musée canadien de la nature et divers consultants travaillant pour l’industrie pétrolière et gazière ont effectué de vastes relevés et n’ont pris aucun spécimen de l’espèce. La Station de biologie arctique a recueilli des données halieutiques de 1947 à 1979, et le Musée canadien de la nature a mené 5 campagnes majeures d’échantillonnage sous la direction de D.E. McAllister entre 1961 et 1977. Ces recherches dans les eaux arctiques canadiennes n’ont donné aucun nouveau spécimen de A. orientalis, les trois de la collection du Musée, qui proviennent de l’inlet Bathurst, demeurant les seuls à ce jour (Houston et McAllister, 1990). De toute évidence, on ne possède pas suffisamment de données pour déterminer la tendance de la population canadienne de loup de Béring, et l’absence de l’espèce dans les relevés susmentionnés donne à croire qu’elle est rare dans les eaux arctiques canadiennes en dehors de l’inlet Bathurst.