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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le renard gris au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

Dans l’Est de l’Amérique du Nord, l’aire de répartition du renard gris correspond assez exactement à celle de la forêt caducifoliée (Fritzell, 1987). Au Canada, le renard gris préfère les forêts et les marécages aux habitats en terrain découvert, comparativement au renard roux (Peterson, 1966; Banfield, 1974). Pendant une étude sur le comportement, la territorialité et les déplacements du renard roux, des chercheurs de l’unité de recherche sur la rage du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario ont suivi par télémétrie un renard gris adulte mâle solitaire (P. Bachmann, comm. pers.) d’octobre 1980 à novembre 1981 dans le comté de Lambton (Ontario) (Bachmann et Lintack, 1982). La zone d’étude était un milieu typique des terres agricoles du Sud-Ouest de l’Ontario : champs cultivés où sont disséminés des boisés de feuillus dominés par l’érable à sucre (Acer saccharum) et sillonnés par un réseau de routes (Bachmann et Lintack, 1982). Dans cette zone d’étude, le renard gris mâle se trouvait le plus souvent dans les boisés, et ses déplacements s’effectuaient le plus souvent dans les 100 m de la limite des boisés. Cependant, le mâle s’est rendu dans des endroits dégagés moins boisés et a quelquefois traversé des routes (Bachmann et Lintack, 1982). À notre avis, cette étude est la seule recherche quantitative sur un renard gris au Canada.

Aux États-Unis, le renard préfère les habitats boisés parsemés d’aires dégagées ou de terres agricoles (Samuel et Nelson, 1982; Fritzell, 1987 et les ouvrages qui y sont mentionnés). Cette découverte indique que le renard gris utilise les nombreuses lisières qu’il trouve dans ce type de paysage et où il peut profiter à la fois de l’abri que lui offre la forêt et des ressources alimentaires qu’il trouve dans les aires dégagées (Richards et Hine, 1953; Wood et al., 1958; Trapp et Hallberg, 1975; Petersen et al., 1977; Bachmann et Lintack, 1982). Cependant, on n’a pas clairement déterminé si cette préférence apparente correspond à une réalité, ou s’il s’agit d’un artefact dû au fait que la plupart des études faisant appel à la radiotélémétrie ont été menées dans des endroits constitués d’une mosaïque de couverts forestiers et non forestiers (Fritzell, 1987). Ce point est mis en évidence dans une étude menée par Haroldson et Fritzell (1984) sur les préférences du renard gris en matière d’habitat; ces auteurs ont étudié des renards gris vivant dans un paysage dominé par le chêne et le caryer et ne contenant qu’environ 5 p. 100 d’aires dégagées, et ils ont constaté que le renard gris utilisait rarement les habitats non boisés.

On a décrit l’utilisation de l’habitat par le renard gris sur une base quotidienne et saisonnière. Le renard gris utilise les boisés davantage le jour que la nuit (Follmann, 1973, cité dans Fritzell, 1987; Haroldson et Fritzell, 1984). Dans le Sud de l’Illinois, en hiver et au printemps, il préfère les aires boisées aux anciens champs, alors que c’est le contraire en été et en automne (Follmann, 1973, cité dans Fritzell, 1987).

Le renard gris utilise des endroits très variés comme tanière, notamment des affleurements rocheux, des arbres ou des billots creux, des cavités sous les rochers, des terriers creusés par d’autres animaux, des tas de broussailles, de planches, de bois ou de sciure et des bâtiments abandonnés (Trapp et Hallberg, 1975; Fritzell, 1987). Cependant, la tanière du renard gris se trouve habituellement dans une région de broussailles épaisses, à moins de 0,4 km d’une source d’eau (Layne et McKeon, 1956; Sullivan, 1956). Bachmann et Lintack (1982) ont découvert trois tanières, qui se trouvaient toutes dans des tas de broussailles.

À part la conclusion générale selon laquelle le renard gris préfère les habitats boisés, il convient de noter que les membres de cette espèce sont des généralistes en matière d’habitat, comme en témoignent leur capacité d’utiliser d’anciennes mines à ciel ouvert remises en état (Yearsley et Samuel, 1980) et des zones résidentielles en milieu rural (Leopold, 1959; Harrison, 1997) ainsi que leur aire de répartition géographique très étendue (figure 2).

Tendances

Compte tenu des pressions exercées par le développement, il semble probable que la quantité d’habitat boisé le long de la frontière canado-américaine au Manitoba, en Ontario et au Québec continuera de diminuer, mais peut-être pas aussi rapidement que par les années passées.

Protection et propriété des terrains

On pense que le renard gris est présent dans le parc national des Îles-du-Saint-Laurent (Parcs Canada, 2000) et on l’a observé dans la réserve naturelle provinciale de la Pointe Fish, dans l’île Pelée. On pense qu’il y en a également dans la région du parc provincial Whiteshell, dans le Sud-Est du Manitoba (I. McKay, comm. pers.). On ne sait pas s’il est présent dans d’autres parcs ou réserves. Il est probable que la majeure partie de l’habitat occupé par le renard gris au Canada se trouve dans des propriétés privées.