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l’oponce de l’Est (Opuntia humifusa)

Résumé

Teigne du yucca
Tegeticula yuccasella

Informationsur l’espèce

La teigne du yucca (Tegeticula yuccasella) est un petit papillon nocturne blanc de 18 à 27,5 mm d’envergure. Sa présence dans les fleurs de Yucca facilite son identification. Plusieurs espèces étroitement apparentées, également appelées teignes du yucca, sont difficiles à distinguer sans l’aide d’un microscope. Par souci de clarté, nous réserverons dans le présent rapport le terme « teigne du yucca » au Tegeticula yuccasella.

La teigne du yucca appartient à la famille des Prodoxidés. Elle entretient une relation mutuellement bénéfique avec le yucca glauque (famille des Agavacées) et possède des pièces buccales spécialisées qui lui permettent de polliniser activement son hôte.

Répartition

La teigne du yucca se rencontre en association avec le yucca glauque à l’échelle des Grandes Plaines, depuis le Sud du Texas jusqu’au Sud du Canada, et dans toutes les régions à l’est des plaines, jusqu’à la côte Atlantique. Au Canada, la seule population viable est établie en Alberta, à Onefour, dans l’une des deux seules populations indigènes de yucca glauque. L’autre population indigène de yucca glauque se trouve aussi en Alberta, dans la réserve de pâturage de Pinhorn, mais la teigne du yucca en est pratiquement absente.

Habitat

Au Canada, la teigne du yucca se rencontre uniquement dans les populations de yucca glauque. Cette plante pousse dans des pentes de coulée bien drainées, recouvertes d’une végétation clairsemée et exposées au sud dans le bassin de la rivière Milk, dans le Sud-Est de l’Alberta. Dans les portions plus centrales et méridionales de son aire, le yucca glauque forme des peuplements vigoureux en terrain plat dans les prairies.

Biologie

La teigne du yucca adulte pollinise les fleurs du yucca glauque avant d’y déposer ses œufs. Ce papillon est le seul pollinisateur de cette plante. À mesure qu’elles grandissent, les chenilles consomment une partie des graines du fruit en formation. Peu avant que le fruit se dessèche et s’ouvre pour disperser ses graines, les chenilles en émergent, s’enfouissent dans le sol et entrent en diapause prénymphale. La plupart des individus demeurent en diapause pendant un à quatre ans avant d’émerger à l’état adulte. À l’âge adulte, la teigne du yucca vit environ quatre jours.

Taille et tendances des populations

En 1998, un recensement exhaustif a révélé la présence de 255 chenilles dans le site de Onefour. De ce nombre, environ de 75 à 90 ont atteint l’âge adulte. À Pinhorn, aucune nouvelle chenille n’a été produite entre 1997 et 2002. Il n’existe aucune donnée historique permettant d’évaluer le déclin de la population, et aucune tendance ne ressort des indices mesurés entre 1998 et 2002. Les populations de cette espèce subissent des fluctuations considérables.

Facteurs limitatifs et menaces

Le principal facteur limitatif pour la teigne du yucca en Alberta est la limitation de l’interaction entre les adultes qui viennent d’émerger et les plants de yucca glauque en fleur. Un des facteurs qui compromet cette interaction est le broutage des fleurs et des hampes florales par le cerf-mulet et l’antilope d’Amérique. Les fortes fluctuations observées d’une année à l’autre dans la floraison du yucca et l’émergence de la teigne sont également des facteurs limitatifs. L’application d’herbicides et d’insecticides agricoles, la modification des pratiques de pâturage, la circulation des véhicules tout terrain et la collecte de plants de yucca à des fins horticoles ou médicinales constituent d’autres sources de préoccupation potentielles.

Importance de l’espèce

La teigne du yucca se rencontre en Alberta uniquement dans des populations de yucca glauque très isolées établies à la limite nord de l’aire des deux espèces. L’isolement et l’exposition à des conditions environnementales et biologiques extrêmes pourraient avoir soumis ces populations à des pressions sélectives uniques et induit une divergence génétique plus intense que prévue et une pré-adaptation potentielle à des perturbations anthropiques ou aux changements climatiques. Les populations canadiennes de la teigne du yucca n’ont fait l’objet d’aucune analyse génétique. Toutefois, si on les compare aux populations plus méridionales, elles affichent des traits comportementaux uniques qui semblent accroître leur potentiel de survie sous des conditions de faible densité.

Protection actuelle ou autres désignations

Le Alberta Endangered Species Conservation Committee a recommandé de désigner la teigne du yucca « espèce en voie de disparition » en Alberta. Son rang à l’échelle mondiale est G4 (espèce apparemment non en péril). À l’heure actuelle, aucune équipe ni plan de rétablissement n’ont été mis en place pour assurer la protection de la teigne du yucca ou de son hôte, le yucca glauque.

Résumé du rapport de situation

Au Canada, la teigne du yucca semble en déclin si l’on se réfère aux caractéristiques suivantes observées chez la population de Pinhorn : 1) absence de fructification chez le yucca glauque; 2) quasi-absence de teignes dans les fleurs; 3) absence de teignes en diapause dans le sol entre 1997 et 2002. La population de Onefour ne montre aucun signe de déclin. Les populations canadiennes sont petites et très isolées, occupent une aire restreinte et subissent d’importantes fluctuations. Toutes ces caractéristiques rendent la teigne du yucca vulnérable aux pressions extrinsèques existantes, comme le broutage des plants de yucca glauque par les ongulés sauvages, la récolte de plants de yucca glauque et la circulation de véhicules tout terrain.

MANDAT DU COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) détermine le statut, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés et des populations sauvages  canadiennes importantes qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées à toutes les espèces indigènes des groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, lépidoptères, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

COMPOSITION DU COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes fauniques des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (Service canadien de la faune, Agence Parcs Canada, ministère des Pêches et des Océans, et le Partenariat fédéral sur la biosystématique, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétence, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

DÉFINITIONS

Espèce : Toute espèce, sous-espèce, variété ou population indigène de faune ou de flore sauvage géographiquement définie.

Espèce disparue (D) : Toute espèce qui n’existe plus.

Espèce disparue du Canada (DC) : Toute espèce qui n’est plus présente au Canada à l'état sauvage, mais qui est présente ailleurs.

Espèce en voie de disparition (VD)* : Toute espèce exposée à une disparition ou à une extinction imminente.

Espèce menacée (M) : Toute espèce susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitatifs auxquels elle est exposée ne sont pas renversés.

Espèce préoccupante (P)** : Toute espèce qui est préoccupante à cause de caractéristiques qui la rendent particulièrement sensible aux activités humaines ou à certains phénomènes naturels.

Espèce non en péril (NEP)*** : Toute espèce qui, après évaluation, est jugée non en péril.

Données insuffisantes (DI)**** : Toute espèce dont le statut ne peut être précisé à cause d’un manque de données scientifiques.

 

* : Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

** : Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

*** : Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

**** : Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

 

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le comité avait pour mandat de réunir les espèces sauvages en péril sur une seule liste nationale officielle, selon des critères scientifiques. En 1978, le COSEPAC (alors appelé CSEMDC) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. Les espèces qui se voient attribuer une désignation lors des réunions du comité plénier sont ajoutées à la liste.

 

Environment Canada         Environnement Canada

Canadian Wildlife Service          Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.