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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de la couleuvre à nez mince au Canada

Résumé

Couleuvre à nez mince

Pituophis catenifer

 

Information sur l'espèce

La couleuvre à nez mince (Pituophis catenifer) est une grande couleuvre (jusqu'à 2 m de longueur totale) de couleur jaune ou crème, ornée de taches foncées sur le corps et, sur la face, d'une ligne sombre reliant l'œil et la mâchoire. Au Canada, on en distingue trois sous-espèces : la couleuvre à nez mince des Prairies (P. c. sayi), la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (P. c. deserticola) et la couleuvre à nez mince du Pacifique (P. c. catenifer).

 

Répartition

Le Pituophis catenifer se trouve dans le Sud de la Colombie-Britannique, de l'Alberta et de la Saskatchewan, de même qu’aux États-Unis et au Mexique.

 

Habitat

Ces couleuvres fréquentent les zones prairiales et arborées sèches où elles trouvent les falaises rocheuses ou les pentes d'éboulis qui leur conviennent pour aménager leurs tanières.

 

Biologie

Les mâles et les femelles s'accouplent au printemps, après avoir émergé de l'hibernaculum, et passent la saison active dans une aire d'alimentation convenable, où ils se nourrissent principalement de mammifères. Les œufs sont pondus au début de juillet dans des terriers de rongeurs abandonnés ou dans des pentes d'éboulis, et les petits sortent du nid à la fin de septembre. Chaque couleuvre est capable de parcourir de longues distances entre la tanière, le site de nidification et l’aire d'alimentation estivale.

 

Taille et tendance des populations

Aucune étude exhaustive n’a été faite sur la répartition des couleuvres à nez mince au Canada, et les tendances, décrites en termes généraux, demeurent floues. La couleuvre à nez mince du Pacifique, P. c. catenifer, se trouvait autrefois sur l'île Galiano et était probablement présente à l'extrême sud-ouest de la zone continentale, mais on pense qu'elle a aujourd'hui disparu du Canada. La couleuvre à nez mince du Grand Bassin, P. c. deserticola, est présente (densité faible à modérée) dans le Sud de la Colombie-Britannique, où la majeure partie de son habitat est menacée par l’exploitation agricole et urbaine. La couleuvre à nez mince des Prairies, P. c. sayi, largement répandue en Alberta et en Saskatchewan, n'est commune que dans très peu de localités. L'effectif et le nombre de populations du P. c. deserticola et du P. c. sayi pourraient être en déclin, même dans les aires protégées.

 

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur qui influe sur le déclin de cette espèce est la dégradation ou la disparition de l’habitat. Le milieu qui convient au P. c. deserticola en Colombie-Britannique ne couvre qu’une petite superficie, et le peu qui en reste disparaît rapidement sous les assauts de l’urbanisation et de l’agriculture. En Alberta et en Saskatchewan, la couleuvre à nez mince des Prairies subit les conséquences fâcheuses de la fragmentation du milieu prairial et de la destruction de ses tanières. Les humains sont également une menace directe pour ces couleuvres, soit parce que leurs automobiles les écrasent sur les routes, soit parce qu’ils les tuent délibérément en raison de leur grande taille, de leur vague ressemblance avec le crotale ou de l’aversion générale qu’ils éprouvent à l’égard de tous les serpents.

Au Canada, l’espèce se trouve à la limite septentrionale de son aire de répartition, et sa distribution est limitée. La saison active n’est apparemment pas assez longue pour permettre aux femelles de se reproduire chaque année. Les femelles semblent par ailleurs atteindre la maturité à une plus petite taille, et peut-être aussi à un âge plus avancé que leurs congénères vivant plus au sud; on ignore toutefois si ces différences sont d’ordre phénotypique ou génotypique. Compte tenu de cette maturité tardive, les populations de couleuvres à nez mince du Canada devraient donc mettre plus longtemps que celles du Sud pour se rétablir après un déclin.

 

Importance de l'espèce

Sur le plan économique, l’importance des couleuvres à nez mince vient de ce qu’elles se nourrissent de petits mammifères, dont certains sont de grands ravageurs des cultures. De plus, on sait qu’elles peuvent éliminer une forte proportion de ces petits mammifères dans une région donnée.

 

Protection actuelle ou autres désignations

Le P. c. catenifer figure sur la liste rouge de la Colombie-Britannique, et le Conservation Data Centre (CDC) données sur la conservation estime qu’il a disparu de la province; le P. c. deserticola figure sur la liste bleue de la province. En Alberta, la couleuvre à nez mince des Prairies, P. c. sayi, est inscrite sur la liste jaune, et en Saskatchewan, elle ne fait l’objet d’aucun suivi de la part du CDC.

Note de la rédaction : Nous avons mis à jour la taxinomie originale des auteurs, et changé le nom de l’espèce Pituophis melanoleucus pour celui de P. catenifer (Reichling, 1995; Rodríguez-Robles, 1998b; Crother et al., 2000). À l’heure actuelle, on distingue deux espèces (P. melanoleucus = serpent-taureau ou serpent des pins, et P. catenifer = couleuvre à nez mince). La sous-espèce P. c. sayi pourrait finalement être classée sous l’espèce P. melanoleucus ou être élevée au statut d'espèce (Crother et al., 2000).

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

 

DÉFINITIONS

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

*         Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**      Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***     Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****   Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement                   Environment
Canada                            Canada

Service canadien                Canadian Wildlife
de la faune                        Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.