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l’oponce de l’Est (Opuntia humifusa)

Information sur l’espèce

Nom et classification

L’existence de la teigne du yucca a été révélée pour la première fois par Engelmann (1872a, b), qui a signalé son association avec les yuccas à Charles Riley, alors entomologiste d’État au Missouri. À la fin du XIXe siècle, Riley (1892) et William Trelease (1893) ont décrit les espèces du genre Tegeticula (Prodoxidés; Lépidoptères) sous le genre Pronuba spp. Après que Walshingham (1903) et Coolidge (1909) eurent constaté que le nom Pronuba avait déjà été assigné, la teigne du yucca a été renommée Tegeticula yuccasella. Le nom générique original est cependant encore utilisé dans certains ouvrages.

Encore récemment, le genre Tegeticula était défini comme un complexe englobant trois espèces : le Tegeticula synthetica, espèce monophage associée au Yucca brevifolia, le T. maculata, autre espèce monophage associée à l’Hesperoyucca whipplei, et le T. yuccasella, pollinisateur de la trentaine d’autres espèces de Yucca poussant au nord du Mexique. Malgré cette classification, la plupart des chercheurs ont signalé des variations morphologiques et comportementales considérables chez le T. yuccasella. Certains chercheurs ont scindé artificiellement des espèces coexistantes en se fondant sur le comportement de ponte (p. ex. Wilson et Addicott, 1998). Pellmyr (1999), sur la base de critères morphologiques et moléculaires, a procédé à une révision systématique du complexe T. yuccasella et décrit dix nouvelles espèces pollinisatrices et deux espèces « tricheuses » non pollinisatrices. Le terme « teigne du yucca » peut être utilisé de façon générique pour désigner l’une ou l’autre des espèces de ce complexe, mais par souci de clarté, nous en limiterons ici l’usage au seul Tegeticula yuccasella. En se fondant sur des spécimens récoltés à Onefour (Alberta) et conservés à Ottawa dans la Collection nationale canadienne, Pellmyr (1999) a identifié l’espèce de teigne du yucca qui pollinise le yucca glauque (Yucca glauca) dans le Sud-Est de l’Alberta comme étant le Tegeticula yuccasella (Riley).

Description

Les espèces du genre Tegeticula sont des papillons blancs ou argentés, sans traits distinctifs particuliers et de taille relativement modeste (envergure : de 15 à 35 mm). Les ailes antérieures sont étroites. Les femelles des espèces pollinisatrices ont des tentacules maxillaires garnis de nombreux poils sensoriels. Ces tentacules font défaut chez les mâles des espèces pollinisatrices et chez les deux sexes des espèces non pollinisatrices (ou « espèces tricheuses »). Malgré l’existence de subtiles différences de morphologie et de coloration entre les espèces, l’identification, pour être fiable, nécessite l’examen des genitalia.

Le Tegeticula yuccasella, l’espèce la plus répandue au sein du genre, a une envergure moyenne de 18 à 27,5 mm (Pellmyr, 1999). Les ailes antérieures sont blanches sur le dessus, en grande partie brun foncé en dessous; les ailes postérieures sont gris brunâtre sur le dessus, brun pâle en dessous (Pellmyr, 1999). La tête est recouverte d’écailles blanches. Chez la femelle, chaque palpe maxillaire est muni d’un tentacule maxillaire spécialisé. Ces tentacules, tubulaires et membraneux, sont garnis de nombreux poils courts et recourbés qui aident à retenir le pollen (Pellmyr et Leebens-Mack, 2000). Les mâles peuvent présenter des tentacules rudimentaires. Les antennes sont composées de 42 à 50 articles; l’article apical est en forme de gouttelette et plus court que chez les autres espèces. Le thorax est recouvert d’écailles blanches chez la plupart des individus, et les pattes sont jaunes. L’abdomen est brun pâle sur sa face dorsale, blanc en dessous (Pellmyr, 1999).

Le mâle du T. yuccasella est caractérisé par des valves relativement petites, un cucullus évasé et un pectinifère légèrement asymétrique composé de 6 à 12 épines fusionnées (Pellmyr, 1999). La femelle est pourvue d’un ovipositeur de 0,35 à 0,50 mm de longueur surmonté d’une crête prononcée de fines dents préapicales. Lorsque l’ovipositeur est rétracté, l’extrémité de l’abdomen est tronquée. L’articulation terminale est grossièrement arrondie à son extrémité apicale et surmontée d’une arête ondulée préapicale (Riley, 1892).

Les stades immatures sont mal connus, et aucun caractère morphologique ne permet actuellement de distinguer les espèces avant l’âge adulte (Pellmyr, 1999). En conséquence, la description qui suit s’applique à l’ensemble des espèces du genre Tegeticula. La chrysalide est pourvue d’une épine céphalique acérée et de plusieurs épines dorsales (Riley, 1892). La chenille mesure moins de 1 mm de longueur à l’éclosion, 14 mm à maturité. Au départ blanc translucide, elle vire au jaune, puis au rouge en vieillissant. Les fausses pattes sont absentes, mais les pattes thoraciques sont développées. Le stade larvaire est ponctué de trois mues (Riley, 1892). L’œuf est en forme de massue, généralement translucide, et mesure environ 2 mm de longueur (Hurlburt, données inédites).

En Alberta, les adultes du T. yuccasella peuvent être confondus avec ceux de deux autres espèces de papillons nocturnes blancs qui fréquentent également les fleurs et les fruits du yucca glauque. Le T. corruptrix est une espèce non pollinisatrice qui dépose ses œufs dans les jeunes fruits en développement du yucca glauque. Cette espèce est plus grande que le T. yuccasella, son envergure variant de 22,5 à 35 mm (Pellmyr, 1999). Chez les deux sexes, les palpes maxillaires sont dépourvus de tentacule rudimentaire. Le T. corruptrix émerge généralement après le pic de floraison de son hôte et est souvent le seul occupant des fleurs plus tardives. La chenille du quatrième stade larvaire mesure plusieurs millimètres de plus que celle du T. yuccasella et est généralement blanche à verdâtre. Les deux espèces cohabitent à l’état larvaire dans les fruits du yucca glauque.

Le Prodoxus quinquepunctellus (Chambers) est un petit papillon de 13 à 19 mm d’envergure qui se rencontre dans les fleurs du yucca glauque entre le début de juin et le milieu de juillet. Les ailes antérieures sont d’un blanc pur, avec une à quatorze petites taches. Les ailes postérieures sont grises à presque blanches, mais toujours plus sombres que les ailes antérieures. Le corps est plus frêle que chez les espèces du genre Tegeticula (Davis, 1967). Comme les femelles de cette espèce déposent leurs œufs dans les hampes florales du yucca glauque, les chenilles du P. quinquepunctellus ne peuvent être confondues avec celles du T. yuccasella.