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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la marmotte de l’île de Vancouver (Marmota vancouverensis) au Canada – Mise à jour

Habitat

Besoins en matière d’habitat

L’habitat de la marmotte de l’île de Vancouver doit posséder trois caractéristiques : 1) une structure de sol permettant le creusement de terriers, 2) des graminées et des herbacées convenables à l’alimentation, et 3) des conditions microclimatiques permettant l’alimentation en été et l’hibernation en hiver.

L’habitat naturel est formé de prés subalpins généralement situés entre 900 et 1 500 m d’altitude (Bryant et Janz, 1996). Ces prés seraient créés et maintenus par des avalanches ou des glissements de neige, des feux ou une combinaison de processus (Milko et Bell, 1986) et ont tendance à être plus petits et plus rares sur l’île de Vancouver que sur la portion continentale de la Colombie-Britannique ou sur la presqu’île Olympic (Fonda et Bliss, 1969; Kuramoto et Bliss, 1970). Bryant (1998) a conclu, au moyen d’un système d'information géographique, que les prés subalpins constituaient environ 1 p. 100 des quelque 1 000 km² formant la zone centrale de la répartition des marmottes dans la région des lacs Nanaimo. L’habitat constitué de prés est encore plus rare au sud du lac Cowichan et dans des régions comme le parc provincial Strathcona (Bryant, 1993).

Depuis 1972, des marmottes ou des terriers récents ont été signalés dans 47 sites répartis sur 15 montagnes (Bryant et Janz, 1996). Des indices de reproduction ont été observés à 34 sites répartis sur 14 montagnes. Exception faite de 2 sites, toutes les colonies actives depuis 1972 se trouvaient dans les bassins hydrographiques de Nanaimo, de Cowichan, de Chemainus, de Nitinat et de la rivière Cameron, dans le centre sud de l’île de Vancouver. Les deux autres colonies se trouvaient sur le mont Washington, séparées d’environ 95 km des autres colonies connues.

La plupart des prés naturels fréquentés par les marmottes de 1972 à 2006 ne couvraient que quelques hectares; conséquemment, la plupart des colonies plus récentes des habitats naturels comptaient peu d’individus, généralement une ou deux familles et moins de cinq adultes (Bryant et Janz, 1996).

Tendances en matière d’habitat

Les os préhistoriques de M. vancouverensis récupérés dans des cavernes et pendant des fouilles archéologiques indiquent que l’aire de répartition géographique a rétréci de manière significative au cours des quelques derniers siècles ou millénaires (Calvert et Crockford, 1983; Nagorsen et al., 1996). Cette tendance est confirmée par des données sur la croissance des arbres (Laroque et al., 2001) et les dépôts de pollen (Hebda et al., 2005). Les marmottes de l’île de Vancouver semblaient avoir une répartition plus étendue, et étaient probablement plus nombreuses, durant les nombreuses périodes où régnaient des conditions climatiques plus chaudes et plus sèches.

Protection et propriété

L’habitat ayant été le plus longtemps occupé par des marmottes (de 1972 à 2006) se trouve sur une terre privée. Le paysage entourant les parcelles d’habitat naturel a été fortement modifié par l’exploitation forestière (Bryant, 1998). L’exploitation forestière de la région a commencé à la fin des années 1940 et s’est rapidement accélérée durant les années 1960 et 1970. Moins de 15 p. 100 de la forêt naturelle subsiste, en grande partie à plus de 900 m d’altitude. Il en résulte un paysage dans lequel les forêts matures sont progressivement remplacées par des forêts plus jeunes, et où le nombre de chemins forestiers et les impacts en haute altitude vont en augmentant.

Au total, 2 habitats de marmottes bénéficient d’une protection légale en vertu de l’Ecological Reserves Act de la Colombie-Britannique (réserve écologique du lac Haley; 127 ha) ou de la Wildlife Act de la Colombie-Britannique (la Green Mountain Wildlife Critical Habitat Area; 260 ha). Une superficie considérable d’habitat potentiel de marmottes est protégée dans le parc national Strathcona (Bryant, 1993).