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Évaluation et Rapport de situation sur la paruline de Kirtland (Dendroica kirtlandii) au Canada - Mise à jour

Facteurs limitatifs et menaces

La Paruline de Kirtland a toujours été rare au Canada, et les facteurs limitant la taille de sa population demeurent inconnus. Cependant, plusieurs facteurs ont été associés à des déclins de la population de l’espèce aux États-Unis et pourraient intervenir également chez les populations nichant au Canada.

Détérioration de la qualité de l’habitat

La qualité de l’habitat de la Paruline de Kirtland s’est détériorée en raison de la suppression des incendies. Historiquement (avant la colonisation européenne), les grandes parcelles de jeunes pins gris (de 4 à 20 ans d’âge) étaient constamment renouvelées par les incendies allumés par la foudre dans les landes à pins du Michigan. Par exemple, en 1871, un incendie a rasé 400 000 ha de forêt au cœur de l’aire de reproduction de l’espèce au Michigan (Mayfield, 1992), et trois incendies, rasant plus de 6 000 ha, ont eu lieu entre 1939 et 1946. Ces incendies, en remplaçant les peuplements, ont produit un habitat de pin gris au stade de succession approprié (de 6 à 23 ans) et d’une hauteur (de 1,7 à 5,0 m), d’une densité (> 2 000 plants/ha) et d’une couverture du sol optimales pour la reproduction (Probst et Donnerwright, 2003). La suppression des incendies a considérablement réduit l’étendue et la fréquence de ces incendies naturels dans les aires de reproduction. En effet, la petite population, mais stable, du Michigan a connu une croissance après une série d’incendies d’envergure survenus dans les années 1970 et 1980 (Mayfield, 1977; Harwood, 1981; Probst et Weinrich, 1993; Kepler et al., 1996). En l’absence d’incendies, la gestion forestière (récolte, brûlage dirigé, clairières elliptiques, 25 p. 100 de jachère) a été ajustée de manière à maximiser la qualité de l’habitat en fonction des besoins de la Paruline de Kirtland. On attribue en grande partie la croissance de la population de Parulines au Michigan à la gestion des plantations de pin gris (Probst et Weinrich, 1993).

Les ouragans survenus dans l’habitat de forêts de pins se trouvant dans les aires de non-reproduction dans les Bahamas pourraient également réduire l’habitat d’hivernage disponible.

Perte et fragmentation de l’habitat

Dans le passé, la perte d’habitat due à la transformation constante des landes à pin gris en terres agricoles ou en exploitations forestières a réduit la quantité d’habitat convenable pour l’espèce. La fragmentation et l’isolement de peuplements de pin gris peuvent également avoir contribué aux déclins de populations de Parulines de Kirtland. L’espèce privilégie les grandes parcelles de pin gris et y connaît le meilleur succès de reproduction; les activités qui fragmentent les forêts risquent donc de causer des déclins démographiques.

Parasitisme par les Vachers

La Paruline de Kirtland semble particulièrement vulnérable au parasitisme par les Vachers. Dans les années 1960 et 1970, environ 70 p. 100 des nids de Parulines de Kirtland au Michigan étaient parasités par des Vachers et comptaient en moyenne moins d’un petit par nid (Ryel, 1981). Après la prise de mesures de contrôle des Vachers en 1972, la proportion de nids parasités est tombée à 5 p. 100, et le nombre moyen de petits par nid a grimpé à presque trois (Kelly et DeCapita, 1982; Walkinshaw, 1983). Le contrôle des Vachers semble avoir stabilisé la population, mais des croissances démographiques des Parulines de Kirtland n’ont été constatées que lorsque les mesures de contrôle des Vachers se sont accompagnées d’une augmentation de la quantité d’habitat par la gestion forestière et à la suite de deux incendies majeurs survenus en 1975 et en 1980.

Le Vacher à tête brune est commun dans le sud de l’Ontario, mais plus rare dans les régions de l’Ontario où se trouve la Paruline de Kirtland. En outre, les tendances dégagées par le dernier BBS indiquent un déclin à long terme statistiquement significatif des populations de Vachers au Canada (Downes et Collins, 2007); il est donc possible que le parasitisme par cette espèce ne représente pas une menace importante pour la Paruline de Kirtland au Canada.