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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie des rochers au Canada

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COSEPAC
Résumé

Castilléjie des rochers
Castilleja rupicola

Information sur l’espèce

La castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) est une graminée vivace pouvant atteindre une hauteur de 20 cm. Ses feuilles, alternes, ont généralement de trois à cinq lobes linéaires et étalés. L’inflorescence consiste en un épi terminal dense composé de petites fleurs entourées de bractées (structures foliaires spécialisées) de bonne taille et de couleur vive. La plupart des bractées, d’un rouge écarlate ou cramoisi, sont composées de cinq lobes séparés par des échancrures profondes et sont beaucoup plus courtes que les fleurs, de couleur verdâtre.


Répartition

L’aire de répartition du Castilleja rupicola s’étend depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au centre de l’Oregon. Au Canada, l’espèce n’a été observée que dans les bassins des rivières Chilliwack et Skagit (dans les monts Cascades du sud-ouest de la Colombie-Britannique) et à un site historique du sud de la chaîne Côtière.


Habitat

L’espèce vit sur des substrats graveleux ou rocheux, souvent dans des crevasses sur des falaises, des affleurements rocheux et des crêtes, dans les zones subalpine et alpine. La végétation de ces milieux est clairsemée, le couvert végétal étant généralement inférieur à 10 p. 100. Dans certaines pentes subalpines et alpines, le C. rupicola occupe des ouvertures graveleuses dans des communautés végétales de type Phyllodoce empetriformis-Cassiope mertensiana.


Biologie

Il existe peu d’information sur la biologie du Castilleja rupicola en Colombie-Britannique. On ne dispose que de renseignements de base sur la reproduction de l’espèce. On croit que la plupart, sinon l’ensemble, des espèces du genre Castilleja ont besoin d’une pollinisation croisée pour produire des graines. Un grand nombre d’espèces semblent être pollinisées par les oiseaux-mouches, alors que chez d’autres espèces, les abeilles joueraient un rôle important à ce chapitre. La production de graines revêt probablement une importance capitale pour le Castilleja rupicola, car l’espèce ne semble pas connaître d’autres modes de reproduction. La dispersion se fait sur de courtes distances, probablement par éparpillement des graines par le vent, les oiseaux ou les petits mammifères, à partir des capsules.

Il est probable que, à l’instar d’autres espèces de Castilleja, le C. rupicola soit un parasite facultatif des racines d’autres plantes. L’examen des racines révèle que les Castilleja développent des structures spéciales semblables à des racines, nommées haustoriums ou suçoirs, qui se fixent aux racines d’autres plantes, y compris d’autres Castilleja (les plantes présentent cependant une vigueur moindre quand l’hôte est un Castilleja). Ces haustoriums permettent à la plante parasite de tirer des nutriments supplémentaires de la plante hôte.


Taille et tendances des populations

Un total de 15 populations historiques et existantes ont été répertoriées. Trois populations ont été découvertes récemment (2003) dans la vallée de la rivière Skagit, dans le sud‑ouest de la Colombie-Britannique. Onze autres populations, documentées entre 1901 et 1999, se trouvent dans les vallées des rivières Skagit et Chilliwack. Une récolte a été faite en 1912 au mont Brunswick, dans le sud de la chaîne Côtière. On ne dispose de pratiquement aucune information sur la taille de ces 12 dernières populations. Les trois populations découvertes récemment sont réparties sur 12,5 km; leur superficie varie de 1 à 5 m2 et leur taille, de 1 à 3 individus.

Les tendances à court et à long terme de ces populations sont inconnues, mais on peut présumer qu’elles dépendent de la longévité des plantes. En outre, étant donné que ces plantes ne semblent exister qu’en très petit nombre, le succès de la germination des graines et le taux de survie des plantules doivent largement déterminer les tendances démographiques.


Facteurs limitatifs et menaces

Aucune menace importante ne pèse à l’heure actuelle sur les populations de Castilleja rupicola. Par contre, si les projections de réchauffement planétaire s’avèrent, il est possible que ses habitats subalpins et alpins en soient affectés. À l’heure actuelle, il est impossible de prévoir la nature précise des modifications des habitats de l’espèce qui découleraient des changements climatiques.


Importance de l’espèce

Les populations de C. rupicola de la Colombie-Britannique se caractérisent par le fait qu’elles se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. À l’échelle mondiale, cette espèce est rare et son aire de répartition restreinte compte moins de 100 populations. Aucune référence à cette espèce n’a été trouvée dans une importante base de données ethnobotaniques, mais d’autres espèces de Castilleja sont largement utilisées par des peuples autochtones d’Amérique du Nord.


Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Castilleja rupicola ne figure pas dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), dans l’Endangered Species Act (É.-U.) ni sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La cote mondiale du C. rupicola est G2G3, en péril/vulnérable (imperiled/vulnerable). À l’échelle provinciale, le C. rupicola a été classé S2, en péril (imperiled) par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et il figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique.

À l’heure actuelle, aucune loi sur les espèces en péril ne protège les plantes vasculaires de la Colombie-Britannique cotées S2. Cependant, certaines populations de C. rupicola de la Colombie-Britannique sont protégées en vertu de la Provincial Parks Act.