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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le méné d’argent de l’Ouest au Canada – Mise à jour

Répartition

Aire de répartition mondiale

En Amérique du Nord, le méné d’argent de l’Ouest est réparti dans les cours d’eau des grandes plaines des basses terres du réseau hydrographique du Mississippi, depuis le confluent du Mississipi et de la rivière Ohio et, vers le nord, jusqu’au bassin du Missouri et la rivière Milk, en Alberta, au Canada (Pflieger, 1980b; figure 2). On ne trouve le méné d’argent de l’Ouest dans les cours principaux du Missouri et du Mississippi qu’en aval du confluent du bassin du Missouri (Burr et Page, 1986). À l’intérieur de ces réseaux hydrographiques, la répartition semble être assez continue (Pflieger, 1980b), bien que la création de réservoirs et de barrages ait eu pour effet de fragmenter certaines rivières. La répartition du méné d’argent de l’Ouest dans la rivière Milk s’étend de sa limite septentrionale, en Alberta, jusqu’au réservoir Fresno, au Montana, à environ 80 km en aval de la frontière canado-américaine (Stash, 2001). Plus loin en aval, des populations sont fragmentées par une série de sept dérivations et barrages d’irrigation (à partir du réservoir Fresno, en descendant vers le barrage de dérivation Vandalia, au Montana) avant la confluence avec le Missouri (K. Gilge, comm. pers.). Willock (1968; 1969a) a indiqué que la répartition du méné d’argent de l’Ouest aux États-Unis a rétréci par rapport aux grandes étendues auparavant occupées, sans donner de précision sur des emplacements exacts. Ces études passées suggèrent que des changements de l’aire de répartition se sont probablement produits beaucoup plus tôt dans le siècle, mais on ne dispose d’aucune mention précise concernant le méné d’argent de l’Ouest.

Figure 2. Répartition du méné d’argent de l’Ouest en Amérique du Nord (Pflieger, 1980b; U.S. Fish and Wildlife Service, 1995; Houston, 1998b; U. S. Geological Survey, 2001)

Figure 2. Répartition du méné d’argent de l’Ouest en Amérique du Nord (Pflieger, 1980b; U.S. Fish and Wildlife Service, 1995; Houston, 1998b; U. S. Geological Survey, 2001)

Aire de répartition canadienne

L’aire de répartition du méné d’argent de l’Ouest au Canada semble se restreindre à la rivière Milk, affluent le plus au nord-ouest du réseau hydrographique du Missouri (figure 3). Bien que Henderson et Peter (1969) aient enregistré la capture d’un unique spécimen du méné d’argent de l’Ouest, prélevé en 1963 dans la rivière Saskatchewan-Sud, sur le territoire de la ville de Medicine Hat, les diverses activités d’échantillonnage menées en 1974 et en 1975 puis de 1994 à 1996 dans cette région, ainsi qu’en amont et en aval de ce secteur, n’ont pas permis de relever plus de spécimens (W. Roberts, comm. pers.). On pense que le spécimen recueilli par Henderson et Peter (1969) est un faux signalement et qu’il n’est pas représentatif d’une population reproductrice. La mention pourrait être le résultat d’une remise à l’eau involontaire d’un appât (Henderson et Peter, 1969) plutôt que d’une erreur d’identification, puisque celle-ci a été confirmée par les experts du domaine (W. Roberts, comm. pers., 2002). Sinon, il s’agirait de l’unique occurrence connue de l’espèce à l’extérieur du bassin du Missouri et du Mississippi. Cependant, aucun échantillonnage supplémentaire n’a permis de confirmer la présence de l’espèce à cet endroit (Clayton, comm. pers., 2008).

Figure 3.  Répartition du méné d’argent de l’Ouest (Hybognathus argyritis) au Canada

Figure 3.  Répartition du méné d’argent de l’Ouest (Hybognathus argyritis) au Canada

On a présumé que la répartition antérieure du méné d’argent de l’Ouest dans la rivière Milk se limitait au secteur inférieur, depuis le ruisseau Police (approximativement 140 km en amont) jusqu’à la frontière des États-Unis (figure 4) (Scott et Crossman, 1973; Pflieger, 1980b; Sikina et Clayton, 2005). Watkinson et al. (2007) ont élargi la répartition du méné d’argent de l’Ouest à environ 15 km en aval de la confluence de la rivière Milk Nord et de la rivière Milk (223 km en amont de la frontière canado-américaine). En 2005-2006, on a confirmé et étendu la répartition de l’espèce jusqu’en aval du pont Aden (soit un tronçon d’environ 100 km de rivière à partir de la frontière des États-Unis) (Watkinson et al., 2007). On a estimé la zone d’occurrence du méné d’argent de l’Ouest au Canada à 1 200 km² (estimée à partir d’une surface convexe entourant le tronçon de rivière, depuis la frontière des États-Unis jusqu’à 1 kilomètre au-delà du dernier point d’occurrence en amont) et la zone d’occupation à 244 km² (sur une grille à mailles de 1 km², la zone d’occupation totale équivaut au nombre de carrés traversés par la rivière, depuis la frontière canado-américaine jusqu’à 1 kilomètre au-delà du dernier point d’occurrence en amont]. On a estimé la zone d’occupation biologique à 13,4 km² (selon les habitats fluviaux occupés, en présumant que la largeur de la rivière est de 60 m depuis la frontière jusqu’à 1 kilomètre au-delà du dernier point d’occurrence en amont).

Figure 4. Répartition du méné d’argent de l’Ouest (Hybognathus argyritis) au Canada dans la rivière Milk, en Alberta

Figure 4. Répartition du méné d’argent de l’Ouest (Hybognathus argyritis) au Canada dans la rivière Milk, en Alberta

Les occurrences enregistrées sont fondées sur des indications d’une présence historique ou actuelle récurrente probable à un endroit donné.Les sites occupés qui sont séparés de 15 km ou plus d’habitat aquatique n’étant pas connu pour être occupé sont considérés comme représentant des emplacements différents. Donc, le méné d’argent de l’Ouest au Canada se trouve à un seul endroit, bien que l’écart d’approximativement 42 km qui existe entre les sites en amont de la ville de Milk River et ceux en aval de la localité puisse inférer qu’il y en a deux. De plus amples échantillonnages seront nécessaires pour confirmer l’absence de méné d’argent dans la région. Les barrages, les chutes infranchissables et les habitats situés sur des terres élevées constituent des obstacles de séparation (Hammerson, 2004, cité dans NatureServe, 2007). On ne dispose généralement pas de données sur la dispersion et les autres déplacements; les distances de séparation (en kilomètres de milieu aquatique) pour les Cyprinidés sont arbitraires, mais elles tiennent compte du fait que les distances de déplacement et de séparation augmentent généralement avec la taille des poissons.