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Facteurs limitatifs et menaces

Tel que précisé dans la section sur les tendances relatives aux habitats, la perte d’habitats est probablement la première cause du déclin des populations de Colin de Virginie au Canada. Des parcelles d’habitats de plus en plus petites ne conviennent peut‑être plus à l’oiseau. Compte tenu de la fragmentation d’une grande partie de l’habitat dans le sud-ouest de l’Ontario, il est tout à fait probable que de petits groupes isolés continuent à disparaître. La taille relative d’une population est le principal facteur de disparition de populations locales (Bolger et al., 1991).

Par ailleurs, est‑il possible que la dilution du fonds génétique liée à la remise en liberté d’oiseaux d’origine inconnue et mal adaptés aux hivers et aux habitats du Canada influe sur la disparition de l’espèce? On élève le Colin de Virginie à des fins commerciales dans le but d’en rétablir les populations et d’en vendre à des restaurants spécialisés. Avant l’adoption de la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune en Ontario, il semble que la plupart des gens pouvaient obtenir des œufs de Colin de Virginie, les incuber et remettre en liberté les oisillons en Ontario sans mention dans un dossier. La composition génétique des populations captives est nettement différente de celle des oiseaux sauvages (leur apparence aussi est souvent différente, d’après des spécimens des Musées nationaux du Canada), mais aucune étude visant à quantifier ces différences n’a été menée. Étant donné que de nombreuses petites populations disséminées dans le sud de l’Ontario sont le résultat de tentatives répétées de réintroduction, il demeure possible que des croisements avec les oiseaux élevés et remis en liberté altèrent la composition génétique des populations indigènes.

On n’a jamais considéré la chasse comme une cause du déclin des populations tant que des habitats convenables aux colins sont conservés (Brennan, 1999). Cependant, au début des années 1990, au moment où la chasse est encore permise pour une période limitée dans une partie du sud‑ouest de l’Ontario, des chasseurs prennent conscience de la gravité du déclin et non seulement décident d’arrêter de chasser le colin, mais aussi commencent à restaurer des habitats où ils le peuvent (P. Hunter, comm. pers., 1999). La pression de chasse est éliminée, et la chasse est dorénavant interdite dans cette région. La population, qui semble stable dans la province depuis les quelques dernières années, a la chance de se rétablir. Cependant, étant donné sa petite taille, le rétablissement peut se faire assez lentement s’il n’est pas accompagné de remises en liberté d’autres oiseaux (Roseberry et Klimstra, 1984).

Les chats sauvages, qui peuvent nuire considérablement à de nombreux oiseaux nicheurs comme le Colin de Virginie, semblent aussi constituer un problème dans la région (A. Woodliffe, comm. pers.).

Des hivers rigoureux, au cours desquels l’oiseau a manqué de bons habitats, sont la cause de la suite du déclin de la population qui reste. De la neige épaisse et persistante et des froids prolongés sont principalement responsables de la mortalité hivernale (Robel et Kemp, 1997). Au cours des années récentes, la tendance est aux hivers plus doux avec moins de neige. Aux États‑Unis, les conditions météorologiques ne semblent pas être un grave problème, à l’exception des États du nord de l’aire de répartition où elles peuvent nuire aux colins comme en Ontario. Cependant, chez cette espèce sédentaire, les populations du Canada sont isolées de celles des États‑Unis; c’est pourquoi on ne s’attend pas à ce que des individus en provenance des États‑Unis participent au recrutement naturel pour les populations du Canada.