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6. Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

À ce jour, l’héliotin d'Aweme a fait l’objet de très peu de travaux au Canada. Voici néanmoins des activités qui ont été entreprises et qui concernent cette espèce et son habitat :

  • Environnement Canada a effectué des relevés sur l'héliotin d'Aweme en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba de 2008 à 2011, pendant la période d'émergence des adultes, confirmant ainsi la présence de l'espèce dans de nouvelles occurrences.

  • Les lépidoptéristes associés à l'Edgar Harold Strickland Entomological Museum ont recueilli des spécimens pendant leurs visites sur le terrain de 2003 à 2009, ce qui a mené à l’agrandissement de l’aire de répartition de l'espèce.

  • En 2009, Environnement Canada a copublié, avec Pêches et Océans Canada et Agriculture et Agroalimentaire Canada, un livret sur les espèces en péril, dans lequel figure l'héliotin d'Aweme. Le livret a été distribué aux propriétaires fonciers quand l'occasion se présentait et lors de diverses réunions publiques.

  • Depuis 2007, le ministère de la Défense nationale, en collaboration avec l'Université de Calgary, a appliqué divers traitements tels que le creusage manuel, le brûlage dirigé et l’utilisation de substances attractives pour les ruminants, pour tenter de réactiver un certain nombre de dunes dans la Réserve nationale de faune de Suffield. Leurs mesures ont connu divers degrés de réussite (A. Taylor, comm. pers., 2011). Par exemple, douze dunes de la Réserve nationale de faune de Suffield ont été restaurées grâce à des mesures d’améliorations de l'habitat qui ont permis d’aménager un habitat de grande qualité qui s’est maintenu pendant près de quatre ans (Alberta Sustainable Resource Development, 2012).

  • Le gouvernement de la Saskatchewan a créé le Dune Nature Centre et a installé des panneaux le long des sentiers de randonnée au sein du parc provincial Douglas, en Saskatchewan, pour sensibiliser les visiteurs aux écosystèmes dunaires. Au parc, on surveille également la prolifération de l'euphorbe ésule et on procède au besoin à l’épandage d’herbicide afin d'éliminer cette espèce envahissante (J. Perry, comm. pers., 2011).

  • Le parc provincial Spruce Woods, au Manitoba, a adopté plusieurs approches de gestion pour maintenir un équilibre entre les stades de succession des communautés végétales dans le parc, notamment le brûlage dirigé au printemps, l’élimination des trembles en bordure des prairies et le pâturage par les chèvres. Plusieurs activités de gestion ont été mises en place par Manitoba Conservation pour gérer l'euphorbe ésule dans le parc provincial Spruce Woods, notamment les applications d'herbicide, le brûlage printanier, le débroussaillage et la libération d’altises (Schykulski et Moore, 1996).

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6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Tableau 3. Tableau de planification du rétablissement.
Menace ou élément limitatifPrioritéDescription générale des approches de recherche et de gestion
Stratégie générale : Inventaire et suivi
Toutes les menaces et les lacunes dans les connaissances relatives à la répartitionÉlevée•  Élaborer et mettre en œuvre un programme de suivi à long terme normalisé pour l'ensemble de l'aire de répartition de l'espèce au Canada, pour veiller au maintien des occurrences connues et au suivi des menaces.
•  Effectuer des relevés à de nouveaux sites de l’habitat convenable de l'espèce afin d'accroître les connaissances relatives à la répartition de l'espèce au Canada.
•  Coordonner les programmes de suivi de l'héliotin d'Aweme avec ceux d'autres lépidoptères spécialistes des dunes des Prairies canadiennes.
Stratégie générale : Gestion de l'habitat et intendance
Toutes les menaces, à l'exception des phénomènes stochastiquesÉlevée•  Élaborer et mettre en œuvre des pratiques exemplaires de gestion visant la conservation de l'habitat convenable et l’atténuation ou l'élimination des menaces.
•  Collaborer avec les propriétaires fonciers, les gestionnaires des terres, les organismes gouvernementaux et d'autres parties concernées afin de promouvoir, de coordonner et de mettre en œuvre les efforts de gestion et de conservation de l'habitat.
•  Intégrer les mesures de gestion et d'intendance de l'habitat de l'héliotin d'Aweme à celles qui visent d'autres espèces spécialistes des dunes des Prairies canadiennes.
Stratégie générale : Sensibilisation et communication
Toutes les menaces, à l'exception des phénomènes stochastiquesMoyenne•  Accroître la sensibilisation du public à l’égard de l’héliotin d'Aweme, des autres espèces de lépidoptères spécialistes des dunes et de leurs besoins en matière d’habitat dans les Prairies canadiennes.
•  Sensibiliser les utilisateurs des terres afin de réduire la dégradation de l'habitat causée par leurs activités.
Stratégie générale : Recherche
Toutes les menaces et les lacunes en matière de connaissances relatives à la biologie de l'espèceMoyenne•  Combler les principales lacunes dans les connaissances concernant les exigences relatives au cycle vital, à l'écologie et aux besoins en matière de microhabitat de l'espèce.

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6.3  Commentaires à l'appui du tableau de planification du rétablissement

Inventaire et suivi

Pour déterminer si les objectifs en matière de population et de répartition (section 5) sont atteints, un relevé et un protocole de suivi normalisés des lépidoptères devraient être élaborés et mis en œuvre dans toute l'aire de répartition canadienne de l'espèce. Des relevés systématiques réguliers effectués sur plusieurs années consécutives dans les sites occupés connus et dans d'autres sites qui doivent encore faire l'objet d'un relevé sont vivement recommandés. La base de données créée par Wolfe (2010), qui inventorie les dunes actives et les creux de déflation des provinces des Prairies canadiennes, devrait être utilisée pour faciliter la planification des relevés.

On estime que les deux tiers de l'habitat potentiel de l'héliotin d'Aweme n'ont pas encore fait l'objet d'un relevé (COSEPAC, 2006; NatureServe, 2011; G. Anweiler, comm. pers., 2008). À l'avenir, les relevés devraient être réalisés dans les complexes dunaires les plus importants où aucun relevé n'a été effectué. De plus, les mesures de suivi de l'héliotin d'Aweme devraient être coordonnées avec celles d'autres espèces de lépidoptères en péril spécialistes des dunes que l'on trouve dans les Prairies canadiennes afin d’optimiser les efforts et de maximiser le rapport coût/activité.

Gestion de l'habitat et intendance

La gestion de l'habitat et l'intendance sont des éléments clés du programme de rétablissement. Des pratiques de gestion bénéfiques (p. ex. le brûlage dirigé, les régimes de pâturage adéquats, le contrôle des espèces envahissantes et de l'empiétement de la végétation) devraient être élaborées en vue d’atténuer ou d’éliminer les menaces et de maintenir l'habitat convenable de l'espèce. La collaboration entre les personnes, les organismes et les ministères qui possèdent, louent, utilisent ou gèrent des terres où il existe des occurrences de l'espèce sera essentielle pour atténuer ou éliminer les menaces et parvenir à une gestion optimale de l'habitat de l'espèce. Les activités de gestion visant l'héliotin d'Aweme devraient tenir compte des besoins des autres espèces présentes dans les écosystèmes dunaires et devraient être menées dans le respect de ces besoins (annexe C).

Le pâturage des ruminants est un processus naturel nécessaire au maintien d’un écosystème de prairies diversifié et en santé (Plan d'action pour la conservation des prairies de la Saskatchewan, 2008). Une gestion du pâturage qui vise la préservation ou l’amélioration de l’équilibre écologique du milieu profite à de nombreuses espèces (Adams et coll., 2005). Afin de gérer efficacement le pâturage du bétail, il est nécessaire d'exploiter et d'entretenir les infrastructures telles que les clôtures, les points d'eau et les zones ensalées afin de maintenir l’équilibre écologique des grands pâturages libres. Le bétail ne broute pas uniformément le pâturage; il en résulte un patchwork de zones peu broutées, très broutées et modérément broutées, ce qui crée un environnement d’une diversité biologique suffisante pour répondre aux besoins de la faune et des espèces en péril en matière d'habitat. Ainsi, le pâturage et l'entretien des infrastructures associées peuvent être une pratique de gestion bénéfique au sein de l'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme.

Sensibilisation et communication

Les utilisateurs des terres sont souvent peu renseignés sur l’existence de l’héliotin d'Aweme et d'autres espèces de lépidoptères spécialistes des dunes à la livrée homochrome qu’on trouve dans les Prairies canadiennes et sur les impacts négatifs que leurs activités ont sur elles.

Présenter l'héliotin d'Aweme et d'autres espèces de lépidoptères spécialistes des dunes sur les panneaux ou dans les feuillets d'information traitant des aires protégées occupées par ces espèces permettrait de sensibiliser davantage le public à leur existence. En outre, les utilisateurs des terres menant des activités ayant des impacts négatifs sur ces espèces ou leur habitat pourraient être informés des moyens d’atténuer ces impacts.

Recherche

Le rétablissement et la gestion efficace de l'héliotin d'Aweme reposeront sur des recherches scientifiques portant sur la biologie et l'écologie de cette espèce et des habitats associés ainsi que sur l'importance relative des diverses menaces anthropiques. Les recherches devront notamment porter sur les caractéristiques du cycle vital et les facteurs de mortalité, particulièrement sur ceux qui sont en lien avec le choix de l'habitat. Il faudra également obtenir des données sur les besoins associés à la plante hôte, sur les caractéristiques du microhabitat et, si possible, sur les effets des variables et des perturbations climatiques annuelles sur la répartition et l'abondance de la plante hôte. Plusieurs espèces rares et en péril sont présentes dans l'écosystème des dunes actives et semi-stabilisées (annexe C). Il serait à la fois commode et pertinent de mener les recherches en concertation avec des équipes de rétablissement des espèces spécialistes des dunes (dans la mesure du possible).

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7. Habitat essentiel

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

L'habitat essentiel est défini au paragraphe 2(1) de la LEP comme « l'habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ».

L'habitat essentiel désigné dans le présent programme de rétablissement englobe les neuf occurrences connues au Canada; l’habitat essentiel est jugé suffisant, pour le moment, pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition.

L'habitat essentiel est désigné à chaque emplacement de l’héliotin d’Aweme comme étant les dunes actives dégagées et/ou les creux de déflation, englobant la zone allant de la crête de la dune à la limite de la végétation indigène et de la dune stabilisée.

Les données recueillies pendant les relevés sur le terrain effectués entre 2004 et 2011 ainsi que les renseignements sur les occurrences obtenus grâce aux recherches documentaires ont été utilisés pour désigner les zones d'habitat essentiel pour l'héliotin d'Aweme.

Les sites d'habitat essentiel ont été désignés suivant les trois critères suivants :

  • 1) La présence d'au moins un héliotin d'Aweme a été confirmée à ce site par un observateur formé, et ce, avant décembre 2011. Ce critère est justifié de la manière suivante :
    • a. Les dénombrements de l'héliotin d'Aweme sous-estiment probablement la véritable abondance de l'espèce à tout emplacement donné. Les héliotins d'Aweme adultes ont une répartition irrégulière; ils sont petits, ont un vol rapide et ont une courte durée de vie (Hardwick, 1996; COSEPAC, 2006). En outre, leur détectabilité peut varier selon le moment de la journée (M.-C. Bélair, données non publiées). La période d'émergence des adultes varie d'une année à l'autre (COSEPAC, 2006) et le point culminant des effectifs de la population n’est atteint que pendant quelques jours par an (G. Anweiler, comm. pers., 2008). Par conséquent, la présence de l’héliotin d'Aweme dans les dunes ou les creux de déflation occupés pourrait facilement passer inaperçue.

    • b. L’héliotin d’Aweme est une espèce spécialiste de l’habitat et on ne lui connaît qu'une plante hôte, l'hélianthe des prairies (COSEPAC 2006). L'abondance de l'hélianthe des prairies varie annuellement (G. Anweiler, comm. pers., 2008), ce qui a une incidence sur l'abondance de l'héliotin d'Aweme sur une base annuelle.

    • c. On ne croit pas que l’héliotin d'Aweme se disperse ou migre (COSEPAC, 2006); il utiliserait environ 1 km² de son habitat (NatureServe, 2011). Des espèces voisines de papillons nocturnes se montrent très fidèles à leur plante hôte et ne sont par conséquent observées que dans le voisinage immédiat des colonies de leur plante hôte (Hardwick, 1996; COSEPAC, 2005). L’héliotin d'Aweme est peu susceptible de se disperser à l'échelle du paysage en raison des grandes superficies d'habitat non convenable qui séparent les principales dunes ou creux de déflation. Ainsi, il est probable que tous les individus observés à une dune en particulier soient des individus reproducteurs, résidents, capables de contribuer à la persistance de la population de cette dune en particulier. Il est improbable qu'il s'agisse d’une espèce errante, passant simplement d'un site à l'autre.

  • 2) Les sites où les héliotins d'Aweme ont été observés ont été déterminés avec une précision raisonnable (c.-à-d. les coordonnées géographiques précises de l'occurrence sont connues ou la dune sur laquelle l'espèce a été observée a pu être située avec précision sur une carte).
  • 3) Les sites possèdent les caractéristiques biophysiques suivantes :

    • a) dunes actives dégagées et/ou creux de déflation, englobant la zone allant de la crête de la dune à la limite de la végétation indigène et de la dune stabilisée, tel qu'indiqué dans Wolfe (2010) ou confirmé par la vérification in situ par une personne compétente;
    • b) présence d'au moins une plante hôte des chenilles (c.-à-d. hélianthe des prairies) et/ou d'au moins une source de nectar pour les adultes (p. ex. hélianthe des prairies, herbe squelette et psoralée lancéolée).

L'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme, tel qu'il est désigné ci-dessus, est situé au sein ou au voisinage immédiat de 23 quarts de section[5] en Alberta, 18 quarts de section en Saskatchewan et 7 quarts de section au Manitoba (annexes A et B). De l’habitat essentiel additionnel pourra être désigné dans l'aire de répartition de l'espèce à mesure que de plus amples renseignements deviennent disponibles.

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7.2 Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'une partie de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure de remplir sa fonction lorsque l’espèce en a besoin. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps (Gouvernement du Canada, 2009).

Voici une liste non exhaustive d’activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel :

  1. Stabilisation des dunes actives. L'ensemencement, la revégétalisation, l'utilisation de balles de lin, le paillage, l'utilisation de barrières de protection et de géotextiles, ou tout autre moyen actif visant à réduire l'érosion du sol, à remettre en état des emplacements perturbés ou à améliorer la productivité des terres et menant à la stabilisation des dunes ou des creux de déflation pouraient constituer une forme de destruction de l'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme. La stabilisation des dunes ou des creux de déflation entraîne un changement dans la diversité et la structure des plantes et contribue directement à la disparition des dunes actives dégagées.

  2. Altération de l'habitat des dunes ou des creux de déflation et des secteurs adjacents[6]. Les activités responsables de la perturbation du sol et/ou de la végétation indigène des dunes qui excèdent les extrêmes des régimes naturels de perturbation sont susceptibles de provoquer la destruction de l'habitat essentiel. Les modifications de la fréquence, de la gravité, de la saisonnalité et de l'ampleur des phénomènes de perturbations naturelles provoquées par les nouvelles activités d'exploration et d'exploitation pétrolière et gazière, l'extraction de sable, l’aménagement ou l'expansion de structures anthropiques au sein ou au voisinage immédiat des habitats des dunes ou des creux de déflation, sont des activités qui pourraient entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme. Ces activités sont associées à la construction de chemins d'accès, au passage de véhicules motorisés, à l'installation de nouveaux pipelines et à l’aménagement ou à l'expansion d’infrastructures qui peuvent causer la perte des plantes hôtes des chenilles et des sources de nectar pour les adultes, ainsi que la perte, la dégradation et la fragmentation de l'habitat. À l'heure actuelle, il n’existe pas d’activité d'extraction de sable et de gravier au sein de l'habitat essentiel désigné; cependant, la demande en sable pour la construction de routes et l’aménagement urbain est susceptible d’augmenter. L'extraction de sable est directement associée à la disparition du sol et à l'élimination du réservoir de semences des plantes hôtes et/ou nectarifères nécessaires aux les larves et aux adultes. Les activités énumérées sont également susceptibles d'introduire des espèces exotiques, lesquelles peuvent contribuer à la stabilisation des dunes et concurrencer les plantes hôtes et/ou nectarifères (voir la section 4.2, qui traite des menaces qui pèsent sur l'espèce). Elles peuvent aussi modifier l'hydrologie locale, ce qui peut avoir des impacts sur l'habitat dunaire. Comme l'héliotin d'Aweme a besoin d'un habitat de dunes actives ou des creux de déflation au sein d'une matrice de prairies indigènes et de plantes hôtes ou nectarifères, l'espèce ne peut survivre dans l’habitat modifié.

  3. Application inconsidérée de produits chimiques nocifs. L'application non ciblée de certains pesticides peut détruire l'habitat essentiel en éliminant partiellement ou complètement les pollinisateurs desquels dépendent les plantes hôtes ou nectarifères, ou en éliminant partiellement ou complètement les plantes hôtes ou nectarifères elles-mêmes. L'application directe de pesticides, effectuée à une fréquence, à une intensité et sur une superficie exposant les pollinisateurs ou les plantes hôtes ou nectarifères à des concentrations létales, détruirait l'habitat essentiel. La probabilité que de telles activités aient une incidence sur l'habitat essentiel peut varier selon la saison. En outre, le ruissellement ou la dérive de pesticides depuis les terres cultivées ou les bords de routes situés à proximité peuvent également détruire l'habitat essentiel, si la quantité de produits que les insectes ou les plantes non ciblés reçoivent est suffisamment élevée pour être létale. Le ruissellement contenant des engrais peut modifier la teneur en éléments nutritifs du sol, créant de nouvelles conditions qui peuvent ne pas convenir aux plantes hôtes ou nectarifères utilisées par l'héliotin d'Aweme. La modification de la teneur du sol en éléments nutritifs peut également influer sur l'issue de la compétition interspécifique que se mènent les plantes hôtes ou nectarifères de l'héliotin d'Aweme pour l’obtention d’éléments nutritifs.

  4. Gestion inappropriée des prairies et des dunes ou des creux de déflation. L'élimination complète ou partielle des plantes hôtes ou nectarifères, provoquée par le pâturage, le piétinement, la circulation des véhicules ou la circulation à des fins récréatives, à l’épandage de déchets ou à l'introduction volontaire d'espèces exotiques envahissantes (incluant l’infestation délibérée), entraînerait la destruction de l'habitat essentiel[7]. Les activités énumérées peuvent conduire à la mortalité ou à la réduction de l'abondance et de la productivité des plantes hôtes ou nectarifères. L'introduction volontaire d'espèces envahissantes (incluant l’infestation délibérée) peut contribuer à la stabilisation des dunes et provoquer le remplacement des plantes hôtes et nectarifères par les espèces exotiques.

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8. Mesure des progrès

L'indicateur de rendement présenté ci-dessous propose un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Les progrès réalisés en vue d'atteindre les objectifs en matière de population et de répartition doivent être déclarés dans les cinq ans qui suivent l'achèvement du présent programme de rétablissement.

  • La répartition de toutes les occurrences connues dans l'aire de répartition canadienne de l'espèce et toute autre occurrence éventuellement découverte au Canada sera maintenue ou accrue d'ici 2018.

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9. Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action concernant l'héliotin d'Aweme seront réalisés d'ici 2017. Des plans d'action plurispécifiques visant des espèces des écosystèmes de dunes actives seraient bénéfiques et économiques.

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4 Le terme « complexe dunaire » fait référence à une région bien définie où il existe un ensemble de dunes (David, 1977).

5 Le système d'arpentage des terres fédérales (McKercher et Wolfe, 1986) est la méthode de quadrillage employée dans les provinces des Prairies pour décrire l’emplacement géographique des terres. Une unité de ce système, le quart de section (65 ha), s'avère particulièrement utile pour cartographier l'habitat essentiel, car elle est également utilisée à des fins de détermination de la propriété et de gestion. Cette unité est utilisée dans le présent programme de rétablissement pour préciser l'emplacement de l'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme.

6 C.-à-d. contigu ou voisin; qui a un même sommet, un côté commun et une intersection réduite à ce côté commun. (Le Petit Robert 2006).

7 Les régimes de pâturage convenablement gérés et l'entretien des infrastructures connexes existantes peuvent être considérés comme une pratique de gestion bénéfique de l'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme, parce que le pâturage par le bétail reproduit l’effet du broutage par les ruminants indigènes pour le maintien des dunes actives et dégagées. Les activités ou l'infrastructure favorisant le maintien de régimes de pâturage appropriés dans l'habitat essentiel de l'héliotin d'Aweme peuvent comprendre : l’entretien des sentiers existants (fauchage ou nivellement), des clôtures existantes, des sentiers de prairie existants pour les véhicules notamment les sentiers à deux pistes, et les garde-feux existants.