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Évaluation et Rapport de situation sur la paruline de Kirtland (Dendroica kirtlandii) au Canada - Mise à jour

Taille et tendances des populations

Activités de recherche

Jusqu’à tout récemment, peu de relevés systématiques de la Paruline de Kirtland avaient été menés au Canada. Cela signifie que l’espèce pourrait être présente dans des régions reculées et non inventoriées. Par exemple, il existe de grandes forêts de pin gris en début de succession en Ontario et au Québec, où l’espèce ne fait l’objet d’aucun relevé, et il est possible qu’elle s’y reproduise (Environnement Canada, 2006). Le territoire dans lequel la Paruline de Kirtland fait actuellement l’objet de relevés est relativement petit par comparaison à la superficie de l’habitat convenable potentiel.

Au moins quatre relevés ciblés ont été organisés par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO) et le Service canadien de la faune (SCF) d’Environnement Canada.

Le premier relevé, visant l’habitat potentiel de la Paruline de Kirtland dans la région d’Algoma, a été commandé par le SCF à la suite de la découverte d’un mâle territorial de l’espèce le 4 juillet 1997 à Thessalon (Knudsen, 1999; B. Knudsen, comm. pers., 2007). Des peuplements de pin gris de 3 à 20 ans ont fait l’objet de relevés et ont été répertoriés d’après les strates des Systèmes d'information géographique (SIG) de l’inventaire des ressources forestières du MRNO. Cependant, aucune Paruline n’a été relevée, et on a constaté qu’au moins une partie des peuplements, ayant dépassé l’âge de 20 ans, ne convenait plus à la Paruline de Kirtland (Knudsen, 1999; B. Knudsen, comm. pers., 2007).

Le deuxième relevé, mené en collaboration avec l’équipe de rétablissement de la Paruline de Kirtland des États-Unis, a été effectué par des employés du MRNO et du SCF et visait à déterminer les priorités de surveillance par des relevés aériens dans la région de Sault Ste. Marie et de Chapleau (Bloom, 2003). Les rapports de ces relevés ne sont pas disponibles.

Le troisième relevé a été effectué dans la région d’Orillia à la suite de la découverte d’un mâle chanteur en 1986, de même que dans la région de Chapleau-Cartier, la péninsule Bruce et l’île Manitoulin. À ce jour, aucun couple nicheur n’a été découvert, mais seule une faible portion de l’habitat de reproduction potentiel propice à la Paruline de Kirtland a fait l’objet d’un relevé en Ontario (Environnement Canada, 2006).

Le quatrième relevé ciblait l’espèce dans son habitat convenable dans la région de Pembroke. Il s’agissait de relevés menés, en 2002, par des employés du MRNO et, en 2003, par des employés de la BFC Petawawa et du MRNO, mais aucune Paruline de Kirtland n’a été observée. Les relevés ont été étendus à d’autres secteurs du comté de Renfrew par le personnel du MRNO, et les employés de la BFC poursuivent leurs recherches à la base dans l’habitat convenable depuis 2003. En 2006, la BFC Petawawa a commandé un relevé des espèces en péril et, dans le cadre de cette initiative, l’habitat convenable de la Paruline de Kirtland en a fait l’objet. Trois mâles chanteurs ont été observés en 2006, deux, en 2007 (K. Tuininga, comm. pers., 2007), et un nid actif, abritant une femelle et ses oisillons, a été découvert en 2007 (Base des Forces canadiennes Petawawa, 2007).

La Paruline de Kirtland n’a été observée qu’une seule fois dans le cadre d’un parcours du Relevé des oiseaux nicheurs (BBS) au Canada (2007, B. McBride, comm. pers., 2007); on ne dispose donc d’aucune donnée en vue d’évaluer les changements dans l’abondance de l’espèce.

Des relevés ciblés ont récemment été menés au Québec dans l’habitat apparemment convenable (M. Robert et F. Shaffer, comm. pers., 2008). Les recherches se sont poursuivies à Kazabazua, sur l’île aux Allumettes, sur l’île du Grand Calumet et dans le parc de la Vérendrye vers la fin de mai 2007, là où un habitat potentiel pour la Paruline de Kirtland a été identifié d’après les caractéristiques des peuplements forestiers (les essences d’arbres, et l’âge et la taille du peuplement) décrites dans les cartes numériques de foresterie du gouvernement du Québec. Aucune Paruline de Kirtland n’a été relevée, et il semble que les secteurs parcourus comportaient peu d’habitat potentiel, voire aucun.

Abondance

La taille actuelle de la population de Parulines de Kirtland au Canada est inconnue. Le plus grand nombre de mâles chanteurs observés dans un secteur donné, toute période de temps confondue, est de trois mâles chanteurs, à la BFC Petawawa durant l’été 2006. De même, deux mâles et une femelle ont été signalés à Petawawa en 2007. Compte tenu de la disponibilité d’un habitat convenable, il est possible que la population soit plus grande, mais elle compte probablement moins de 10 individus.

Fluctuations et tendances

On ne dispose d’aucune information sur les tendances démographiques de la Paruline de Kirtland au Canada. Le nombre d’individus signalés en Ontario est stable depuis 1990 (annexe 1; Environnement Canada, 2006). Dans le parc national de la Pointe-Pelée, on signale l’espèce régulièrement depuis le milieu des années 1990 et chaque année durant la migration printanière depuis 2001 (annexe 2; Wormington, 2008).

La population de Parulines de Kirtland est en croissance aux États-Unis depuis le début des années 1990 (figure 2). Au Michigan, les relevés ont été menés pour la première fois en 1951 et ont été répétés en 1961, en 1971, puis chaque année (Probst et al., 2003). Le relevé de 1951 a dénombré 432 mâles chanteurs, et celui de 1961 en a dénombré 502. Ce nombre a chuté à 201 en 1971 et atteint un plancher historique en 1974, année où seulement 167 mâles ont été dénombrés. La population est demeurée relativement stable de 1971 à 1986 (figure 2), malgré de sévères mesures de contrôle des Vachers dans presque toutes les aires de reproduction. Les plus grandes croissances démographiques sont cependant survenues alors que les populations de vachers étaient contrôlées et qu’un habitat de pin gris était créé dans le cadre d’initiatives d’aménagement et à la suite de grands incendies de forêt en 1975 et en 1980. En 2006, la population avait crû à 1 479 mâles chanteurs (figure 2; Byelich et al., 1985; Department of Natural Resources du Michigan, 2007).

Figure 2. Relevé des Parulines de Kirtland (mâles chanteurs) au Michigan de 1951 à 2006 (Department of Natural Resources du Michigan, 2007; T. Hogrefe, comm. pers., 2007)

Figure 2.  Relevé des Parulines de Kirtland (mâles chanteurs) au Michigan de 1951 à 2006 (Department of Natural Resources du Michigan, 2007; T. Hogrefe, comm. pers., 2007)

Immigration de source externe

La Paruline de Kirtland du Michigan (et peut-être du Wisconsin) pourrait se reproduire au Canada. Les longues distances et les grandes étendues d’eau ne semblent pas représenter un obstacle à la dispersion (Probst et al., 2003); on sait que des mâles juvéniles se sont éloignés d’au moins 350 km de leur lieu de naissance. Six mâles bagués dans la basse péninsule du Michigan ont été trouvés dans la haute péninsule, et des déplacements réguliers ont été observés entre les populations de ces deux régions (Probst et al., 2003). En outre, une Paruline de Kirtland a été récemment signalée au Michigan à 25 km de Sault Ste. Marie. Toutes ces observations indiquent qu’une immigration de source externe est possible, quoique, la population des États-Unis demeurant petite, cette immigration, si elle existait, serait limitée.