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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné d’argent de l’Ouest au Canada – Mise à jour

COSEPAC Résumé

Méné d'argent de l'Ouest
Hybognathus argyritis

Information sur l’espèce

Le méné d’argent de l’Ouest (Hybognathus argyritis Girard, 1856), petit cyprinidé, est l’une des quatre espèces appartenant au genre Hybognathus se trouvant au Canada. Il a d’abord été découvert par Girard, en 1856, dans la rivière Milk, au Montana. Scott et Crossman ont plus tard considéré l’espèce comme une sous-espèce (H. nuchalis nuchalis) du méné d’argent (H. nuchalis Agassiz, 1855). Actuellement, l’espèce est une fois de plus reconnue comme étant le méné d’argent de l’Ouest (H. argyritis). Cette décision, fondée sur les différences de forme du processus basioccipital entre les espèces, a été acceptée par l’American Fisheries Society.

Répartition

On trouve le méné d’argent de l’Ouest dans l’ensemble du bassin du Missouri, aux États-Unis, et dans le Mississippi, vers le sud jusqu’à sa confluence avec la rivière Ohio. Au Canada, sa répartition la plus septentrionale concerne seulement la rivière Milk, dans le sud de l’Alberta. Un unique spécimen, capturé en 1963 dans la rivière Saskatchewan Sud, près de Medicine Hat, est la seule occurrence du méné d’argent de l’Ouest dans le réseau hydrographique de la rivière Saskatchewan et la seule à l’extérieur du bassin du Missouri et du Mississippi. Des échantillonnages supplémentaires n’ont pas permis de confirmer sa présence à cet endroit.

Habitat

Le méné d’argent de l’Ouest occupe principalement des habitats turbides à faible débit, habituellement situés dans les bras morts et les mares des grands cours d’eau limoneux des plaines. On ne connaît pas l’habitat de fraye, ni l’habitat des jeunes de l’année.

Biologie

Parmi les espèces appartenant au genre Hybognathus se trouvant au Canada, le méné d’argent de l’Ouest est celle qui montre la plus longue durée de vie, qui atteint les plus grandes tailles et qui est la plus féconde. Ce cyprinidé vit environ 4 ans ou plus, atteint 140 mm de longueur à la fourche et devient mature sexuellement au cours de sa troisième année. La période de fraye commence à la fin de mai et se poursuit jusqu’au début de juillet. Les femelles fécondes de grande taille peuvent pondre jusqu’à 20 000 œufs. L’alimentation du méné d’argent de l’Ouest est principalement composée d’algues, de diatomées et de matière organique filtrée des sédiments ingérés.

Taille et tendances des populations

On ne connaît pas la taille des populations canadiennes de ménés d’argent de l’Ouest. Leur abondance peut avoir diminué au début des années 1900 dans la rivière Milk en raison d’une combinaison du prélèvement d’eau à des fins d’irrigation et de conditions d’extrême sécheresse après la construction du canal St. Mary. Depuis le premier échantillonnage effectué par Grant Campbell, en 1961, rien n’indique un déclin des populations de ménés d’argent de l’Ouest. En 2003, Pollard estimait la population à quelques milliers d’individus seulement. Cette estimation se fondait sur des enregistrements limités, comprenant seulement 192 spécimens prélevés. Des études récentes, réalisées dans plusieurs nouveaux sites, ont permis de relever 2 232 ménés d’argent de l’Ouest. Toutefois, étant donné sa répartition limitée, l’espèce pourrait être vulnérable à de futures perturbations liées à l’environnement et aux activités humaines

Facteurs limitatifs et menaces

La rivière Milk est unique par l’augmentation significative du débit qu’elle reçoit chaque été de la rivière St. Mary, un affluent de la rivière Saskatchewan-Sud (bassin hydrographique de la baie d’Hudson). L’eau est détournée du réservoir du lac Sherburne par le ruisseau Swift Current, au Montana, par l’intermédiaire de deux siphons et d’un canal rejoignant la rivière North Milk, au Montana. La North Milk coule ensuite vers l’Alberta et rejoint la rivière Milk. La rivière Milk ressort de l’Alberta pour retourner vers le Montana et, finalement, vers le réservoir Fresno, au Montana, qui restreint le déplacement des poissons vers l’amont.

La persistance du méné d’argent de l’Ouest dans la rivière Milk dépend du maintien du débit et du transport des sédiments. Les actuelles infrastructures de gestion des eaux complètent le débit et font augmenter l’habitat disponible de mars à octobre. Pendant la période de fermeture, le méné d’argent de l’Ouest est exposé à des débits naturellement faibles, qui sont amplifiés par le prélèvement d’eau, les faibles niveaux d’oxygène dissous et des températures de l’eau extrêmement basses (point de congélation). Historiquement, le siphon a déjà été fermé à des fins de réparation durant l’été.

Importance de l’espèce

Dans les régions où il se trouve en abondance, le méné d’argent de l’Ouest est probablement un important poisson-fourrage. L’espèce a une importance économique aux Etats-Unis, comme poisson-appât recherché. En Alberta, il est maintenant interdit d’en faire l’usage à titre de poisson-appât, mort ou vif. Le méné d’argent de l’Ouest a également une signification et un intérêt spéciaux pour la communauté scientifique, en relation avec l’histoire zoogéographique et la répartition de l’espèce après la période glaciaire du Wisconsin.

Protection actuelle ou autres désignations de statut

Au Canada, le méné d’argent de l’Ouest a été désigné espèce menacée par le COSEPAC en 2001 et figure sur la liste de la Loi sur les espèces en péril. En Alberta, le méné d’argent de l’Ouest est actuellement classé dans la catégorie espèce en péril (at risk). Bien que cette classification n’offre aucune protection supplémentaire, elle permet d’augmenter la sensibilisation à l’espèce, probablement menacée, et peut mener à la tenue de recherches supplémentaires en vue d’obtenir une détermination plus approfondie de son statut.

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.

Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.

Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsable des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, lequel est présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres scientifiques non gouvernementaux et des coprésidents des sous-comités de spécialistes des espèces et du sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.

Définitions (2009)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)*
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)**
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)***
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)****
Une catégorie qui s’applique lorsque l’information disponible est insuffisante (a) pour déterminer l’admissibilité d’une espèce à l’évaluation ou (b) pour permettre une évaluation du risque de disparition de l’espèce.

* Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.
** Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.
*** Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.
**** Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».
***** Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999. Définition de la catégorie (DI) révisée en 2006.

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.