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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de la couleuvre à nez mince au Canada

Information sur l'espèce

Nom et classification

Le Pituophis appartient à la tribu des Lampropeltini (famille des Colubridés), qui inclut également, les genres Arizona, Cemophora, Lampropeltis, Rhinocheilus et Stilosoma (Keogh, 1996). Le Pituophis melanoleucus catenifer et le P. m. deserticola sont aujourd’hui appelés P. catenifer catenifer et P. c. deserticola par la plupart des auteurs, dont Conant et Collins, 1991; Reichling, 1995; Rodríguez-Robles, 1998b; Gregory et Gregory, 1999; Crother et al., 2000. Il s’agit là en partie d’un retour à la taxinomie acceptée avant 1951, lorsque que Smith et Kennedy (1951) ont regroupé sous une même espèce toutes les couleuvres à nez mince, serpents des pins et serpents-taureaux (tableau 1). D'après les résultats encore inédits d’analyses phylogénétiques des séquences d’ADN mitochondrial, il serait préférable de diviser le genre Pituophis en au moins deux espèces, le P. catenifer dans l’Ouest et le Centre des États-Unis, et le P. melanoleucus dans l’Est (Rodríguez-Robles, 1998b). Le P. c. sayi présente des caractères morphologiques intermédiaires entre ceux du serpent-taureau (P. melanoleucus) et ceux des autres couleuvres à nez mince (P. catenifer) (Reichling, 1995). Si la plupart des auteurs considèrent que cette sous-espèce appartient à l’espèce melanoleucus, d'après les analyses moléculaires on pourrait tout aussi bien la classer sous l’espèce catenifer (J.A. Rodríguez-Robles, comm. pers.). On peut aussi invoquer les différences dans la morphologie du museau pour distinguer un groupe « oriental » de sous-espèces (comprenant le sayi) et un groupe « occidental » (comprenant le deserticola) (Knight, 1986).

Note de la rédaction : Nous avons mis à jour la taxinomie originale des auteurs, et changé le nom de l’espèce Pituophis melanoleucus pour celui de P. catenifer (Reichling, 1995; Rodríguez-Robles, 1998b; Crother et al., 2000). À l’heure actuelle, on distingue deux espèces (P. melanoleucus = serpent-taureau ou serpent des pins, et P. catenifer = couleuvre à nez mince). La sous-espèce P. c. sayi pourrait finalement être classée sous l’espèce P. melanoleucus ou être élevée au statut d'espèce (Crother et al., 2000).

Tableau 1. Synonymes du Pituophis catenifer catenifer, du P. c. deserticola et du P. c. sayi, tels que recensés par Sweet et Parker (1990).
CateniferDeserticolaSayi
Coluber catenifer, Blainville (1835)Pituophis bellona, Cooper (1870)Coluber melanoleucus var. Say, Harlan (1827)
Pituophis catenifer, Baird et Girard (1853)Pituophis bellona, Cope (1872)Coluber sayi, Shlegel (1837)
Pituophis wilkesii, Baird et Girard (1853)Pituophis sayi var. bellona, Cope (1875)Churchillia bellona, Baird et Girard (1853)
Pituophis catenifer, Baird (1859)Pituophis sayi sayi, Yarrow (1883)Pituophis bellona, Baird et Girard (1853; part)
Pituophis vertebralis, Hallowell (1859)Pituophis catenifer, Cope (1883)Pituophis McClellani, Baird et Girard (1853)
Pituophis melanoleucus, var. catenifer Jan (1863)Pituophis catenifer bellona, Garman (1884)Pituophis bellona, Kennicott et Baird (1859)
Pituophis wilhesii, Lord (1866)Pituophis catenifer, Stejneger (1891)Pituophis mcclellani, Baird (1859)
Pituophis wilksei, Wright (1878)Pituophis catenifer deserticola, Stejneger (1893)Pituophis sayi, Cooper (1860)
Pituophis sayi bellona, Yarrow et Henshaw (1878)Pituophis catenifer sayi, Ruthven (1915)Pituophis melanoleucus, Wied-Neuwied (1865; part)
Pituophis mexicanus, bellona Cope (1883)Pituophis catenifer stejnegeri, Van Denburgh (1920)Pituophis sayi sayi, Cope (1875)
Pituophis sayi sayi, Yarrow (1883)Pituophis melanoleucus deserticola, Smith et Kennedy (1951)Pituophis catenifer var. sayi, Garman (1884)
Pituophis catenifer catenifer, Brown (1901)Pituophis catenifer deserticola, Crother et al.(2000)Pituophis sayi var. bellona, White (1884)
Pituophis catenifer catenifer, Dice (1916) Pituophis sayii, Higley (1889)
Pituophis catenifer heermanni, Van Denburgh (1920) Pituophis catenifer sayi, Taylor (1891)
Pituophis catenifer annectens, Stull (1932) Pituophis catenifer bellona, Taylor (1891)
Pituophis melanoleucus catenifer, Smith et Kennedy (1951) Coluber melanoleucus, Boulenger (1894)
Pituophis catenifer catenifer, Crother et al. (2000) Pituophis macclellani, Cope (1900)
  Pituophis melanoleuca, Lewis (1905)
  Pituophis catenifer sayi, Notestein (1905)
  Pituophis catenifer sayi, Gaige (1914)
  Pituophis sayi sayi, Force (1925)
  Pituophis melanoleucus sayi, Smith et Kennedy (1951)
  Pituophis catenifer sayi, Crother et al. (2000)

 

Description

Le Pituophis catenifer est un gros serpent à la queue modérément longue; les individus adultes peuvent atteindre 1 800 mm de longueur totale dans le Nord-Ouest, et 2 750 mm dans le Sud de l’aire de répartition (Nussbaum et al., 1983). La tête est un peu plus grosse que le cou, et le museau, étroit, dépasse la mâchoire inférieure; l’œil est grand et la pupille ronde (Gregory et Campbell, 1984). La couleur de fond est jaunâtre ou crème, avec des taches dorsales noires, brunes ou brun-rouge, généralement plus espacées sur la queue que sur le corps (Stebbins, 1985). Plusieurs séries de taches plus petites ornent les flancs. Une ligne foncée traverse la tête devant les yeux, et une bande noire relie l’œil à l’angle de la mâchoire; on note sous l’œil une marque verticale foncée. La surface ventrale jaune ou jaunâtre est ornée de taches brunes ou noires (Gregory et Campbell, 1984). Les écailles dorsales carénées sont disposées en 27 à 37 rangs à mi-corps (Stebbins, 1985). Les écailles du flanc sont lisses et les carènes des écailles dorsales, brun foncé (Gregory et Campbell, 1984). On compte en général de 7 à 10 labiales supérieures et 12 ou 13  labiales inférieures (Nussbaum et al., 1983), 4 préfrontales, et une seule anale (Stebbins, 1985). Les mâles ont la queue plus longue que les femelles (Nussbaum et al., 1983; Shewchuk, 1997), et les jeunes ont la même apparence que les adultes (Storm et Leonard, 1995).

La couleuvre à nez mince des Prairies (P. c. sayi) a une étroite écaille rostrale dépassant les autres écailles situées à proximité (Stebbins, 1985), et peut atteindre 2 000 mm de longueur (Russell et Bauer, 1993). Cette couleuvre porte de 36 à 66 taches sur le corps et de 9 à 19 sur la queue (Wright et Wright, 1957). La couleuvre à nez mince du Grand Bassin (P. c. deserticola) a de 29 à 37 (habituellement 31 ou 33) rangs d'écailles, de 46 à 66 taches dorsales et de 12 à 21 taches caudales. Les mâles ont de 224 à 252 écailles ventrales et de 58 à 72 écailles caudales, tandis que les femelles ont de 223 à 263 écailles ventrales et de 50 à 67 écailles caudales (Nussbaum et al., 1983). Les taches dorsales noires sur la partie antérieure du corps sont reliées entre elles ainsi qu'à des taches secondaires sur les côtés du cou, et forment une bande foncée latérale (Stebbins, 1985). La couleuvre à nez mince du Pacifique (P. c. catenifer) a de 29 à 33 (habituellement 31) rangs d'écailles dorsales, de 56 à 93 taches dorsales, et de 14 à 30 taches caudales. Les mâles ont de 207 à 230 écailles ventrales et de 59 à 79 écailles caudales, et les femelles de 200 à 230 écailles ventrales et de 53 à 78 écailles caudales (Nussbaum et al., 1983). Les taches situées sur les flancs et sous la queue sont grises, et les taches dorsales de la partie antérieure du corps sont séparées entre elles ainsi que des taches secondaires (Stebbins, 1985).

Jusqu'à tout récemment, très peu de travaux avaient été réalisés sur le P. catenifer au Canada. Un grand nombre des mentions de tanières et des relevés du nombre de couleuvres vivant dans ces tanières étaient faits de façon incidente, à l'occasion de recherches visant à trouver des crotales, ou provenaient de comptes rendus historiques de chasse aux crotales. Des travaux sur la couleuvre à nez mince ont cependant été menés dernièrement en Colombie-Britannique, dont les recherches de Shewchuk (1997) sur la reproduction et les déplacements de l'espèce dans la vallée de l'Okanagan, et les études sur les tanières et l'habitat, réalisées par Sarell (1993), Bertram et al. (2001), Hobbs (2001) ainsi que Hobbs et Sarell (2002), dans les régions du bassin Thompson-Fraser, de l'Okanagan, du lac Williams et de 100-Mile. Parmi les études effectuées en Alberta figurent les relevés de tanières réalisés par A. Didiuk dans la réserve nationale de faune de Suffield (Didiuk, 1999a,b; A. Didiuk, données inédites), de même que les recherches de l'Alberta Environmental Protection (1996, 1998) et de Cottonwood Consultants (1986, 1987). Toutes les autres études sur les populations de couleuvres à nez mince portent sur des populations et des individus des États-Unis, sauf indication contraire.