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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le renard gris au Canada – Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

Il est indubitable que la récolte effectuée par les humains représente le facteur limitatif le plus important pour les populations de renards gris aux États-Unis (Fritzell, 1987). Au milieu des années 1970, on estimait que près de la moitié de la population de renards gris du Wisconsin était récoltée chaque année (Petersen et al., 1977). Cependant, cette pression exercée par la récolte était apparemment conforme aux niveaux durables, car le renard gris continue d’être capturé en grand nombre dans cet État (WIDNR, 2000). De plus, les effectifs du renard gris ont augmenté au Minnesota (B. Berg, comm. pers.), au Wisconsin (J. Olson, comm. pers.), au Michigan (T. Reis, comm. pers.) et au New Hampshire (E. Orff, comm. pers.), malgré l’absence de limite de captures dans ces États (tableau 1). Les quelques renards gris pris au piège chaque année au Canada sont des prises accidentelles de trappeurs piégeant le renard roux. L’effet de ces captures accidentelles sur la population de renards gris est inconnu. La compétition intraguilde avec d’autres Canidés est largement citée mais rarement démontrée (voir la section « Nutrition »), et il est probable que le renard gris peut éviter d’entrer en étroite compétition avec des Canidés comme le coyote et le renard roux étant donné que ces espèces vivent souvent en sympatrie (voir par exemple, Cypher, 1993; Layne et McKeon, 1956). La prédation exercée sur le renard gris par de gros prédateurs comme le coyote, le lynx ou l’aigle royal ne serait pas un facteur important dans les changements subis par une population (Fritzell, 1987). Palmer (1956) était d’avis que l’extension de l’aire de répartition du renard gris vers le nord-est des États-Unis était associée à l’extension de l’aire d’une des ses proies, le lapin à queue blanche. Cependant, le fait que le renard gris est un opportuniste quant à la nature de son régime alimentaire semble aller à l’encontre de cette hypothèse. Des maladies comme la maladie de Carré et la rage sont fatales pour le renard gris et ont été souvent signalées chez les individus sauvages (Davidson et al., 1992; Gier, 1948). En cas d’épizootie, ces maladies peuvent représenter d’importants facteurs limitatifs. Le climat constitue un autre facteur qui pourrait être important en ce qui a trait aux tendances à long terme des populations de renards gris. Waters (1964) suppose que ce sont les tendances au réchauffement et au refroidissement observées dans le passé qui ont amené l’expansion puis la contraction de l’aire de répartition du renard gris. Des conditions négatives sur le plan environnemental et nutritionnel à la limite nord de l’aire de répartition du renard gris auraient été à l’origine d’une baisse de productivité (Root et Payne, 1985). En outre, l’expansion vers le nord de l’aire de répartition du renard gris est peut-être limitée par l’énergie qu’exigent les déplacements dans la neige épaisse (M. Crête, comm. pers.). Le déboisement peut limiter les populations de renards gris en réduisant la disponibilité de couvert dense et la variété des habitats que préfère le U. cinereoargenteus (Fritzell, 1987). Un autre facteur, la mortalité sur les routes, pourrait avoir une incidence négative sur les populations de renards gris au Canada. Dans le centre de l’État de New York, le renard gris était légèrement moins susceptible d’être tué par les chasseurs ou frappé par un véhicule que le renard roux, ce qui indique peut-être que son mode de vie plus réservé le rend plus apte que le renard roux à éviter le contact avec les humains (Tullar et Berchielli, 1982).