Avertissement Cette page Web a été archivée dans le Web.

Contenu archivé

Information archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Cette dernière n'a aucunement été modifiée ni mise à jour depuis sa date de mise en archive. Les pages archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes qui s'appliquent aux sites Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique sur les communications et l'image de marque.

Sauter l'index du livret et aller au contenu de la page

l’oponce de l’Est (Opuntia humifusa)

Taille et tendances des populations

Alberta

Les populations de la teigne du yucca et du yucca glauque ont pour la première fois fait l’objet d’un recensement exhaustif en 1998 (Csotonyi et Hurlburt, 1999). Dans les deux peuplements naturels, chaque clone et chaque fruit ont été documentés, et les trous d’émergence ont été dénombrés. Chaque trou d’émergence est foré par une seule chenille de teigne du yucca. Dans les deux peuplements, le suivi des populations du pollinisateur s’est poursuivi pendant trois années additionnelles (1999, 2000, 2001). Des estimations ou des indices ont été utilisés dans le cadre de cet exercice, car il n’était pas toujours pratique de collecter des données sur chaque fruit. L’abondance de la teigne du yucca a été évaluée directement et indirectement par observation sur un certain nombre de fruits et de plants de chaque population des paramètres suivants : 1) nombre de teignes adultes par fleur fraîchement épanouie; 2) nombre de chenilles par fruit; 3) nombre de fruits produits par inflorescence; 4) nombre de marques de ponte par fruit. Ces paramètres n’ont pas été évalués chaque année en raison des fortes variations d’amplitude de la floraison, d’abondance des teignes et de l’herbivorie. Par exemple, la production de fruits a été faible ou nulle certaines années et/ou dans certains endroits.

En Alberta, le yucca glauque forme deux populations indigènes totalisant 29 557 rosettes potentiellement reproductrices réparties entre 8 903 clones (Csotonyi et Hurlburt, 1999). La population de Onefour a été estimée à 28 174 rosettes réparties entre 8 499 clones (Csotonyi et Hurlburt, 1999) établis sur des pentes de coulée et dans des prairies adjacentes. La population de Pinhorn ne comptait que 1 383 rosettes réparties entre 404 clones (Csotonyi et Hurlburt, 1999).

En 1998, à Onefour, seulement 255 teignes adultes (incluant les mâles, qui n’interviennent pas dans la pollinisation de l’hôte) ont émergé des 29 557 rosettes de yucca glauque, pour une moyenne de 4,397 + 0,350 chenilles par fruit. Lors d’un recensement comparable effectué à Pinhorn, en 1998, aucun fruit ni trace de teignes adultes n’ont été observés. Durant les quatre années d’étude à Pinhorn, une seule teigne femelle a été observée, aucun individu n’a été trouvé en diapause dans le sol, et aucune trace de ponte ni production de fruits n’a été notée (D. Hurlburt, données inédites). Les données sur l’abondance de la teigne du yucca au Canada sont présentées au tableau 2. L’abondance de la teigne du yucca à Onefour (tableau 1) se compare aux valeurs enregistrées en divers endroits des États-Unis.

Exception faite des chiffres se rapportant à une population unique du T. yuccasella au Colorado (Dodd, 1989; Dodd et Linhart, 1994), toutes les autres estimations de l’abondance du pollinisateur sont substantiellement plus élevées que celle de la population de Pinhorn. Chez la population du Colorado, le fait que teigne soit incapable de boucler son développement larvaire et l’absence d’adultes pourraient être liés, selon Dodd (1989) et Dodd et Linhart (1994), à l’altitude élevée du site et à la faible densité des plantes hôtes. Ces facteurs pourraient induire une réponse similaire chez les petites populations établies à la limite septentrionale de l’aire de l’espèce, comme celle de Pinhorn.

Tableau 1.  Indices de la taille des populations de la teigne du yucca
(Tegeticula yuccasella) en Alberta de 1998 à 2000.
 Nbre fruits/inflorescenceNbre teignes/fleurNbre chenilles/fruitNbre œufs/fruit
Onefour    
1998  2,034 + 0,279           Aucun suivi    4,397 + 0,350*Aucun suivi
1999  3,102 + 0,161           0,456 + 0,259           3,560 + 0,4709,552 + 1,261
20000,322 + 0,156           0,563 + 0,259           5,920 + 0,50818,317 + 2,075
20011,411 + 0,1150,388 + 0,2354,396 + 0,57614,755 + 1,489
Pinhorn    
19980,000 + 0,000           Aucun suivi    S/O – Aucun fruitAucun suivi
1999  0,000 + 0,000           0,003 + 0,000           S/O – Aucun fruit0,000 + 0,000
2000  0,000 + 0,000           0,000 + 0,000S/O – Aucun fruit0,000 + 0,000
20010,000 + 0,000           0,000 + 0,000S/O – Aucun fruit0,000 + 0,000

* Estimation fondée sur le nombre de trous d’émergence par fruit en 1998. Les valeurs indiquées pour la période de 1999 à 2001 correspondent aux nombres réels observés de chenilles par fruit.

Faute de données historiques, on ignore si les effectifs de la teigne du yucca à Onefour augmentent, diminuent ou sont stables. L’abondance de la teigne du yucca fluctue considérablement dans toutes les populations du yucca glauque, tant à l’échelle d’une même saison de floraison que d’une saison de floraison à l’autre, et seules des études à long terme pourront nous renseigner sur la viabilité des populations. Il est établi que d’autres populations d’insectes parviennent à se maintenir même si leurs effectifs fluctuent considérablement. Toutefois, aucun document ne laisse supposer qu’une telle dynamique existe chez la teigne du yucca ou au sein de la famille des Prodoxidés. En outre, on peut supposer que les petites populations éprouvent plus de difficulté que les grandes populations à se relever d’une chute d’effectifs et qu’elles sont plus sujettes à des déclins induits par des phénomènes stochastiques.

Autres régions

Il n’existe aucune estimation à long terme des effectifs de la teigne du yucca dans les populations de yucca glauque d’origine inconnue en Saskatchewan ou dans les États compris dans l’aire du papillon aux États-Unis. Dans la majeure partie de l’aire de l’espèce (bassin du Missouri et régions plus méridionales), la teigne du yucca parvient à maintenir des populations viables probablement en raison de la proximité de populations d’autres espèces de yuccas. Font toutefois exception à la règle les populations écologiquement marginales comme celles qui sont établies en haute altitude (Dodd et Linhart, 1994).