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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la paire d’espèces d’épinoches du lac Enos (Gasterosteus spp.) au Canada

Facteur limitatifs

L’hybridation accrue observée lors des deux dernières années est considérée comme une menace potentielle importante pour la survie des épinoches limnétiques et benthiques du lac Enos. Les causes de cette hybridation accrue n’ont pas encore été vérifiées et une bonne part de ce qui suit n’est que spéculation.

Les changements dans la clarté de l’eau ont été proposés comme facteur qui gênerait la sélection par les femelles de partenaires conspécifiques en les faisant s’intéresser à la parade nuptiale de mâles hétérospécifiques (Schluter, comm. pers.). Les femelles limnétiques, normalement attirées par des mâles de couleur rouge (McPhail, 1984), peuvent avoir de la difficulté à distinguer les couleurs, ce qui les porte donc à frayer avec des mâles benthiques, plus foncés. Les écrevisses introduites entrent en concurrence pour l’habitat, et leurs activités de fouissage dans le fond du lac augmentent la turbidité de l’eau, ce qui amènerait des femelles à mal sélectionner les mâles (Schluter, comm. pers.). Il se pourrait aussi que les écrevisses consomment des œufs ou des larves d’épinoches dans les nids, facteur de mortalité nouveau pour les épinoches limnétiques et les épinoches benthiques, contre lequel elles n’ont développé aucun moyen de défense.

Peut-être y a-t-il eu un changement dans l’abondance des proies planctoniques, ce qui aurait pénalisé les limnétiques. Il faudrait également étudier l’effet des prélèvements d’eau pour le terrain de golf sur les effectifs d’épinoches. Comme le lac Enos est assez peu profond, toute baisse du niveau d’eau pourrait réduire l’habitat des limnétiques.

On peut s’attendre à ce que l’habitat des limnétiques diminue constamment, car le lac Enos se remplit de sédiments depuis la glaciation du Pléistocène. Avant tout travail de rétablissement, il faut déterminer quel est l’habitat optimal de l’épinoche limnétique et préciser le niveau de concurrence pour les ressources réduisant la valeur adaptative des hybrides.

Les rapports antérieurs ont considéré comme négligeable la possibilité d’accès de populations d’épinoches provenant d’autres plans d’eau comme facteur de modification de la dynamique génétique des populations résidentes. Pourtant, ce facteur reste plausible dans les cas de catastrophes naturelles, comme des inondations. Avant la construction du barrage dans les années 1950, des juvéniles provenant du ruisseau auraient facilement pu accéder au lac, surtout si des castors avaient construit leurs barrages aux bons endroits. L’accès du public facilite également l’introduction d’espèces exotiques dans le lac, l’un des points sensibles étant une route asphaltée menant à Fairwinds : les eaux du marécage adjacent à cette route pourraient s’écouler temporairement à certaines périodes de l’année vers la partie amont (sud‑ouest) du lac Enos. L’introduction d’une espèce exotique pourrait avoir des conséquences désastreuses. La disparition de la paire d’espèces du lac Hadley causée par l’introduction de poissons-chats est un exemple probant, bien qu’il reste à savoir quand ont eu lieu les introductions et qui en sont les coupables.

Il faudrait mieux documenter le paramètre de la clarté de l’eau afin de savoir quelles parties du spectre lumineux sont filtrées, et si ce filtrage a un effet sur le comportement reproducteur des épinoches. Il conviendrait de mieux quantifier l’abondance de nourriture et de la comparer avec celle des années antérieures. Il faut davantage de données de base sur l’écrevisse pour quantifier son effet sur l’habitat des épinoches. Si l’écrevisse tolère aussi mal l’eau de mer que les poissons d’eau douce primaires, elle ne peut avoir colonisé l’île de Vancouver sans intervention humaine. Le rôle de l’écrevisse dans l’hybridation des épinoches du lac Enos reste à être prouvé.