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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la paire d’espèces d’épinoches du lac Enos (Gasterosteus spp.) au Canada

Résumé

Paire d’espèces d’épinoches du lac Enos

Gasterosteus spp.

 

Information sur les espèces

Les épinoches du lac Enos ont évolué de façon indépendante en populations limnétique et benthique. Quatre autres lacs situés près du détroit de Géorgie possèdent des paires d’épinoches limnétiques et benthiques. La paire du lac Hadley a déjà disparu. Dans le passé, les deux populations du lac Enos subissaient moins de 1 ou 2 p. 100 d’hybridation. En 1999 ou 2000, la proportion d’hybrides a atteint
12 p. 100. Des données non publiées des chercheurs de la University of British Columbia permettent de croire que l’hybridation pourrait approcher 20 p. 100. Les limnétiques sont plus minces et possèdent des branchicténies plus longues, adaptées à la capture du plancton, que celles des benthiques, qui se nourrissent sur le fond. Les fréquences alléliques d’allozymes à certains loci distinguent ces populations et laissent penser qu’il s’agit d’unités évolutives significatives distinctes. Bien que les autres populations de Gasterosteus puissent partager des morphologies et des stratégies d’alimentation semblables, aucune ne possède des mécanismes d’isolement trophique ou reproducteur permettant une sympatrie aussi serrée que celle de la paire d’espèces décrite dans le présent rapport. L’existence d’hybridation a été déduite en bonne partie des traits morphologiques des paires d’espèces limnétiques et benthiques. L’analyse des fréquences alléliques d’allozymes et de l’ADN mitochondrial a révélé des différences génétiques entre les limnétiques et les benthiques. D. Schluter, de la University of British Columbia, a fourni une grande partie de l’information importante. Au moment d’écrire ce rapport, les résultats de certaines analyses génétiques de l’hybridation chez les épinoches du lac Enos n’étaient pas disponibles ou étaient incomplets.

 

Répartition

Les épinoches limnétique et benthique du lac Enos n’existent que dans ce lac, petite nappe d’eau située près de Nanoose Bay, sur l’île de Vancouver. D’autres paires de populations limnétiques et benthiques existent sur des îles du détroit de Géorgie, mais elles ont évolué indépendamment des épinoches marines; les épinoches du lac Enos ne sont pas issues des populations limnétiques et benthiques de ces autres lacs. D’autres types morphologiques de Gasterosteus existent dans la décharge du lac et les marais situés en aval; toutefois, ils ont été isolés du lac par la construction d’un barrage en 1958, ou plus tôt, et pourraient s’être trouvés en contact plus étroit auparavant. Le Gasterosteus aculeatus est aussi présent dans de petites mares le long de crêtes situées non loin et serait normalement isolé du lac Enos, sauf lorsque des perturbations (par ex. la construction d’habitations ou de fortes averses) redirigent temporairement l’écoulement vers le lac.

Habitat

 

Durant les mois chauds, plus productifs, les limnétiques se nourrissent de plancton entre deux eaux, au-dessus des parties les plus profondes du lac. Quant aux épinoches benthiques, elles fréquentent les zones situées plus près du rivage ou du fond et se nourrissent d’organismes benthiques. La présence d’un hypolimnion anoxique aux plus grandes profondeurs empêche les poissons de fréquenter les eaux profondes pendant les mois chauds de l’été. Pendant l’hiver et la saison de reproduction, les deux formes se retrouvent plus près du fond et des habitats littoraux.

 

Biologie

Les deux formes du lac Enos ont essentiellement le même cycle biologique que les autres Gasterosteus aculeatus dulcicoles. Les principales exceptions à cette règle sont le fait que les épinoches limnétiques, de petite taille, sont adaptées à la capture de proies planctoniques et que les benthiques, plus grandes, s’alimentent plus près du fond et du rivage. Les limnétiques atteignent la maturité plus rapidement, se reproduisent plus tôt et vivent moins longtemps. Les deux populations choisissent des habitats littoraux différents au moment de la fraye. La principale particularité chez ces deux populations par rapport aux autres populations de Gasterosteus est le développement de mécanismes trophiques et reproductifs d’isolement qui leur ont permis de maintenir leur intégrité génétique en sympatrie.

 

Taille et tendances des populations

Les estimations précédentes de la taille des populations donnaient des effectifs allant jusqu’à 100 000 et une hybridation d’environ 1 à 2 p. 100. Cependant, ces effectifs élevés deviennent moins significatifs si le taux d’hybridation s’élève exponentiellement en raison d’une dégradation de l’environnement. Une estimation du taux d’hybridation fondée sur des études morphométriques a donné des résultats de 10 à 20 p. 100 en 2001‑2002 et le taux devrait augmenter si les changements subis par l’habitat ne sont pas compensés ou corrigés. Les chercheurs avaient estimé dans le passé que les épinoches limnétiques étaient plus abondantes, mais elles sont moins nombreuses que les benthiques à cause de la taille réduite de leur habitat. Durant l’été, la présence d’un hypolimnion anoxique force les poissons à vivre dans les eaux de surface. La taille des populations perd de sa pertinence si le nombre de cas d’hybridation augmente exponentiellement.

 

Facteurs limitatifs et menaces

La paire d’espèces du lac Enos existe dans un seul lac. Dans le passé, chaque population s’est adaptée à des ressources différentes et a développé des comportements reproducteurs différents en raison d’une compétition intense et d’une sélection naturelle défavorable à la survie des hybrides. L’hybridation actuelle est probablement attribuable à des altérations de l’habitat qui nuisent aux limnétiques et aux benthiques et qui donc favorisent les hybrides. Une écrevisse introduite (Pacifastacus leniusculus) s’est multipliée en grand nombre et pourrait avoir altéré l’habitat. Les épinoches sont vulnérables à l’introduction d’espèces exotiques telles que le poisson-chat (Amiurus nebulosus), qui a déjà éliminé la paire d’espèces du lac Hadley. La construction d’habitations et l’aménagement de terrains de golf constituent également des menaces potentielles. Il faut veiller à régler soigneusement le niveau du lac au moyen du petit barrage, de manière à ne pas faire monter le niveau d’eau trop rapidement au printemps, au moment où les épinoches se reproduisent en eau très peu profonde. Des vagues pourraient éroder les berges et troubler l’eau, perturbant ainsi les signaux visuels auxquels les épinoches répondent pendant la reproduction. La survie des épinoches limnétique et benthique du lac Enos dépend de négociations sur l’utilisation des terres visant à limiter les effets du développement urbain, en particulier à restreindre l’usage des eaux du lac Enos à la suite du renouvellement des permis d’utilisation de l’eau contenant des clauses venues à échéance le 31 décembre 2001 et qui ont depuis été renouvelées.

 

Importance des espèces

La paire d’espèces du lac Enos est la première paire connue d’espèces sympatriques de Gasterosteus. Elle représente un exemple important de processus évolutionnaires et a soulevé un intérêt considérable chez les scientifiques. Elle constitue un exemple classique de la manière dont les espèces se forment.

 

Protection actuelle

Ces poissons ne jouissent pratiquement d’aucune protection spécifique, en‑dehors des règlements sur l’environnement et la qualité de l’eau. Bien que la loi restreigne le transport des poissons indigènes en Colombie-Britannique, des espèces de poissons exotiques y sont toujours transportées illégalement. Les autorités locales responsables de l’eau, de l’environnement et des pêches, ainsi que le propriétaire foncier, connaissent bien la problématique du lac Enos. Étant donné l’urgence de la situation au lac Enos, les autorités provinciales responsables des pêches au B.C. Ministry of Water, Lands and Parks et Pêches et Océans Canada ont parrainé en 2002 un atelier sur la conservation et le rétablissement des paires d’espèces d’épinoches de Colombie-Britannique.

 

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

 

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

 

Espèce: Toute espèce, sous‑espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D): Toute espèce qui n'existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC): Toute espèce qui n'est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)*: Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M): Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)**: Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)***: Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)****: Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d'un manque de données scientifiques.

 
*        Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu'en 2000.
**       Appelée « espèce rare » jusqu'en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
***    Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
****  Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu'en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

Environnement             Environment
Canada                       Canada

Service canadien         Canadian Wildlife
de la faune                  Service

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.