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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la platanthère blanchâtre de l’Est au Canada – Mise à jour

Taille et tendances des populations

Effectif mondial

D’après les données de Bowles (1983), qui remontent jusqu’aux années 1970, l’effectif mondial maximum du Platanthera leucophaea était estimé à 2 907 individus, dont 2 000 (68,8 p. 100) se trouvant en Ontario. Aujourd’hui, l’effectif maximum est estimé à près de 3 708 individus (Bowles, 1991; Engel, 1992; le présent rapport), dont 1 053 (28,4 p. 100) pour l’Ontario. D’après ces chiffres, la part de l’effectif mondial se trouvant en Ontario aurait décliné de plus de moitié depuis les années 1970. Ces chiffres sont cependant à considérer avec réserve puisque les populations des États-Unis ont sans aucun doute fait l’objet d’un suivi plus long que celles d’Ontario et que l’effectif américain englobait une très grande population d’Ohio qui a depuis connu un déclin important.

Évolution de l’effectif canadien

En 1984, 12 des 19 populations répertoriées pour l’Ontario ont été confirmées (Brownell, 1984). Aujourd’hui, on pense qu’il y en a déjà eu 34 et qu’il en reste 20. Quatorze auraient donc disparu (voir la définition de « population disparue » dans la méthodologie). L’augmentation du nombre de populations répertoriées et de populations actuelles s’explique en grande partie par l’intérêt que suscitent les tourbières et les prairies depuis quelques années. Il importe de souligner que si le nombre de populations a augmenté, plusieurs d’entre elles comptent très peu d’individus et ne sont peut-être pas viables (voir tableau 1).

Depuis le premier rapport de situation (Brownell, 1984), 13 stations ont été découvertes. Six d’entre elles sont situées dans le comté de Lambton (Woodliffe et Allen, 1996), 2 se trouvent dans le delta de la rivière Sainte-Claire, comté de Kent (A. Woodliffe, comm. pers., 1997; J. Haggeman, comm. pers., 1997), 3 se trouvent dans le sud-ouest du comté d’Essex (V. Brownell, comm. pers., 1997; P. Pratt, comm. pers., 1997, 2000), 1 chevauche les comtés de Lennox et d’Addington (T. Norris, comm. pers., 1997) et 1 se trouve dans les comtés unis de Stormont, Dundas et Glengarry (D. Cuddy, comm. pers., 2000; P. Catling, obs. pers., 2000).

Bien que nous ne disposions pas de toutes les données voulues pour dégager les tendances des populations, les données du tableau 1 en donnent un aperçu. On constate que les populations ont connu d’importantes fluctuations au cours des ans. D’après les maximums établis pour les années 1990, l’effectif et la zone d’occupation actuels de l’espèce au Canada seraient respectivement de 1 053 individus et 8,75 km².

Le déclin des populations est généralement associé à la destruction de l’habitat (transformation par l’homme, succession ou autres facteurs). La situation de la station 31 semble particulièrement précaire. Cette population est en déclin depuis de nombreuses années : elle est passée de 1 000 à 1 500 individus à la fin des années 1960 et au début des années 1970, puis à quelques centaines dans les années 1990. Alors qu’il y avait des centaines de pieds dans le secteur nord du marécage, on n’en a vu aucun depuis vingt ans. Il n’y a pas longtemps encore, cette population était l’une des plus importantes d’Amérique du Nord. Son déclin a peut-être été causé par une modification du régime d’écoulement des eaux souterraines (Bradford, 1999; Bradford et Watt, 2000).

La station 2, située dans un champ abandonné du comté d’Essex, a déjà compté environ 150 pieds florifères robustes, mais, la succession naturelle opérant, le champ est aujourd’hui fortement envahi par un cornouiller, le Cornus drummundii. En dépit des soins de l’Office de protection de la nature de la région d’Essex pour éclaircir ce fourré, la composition de la couverture végétale est profondément transformée. L’effectif des deux sous-populations a diminué de l’ordre de 60 à 80 p. 100 (tableau 1). La station 11, qui ne compte que 40 individus (Haggeman, comm. pers., 1997), n’a pas cessé de décliner depuis 5 ans, et son habitat est fortement dominé par le roseau commun (Phragmites australis).

Mentions non retenues

  1. Lac Morley, canton de St. Edmunds, comté de Bruce. Mention incluse dans Cuddy, Lindsay et Macdonald (1976) sur la foi d’une communication personnelle. Cependant, l’espèce n’a été retrouvée ni par K. Lindsay ni par J. Johnson (comm. pers., 1997), qui se sont rendus sur les lieux séparément.

  2. Marécage Conroy, comté de Renfrew. La mention pour le marécage Conroy bordant la rivière York, dans le canton de Raglan (Lewis et Tae, 1994), n’a pas été retenue à cause d’un manque de preuves matérielles et d’une insuffisance de données.