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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la marmotte de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) au Canada – Mise à jour

Résumé

Marmotte de l’île de Vancouver
Marmota vancouverensis

Informationsur l’espèce

La marmotte de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) est un rongeur terricole vivant en colonies, parent de la marmotte des Rocheuses (M. caligata) et du M. Olympus. Elle se distingue par sa fourrure brun chocolat, ses vocalisations uniques, les caractéristiques atypiques de son crâne et sa nature très sociale.

Répartition

La marmotte de l’île de Vancouver est endémique à l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique, Canada.

Habitat

L’habitat naturel des marmottes de l’île de Vancouver est formé de prés subalpins, généralement situés à des altitudes variant de 900 à 1 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ces prés auraient été créés et maintenus par des avalanches, des glissements de neige ou des feux, sinon par une combinaison de processus. Les parcelles d’habitat naturel de l’île de Vancouver sont souvent plus restreintes et plus éloignées les unes des autres que celles qui sont fréquentées par les marmottes dans la partie continentale de la Colombie-Britannique ou dans la presqu’île Olympic. Les marmottes de l’île de Vancouver utilisent également des habitats artificiels. De nombreux cas de colonisation se sont produits dans des habitats créés par la coupe à blanc de forêts en haute altitude, par l’exploitation minière et par l’aménagement de pistes de ski.

Biologie

Le M. vancouverensis est fouisseur et herbivore; il hiberne, généralement du début d’octobre jusqu’à la fin d’avril. Les femelles ont la capacité de se reproduire à deux ans, mais la plupart ne se reproduisent pas avant l’âge de trois ou quatre ans. Elles mettent bas à une portée de trois ou quatre petits, tous les deux ans, en moyenne. Les deux sexes se dispersent, généralement à l’âge de deux ans. L’âge maximal observé est de dix ans dans la nature, et de quatorze ans en captivité.

Taille et tendances des populations

L’aire de répartition des marmottes de l’île de Vancouver semble avoir subi une grave réduction au cours des dernières décennies, mais les données sont insuffisantes pour déterminer le moment ou les causes de cette réduction. Les dénombrements annuels de populations tenus depuis 1979 indiquent que les marmottes ont au moins doublé leurs effectifs durant les années 1980, la majorité de cet accroissement se produisant dans de nouveaux habitats créés par l’exploitation de forêts anciennes. Au moins 235 marmottes ont été dénombrées en 1984, mais il est probable que la population comptait alors un effectif de 300 à 350 individus, la plupart se trouvant dans des habitats artificiels. La population s’est affaissée de manière précipitée dans les années 1990 et comptait seulement quelque 70 individus à l’état sauvage en 1997. En 2007, on comptait, à l’état sauvage, environ 50 marmottes nées dans la nature, auxquelles s’ajoutaient les quelques douzaines qui avaient été relâchées dans la nature (non comprises dans la présente évaluation), et plus de 100 gardées en captivité (également non comprises dans la présente évaluation).

Facteurs limitatifs et menaces

L’habitat naturel des marmottes de l’île de Vancouver est restreint. Les prés subalpins sont petits (de 1 à 10 hectares) et se trouvent rarement dans le paysage autrement forestier. Une analyse récente des pollens semble indiquer que les habitats des marmottes étaient beaucoup plus étendus, il y a plusieurs milliers d’années. Des enregistrements paléontologiques et archéologiques ont permis de trouver des marmottes bien en dehors de leur zone d’occurrence historique.

L’habitat créé par l’exploitation forestière n’est que temporaire puisque la régénération forestière rend les conditions inadéquates aux marmottes. Les 10 colonies trouvées dans des coupes à blanc durant les années 1980 et 1990 avaient toutes disparues en 2000. La durée de vie médiane des colonies dans les coupes à blanc était de 10 ans (étendue = de 5 à 19 ans), ce qui équivaut à environ 2 ou 3 générations de marmottes.

À l’heure actuelle, la principale menace à laquelle font face les marmottes de l’île de Vancouver constitue la prédation. Au moins 80 p. 100 de la mortalité des marmottes enregistrée depuis 1992 est attribuable à la prédation, principalement par les loups (Canis lupus), les couguars (Puma concolor) et les Aigles royaux (Aquila chrysaetos). Les taux annuels de survie ont chuté depuis les années 1980, les pertes dans chaque colonie étaient souvent sérieuses pendant une même année, et les taux de survie propres aux colonies étaient spatialement corrélés.

La population sauvage actuelle étant formée de peu d’individus, elle fait face à d’autres menaces, notamment la perte de variation génétique, les effets de la stochasticité démographique ou du climat et l’incapacité à trouver un partenaire.

Importance de l’espèce

Le M. vancouverensis est l’une des cinq espèces de mammifères endémiques au Canada.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le M. vancouverensis a été désigné « en voie de disparition » par le COSEPAC en avril 1978, en avril 1997 et en mai 2000. Il est inscrit en tant qu’espèce en voie de disparition à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du Canada. L’espèce a été désignée en voie de disparition (endangered) en vertu de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique et de la Endangered Species Act des États-Unis. Le M. vancouverensis a été désigné « menacé d’extinction » (endangered) par l’UICN. Deux zones d’habitat de marmottes sont protégées en vertu de la Ecological Reserves Act de la Colombie-Britannique (réserve écologique du lac Haley; 127 ha) ou de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (Green Mountain Wildlife Critical Habitat Area; 260 ha).

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2008)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de pagea
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de pageb
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de pagec
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de paged,Note de bas de pagee
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Note de bas de page a

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page b

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page c

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page d

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page e

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

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