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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la platanthère blanchâtre de l’Est au Canada – Mise à jour

Résumé

Platanthère blanchâtre de l’Est
Platanthera leucophaea

Information sur l’espèce

La platanthère blanchâtre de l’Est (Platanthera leucophaea) est une orchidée de grande taille à feuilles alternes lancéolées, qui produit un épi de 10 à 40 fleurs blanchâtres à labelle bien différencié, frangé et longuement prolongé en éperon.

Répartition

Autrefois, l’espèce était répandue dans le nord-est des États-Unis et particulièrement abondante au sud des Grands Lacs. Son aire s’étend vers le nord jusque dans le sud de l’Ontario.

Habitat

Le Platanthera leucophaea se rencontre principalement dans les prairies mésiques, les tourbières minérotrophes et les champs abandonnés.

Biologie

Le Platanthera leucophaea produit de grandes quantités de petites graines, dont le nombre peut atteindre 10 000 par capsule. La germination des graines et le développement des semis nécessitent la présence dans le sol de champignons capables de former des mycorhizes. La plante atteint la maturité en 3 à 7 ans environ. À la fin de l’été ou au début de l’automne, il se forme sur le tubercule, fusiforme, un bourgeon d’où émerge une nouvelle tige la saison de végétation suivante. La croissance commence tôt au printemps et, en règle générale, la plante a atteint sa pleine taille en juin. Dans le sud-ouest de l’Ontario, la floraison commence vers le 25 juin et se termine vers le 20 juillet; la période de floraison peut cependant varier en fonction des conditions climatiques. Les fruits mûrissent entre la fin août et le début septembre.

Le P. leucophaea est adapté aux épisodes de sécheresse. On pense qu’il peut subsister sous terre à l’état dormant ou mycotrophique (recevant des champigons mycorhiziens les éléments nutritifs dont il a besoin) durant un an ou plus. Après une période de plusieurs années d’absence apparente, l’espèce peut ressurgir et fleurir de façon spectaculaire.

Taille et tendances des populations

Grâce à une intensification de la recherche depuis le premier rapport sur la situation de l’espèce, en 1984, le nombre de populations répertoriées pour le Canada a augmenté à 34 (14 sont disparues, 13 ont été découvertes). Il en existe actuellement une vingtaine, la plupart comptant peu d’invididus. Le nombre de pieds florifères pour l’ensemble des populations canadiennes dépasse à peine un millier. La population de la station 31, qui a déjà compté entre 1 000 et 1 500 individus, n’en comptait plus que quelques-uns en 2000. Toutes les populations n’ont pas été recensées récemment, mais on sait que certaines des plus importantes ont fortement décliné, notamment celles des stations 2 et 3, dont l’effectif a diminué de 60 à 80 p. 100 au cours des deux dernières décennies.

Facteurs limitatifs et menaces

L’habitat du Platanthera leucophaea s’est fortement rétréci au cours des dix dernières années, et plusieurs milieux qui abritaient l’espèce ont complètement disparu. Le déclin des pollinisateurs lié à la perte d’habitat, la succession végétale, la compétition d’espèces exotiques envahissantes, la modification du niveau phréatique liée à l’activité humaine, le broutage par les cerfs et l’hybridation naturelle sont autant de facteurs qui limitent ou risquent de limiter l’effectif du P. leucophaea au Canada. 

Importance de l’espèce

Le Platanthera leucophaea compte parmi les orchidées sauvages les plus spectaculaires et les plus appréciées d’Amérique du Nord. Aux États-Unis, l’espèce bénéficie de la protection de la loi sur les espèces menacées. Plusieurs espèces du genre Platanthera figurent dans la panoplie de plantes médicinales utilisées par les Amérindiens; cependant, aucun usage n’est répertorié pour le P. leucophaea.

Protection actuelle et autres désignations

À l’échelle mondiale, la cote G2 (espèce menacée) a été attribuée au Platanthera leucophaea. Aux États-Unis, le Platanthera leucophaea a été ajouté en 1989 à la liste des espèces protégées par l’Endangered Species Act de 1973. En Ontario, l’espèce est tenue pour très rare (S2) mais ne bénéficie pas de la protection de la Loi sur les espèces en voie de disparition.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de page1
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de page2
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de page3
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page4
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 3

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 4

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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