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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le Bryum de Porsild (Mielichhoferia macrocarpa) au Canada

COSEPAC Résumé

Bryum de Porsild
Mielichhoferia macrocarpa

Information sur l’espèce

Bien que le bryum de Porsild soit actuellement placé dans le genre Mielichhoferia, l’interprétation de données moléculaires récentes semble indiquer qu’il est plus étroitement apparenté à certaines espèces du genre Bryum. Une fois publié, le nom correct du Mielichhoferia macrocarpa sera Bryum porsildii. Les caractères macroscopiques qui permettent le plus facilement de reconnaître l’espèce sont sa petite taille, ses feuilles luisantes et lâches, sa croissance en coussins denses et la production souvent abondante de sporophytes.

Répartition

La répartition de l’espèce présente de vastes disjonctions dans toutes les régions septentrionales de la planète et est donc qualifiée de holarctique disjointe. L’espèce Mielichhoferia macrocarpa a été observée dans 27 localités d’Amérique du Nord, dont 11 sont situées au Canada. La majorité des sites connus se trouvent dans la cordillère de l’ouest du continent.

Habitat

L’habitat du Mielichhoferia macrocarpa se caractérise toujours par la présence d’un substrat rocheux d’où l’eau suinte constamment pendant la saison de végétation et l’assèchement complet de ce milieu, à cause du gel, durant l’hiver. Le substrat est généralement calcaire, mais cela n’a pas été noté dans tous les lieux de récolte. De plus, tous les sites visités qui se trouvent sur des falaises rocheuses étaient soumis à des perturbations saisonnières dues à l’abrasion glacielle et à la chute de roches.

Biologie

Le Mielichhoferia macrocarpa peut se multiplier par voie sexuée ou asexuée, et la production de spores est fréquente lorsque les gamétophytes des deux sexes sont présents dans un site. La survie de chaque colonie dépend davantage du régime de perturbation de la falaise rocheuse que de la compétition exercée par d'autres colonies. Par contre, la compétition joue peut-être un rôle plus important au stade de l’établissement de la colonie. Une bonne partie des données existant sur la physiologie du M. macrocarpa semblent indiquer que l’espèce est adaptée à de longues périodes (plusieurs mois) d’activité photosynthétique alternant avec de longues périodes de dessiccation et d’inactivité.

Taille et tendances des populations

Le taux de mortalité des colonies varie selon les populations (définies subjectivement comme étant des groupes de colonies séparés par une discontinuité spatiale). Durant les périodes de stabilité de la falaise rocheuse, ce taux peut être aussi bas que 14 p. 100 en trois ans. Cependant, en cas d’instabilité de la falaise, il suffit d’un événement catastrophique pour quasiment éliminer une population comptant plusieurs centaines de colonies, comme on l’a observé dans une population de Terre-Neuve. Dans le cas d’une population du Groenland, des colonies ont été présentes pendant au moins 75 ans, ce qui constitue la plus longue présence confirmée de l’espèce dans une même localité.

Facteurs limitatifs et menaces

Le Mielichhoferia macrocarpa est sans doute limité par la disponibilité de son habitat, par sa capacité de dispersion restreinte et par sa faible capacité d’établissement. Les populations sont menacées par tout événement naturel ou d’origine humaine pouvant rendre instables les falaises rocheuses constituant leur habitat. C’est ainsi que des perturbations naturelles récentes ont causé une perte nette d’environ 15 p. 100 parmi les colonies connues du Canada.

Importance de l’espèce

Il a été avancé que le Mielichhoferia macrocarpa appartiendrait à une flore ancienne autrefois répandue. L’espèce présente donc un grand intérêt scientifique, car elle pourrait aider à mieux comprendre les origines des populations locales et des espèces de cette flore.

Protection actuelle ou autres désignations

L’espèce ne bénéficie actuellement d’aucune protection juridique. Les cotes S1 (moins de 5 occurrences dans chaque province ou État concerné) et G2 (rare à l’échelle mondiale) lui ont été attribuées dans les listes de contrôle des programmes de conservation du patrimoine naturel de l’Alberta et du Montana. Aucune des populations connues ne se trouve dans un parc national.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, à l’échelle nationale, des espèces, sous-espèces, variétés ou autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes et incluant les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est formé de membres de chacun des organismes provinciaux et territoriaux responsables des espèces sauvages, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans et Partenariat fédéral en biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature) et de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité de connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour examiner les rapports de situation sur les espèces candidates.

Définitions (depuis mai 2003)

Espèce
Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D)
Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC)
Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M)
Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)Note de bas de pageb
Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged
Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page c

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page d

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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