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Évaluation et Rapport de situation sur la paruline de Kirtland (Dendroica kirtlandii) au Canada - Mise à jour

Résumé

Paruline de Kirtland
Dendroica Kirtlandii

Information sur l’espèce

La Paruline de Kirtland (Dendroica Kirtlandii) est un oiseau chanteur de la famille des Parulidés (parulines) en voie de disparition à l’échelle mondiale. Le mâle adulte a le dos bleu-gris et la poitrine jaune citron, ainsi que des lignes noires sur les flancs. La femelle ressemble au mâle, mais son plumage est moins éclatant, la poitrine est d’un jaune plus pâle, et les lignes noires y sont plus nombreuses.

Répartition

Aux États-Unis, la Paruline de Kirtland niche dans la haute et la basse péninsule du Michigan et, depuis peu, au Wisconsin. Au Canada, elle a été signalée de Minaki, en Ontario, à l’ouest, jusqu’à Kazabazua, au Québec, à l’est. Durant l’hiver boréal, l’espèce vit aux Bahamas; elle a également été observée dans les îles Turks et Caicos et l’île d’Hispaniola. On compte également des enregistrements non confirmés à Cuba.

Habitat

Durant la saison de reproduction, la Paruline de Kirtland occupe exclusivement de grands peuplements jeunes, équiennes et denses de pins gris (Pinus banksiana) comportant de petites clairières. Elle est vulnérable à la superficie de son habitat; elle occupe généralement des régions boisées de plus de 30 ha, et son succès de reproduction est maximal dans des peuplements contigus d’une superficie de 80 ha ou plus.

Biologie

La Paruline de Kirtland est généralement monogame. Elle se reproduit pour la première fois à un an, et ses couvées varient de trois à six œufs. Phénomène inhabituel chez les Parulidés, l’espèce niche en colonies éparses. Le parasitisme des couvées (et peut-être la prédation des œufs et des oisillons) par le Vacher à tête brune (Molothrus ater) peut limiter le succès de la reproduction. La Paruline de Kirtland se nourrit de cercopes et d’aphidiens (Homoptères), de fourmis et de guêpes (Hyménoptères), de coléoptères (Coléoptères), de larves de noctuelles (Lépidoptères) et de bleuets.

Taille et tendances des populations

Les premiers enregistrements de Parulines de Kirtland au Canada remontent à 1900. Des mâles chanteurs ont été signalés sporadiquement dans l’habitat de reproduction propice à l’espèce depuis 1939, et une reproduction a été confirmée à deux reprises, la première étant en 1945 près de Barrie, en Ontario, et la seconde en 2007 à la Base des Forces canadiennes Petawawa. Des observations de l’espèce au Canada ont été enregistrées presque chaque année depuis 1990. Au Michigan, le cœur de l’aire de répartition de l’espèce, la population est passée de 167 mâles chanteurs en 1974 à 1 479 en 2006.

Facteurs limitatifs et menaces

Trois principaux facteurs ont limité la taille et la distribution de la population de Parulines de Kirtland : 1) la suppression des incendies, qui détériore la qualité de l’habitat et qui, par conséquent, réduit le nombre de parcelles d’habitat convenable; 2) la transformation des landes à pin gris au profit de l’agriculture, de la foresterie et du développement humain, laquelle réduit et fragmente l’habitat; 3) le parasitisme des couvées (et la prédation des œufs et des oisillons) par le Vacher à tête brune, qui compromet gravement le succès de la reproduction dans d’autres portions de son aire de répartition. La plupart de ces facteurs ne semblent toutefois pas limiter de façon considérable la Paruline de Kirtland au Canada, où l’habitat de reproduction serait disponible.

Importance de l’espèce

La Paruline de Kirtland est endémique à l’Amérique du Nord et l’une des espèces aviaires les plus gravement menacées d’extinction à l’échelle mondiale.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

La Paruline de Kirtland a été désignée « en voie de disparition » par le gouvernement de l’Ontario en 1977 et par le COSEPAC en 1979. Ce statut a été confirmé par le COSEPAC en 1999 et en 2000. L’espèce est inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP; Loi sur les espèces en péril, 2003) du Canada et est protégée en vertu de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs du gouvernement fédéral. En Ontario, l’espèce est également protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de la province. Il n’existe qu’un seul enregistrement authentifié de l’espèce au Québec, où une disposition spéciale concernant les espèces menacées est prévue dans la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged, Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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