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Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie des rochers au Canada

Évaluation et Rapport de situation
du COSEPAC
sur la
Castilléjie des rochers
Castilleja rupicola
au Canada

castilléjie des rochers

Espèce menacée
2005


COSEPAC
Comité sur la situation
des espèces en péril
au Canada
COSEWIC logo

COSEWIC
Committee on the status
of endangered wildlife
in Canada

 

Les rapports de situation du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) sont des documents de travail servant à déterminer le statut des espèces sauvages que l’on croit en péril. On peut citer le présent rapport de la façon suivante :

COSEPAC. 2005. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) au Canada. Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. Ottawa . vii + 20 p.
(Rapports de situation du Registre public des espèces en péril)

Note de production :

Le COSEPAC aimerait remercier feu George W. Douglas ainsi que Shyanne J. Smith qui ont rédigé le rapport de situation sur la castilléjie des rochers (Castilleja rupicola). Le présent rapport a été préparé grâce à l’aide et au financement du Ministry of Water, Land and Air Protection de la Colombie-Britannique. Erich Haber, coprésident (plantes vasculaires) du Sous-comité de spécialistes des plantes et lichens du COSEPAC, a supervisé le présent rapport et en a fait la révision, avec la participation des membres du COSEPAC. L’examen a peut-être mené à des modifications ou à des ajouts à la version initiale du rapport.

Pour obtenir des exemplaires supplémentaires, s’adresser au :

Secrétariat du COSEPAC
a/s Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa  (Ontario)
K1A 0H3

Tél. : (819) 997-4991 / (819) 953-3215
Téléc. : (819) 994-3684
Courriel : COSEWIC/COSEPAC@ec.gc.ca
http://www.cosepac.gc.ca

Also available in English under the title COSEWIC Assessment and Status Report on the cliff paintbrush Castilleja rupicola in Canada.

Photo de la couverture :
Castilléjie des rochers – dessin de Elizabeth J. Steven tiré de Pojar 2000, avec permission.

©Sa Majesté la Reine du chef du Canada, 2005
PDF: CW69-14/430-2005F-PDF
ISBN: 0-662-74177-3
HTML: CW69-14/430-2005F-HTMLL
ISBN: 0-662-74178-1

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COSEPAC
Sommaire de l’évaluation

Sommaire de l’évaluation – Mai 2005

Nom commun :
Castilléjie des rochers

Nom scientifique :
Castilleja rupicola

Statut :
Menacée

Justification de la désignation :
Il s’agit d’une plante vivace à occurrence limitée géographiquement aux falaises, aux affleurements rocheux et aux crêtes situées en haute altitude. Les petites populations fragmentées sont composées d’individus dispersés, probablement moins de 250 plants, qui sont exceptionnellement vulnérables aux événements stochastiques.

Répartition :
Colombie-Britannique

Historique du statut :
Espèce désignée « menacée » en mai 2005. Évaluation fondée sur un nouveau rapport de situation.

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COSEPAC
Résumé

Castilléjie des rochers
Castilleja rupicola

Information sur l’espèce

La castilléjie des rochers (Castilleja rupicola) est une graminée vivace pouvant atteindre une hauteur de 20 cm. Ses feuilles, alternes, ont généralement de trois à cinq lobes linéaires et étalés. L’inflorescence consiste en un épi terminal dense composé de petites fleurs entourées de bractées (structures foliaires spécialisées) de bonne taille et de couleur vive. La plupart des bractées, d’un rouge écarlate ou cramoisi, sont composées de cinq lobes séparés par des échancrures profondes et sont beaucoup plus courtes que les fleurs, de couleur verdâtre.


Répartition

L’aire de répartition du Castilleja rupicola s’étend depuis le sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’au centre de l’Oregon. Au Canada, l’espèce n’a été observée que dans les bassins des rivières Chilliwack et Skagit (dans les monts Cascades du sud-ouest de la Colombie-Britannique) et à un site historique du sud de la chaîne Côtière.


Habitat

L’espèce vit sur des substrats graveleux ou rocheux, souvent dans des crevasses sur des falaises, des affleurements rocheux et des crêtes, dans les zones subalpine et alpine. La végétation de ces milieux est clairsemée, le couvert végétal étant généralement inférieur à 10 p. 100. Dans certaines pentes subalpines et alpines, le C. rupicola occupe des ouvertures graveleuses dans des communautés végétales de type Phyllodoce empetriformis-Cassiope mertensiana.


Biologie

Il existe peu d’information sur la biologie du Castilleja rupicola en Colombie-Britannique. On ne dispose que de renseignements de base sur la reproduction de l’espèce. On croit que la plupart, sinon l’ensemble, des espèces du genre Castilleja ont besoin d’une pollinisation croisée pour produire des graines. Un grand nombre d’espèces semblent être pollinisées par les oiseaux-mouches, alors que chez d’autres espèces, les abeilles joueraient un rôle important à ce chapitre. La production de graines revêt probablement une importance capitale pour le Castilleja rupicola, car l’espèce ne semble pas connaître d’autres modes de reproduction. La dispersion se fait sur de courtes distances, probablement par éparpillement des graines par le vent, les oiseaux ou les petits mammifères, à partir des capsules.

Il est probable que, à l’instar d’autres espèces de Castilleja, le C. rupicola soit un parasite facultatif des racines d’autres plantes. L’examen des racines révèle que les Castilleja développent des structures spéciales semblables à des racines, nommées haustoriums ou suçoirs, qui se fixent aux racines d’autres plantes, y compris d’autres Castilleja (les plantes présentent cependant une vigueur moindre quand l’hôte est un Castilleja). Ces haustoriums permettent à la plante parasite de tirer des nutriments supplémentaires de la plante hôte.


Taille et tendances des populations

Un total de 15 populations historiques et existantes ont été répertoriées. Trois populations ont été découvertes récemment (2003) dans la vallée de la rivière Skagit, dans le sud‑ouest de la Colombie-Britannique. Onze autres populations, documentées entre 1901 et 1999, se trouvent dans les vallées des rivières Skagit et Chilliwack. Une récolte a été faite en 1912 au mont Brunswick, dans le sud de la chaîne Côtière. On ne dispose de pratiquement aucune information sur la taille de ces 12 dernières populations. Les trois populations découvertes récemment sont réparties sur 12,5 km; leur superficie varie de 1 à 5 m2 et leur taille, de 1 à 3 individus.

Les tendances à court et à long terme de ces populations sont inconnues, mais on peut présumer qu’elles dépendent de la longévité des plantes. En outre, étant donné que ces plantes ne semblent exister qu’en très petit nombre, le succès de la germination des graines et le taux de survie des plantules doivent largement déterminer les tendances démographiques.


Facteurs limitatifs et menaces

Aucune menace importante ne pèse à l’heure actuelle sur les populations de Castilleja rupicola. Par contre, si les projections de réchauffement planétaire s’avèrent, il est possible que ses habitats subalpins et alpins en soient affectés. À l’heure actuelle, il est impossible de prévoir la nature précise des modifications des habitats de l’espèce qui découleraient des changements climatiques.


Importance de l’espèce

Les populations de C. rupicola de la Colombie-Britannique se caractérisent par le fait qu’elles se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. À l’échelle mondiale, cette espèce est rare et son aire de répartition restreinte compte moins de 100 populations. Aucune référence à cette espèce n’a été trouvée dans une importante base de données ethnobotaniques, mais d’autres espèces de Castilleja sont largement utilisées par des peuples autochtones d’Amérique du Nord.


Protection actuelle ou autres désignations de statut

Le Castilleja rupicola ne figure pas dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), dans l’Endangered Species Act (É.-U.) ni sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). La cote mondiale du C. rupicola est G2G3, en péril/vulnérable (imperiled/vulnerable). À l’échelle provinciale, le C. rupicola a été classé S2, en péril (imperiled) par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et il figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la Colombie-Britannique.

À l’heure actuelle, aucune loi sur les espèces en péril ne protège les plantes vasculaires de la Colombie-Britannique cotées S2. Cependant, certaines populations de C. rupicola de la Colombie-Britannique sont protégées en vertu de la Provincial Parks Act.

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Historique, mandat, composition et définitions du COSEPAC

Historique du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a été créé en 1977, à la suite d’une recommandation faite en 1976 lors de la Conférence fédérale-provinciale sur la faune. Le Comité a été créé  pour satisfaire au besoin d’une classification nationale des espèces sauvages en péril qui soit unique et officielle et qui repose sur un fondement scientifique solide. En 1978, le COSEPAC (alors appelé Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada) désignait ses premières espèces et produisait sa première liste des espèces en péril au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) promulguée le 5 juin 2003, le COSEPAC est un comité consultatif qui doit faire en sorte que les espèces continuent d’être évaluées selon un processus scientifique rigoureux et indépendant.


Mandat du COSEPAC

Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) évalue la situation, au niveau national, des espèces, des sous-espèces, des variétés ou d’autres unités désignables qui sont considérées comme étant en péril au Canada. Les désignations peuvent être attribuées aux espèces indigènes comprises dans les groupes taxinomiques suivants : mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens, poissons, arthropodes, mollusques, plantes vasculaires, mousses et lichens.


Composition du COSEPAC

Le COSEPAC est composé de membres de chacun des organismes responsables des espèces sauvages des gouvernements provinciaux et territoriaux, de quatre organismes fédéraux (le Service canadien de la faune, l’Agence Parcs Canada, le ministère des Pêches et des Océans et le Partenariat fédéral d’information sur la biodiversité, présidé par le Musée canadien de la nature), de trois membres ne relevant pas de compétences, ainsi que des coprésident(e)s des sous-comités de spécialistes des espèces et des connaissances traditionnelles autochtones. Le Comité se réunit au moins une fois par année pour étudier les rapports de situation des espèces candidates.


Définitions
(Novembre 2004)

Espèce sauvage
Espèce, sous-espèce, variété ou population géographiquement ou génétiquement distincte d’animal, de plante ou d’une autre organisme d’origine sauvage (sauf une bactérie ou un virus) qui est soit indigène du Canada ou qui s’est propagée au Canada sans intervention humaine et y est présente depuis au moins cinquante ans.

Disparue (D)
Espèce sauvage qui n’existe plus.

Disparue du pays (DP)
Espèce sauvage qui n’existe plus à l’état sauvage au Canada, mais qui est présente ailleurs.

En voie de disparition (VD)Note de bas de page 1
Espèce sauvage exposée à une disparition de la planète ou à une disparition du pays imminente.

Menacée (M)
Espèce sauvage susceptible de devenir en voie de disparition si les facteurs limitants ne sont pas renversés.

Préoccupante (P)Note de bas de page 2
Espèce sauvage qui peut devenir une espèce menacée ou en voie de disparition en raison de l'effet cumulatif de ses caractéristiques biologiques et des menaces reconnues qui pèsent sur elle.

Non en péril (NEP)Note de bas de page 3
Espèce sauvage qui a été évaluée et jugée comme ne risquant pas de disparaître étant donné les circonstances actuelles.

Données insuffisantes (DI)Note de bas de page 4, Note de bas de page 5
Espèce sauvage pour laquelle l’information est insuffisante pour évaluer directement ou indirectement son risque de disparition.

 

Service canadien de la faune

Le Service canadien de la faune d’Environnement Canada assure un appui administratif et financier complet au Secrétariat du COSEPAC.

 

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Appelée « espèce disparue du Canada » jusqu’en 2003.

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Note de bas de page 2

Appelée « espèce en danger de disparition » jusqu’en 2000.

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Note de bas de page 3

Appelée « espèce rare » jusqu’en 1990, puis « espèce vulnérable » de 1990 à 1999.

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Note de bas de page 4

Autrefois « aucune catégorie » ou « aucune désignation nécessaire ».

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Note de bas de page 5

Catégorie « DSIDD » (données insuffisantes pour donner une désignation) jusqu’en 1994, puis « indéterminé » de 1994 à 1999.

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Information sur l'espèce

Rapport de situation du COSEPAC
sur le
castilléjie des rochers
Castilleja rupicola
au Canada
2005

Nom et classification

Nom scientifique :
Castilleja rupicola PiperNote de bas de page 1
Synonymes :
Castilleja andrewsii Henderson
Nom français :
Castilléjie des rochers
Nom anglais :
Cliff Paintbrush
Famille :
Orobanchacées
Grand groupe végétal :
Dicotylédones

Description

Le Castilleja rupicola Piper appartient à un genre comptant entre 150 et 200 espèces présentes surtout dans l’ouest de l’Amérique du Nord, mais également dans le nord de l’Asie et le sud de l’Amérique du Sud (Ownbey, 1959). On trouve 20 de ces espèces en Colombie-Britannique et 24 au Canada (Scoggan, 1979; Pojar, 2000). Un spécimen de Castilleja rupicola a été recueilli pour la première fois au Canada sur le mont Cheam en 1899 par F. Anderson.

Le Castilleja rupicola est une graminée vivace à souche plutôt ligneuse (Pojar, 2000; figure 1). Les tiges de la plante sont regroupées, ascendantes à dressées, de 10 à 20 cm de hauteur, non ramifiées et à pubescence clairsemée et constituée de poils longs, souples et frisottés. Les feuilles, alternes, sont divisées en 3 ou 5 (7) lobes linéaires et étalés; il arrive, rarement, que les feuilles situées près de la base soient entières. Les lobes latéraux, à pubescence fine, longue et molle, ne sont que légèrement plus étroits que le lobe terminal. L’inflorescence est constituée d’un épi terminal compact à bractées de bonne taille et à fleurs relativement peu nombreuses. Les bractées, d’un rouge écarlate ou cramoisi et dont la plupart comportent cinq lobes séparés par des échancrures profondes, sont beaucoup plus courtes que les fleurs et portent des poils minuscules ainsi que de longs poils souples. La corolle est verdâtre, de 25 à 35 (45) mm de longueur, bilabiée (la lèvre supérieure étant en forme de bec), à pubescence courte, d’une longueur égale ou légèrement supérieure à celle du tube et beaucoup plus longue que la lèvre inférieure, épaissie et tridentée. Le calice porte de longs poils, a une longueur de 15 à 25 mm et comporte 2 lobes primaires séparés par des échancrures profondes se divisant chacun en deux segments arrondis ou pointus de 1 à 5 mm de longueur. La fleur compte quatre étamines. Les fruits consistent en des capsules contenant de nombreuses graines libres réticulées.

Le Castilleja rupicola est une espèce bien définie faisant partie du complexe des Parviflorae. Il se distingue de la plupart des autres Castilleja de la Colombie-Britannique par ses bractées d’un rouge cramoisi ou écarlate, généralement à cinq lobes séparés par des échancrures profondes. Le Castilleja parviflora, espèce apparentée occupant la même région, présente généralement des bractées violettes à roses ou blanches comportant trois lobes partant bien au-delà du milieu du limbe. Une autre espèce apparentée occupant la région, le Castilleja rhexifolia, peut elle aussi avoir des bractées cramoisies, mais celles‑ci ne sont pas lobées.


Figure 1. lllustration du Castilleja rupicola : fleur avec bractée associée (à gauche); port de la plante (à droite).

 lllustration du Castilleja rupicola

Dessin : Elizabeth J. Steven, in Pojar, 2000, reproduit avec permission.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Taxinomie et nomenclature d’après Douglas et al. (1998, 1999, 2000, 2001).

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Répartition

Aire de répartition mondiale

La répartition du Castilleja rupicola se limite aux monts Cascades, entre le sud-ouest de la Colombie-Britannique et le centre de l’Oregon, où l’espèce occupe des crêtes rocheuses d’altitude moyenne à élevée (Ownbey, 1959; Peck, 1961; Pojar, 2000; NatureServe, 2003; figure 2).


Figure 2. Aire de répartition nord-américaine du Castilleja rupicola.

Aire de répartition nord-américaine du Castilleja rupicola

Aire de répartition canadienne

Au Canada, le C. rupicola est présent dans les bassins des rivières Chilliwack et Skagit, dans les monts Cascades du sud-ouest de la Colombie-Britannique, depuis la zone montagnarde supérieure jusque dans la zone alpine. Une récolte a également été faite en 1912 au mont Brunswick, à l’extrémité sud de la chaîne Côtière, soit à environ 115 km à l’ouest des populations de la chaîne des Cascades (Straley et al., 1985; Pojar, 2000; Douglas et al., 2002; figure 3). La zone d’occurrence totale des populations existantes du Canada est d’environ 1000 km2. La zone d’occupation est comparativement petite, sa superficie n’étant que d’environ 200 à 300 m2.

Les rédacteurs du présent rapport ont cherché le C. rupicola aux altitudes supérieures à 1900 m sur 14 montagnes du bassin de la rivière Skagit en 2003. Ces montagnes englobent la plupart (environ 80 p. 100) des sommets pouvant abriter l’espèce dans ce bassin. Les rédacteurs ont découvert l’espèce sur seulement trois de ces montagnes, et de un à trois individus seulement ont été trouvés sur chacune (figure 3). Cette plante est si peu abondante sur les sommets du bassin de la Skagit que les populations de deux localités connues (pics Whitworth et Finlayson, voir le tableau 1 et la figure 3) n’ont pas été retrouvées en 2003. Les sommets fouillés sans succès sont les suivants : pic Brown, mont Dewdney, mont Outram, pic Johnson, mont Shawatum, pic Finlayson, un pic sans nom (environ 2 km ENE du pic Whitworth), pic Wright, mont Silverdaisy, mont Tulameen et pic Whitworth. Par ailleurs, A. Ceska et F. Lomer (comm. pers., 2003), qui ont recueilli des spécimens de cette plante auparavant, ont affirmé que l’espèce est extrêmement clairsemée dans les endroits qu’elle occupe. Une seule région pouvant abriter l’espèce n’a pas été explorée exhaustivement à ce jour : il s’agit de la portion de la chaîne Côtière située entre le lieu de récolte de 1912 (mont Brockman) et les monts Cascades. Toutefois, des efforts intensifs de récolte botanique ont été menés dans cette région pendant les années 1950 et 1960, en particulier par des personnes de la University of British Columbia, mais aucun spécimen de Castilleja rupicola n’y a été recueilli. De plus, il est improbable que de nouveaux sites y soient découverts, puisque les crêtes rocheuses végétalisées à plus de 1900 m d’altitude pouvant abriter l’espèce y sont rares.

D’après une liste dressée par Deummel (1995-1997) et une récolte faite sur des corniches alpines du mont Church en 1934 (University du Washington Herbarium [WTU], 2005), les plus proches populations sises dans l’État de Washington se trouvent sur ce mont (comté de Whatcom). Cette localité est située à environ 10 km du plus proche site canadien, non réobservé en 2003 et se trouvant dans les montagnes abritant les sites du bassin de la Chilliwack.


Figure 3. Répartition du Castilleja rupicola dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

 Répartition du Castilleja rupicola dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Le plus proche site dans l’État de Washington se trouve sur le mont Church, juste au sud de la frontière internationale, à environ 122° de longitude ouest.

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Habitat

Besoins en matière d’habitat

Des Castilleja rupicola ont été découverts par les rédacteurs du présent rapport en 2003 (figure 4) à une altitude variant entre 2030 et 2170 m dans les zones subalpine et alpine du bassin de la rivière Skagit. L’altitude pour les spécimens recueillis antérieurement en Colombie-Britannique varie entre 1830 et 2300 m. La région présente des conditions climatiques côtières, caractérisées par des étés secs et doux ou occasionnellement chauds, une courte saison de croissance et des hivers humides très neigeux.


Figure 4. Crêtes subalpines et alpines du mont Marmot, dans la vallée de la rivière Skagit.

Crêtes subalpines et alpines du mont Marmot, dans la vallée de la rivière Skagit.

Photo S.J. Smith 2003.


Les populations de C. rupicola occupent la zone biogéoclimatique de toundra alpine (AT) et la variante prairie-parc de la zone biogéoclimatique à pruche subalpine (MHmmp) (Meidinger et Pojar, 1991), ou les zones alpine et subalpine définies par Krajina (1969), Douglas (1971, 1972) et Douglas et Bliss (1977). La zone subalpine est définie comme la zone qui s’étend depuis la zone montagnarde jusqu’à l’altitude où les conifères cessent d’être bien dressés (Douglas, 1972). La végétation de cette zone consiste en une mosaïque de prés et de bosquets d’arbres (Douglas, 1971, 1972). Située au-dessus de la zone subalpine, la zone alpine (souvent désignée toundra alpine) est définie comme la zone où les arbres sont tous rabougris (krummholz) et où la végétation est extrêmement courte, soit de moins de un mètre de hauteur(Krajina, 1969; Douglas, 1972; Douglas et Bliss, 1977). Les conifères des zones subalpine et alpine du bassin de la rivière Skagit comprennent les suivants : Abies lasiocarpa, Larix lyallii, Picea engelmannii, Pinus albicaulis et Tsuga mertensiana.

Le Castilleja rupicola vit sur des substrats graveleux ou rocheux, souvent dans des crevasses sur des falaises, des affleurements rocheux et des crêtes (figures figure4, figure5 et figure6). La végétation de ces milieux est clairsemée, le couvert végétal étant généralement inférieur à 10 p. 100. Parmi les espèces associées au Castilleja rupicola dans ces milieux, on compte les suivantes : Antennaria lanata, Castilleja rhexifolia, Erigeron aureus, Penstemon davidsonii var. menziesii, Phlox diffusa, Potentilla villosa, Saxifraga bronchialis, Tonestus lyallii, Salix nivalis, Silene acaulis et Trisetum spicatum. Dans certaines pentes subalpines et alpines, le C. rupicola occupe des ouvertures graveleuses dans des communautés végétales de type Phyllodoce empetriformis-Cassiope mertensiana (Douglas, 1972;Douglas et Bliss, 1977). Les sites découverts en 2003 se trouvaient sur des pentes modérées (pentes de 20 p. 100 à 40 p. 100) exposées à l’ouest.

Tendances en matière d’habitat

L’habitat de l’espèce est probablement stable à l’heure actuelle. Par contre, si les projections de réchauffement planétaire s’avèrent, il est possible que ses habitats subalpins et alpins en soient affectés. À l’heure actuelle, il est impossible de prévoir la nature précise des modifications des habitats de l’espèce qui découleraient des changements climatiques.

Protection et propriété

Toutes les populations de C. rupicola de la Colombie-Britannique se trouvent sur des terres de la Couronne. Trois des 12 localités existantes (pic Finlayson, pic Whitworth et mont Brice) se trouvent dans le parc provincial de la vallée de la Skagit (Skagit Valley Provincial Park) et sont donc protégées en vertu de la Provincial Parks Act. Deux autres populations (mont Silvertip et mont Marmot) sont respectivement à moins de 500 m et à moins de 10 m du parc.


Figure 5. Habitat alpin rocheux typique du Castilleja rupicola sur le mont Brice, dans la vallée de la rivière Skagit.

 Habitat alpin rocheux typique du Castilleja rupicola.

Photo par G.W. Douglas 2003.

 


Figure 6. Un Castilleja rupicola en fruit (au centre) sur le mont Brice, dans la vallée de la rivière Skagit.

Un Castilleja rupicola en fruit sur le mont Brice, dans la vallée de la rivière Skagit.

Photo par G.W. Douglas 2003.

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Biologie

Généralités

Il existe peu d’information sur la biologie et l’écologie du Castilleja rupicola. On ne dispose que de renseignements de base sur la reproduction des Castilleja.

Reproduction

On croit que la plupart, sinon l’ensemble, des espèces du genre Castilleja ont besoin d’une pollinisation croisée pour produire des graines. Selon Duffield (1972) et Pennell (1948), un grand nombre d’espèces semblent être pollinisées par les oiseaux-mouches, alors que chez d’autres espèces, les abeilles joueraient un rôle important à ce chapitre (Bauer, 1983; Duffield 1972). Le nombre moyen de graines produites par plante est inconnu, mais Sheenan et Sprague (1984) signalent qu’on observe fréquemment plus de 100 graines dans une seule capsule. La production de graines revêt probablement une importance capitale pour le Castilleja rupicola, car l’espèce ne semble pas connaître d’autres modes de reproduction.

Seuls quelques enthousiastes du jardinage ont tenté de faire pousser des Castilleja à partir de graines. Le processus, bien que parfois complexe et au succès toujours incertain, peut donner de bons résultats si l’on respecte quelques règles générales. La méthode de Guppy (1997) débute par la mise au réfrigérateur de graines qui, après un à quatre mois, peuvent germer. Pendant cette période, de jeunes plantes hôtes potentielles sont plantées dans un sol sablonneux. Les plantules de Castilleja sont prêtes à être mises en terre avec la plante hôte dès qu’elles ont déployé leurs cotylédons. On en garde environ trois par pot. Une tente de plastique, retenant l’humidité, est nécessaire jusqu’à ce que les plantules soient bien établies. Sur le terrain, les plantules pourraient ne pas survivre dans le cas des espèces subalpines ou alpines, que ce soit à altitude faible ou élevée.

Survie

Inconnue.

Physiologie

Inconnue.

Dispersion

Le Castilleja rupicola doit produire des graines pour se reproduire. La dispersion, localisée, se fait probablement par l’intermédiaire du vent, qui déloge les graines des capsules, et peut-être aussi par des oiseaux ou des petits mammifères qui favorisent, de manière analogue, la dispersion des petites graines. Une immigration provenant des populations adjacentes de l’État de Washington est hautement improbable, en raison du mécanisme de dispersion limité et du temps, probablement long, nécessaire pour que l’espèce se disperse sur des distances de plusieurs kilomètres.

Alimentation et relations interspécifiques

Il est probable que, à l’instar d’autres espèces de Castilleja, le C. rupicola soit un parasite facultatif des racines d’autres plantes. (Voir la section « Besoins en matière d’habitat » pour voir la liste des espèces hôtes potentielles.) Heckard (1962) a étudié la croissance de onze espèces de Castilleja avec et sans hôte. Toutes les plantes étaient capables de mener leur cycle biologique à terme en l’absence d’hôte. Cependant, lorsqu’elles étaient cultivées en présence d’autres espèces, toutes ces Castilleja sauf une ont eu une croissance plus rapide, ont produit plus de branches et ont fleuri plus tôt que lorsqu’elles poussaient seules. L’examen des racines a révélé que les Castilleja avaient développé des suçoirs, fixés aux racines d’autres plantes, y compris d’autres Castilleja (les plantes présentaient cependant une vigueur moindre quand l’hôte était un Castilleja). Pscheidt et al. (2003) signalent que les légumineuses sont de meilleurs hôtes que les graminées.

Adaptabilité

Inconnue.

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Taille et tendances des populations

Un total de 15 populations historiques et existantes ont été répertoriées. Trois populations ont été découvertes récemment (2003) dans la vallée de la rivière Skagit, dans le sud‑ouest de la Colombie-Britannique (figure 3; tableau 1). Onze autres populations, documentées entre 1901 et 1999, se trouvent dans les vallées des rivières Skagit et Chilliwack (tableau 1). Une récolte a été faite en 1912 au mont Brunswick, dans le sud de la chaîne Côtière. On ne dispose de pratiquement aucune information sur la taille de ces 12 dernières populations. La superficie de la zone d’occurrence pour les trois populations découvertes en 2003 est d’environ 90 km2, et celle pour l’ensemble des localités connues est de moins de 1000 km2 (figure 3). La superficie des trois populations découvertes en 2003 varie de 1 à 5 m2 et leur taille, de 1 à 3 individus.

 

Les neuf populations signalées entre 1984, et par la suite, existent probablement toujours, puisqu’aucune d’entre elles n’est menacée. Deux d’entre elles (pic Finlayson et pic Whitworth) ont été recherchées en 2003, mais sans succès. Cela est probablement dû à la rareté des plantes sur les hautes crêtes et à la difficulté de les apercevoir en terrain accidenté.

Les tendances à court et à long terme de ces populations sont inconnues, mais on peut présumer qu’elles dépendent de la longévité de cette plante vivace qui, malheureusement, est inconnue. En outre, étant donné que ces plantes ne semblent exister qu’en très petit nombre, le succès de la germination des graines et le taux de survie des plantules doivent largement déterminer les tendances démographiques.

Tableau 1. Lieux et tailles des populations de Castilleja rupicola dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique.
Lieu de récolteDernière observationHerborisateurNombre de plantes /surface (m2)
Pic Tomyhoi, VRCNote de bas de page a1901 (mention historique)MacounInconnu
Mont Brunswick, chaîne Côtière1912 (mention historique)PerryInconnu
Mont Cheam, VRC1954 (mention historique)BrayshawInconnu
Mont Church, VRC1984Ceska« quelques plantes »
Mont McGuire, VRC1984Ceska« quelques plantes »
Mont Liumchen, VRC1984Ceska« quelques plantes »
Pic Thompson, VRC1984Ceska« quelques plantes »
Mont Lindeman, VRC1984Ceska« quelques plantes »
Pic Finlayson, SVPPNote de bas de page b1988Ceska« quelques plantes »
Pic Whitworth, SVPP1988Ceska« quelques plantes »
Mont Klesilkwas, VRC/SVPP1992Ceska« quelques plantes »
Pic Foley, VRC1999Lomer« quelques plantes »
Mont Silvertip, VRSNote de bas de page c2003Lomer2/2 m2
Mont Brice, SVPP2003Douglas et Smith3/5 m2
Mont Marmot, VRS2003Douglas et Smith1/1 m2

Notes de bas de page

Note de bas de page A

VRC = vallée de la rivière Chilliwack

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Note de bas de page B

SVPP = Skagit Valley Provincial Park

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Note de bas de page C

VRS = vallée de la rivière Skagit

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Facteurs limitatifs et menaces

Aucune menace importante ne pèse à l’heure actuelle sur les populations de Castilleja rupicola. Par contre, si les projections de réchauffement planétaire s’avèrent, il est possible que ses habitats subalpins et alpins en soient affectés. À l’heure actuelle, il est impossible de prévoir la nature précise des modifications des habitats de l’espèce qui découleraient des changements climatiques.

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Importance de l'espèce

Les populations du Castilleja rupicola de la Colombie-Britannique se caractérisent par le fait qu’elles se trouvent à la limite nord de l’aire de répartition de l’espèce. À l’échelle mondiale, cette espèce est rare et son aire de répartition restreinte compte moins de 100 populations (NatureServe, 2003).

Cette espèce n’a aucune valeur commerciale et n’est pas cultivée. On ne lui connaît aucun usage culturel, médicinal ou spirituel. Aucune référence à cette espèce n’a été trouvée dans une importante base de données ethnobotaniques (http://herb.umd.umich.edu/), mais d’autres espèces de Castilleja sont largement utilisées par des peuples autochtones d’Amérique du Nord.

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Protection actuelle ou autres désignations de statut

Situation internationale

Le Castilleja rupicola ne figure pas dans la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES), dans la Endangered Species Act (É.-U.) ni sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Sa cote mondiale est G2G3, c’est-à-dire que dans la majeure partie de son aire de répartition, l’espèce est soit « en péril à cause de sa rareté (généralement de 6 à 20 occurrences existantes ou peu d’individus restants) ou à cause de facteurs qui la rendent susceptible de disparaître du pays ou de s’éteindre complètement » [traduction], soit « rare ou peu commune (généralement de 21 à 100 occurrences existantes) et vulnérable à des perturbations à grande échelle (elle peut, par exemple, avoir perdu d’importantes populations périphériques) » [traduction] (NatureServe, 2003).

Pour les États de Washington et de l’Oregon, NatureServe (2003) attribue à l’espèce les cotes SR et SU, respectivement. La cote SU pour l’Oregon signifie que l’espèce est non classable (unrankable). L’Oregon Natural Heritage Information Center (2003), cependant, lui a attribué la cote S2S3. La cote SR pour l’État de Washington est également erronée, puisque cette cote signifie que l’espèce a été signalée dans l’État, mais sans preuve convaincante permettant d’accepter ou de rejeter le signalement. En réalité, l’espèce figure dans les flores de Jones (1938), de Muenscher (1941), d’Ownbey (1959), de Douglas (1971) et de Taylor et Douglas (1995). Ces deux dernières flores mentionnent que l’espèce est commune dans l’ouest de la partie nord de la chaîne des Cascades dans l’État de Washington. La cote devrait donc être S?, cote indiquant que l’espèce n’a pas encore été classée (NatureServe, 2003).


Situations nationale et provinciale

Étant donné que l’aire de répartition canadienne de l’espèce se limite à la Colombie-Britannique, sa cote nationale est N2. À l’échelle provinciale, le Castilleja rupicola a été classé S2 par le Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique et il figure sur la liste rouge du Ministry of Sustainable Resource Management de la province (Douglas et al., 2002). La cote S2, l’une des plus alarmantes qui puissent être attribuées à une espèce à l’échelle provinciale, indique que l’espèce est « en péril à cause de sa rareté (généralement de 6 à 20 occurrences existantes ou peu d’individus restants) ou à cause de facteurs qui la rendent susceptible de disparaître du pays ou de s’éteindre complètement » [traduction].

De récentes modifications législatives découlant de l’adoption de la Wildlife Amendment Act de la Colombie-Britannique font que des végétaux peuvent maintenant jouir d’une protection légale. À l’heure actuelle, toutefois, le règlement d’application de la loi n’est pas encore en vigueur, et l’espèce ne figure pas sur la liste des quatre espèces végétales actuellement protégées par la loi. Par contre, certaines des populations de C. rupicola de Colombie-Britannique sont protégées en vertu de la Provincial Parks Act, qui interdit certaines activités comme l’exploitation forestière et minière.

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Résumé technique

Castilleja rupicola
Castilléjie des rochers

Cliff paintbrush

Répartition au Canada : Colombie-Britannique


Information sur la répartition

Superficie de la zone d’occurrence (km2)
[zone comprise dans les limites d’un polygone formé de tous les sites].
< 1 000 km2
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Inconnue, probablement stable
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occurrence (ordre de grandeur > 1)?
Peu probable
Superficie de la zone d’occupation (km2)
[zone actuelle occupée par les petites populations].
< 1 km2 (de 200 à 300 m2)
Préciser la tendance (en déclin, stable, en expansion, inconnue).
Inconnue, probablement stable
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes dans la zone d’occupation (ordre de grandeur > 1)?
Peu probable
Nombre d’emplacements existants (connus ou supposés).
12
Préciser la tendance du nombre d’emplacements (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue, probablement stable
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’emplacements (ordre de grandeur > 1)?
Peu probable
Tendance de l’habitat : préciser la tendance de l’aire, de l’étendue ou de la qualité de l’habitat (en déclin, stable, en croissance ou inconnue).
Inconnue, probablement stable


Information sur la population

Durée d’une génération (âge moyen des parents dans la population : indiquer en années, en mois, en jours, etc.).
Inconnue (possiblement plusieurs années)
Nombre d’individus matures (reproducteurs) au Canada (ou préciser une gamme de valeurs plausibles). (Possiblement sous-estimé selon des relevés scientifiques et du secteur industriel.)
Inconnue, probablement dans les centaines
Tendance de la population quant au nombre d’individus matures en déclin, stable, en croissance ou inconnue.
Inconnue, probablement stable si l’on se fie aux habitats alpins et subalpins naturels où la plante croît
S’il y a déclin, % du déclin au cours des dernières/prochaines dix années ou trois générations, selon la plus élevée des deux valeurs (ou préciser s’il s’agit d’une période plus courte).
Sans objet
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre d’individus matures (ordre de grandeur > 1)?
Inconnues
La population totale est‑elle très fragmentée (la plupart des individus se trouvent dans de petites populations, relativement isolées [géographiquement ou autrement] entre lesquelles il y a peu d’échanges, c.‑à‑d. migration réussie de ≤ 1 individu/année)?
Oui
Préciser la tendance du nombre de populations (en déclin, stable, en croissance, inconnue).
Inconnue, probablement stable
Y a‑t‑il des fluctuations extrêmes du nombre de populations (ordre de grandeur > 1)?
Inconnues, mais peu probable
Énumérer les populations et donner le nombre d’individus matures dans chacune :
Mont Silvertip : 2
Mont Brice : 3
Mont Marmot : 1
les autres populations comportent quelques plants ou le nombre de plants est inconnu


Menaces (réelles ou imminentes pour les populations ou les habitats)

  • Aucune menace connue actuellement pour les emplacements subalpins
  • Menace éventuelle possible découlant du changement climatique


Effet d’une immigration de source externe

Statut ou situation des populations de l’extérieur?
États-Unis : inconnu (elles n’ont pas été adéquatement évaluées dans l’État de Washington et en Orégon)
Une immigration a‑t‑elle été constatée ou est‑elle possible?
inconnue
Des individus immigrants seraient‑ils adaptés pour survivre au Canada?
Oui
Y a‑t‑il suffisamment d’habitat disponible au Canada pour les individus immigrants?
Oui
L’effet d’une immigration de source externe est-il possible?
Peu probable en raison des moyens isolés de dispersion des semences


Analyse quantitative

[fournir les détails sur les calculs, les sources de données, les modèles, etc.]

sans objet


Statut actuel

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) : menacée (mai 2005)


Statut et justification de la désignation

Statut : Menacée
Code alphanumérique : Correspond au critère « en voie de disparition », D1, mais désignée « menacée », D1+2, en raison de sa répartition sur plusieurs crêtes montagneuses; l’espèce n’est donc pas en danger imminent de disparition du pays.


Justification de la désignation : Il s’agit d’une plante vivace à occurrence limitée géographiquement aux falaises, aux affleurements rocheux et aux crêtes situées en haute altitude. Les petites populations fragmentées sont composées d’individus dispersés, probablement moins de 250 plants, qui sont exceptionnellement vulnérables aux événements stochastiques.


Application des critères

Critère A (Population globale en déclin) : Aucune information sur le déclin.

Critère B (Petite aire de répartition, et déclin ou fluctuation) : Sans objet.

Critère C (Petite population globale et déclin) : Sans objet, en raison de l’absence de données sur le déclin.

Critère D (Très petite population ou aire de répartition limitée) : Admissible au critère « en voie de disparition », D1, en raison de la taille présumée de la population de moins de 250 plantes, mais le statut d’espèce « menacée », D1+2, serait préférable, car les plantes occupent plusieurs sommets montagneux et sont donc moins assujetties aux variations stochastiques et moins menacées de disparition imminente du pays.

Critère E (Analyse quantitative) : Aucune.

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Remerciements et experts contactés et Sources d'information

Remerciements et experts contactés

Remerciements

Les auteurs remercient Frank Lomer pour son assistance sur le terrain. Judy Millar, Ministry of Water, Land and Air Protection, a coordonné le projet avec la Skagit Environmental Endowment Commission et organisé le transport par hélicoptère. Orville Dyer et Ted Lea, Ministry of Water, Land and Air Protection, ont offert leur assistance à plusieurs étapes du projet. Jenifer Penny et Marta Donovan, Conservation Data Centre, ont fourni des renseignements sur les anciens sites de recueil de spécimens. Jenifer Penny a également révisé une ébauche du présent rapport et formulé de précieux commentaires. Les auteurs remercient enfin l’Ecosystems Section de la Skagit Environmental Endowment Commission et le British Columbia Ministry, Okanagan Region pour le financement de ce projet.

George Wayne Douglas (Ph.D.) (1938-2005), botaniste fort reconnu et respecté de la Colombie-Britannique, qui a notamment contribué au Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) par la rédaction de plus de 30 rapports de situation, est décédé à Duncan (Colombie-Britannique), le 10 février 2005, après une courte lutte contre le cancer.


Experts contactés

Ceska, Adolf. Juin 2003. Plant Ecologist, Ceska Geobotanical Consulting, P.O. Box 8546, Victoria (Colombie-Britannique)  V8W 3S2.

Lomer, Frank. Octobre 2003. Botaniste.

Sources d'information

Bauer, P.J.1983. Bumblebee pollination relationships on the Beartooth Plateau tundra of southern Montana, American Journal Botany 70:134-144.

Ceska, Adolf. Comm. pers. 2003. Telephone correspondence to A. Ceska, Plant Ecologist, Ceska Geobotanical Consulting,P.O. Box 8546, Victoria (Colombie-Britannique)  V8W3S2.

Deummel, J. 1995-1997. Checklist of Church Mountain, Whatcom County (Washington). Consulté sur le site Web de la Washington Native Plant Society (en anglais seulement), le 1er février 2005..

Douglas, G.W. 1971. The alpine-subalpine flora of the North Cascade Range, Washington, Wasmann Journal of Biology 29:129-168.

Douglas, G.W. 1972. Subalpine plant communities of the western North Cascades, Washington, Arctic and Alpine Research 4:147-166.

Douglas, G.W., et L.C. Bliss. 1977. Alpine and high subalpine plant communities of the North Cascades Range, Washington and British Columbia, Ecolological Monographs 47:113-150.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J.L. Penny. 2002. Rare Native Vascular Plants of British Columbia. Second edition. Province of British Columbia, Victoria (Colombie-Britannique), 359 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 1999. Illustrated flora of British Columbia. Volume 4. Dicotyledons (Orobanchaceae through Rubiaceae), Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique et British Columbia Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique), 427 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 2000. Illustrated flora of British Columbia. Vol. 5. Dicotyledons (Salicaceae through Zygophyllaceae) and Pteridophytes. Ministry of Environment, Lands and Parks, Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique), 389 p.

Douglas, G.W., D. Meidinger et J. Pojar. 2001. Illustrated flora of British Columbia. Vol. 7. Monocotyledons (Orchidaceae to Zosteraceae), Ministry of Sustainable Resource Development and Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique), 379 p

Douglas, G.W., G.B. Straley et D. Meidinger. 1998. Illustrated flora of British Columbia. Volume 1. Gymnosperms and Dicotyledons. (Aceraceae through Asteraceae). Ministry of Environment, Lands and Parks de la Colombie-Britannique et British Columbia and Ministry of Forests, Victoria (Colombie-Britannique), 436 p.

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Guppy, A. 1997. Cultivation of Castilleja, Botanical Electronic News No. 156 (gopher://freenet.victoria.bc.ca/11/environment/Botany/ben).

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Jones, G.N. 1938. The flowering plants and ferns of Mount Rainier, University of Washington, Seattle (État de Washington), 192 p.

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Lomer, Frank. Comm. pers. 2003. Telephone correspondence to F. Lomer, juin 2003, Botanist.

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Muenscher, W.C. 1941. The Flora of Whatcom County, State of Washington, Author, Ithaca (État de New York), 139 p.

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Oregon Natural Heritage Information Center. 2003. Rare, threatened and endangered plants and animals of Oregon (http: www.natureserve.org/nhp/us/or/) [consulté en octobre 2003].

Ownbey, M. 1959. Castilleja, in C.L. Hitchcock, A. Cronquist et M. Ownbey (éd.), Vascular Plants of the Pacific Northwest Part 4: Ericaceae to Campanulaceae, University of Washington Press, Seattle (État de Washington). 

Peck, M.E. 1961. A manual of the higher plants of Oregon, Binfords and Mort, Portland (Oregon), 866 p.

Pennell, F.W. 1948. The taxonomic significance of an understanding of floral evolution, Brittonia 6:301-308.

Pojar, J. 1991. Ecosystems of British Columbia (en anglais seulement), British Columbia Ministry of Forests, Victoria, British Columbia Special Report Series 6, 330 p. [consulté en septembre 2003].

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Scoggan, H.J. 1979. The flora of Canada. Part 4. National Museum Natural Science Publications in Botany Number 7:1-1626.

Sheenan, M., et N. Sprague. 1984. Report on the status of Castilleja levisecta Greenman, rapport inédit du Washington Natural Heritage Program, Olympia (Washington).

Straley, G.B., R.L. Taylor et G.W. Douglas. 1985. The rare vascular plants of British Columbia, Musée national du Canada, Syllogeus 59, Ottawa (Ontario), 165 p.

Taylor, R.J., et G.W. Douglas. 1995. Mountain Plants of the Pacific Northwest, Mountain Press Publishing Company, Missoula (Montana), 457 p.

WTU. 2005. University of Washington Herbarium (WTU), Seattle (Washington). WTU herbarium database consulté en février 2005 (http://www.washington.edu/burkemuseum/collections/herbarium/index.php).

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Sommaire biographique des rédacteurs du rapport et Collections examinées

Sommaire biographique des rédacteurs du rapport

George W. Douglas détenait une M.Sc. en foresterie de la University of Washington ainsi qu'un doctorat en botanique de la University of Alberta, à Edmonton. Il a étudié les plantes rares pendant plus de 20 ans. Il est auteur principal de Plantes vasculaires rares du Yukon (1981), de The Rare Vascular Plants of British Columbia (1985) et de Rare Native Plants of British Columbia (1998, 2002). Il a également été le réviseur en chef de la publication Illustrated Flora of British Columbia (de 1998 à 2002). Il a occupé le poste de botaniste de programme au Conservation Data Centre de la Colombie-Britannique de 1991 à 2003. Durant cette période, il a été auteur ou coauteur de 33 rapports de situation et de trois mises à jours de rapports du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

Shyanne J. Smith détient un B.Sc. en géographie de la University of Victoria. Elle mène des projets d’inventaire, de recherche et de classification en Colombie-Britannique depuis 2001. Elle est également coauteure du plan national de rétablissement de l'adiante cheveux-de-Vénus (2004) et de trois comptes rendus d’intendance portant sur des plantes rares.

Collections examinées

Les spécimens des herbiers du Royal British Columbia Museum à Victoria (V), de la University of British Columbia (UBC), du Musée national, Ottawa (CAN) et d’Agriculture Canada, Ottawa (DAO) ont été examinés et vérifiés.

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