Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le renard gris au Canada – Mise à jour

Résumé du rapport de situation

Le renard gris, Urocyon cinereoargenteus, a déjà été une espèce relativement commune dans le Sud de l’Ontario avant la colonisation par les Européens. Il a disparu du Canada juste avant l’arrivée des Européens pour ne réapparaître qu’à la fin des années 1930 ou au début des années 1940. Il y a probablement moins de 250 renards gris adultes au Canada, mais on note encore beaucoup d’incertitude en ce qui concerne la taille et les tendances des populations ainsi que leur répartition géographique. La récolte effectuée par les humains (piégeage et chasse) est le plus important facteur limitatif des populations de renards gris aux États-Unis, mais l’importance de la récolte pour le renard gris au Canada est inconnue. On présume que le changement climatique a été un facteur déterminant de l’aire de répartition du renard gris (c’est-à-dire qu’une tendance au réchauffement amène une expansion de l’aire vers le nord, un refroidissement ayant un effet contraire). Les maladies, plus précisément la maladie de Carré et la rage, toutes deux enzootiques en Amérique du Nord, peuvent limiter les populations de renards gris. La mortalité sur les routes constitue un autre facteur susceptible de présenter une menace pour le renard gris au Canada, mais l’incidence réelle de ce facteur demeure inconnue tant que l’on n’aura pas recueilli des données sur la fréquence de ce type de mortalité. Les populations de la région des Grands Lacs et de celle du Nord-Est des États-Unis ont par le passé repeuplé le territoire canadien et pourraient le faire de nouveau si le renard gris venait à disparaître du Canada.

La désignation d’espèce « vulnérable » (maintenant « préoccupante ») attribuée à l’espèce en 1979 et fondée sur le climat froid et sec, l’exploitation agricole et la présence de prédateurs (coyotes lorsqu’ils sont nombreux) (Steers, 1979), ne semble pas justifiée. Si les prévisions actuelles concernant le réchauffement climatique planétaire sont exactes, le climat du Canada deviendra plus attrayant pour le renard gris dans les décennies à venir. Compte tenu du manque d’information sur la sélection de l’habitat par le renard gris au Canada et du fait que le renard gris semble prospérer dans la majeure partie des États-Unis, y compris dans des régions très développées (par exemple les zones suburbaines), l’effet d’une exploitation agricole accrue est inconnu. Enfin, la prédation exercée par les coyotes et d’autres carnivores du sommet de la chaîne alimentaire n’est pas considérée comme importante dans la dynamique des populations de renards gris; toutefois, certaines indications circonstancielles donnent à penser que les coyotes ont une incidence négative sur le renard gris. Lors de la première désignation, on a proposé ces facteurs faute d’information sur les effectifs du renard gris au Canada.

Les données disponibles sur l’abondance et la répartition du renard gris au Canada sont fragmentaires et inadéquates de sorte qu’elles ne permettent pas d’estimer les tendances de la population. Il demeure également une grande incertitude quant au nombre actuel de renards gris au Canada, ce qui rend fort difficile l’évaluation du risque d’extinction de cette espèce.