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Évaluation et Rapport du COSEPAC sur la situation de la tête carmin et de la tête rose au Canada

Introduction

 

La tête rose (Notropis rubellus) (Agassiz, 1850), est un petit cyprinidé que l’on trouve au Canada depuis le cours supérieur du fleuve Saint‑Laurent, à l’est, jusqu’à l’extrémité sud‑est du lac Supérieur, avec un prolongement de son aire de répartition vers le nord‑ouest atteignant le Sud du Manitoba à l’ouest (Scott et Crossman, 1973). Les données sur l’abondance relative de l’espèce au Canada font défaut, mais elle est largement répandue dans la partie centrale de son aire. Étant donné qu’elle a une aire de répartition limitée au Manitoba (Hinks, 1943; Fedoruk, 1969), qui est séparée de 900 à 1 000 km de l’endroit le plus proche situé en Ontario, Derksen (A.J. Derksen, spécialiste des pêches, ministère des Ressources naturelles du Manitoba, Winnipeg (Manitoba); communication personnelle au président du Sous‑comité des poissons et des mammifères marins du COSEPAC) a laissé entendre qu’il faudrait la prendre en considération pour fins d’examen par le COSEPAC. Le présent rapport a été rédigé pour synthétiser les connaissances existantes sur l’espèce au Canada, pour le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), afin d’examiner le statut de l’espèce sur une base provinciale et nationale.

Description

Ce poisson a un corps généralement mince et allongé (figure 1), les adultes ne mesurant habituellement pas plus de 75 mm de long (Gilbert et Burgess, 1980) ou 89 mm de longueur totale (Trautman, 1981), pour une moyenne de 51 à 76 mm de longueur totale (Scott et Crossman, 1973). L’espèce est apparentée et ressemble au méné émeraude (Notropis atherinoides) et au méné miroir (Notropis photogenis). Clay (1975) a mentionné que la ressemblance entre la tête rose et le méné émeraude a entraîné de mauvaises identifications et que les anciennes données peuvent être erronées. On peut distinguer les adultes de l’espèce du méné émeraude, car le corps de ce dernier est plus épais et plus comprimé et son rostre est émoussé et plus court (Clay, 1975; Smith, 1985), et du méné miroir, car ce dernier a neuf rayons pelviens, une ligne proéminente au milieu du dos, sa nageoire dorsale plus en avant et des croissants foncés entre les narines (Smith, 1985).

Figure 1.  Tête rose (Notropis rubellus) (MNC 64 0203, environ 80 mm, dessin réalisé par Sally J. Gadd, gracieuseté de D.E. McAllister, Musée canadien de la nature)

Figure 1.  Tête rose (Notropis rubellus) (MNC 64 0203, environ 80 mm, dessin réalisé par Sally J. Gadd, gracieuseté de D.E. McAllister, Musée canadien de la nature).

La tête rose est un méné argenté mince et son nom lui vient de la couleur rouge qui apparaît sur sa tête et à la base de ses nageoires pectorales chez les mâles reproducteurs. La nageoire anale compte généralement 10 ou 11 rayons, et la nageoire dorsale est habituellement située à mi‑chemin entre la base de la nageoire caudale et le préopercule. La nageoire caudale est modérément fourchue avec des lobes arrondis et l’origine de la nageoire anale est alignée avec la base du dernier rayon dorsal, tandis que l’origine et l’insertion pelviennes sont nettement en avant de l’origine dorsale. Les nageoires pectorales sont situées bas sur le corps et nettement vers l’avant, leur longueur et leur largeur étant supérieures chez les mâles que chez les femelles (Becker, 1983). La ligne latérale est complète et quelque peu incurvée vers l’avant. La bouche est terminale, grande et légèrement oblique. Les mesures proportionnelles et les dénombrements sont résumés dans Scott et Crossman (1973) et dans Smith (1985).

La couleur normale de ce poisson est dans l’ensemble argentée, avec une légère coloration vert olive sur le dos et blanc argenté sur le ventre, tandis que les nageoires sont transparentes. Les mâles reproducteurs développent une centaine de tubercules sur la moitié supérieure de la tête, depuis le rostre jusqu’à l’occiput (Becker, 1983), et sur les rayons antérieurs des régions pectorales; quelques tubercules peuvent apparaître sur les opercules et sur les écailles situés le long de la ligne latérale. On peut également en trouver sur les surfaces supérieures des nageoires pelviennes, dorsale et anale (Scott et Crossman, 1973). Les mâles reproducteurs exhibent une couleur orange à rouge brique de la tête jusqu’à la nuque, tandis que le reste du corps est de couleur orange pâle à orange‑jaune (Becker, 1983). L’opercule, les côtés et la surface ventrale jusqu’à la nageoire anale sont d’un rouge plus pâle tandis que les nageoires pectorales, pelviennes, dorsale et anale peuvent être parsemées de rouge. Les femelles peuvent également développer cette coloration rouge, mais elle est généralement plus pâle que chez les mâles et peut même être absente (Becker, 1983); elles peuvent également développer des tubercules sur la tête (Pfeiffer, 1955; Scott et Crossman, 1973; Smith, 1985).

La tête rose ressemble au méné émeraude mais en diffère par la base de sa nageoire dorsale, qui est légèrement postérieure à l’insertion pelvienne, et par son rostre qui est aussi plus court et plus émoussé. Le corps du méné émeraude est habituellement plus épais et plus comprimé, les adultes reproducteurs n’ayant pas de coloration rouge et la pigmentation de la surface dorsale n’étant généralement pas aussi foncée. La ressemblance entre les deux espèces a entraîné de mauvaises identifications et les anciennes données peuvent être erronées (Clay, 1975).