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Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) au Canada - 2017 [Proposition]

Partie 1 – Addition du gouvernement fédéral au Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario, préparée par Environnement et Changement climatique Canada

Préface

En vertu de l'Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux signataires ont convenu d'établir une législation et des programmes complémentaires qui assureront la protection efficace des espèces en péril partout au Canada. En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministres fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et sont tenus de rendre compte des progrès réalisés dans les cinq ans suivant la publication du document final dans le Registre public des espèces en péril.

La ministre de l'Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l'égard de la gérardie de Gattinger et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l'article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec le ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario et le Centre de données sur la conservation du Manitoba, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP. L'article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l'espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Le ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (maintenant nommé ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario) a dirigé l'élaboration du programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger ci-joint (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada. La Province de l'Ontario a également dirigé l'élaboration de la Déclaration du gouvernement jointe au présent document (partie 3). Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l'Ontario au programme de rétablissement provincial; elle résume les mesures prioritaires que le gouvernement de l'Ontario entend prendre et soutenir.

La réussite du rétablissement de l'espèce dépendra de l'engagement et de la collaboration d'un grand nombre de parties concernées qui participeront à la mise en œuvre des directives formulées dans le présent programme. Cette réussite ne pourra reposer seulement sur Environnement et Changement climatique Canada, ou sur toute autre autorité responsable. Tous les Canadiens et les Canadiennes sont invités à appuyer ce programme et à contribuer à sa mise en œuvre pour le bien de la gérardie de Gattinger et de l'ensemble de la société canadienne.

Le présent programme de rétablissement sera suivi d'un ou de plusieurs plans d'action qui présenteront de l'information sur les mesures de rétablissement qui doivent être prises par Environnement et Changement climatique Canada et d'autres autorités responsables et/ou organisations participant à la conservation de l'espèce. La mise en œuvre du présent programme est assujettie aux crédits, aux priorités et aux contraintes budgétaires des autorités responsables et organisations participantes.

Le programme de rétablissement établit l'orientation stratégique visant à arrêter ou à renverser le déclin de l'espèce, incluant la désignation de l'habitat essentiel dans la mesure du possible. Il fournit à la population canadienne de l'information pour aider à la prise de mesures visant la conservation de l'espèce. Lorsque l'habitat essentiel est désigné, dans un programme de rétablissement ou dans un plan d'action, la LEP exige que l'habitat essentiel soit alors protégé.

Dans le cas de l'habitat essentiel désigné pour les espèces terrestres, y compris les oiseaux migrateurs, la LEP exige que l'habitat essentiel désigné dans une zone protégée par le gouvernement fédéralNote 4 de bas de page soit décrit dans la Gazette du Canada dans un délai de 90 jours après l'ajout dans le Registre public du programme de rétablissement ou du plan d'action qui a désigné l'habitat essentiel. L'interdiction de détruire l'habitat essentiel aux termes du paragraphe 58(1) s'appliquera 90 jours après la publication de la description de l'habitat essentiel dans la Gazette du Canada.

Pour l'habitat essentiel se trouvant sur d'autres terres domaniales, le ministre compétent doit, soit faire une déclaration sur la protection légale existante, soit prendre un arrêté de manière à ce que les interdictions relatives à la destruction de l'habitat essentiel soient appliquées.

Si l'habitat essentiel d'un oiseau migrateur ne se trouve pas dans une zone protégée par le gouvernement fédéral, sur le territoire domanial, à l'intérieur de la zone économique exclusive ou sur le plateau continental du Canada, l'interdiction de le détruire ne peut s'appliquer qu'aux parties de cet habitat essentiel -- constituées de tout ou partie de l'habitat auquel la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs s'applique aux termes des paragraphes 58(5.1) et 58(5.2) de la LEP.

En ce qui concerne tout élément de l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial, si le ministre compétent estime qu'une partie de l'habitat essentiel n'est pas protégée par des dispositions ou des mesures en vertu de la LEP ou d'autre loi fédérale, ou par les lois provinciales ou territoriales, il doit, comme le prévoit la LEP, recommander au gouverneur en conseil de prendre un décret visant l'interdiction de détruire l'habitat essentiel. La décision de protéger l'habitat essentiel se trouvant sur le territoire non domanial et n'étant pas autrement protégé demeure à la discrétion du gouverneur en conseil.

Remerciements

La première ébauche de l'addition fédérale a été préparée par Judith Jones, de Winter Spider Eco-Consulting, dans le cadre d'un marché conclu avec le Service canadien de la faune – Région de l'Ontario d'Environnement et Changement climatique Canada (SCF-ON, ECCC). Christina Rohe, Angela Darwin (SCF-ON, ECCC) et Candace Neufeld (SCF-Prairies, ECCC) ont supervisé la préparation du présent programme de rétablissement avec l'aide de Lee Voisin, d'Elisabeth Shapiro (SCF-ON, ECCC) et de Lauren Schmuck (anciennement du SCF-ON, ECCC). Nous saluons également les autres contributions apportées par Elizabeth Rezek, Ken Corcoran, Jude Girard, Krista Holmes (SCF-ON, ECCC), Kim Borg (SCF – Région de la capitale nationale, ECCC), Michael J. Oldham (Centre d'information sur le patrimoine naturel du Ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l'Ontario [MRNFO]), le personnel de la Direction des politiques de conservation des espèces et de la Section des zones protégées du MRNFO, Chris Friesen et Colin Murray (Centre de données sur la conservation du Manitoba [CDC]).

Nous remercions tous les autres qui ont fourni des conseils et des commentaires ayant servi à étayer l'élaboration du programme, dont diverses organisations autochtones et plusieurs membres des communautés autochtones, des citoyens et des intervenants qui ont fait part de leurs idées et/ou participé aux réunions de consultation.

Sommaire

La gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) figure à titre d'espèce en voie de disparition à l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) fédérale. La plante est grêle et produit une tige vert olive mesurant généralement moins de 15 cm de hauteur. Les fleurs rose clair, en l'absence desquelles la plante est difficile à identifier, demeurent ouvertes une seule journée, puis tombent de la plante. L'espèce est annuelle et doit donc boucler la totalité de son cycle vital (germination de la graine, établissement du semis, production et dispersion des graines) en une saison. Ainsi, l'espèce peut être abondante certaines années et présente en densités faibles ou indétectables d'autres années.

La gérardie de Gattinger atteint la limite nord de son aire de répartition au Canada, où elle a été signalée en Ontario et au Manitoba. La majeure partie des populations et de l'effectif de l'espèce se trouve en Ontario, où il y a 26 populations existantes (25 populations dans des alvars, dans la région de la péninsule Bruce et de l'île Manitoulin, et 1 population dans une prairie à herbes hautes, sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island). Il y a 5 populations dans la région d'Entre-les-Lacs, au Manitoba, dont deux ont été découvertes récemment.

Les principales menaces pesant sur la gérardie de Gattinger sont les intrusions et les perturbations humaines, les modifications du système naturel causées par les incendies et la suppression inconsidérée des incendies, les espèces exotiques (non indigènes) envahissantes et la construction ou d'autres activités réalisées à des moments inopportuns dans les corridors de transport et de service. Malgré ces menaces, le rétablissement de l'espèce est jugé réalisable du point de vue biologique et technique d'après les critères qu'Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement. Les objectifs en matière de population et de répartition pour la gérardie de Gattinger au Canada sont les suivants :

  • Maintenir des populations autosuffisantes pour les 31 populations existantes;
  • Maintenir la répartition actuelle et, dans la mesure où cela est réalisable sur le plan biologique et technique, favoriser l'expansion naturelle de la gérardie de Gattinger dans l'habitat inoccupé aux populations existantes.

L'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger n'est désigné que partiellement dans le présent programme de rétablissement. En Ontario, l'habitat essentiel est désigné comme étant l'étendue d'habitat convenable où l'on sait que la gérardie de Gattinger existe. En plus de l'habitat convenable, une zone de fonctions essentielles de 50 m (distance radiale) est appliquée lorsque les caractéristiques biophysiques s'étendent sur moins de 50 m autour d'un individu. Au Manitoba, l'habitat essentiel est désigné comme étant l'aire à l'intérieur d'une zone de fonctions essentielles de 300 m entourant chaque occurrence, qui possèdent les caractéristiques biophysiques de la gérardie de Gattinger. Un calendrier des études (section 7.2) a été établi et présente les activités requises pour la désignation de l'habitat essentiel additionnel nécessaire à l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition fixés pour l'espèce.

Un ou plusieurs plans d'action visant la gérardie de Gattinger seront préparés et publiés dans le Registre public des espèces en péril d'ici le 31 décembre 2022.

Ajouts et modifications apportés au document adopté

Le programme de rétablissement fédéral de la gérardie de Gattinger au Canada vise l'aire de répartition de l'espèce en Ontario et au Manitoba. Les sections suivantes ont été incluses pour satisfaire à des exigences particulières de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral qui ne sont pas abordées dans le Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario (partie 2 du présent document, ci-après appelé « programme de rétablissement provincial ») et pour fournir de l'information requise en vertu de la LEP pour la portion du Manitoba de son aire de répartition.

Environnement et Changement climatique Canada adopte le programme de rétablissement provincial (partie 2), à l'exception de la section 2, « Rétablissement ». En remplacement de la section 2, Environnement et Changement climatique Canada a établi ses propres indicateurs de rendement et objectifs en matière de population et de répartition et adopte les mesures menées et appuyées par le gouvernement de l'Ontario qui sont énoncées dans le document Gérardie de Gattinger et verge d'or de Houghton – Déclaration du gouvernement de l'Ontario en réponse au programme de rétablissementNote 5 de bas de page (partie 3) comme stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Seules les portions de la déclaration du gouvernement provincial qui visent la gérardie de Gattinger sont adoptées pour l'Ontario dans le présent programme fédéral, et des renseignements additionnels sont apportés pour établir l'orientation stratégique de la planification du rétablissement au Manitoba.

En vertu de la LEP, il existe des exigences et des processus particuliers concernant la protection de l'habitat essentiel. Ainsi, les énoncés du programme de rétablissement provincial concernant la protection de l'habitat de l'espèce peuvent ne pas correspondre directement aux exigences fédérales. Les mesures de rétablissement visant la protection de l'habitat sont adoptées, cependant on évaluera à la suite de la publication de la version finale du programme de rétablissement fédéral si ces mesures entraîneront la protection de l'habitat essentiel en vertu de la LEP.

1 Résumé du caractère réalisable du rétablissement

D'après les quatre critères suivants qu'Environnement et Changement climatique Canada utilise pour définir le caractère réalisable du rétablissement, le rétablissement de la gérardie de Gattinger est déterminé comme étant réalisable du point de vue technique et biologique.

1. Des individus de l'espèce sauvage capables de se reproduire sont disponibles maintenant ou le seront dans un avenir prévisible pour maintenir la population ou augmenter son abondance.
Oui. Il y a actuellement 31 populations existantes connues de gérardie de Gattinger au Canada, et l'abondance de l'espèce est évaluée à plus de 70 500 individus, mais celle-ci varie d'une année à l'autre (Friesen et Murray, 2010; Jones, 2015; Murray et Church, 2015; Manitoba Conservation Data Centre [CDC], données inédites). Des individus capables de se reproduire sont disponibles; toutefois, la gérardie de Gattinger est une espèce annuelle et doit donc boucler la totalité de son cycle vitalNote 6 de bas de page en une saison, de sorte que les conditions saisonnières ont une forte incidence sur le nombre d'individus présents au cours d'une année donnée (Jones, 2015). La perte de diversité génétique constitue une autre source de préoccupation, car cette plante annuelle a une aire de répartition fragmentée au Canada, et ses populations se trouvent dans des zones géographiquement isolées les unes des autres.
2. De l'habitat convenable suffisant est disponible pour soutenir l'espèce, ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat.
Oui. Même si l'habitat de prairie est limité et l'habitat d'alvarNote 7 de bas de page est rare et facilement endommagé, de l'habitat convenable suffisant est disponible (ou pourrait être rendu disponible par des activités de gestion ou de remise en état de l'habitat) pour soutenir l'espèce en Ontario et au Manitoba. Dans la région de la péninsule Bruce et de l'île Manitoulin, en Ontario, de nombreux alvars qui hébergent la gérardie de Gattinger renferment des parcelles d'habitat qui ne sont pas actuellement occupées par l'espèce, mais qui pourraient supporter l'expansion naturelle de celle-ci (Jones, 2015). En outre, il existe dans cette région de nombreux alvars convenables inoccupés (Jones, données inédites, 2004-2008) qui pourraient être propices à l'introduction de l'espèce, si cela est jugé nécessaire. Des activités de remise en état de l'habitat de prairie sont en cours sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island (Jacobs, comm. pers., 2014), et l'habitat adjacent à certains sites occupés au Manitoba pourrait être aménagé de façon à ce qu'il convienne à l'expansion naturelle de l'espèce (Friesen, comm. pers., 2016).
3. Les principales menaces pesant sur l'espèce ou son habitat (y compris les menaces à l'extérieur du Canada) peuvent être évitées ou atténuées.
Oui. Les principales menaces pesant sur l'espèce sont les intrusions et perturbations humaines, la modification des systèmes naturels causée par les incendies et la suppression inconsidérée des incendies, les espèces exotiques (non indigènes) envahissantes et la construction ou d'autres activités réalisées à des moments inopportuns dans les corridors de transport et de service (p. ex. perturbation ou compactage du sol par la machinerie lourde). Les principales menaces peuvent être évitées ou atténuées par la communication et la mise en œuvre de pratiques de gestion bénéfiques, la planification de l'utilisation des terres ou des activités d'intendance.
4. Des techniques de rétablissement existent pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition ou leur élaboration peut être prévue dans un délai raisonnable.
Oui. Des techniques de rétablissement liées à la conservation de l'habitat et à la gestion adaptative de l'habitat peuvent être mises en œuvre. Ces techniques comprennent, sans toutefois s'y limiter, l'appui des activités de conservation et de gestion de l'habitat dans le cadre des programmes de protection des terres et d'intendance existants, la restriction de l'utilisation de véhicules hors route dans l'habitat convenable ainsi que la mise en œuvre de pratiques de gestion bénéfiques pour lutter contre les espèces exotiques envahissantes. À l'exception peut-être du facteur limitatif que représente la faible diversité génétique, on prévoit que la réduction des menaces permettra le maintien de populations autosuffisantes de gérardie de Gattinger ou l'amélioration des populations et favorisera l'expansion naturelle de l'espèce dans les zones inoccupées associées aux populations existantes au Canada. 

2 Évaluation de l'espèce par le COSEPACi

Date de l'évaluation :
Mai 2001
Nom commun (population) :
Gérardie de Gattinger
Nom scientifique :
Agalinis gattingeri
Statut selon le COSEPAC :
Espèce en voie de disparition
Justification de la désignation :
Une espèce annuelle se trouvant dans des habitats reliques et fragmentés de prairie et de type Alvar qui se trouvent que dans quelques petits sites restants dans deux régions géographiques limitées. Elle a connu des pertes considérables de plantes et de populations en raison de la perte de l'habitat causée par l'expansion agricole, la construction de logements et les niveaux d'eau élevés.
Présence au Canada :
Manitoba, Ontario
Historique du statut selon le COSEPAC :
Espèce désignée « en voie de disparition » en avril 1988. Réexamen et confirmation du statut en avril 1999 et en mai 2001.

i COSEPAC (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada)

2.1 Information sur la situation de l'espèce

L'aire de répartition mondiale de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) s'étend depuis l'Ontario et le Manitoba jusqu'au Nebraska, au Texas et en Louisiane, et l'espèce est classée apparemment non en périlNote 8 de bas de page (G4) à l'échelle mondiale (annexe C; NatureServe, 2016a). La cote de la gérardie de Gattinger n'a pas encore été établie pour les États-Unis (NNR)Note 9 de bas de page; l'espèce a été signalée dans 18 États américains mais, depuis la préparation du programme de rétablissement de l'Ontario, elle a été classée possiblement disparueNote 10 de bas de page (SH) en Alabama (annexe C; NatureServe, 2016a). L'espèce est classée vulnérableNote 11 de bas de page (S3), en périlNote 12 de bas de page (S2) ou gravement en périlNote 13 de bas de page (S1) dans les 11 autres États où une cote lui a été attribuée (annexe C; NatureServe, 2016a). Selon le North American Plant Atlas, la gérardie de Gattinger est commune dans les 6 États où aucune cote de conservation ne lui a été attribuée (Kartesz, 2014).

Au Canada, l'espèce est classée en péril (N2) à l'échelle nationale (NatureServe, 2016a). Elle a été signalée dans deux provinces au Canada; on lui a attribué les cotes de conservation de S2 (en péril) en Ontario et de S1 (gravement en péril) au Manitoba (NatureServe, 2016a). La gérardie de Gattinger est considérée comme en voie de disparitionNote 14 de bas de page aux termes de l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral, en voie de disparitionNote 15 de bas de page aux termes de la Loi de 2007 sur les espèces en voie de disparition (LEVD) de l'Ontario et en voie de disparitionNote 16 de bas de page aux termes de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition (LEEVD) du Manitoba.

Au Canada, la gérardie de Gattinger atteint la limite nord de son aire de répartition nord-américaine. La population canadienne de gérardie de Gattinger représenterait moins de 10 % de l'aire de répartition mondiale de l'espèce (Jones, 2015). 

3 Information sur l'espèce

3.1 Description de l'espèce

La gérardie de Gattinger est une espèce annuelle à fleurs rose clair qui demeurent ouvertes une seule journée avant de tomber de la plante (Jones, 2015). La plante est grêle et produit une tige vert olive mesurant généralement moins de 15 cm de hauteur (Jones, 2015). En l'absence de fleurs, la plante peut être très difficile à repérer; il est donc essentiel que les relevés soient réalisés durant la période de floraison maximale, puisqu'il est alors plus facile de détecter les individus de l'espèce parmi les graminées dominantes (les individus ne fleurissent pas tous en même temps dans une population). Au Manitoba, cette période s'échelonne généralement du 8 au 16 août, et la floraison est habituellement terminée le 26 août (Jones, 2015; Murray, 2013).   

Une description plus exhaustive de l'espèce et les dates de floraison en Ontario sont présentées dans le programme de rétablissement provincial.

3.2 Population et répartition de l'espèce

Au Canada, la gérardie de Gattinger a été signalée en Ontario et au Manitoba (Jones, 2015; figure 1). La plus grande partie des populationsNote 17 de bas de page et des individus de l'espèce se trouve en Ontario, où il y a 26 populations existantesNote 18 de bas de page, soit 25 populations dans des alvars, dans la région de la péninsule Bruce de l'île Manitoulin, et une population dans une prairie à herbes hautes, sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island (Jones, 2015). En plus des deux mentions historiques indiquées dans le programme de rétablissement provincial, on compte une mention historique (Glen Morris) datant de 1952, où l'espèce avait été observée dans une prairie, dans le comté de Brant, en Ontario (NHIC, 2016; Figure 1). La région de Glen Morris et les vestiges de prairie à proximité ont fait l'objet de plusieurs relevés depuis, mais l'espèce n'y a plus été observée (NHIC, 2016). L'effectif total en Ontario est évalué à 70 000 individus (Jones, 2015). Au Manitoba, il y a cinq populations existantes dans une prairie à herbes hautes, dans la région d'Entre-les-Lacs, et l'effectif total de l'espèce est évalué à plus de 500 individus (Friesen et Murray, 2010; Murray et Church, 2015; Manitoba CDC, données inédites; tableau 1). Bien qu'il existe des estimations de l'abondance de la gérardie de Gattinger, il est difficile d'évaluer le nombre d'individus, car celui-ci peut grandement fluctuer d'une année à l'autre, l'espèce étant annuelle. On ignore la durée de la viabilité des graines du réservoir de semencesNote 19 de bas de page, mais des graines entreposées en conditions normales (sans réfrigération ni traitement particulier pour la conservation) ont germé après plus de 10 ans (Jones, 2015). Ainsi, l'absence d'individus vivants durant plusieurs années peut être attribuable à des conditions peu favorables à la croissance et ne signifie pas nécessairement que la population n'existe plus. En outre, il est possible que les populations soient involontairement visitées en dehors de la courte période de floraison de l'espèce, où les individus sont alors discrets et difficiles à repérer. 

Au Manitoba, la faible taille de la population et la répartition limitée de l'espèce peuvent en partie être attribuées aux activités de recherche, puisque la plupart des populations connues ont été découvertes récemment et ont été peu revisitées (tableau 1).

Des renseignements additionnels sur la population et la répartition de la gérardie de Gattinger en Ontario sont présentés dans le programme de rétablissement provincial.

Tableau 1. Populations de gérardie de Gattinger au Manitoba (sources : Friesen et Murray, 2010; Murray et Church, 2015; Manitoba CDC, données inédites).
No de l'OEaNom de la populationPremière obser-vationDernière obser-vationAbondance [année du dernier relevé]Abondance estimative la plus élevée [année]
5045Site 18O/pointe Poplar est200420090 individu [2013]100-200 individus [2007]
5193Site 16O20082014Plusieurs individus [2014]> 100 individus [2008]
5196St. Laurent200820105 individus [2010]45 individus [2009]
6095Chemin Stony Ridge201020144 individus [2014]> 60 individus [2010]
6096Chemin Wagon Creek201020142 individus [2014]< 100 individus [2010]

a Le numéro de l'occurrence d'élément (no de l'OE) est un code identifiant chaque occurrence d'élément (population). Les valeurs et les populations présentées dans le tableau sont celles qui étaient connues d'Environnement Canada en date d'août 2015. 

Figure 1. Aire de répartition de la gérardie de Gattinger au Canada.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure 1

La figure 1 est une carte montrant l'emplacement des groupes de populations de l'espèce. Un petit groupe se trouve dans le sud de l'Ontario, dans l'île Walpole. Un autre petit groupe se situe près d'Owen Sound. Il y a un plus grand groupe de localités dans l'île Manitoulin. Un dernier groupe modérément grand se situe près de Saint-Laurent, à l'extérieur de Winnipeg, au Manitoba.

3.3 Besoins de la gérardie de Gattinger

Au Canada, la gérardie de Gattinger est indigène des alvars et des prairies à herbes hautes et a besoin de milieux ouverts et non ombragés pour pousser. Puisque l'espèce est annuelle, la présence et l'abondance d'individus vivants dépendent des conditions favorables à la germination des graines et à l'établissement des semis, nécessaires à la production et à la dispersion de graines chaque année. On sait peu de choses sur la pollinisation de l'espèce (Jones, 2015); selon Sellers et McCarthy (2015), l'espèce d'abeille (Anthophorula micheneri pourrait être, dans une certaine mesure, spécialiste des fleurs des espèces du genre Agalinis dans le centre-sud des États-Unis.

La gérardie de Gattinger est une hémiparasiteNote 20 de bas de page qui prélève une partie de ses nutriments par des racines spécialisées (haustoria) se fixant aux racines d'autres plantes (Musselman et Mann, 1977; Canne-Hilliker, 1988). Les plantes hôtes de la gérardie de Gattinger au Canada sont inconnues. Une fois établie, l'espèce pousse à diverses latitudes et est indigène des prairies et des alvars, ce qui donne à penser qu'elle tolère des conditions environnementales variées (Jones, 2015). Par exemple, elle pousse principalement en conditions sèches au Manitoba (Murray et Church, 2015), en conditions humides sur le territoire de la Première Nation de Walpole Island (Bowles, comm. pers., 2008), et en conditions passant de sécheresses à des inondations dans les alvars de la région de la péninsule Bruce et de l'île Manitoulin (Jones, 2015). Dieringer (comm. pers., 2014) a observé que, au Texas, la hauteur des précipitations reçues durant l'émergence des semis peut avoir des répercussions sur l'abondance de la gérardie de Gattinger plus tard durant l'été. De plus, la modification de la teneur en eau du sol à certains moments du cycle vital de l'espèce pourrait jouer un rôle dans la fluctuation de la taille des populations canadiennes (Jones, 2015). De façon générale, les espèces du genre Agalinis pourraient tolérer un certain degré de perturbation et même avoir besoin d'une certaine perturbation du sol pour que les graines du réservoir de semences soient exposées et puissent germer (Canne-Hilliker, 1988; COSEWIC, 2006).

Au Manitoba, la gérardie de Gattinger se rencontre généralement dans les vestiges de prairie à herbes hautes ainsi que dans la partie supérieure de fossés de bord de route. La présence de la gérardie de Gattinger dans ces vestiges d'habitat pourrait s'expliquer par les faibles superficies de prairie indigène encore intactes. L'habitat général de l'espèce au Manitoba a été décrit comme des prairies sèches à végétation clairsemée et à sol calcaire graveleux bien drainé (Murray et Church, 2015). Dans ces sites, le sol est relativement plat et présente une proportion relativement faible de gravier et de substrat minéral exposés. La majorité des sites reposent sur un substrat de dolomie (Foster, 2008). Dans cette région, la gérardie de Gattinger se rencontre généralement dans des zones à couverture végétale clairsemée composée d'espèces de la prairie à herbes hautes et dominée par des touffes éparses de barbon de Gérard (Andropogon gerardii). Les espèces observées aux côtés de la gérardie de Gattinger dans cet habitat sont le panic raide (Panicum virgatum), le chalef argenté (Elaeagnus commutata), le mélilot blanc (Melilotus albus) (espèce introduite non indigène), une gentiane (Gentiana sp.), le campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia), la potentille ansérine (Potentilla anserina), la potentille frutescente (Dasiphora floribunda), un pâturin (Poa sp.), des verges d'or (Solidago spp.), un liatris (Liatris sp.), des saules (Salix spp.), une rose (Rosa sp.), une symphorine (Symphoricarpos sp.), la verge d'or du Missouri (Solidago missouriensis) et des plantules de peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) (Manitoba CDC, données inédites). Dans la prairie à herbes hautes, la gérardie de Gattinger pousse généralement dans les secteurs où la couverture végétale est la plus clairsemée et où le sol est dénudé, entre des buttes de graminées et autour de ces buttes (Krause-Danielsen, comm. pers., 2008; Jones, 2015).

Des renseignements additionnels sur les besoins de l'espèce en Ontario sont présentés dans le programme de rétablissement provincial.

3.4 Facteurs biologiques limitatifs

La faible taille de certaines populations de gérardie de Gattinger, les fluctuations annuelles du nombre d'individus vivants, les distances élevées séparant les populations et la faible distance de dispersion des graines constituent des facteurs qui limitent l'allogamieNote 21 de bas de page, réduisant ainsi la diversité génétique. On ne sait pas exactement dans quelle mesure ces facteurs participent à la faible diversité génétique ni quels sont leurs effets possibles sur le maintien de la population ou l'augmentation de l'abondance.

4 Menaces

4.1 Évaluation des menaces

Les menaces pesant sur la gérardie de Gattinger sont évaluées à la fois pour le Manitoba et pour l'Ontario, selon le système unifié de classification des menaces de l'IUCN-CMP (Union internationale pour la conservation de la nature-Partenariat pour les mesures de conservation). Les menaces sont définies comme étant les activités ou les processus immédiats qui ont entraîné, entraînent ou pourraient entraîner dans l'avenir la destruction, la dégradation et/ou la détérioration de l'entité évaluée (population, espèce, communauté ou écosystème) dans la zone d'intérêt (mondiale, nationale ou infranationale). Ce processus d'évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente qui aiderait à comprendre la nature de la menace sont présentés dans la section Description des menaces (section 4.2).

En raison de la séparation géographique et de la différence des menaces pesant sur les populations du Manitoba et sur celles de l'Ontario, les tableaux de menaces sont inclus séparément pour chaque province.

Ontario

Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces et toute autre information pertinente concernant la nature des menaces sont présentés dans le programme de rétablissement provincial. Ce processus d'évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs. Les notes au bas du tableau donnent des précisions sur l'établissement des valeurs.

Tableau 2. Tableau de classification des menaces pour la gérardie de Gattinger – en Ontario.
MenacebDescription de la menaceImpactcPortéedGravitéeImmédiatetéf
1Développement résidentiel et commercialblanc blanc blanc blanc 
1.1Zones résidentielles et urbainesFaiblePetiteExtrêmeModérée
1.2Zones commerciales et industriellesFaiblePetiteExtrêmeÉlevée
2Agriculture et aquacultureblanc blanc blanc blanc 
2.1Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le boisFaiblePetiteExtrêmeÉlevée
2.3Élevage de bétailFaiblePetiteÉlevéeÉlevée
3Production d'énergie et exploitation minièreblanc blanc blanc blanc 
3.2Exploitation de mines et de carrièresFaiblePetiteÉlevéeÉlevée
5Utilisation des ressources biologiquesblanc blanc blanc blanc 
5.3Exploitation forestière et récolte du boisNégligeableNégligeableInconnueFaible
6Intrusions et perturbations humainesblanc blanc blanc blanc 
6.1Activités récréativesMoyenRestreinteÉlevéeÉlevée
7Modifications des systèmes naturelsblanc blanc blanc blanc 
7.1Incendies et suppression des incendiesMoyenRestreinteÉlevéeÉlevée
7.3Autres modifications de l'écosystèmeFaiblePetiteModéréeÉlevée
8Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiquesblanc blanc blanc blanc 
8.1Espèces exotiques (non indigènes) envahissantesMoyenRestreinteÉlevéeÉlevée
Manitoba

Au Manitoba, les populations sont relativement petites, de sorte qu'elles peuvent être endommagées ou complètement détruites par des menaces apparemment faibles. Les notes au bas du tableau donnent des précisions sur l'établissement des valeurs présentées dans le tableau. Les menaces historiques, les effets indirects ou cumulatifs des menaces ou toute autre information pertinente pour comprendre la nature des menaces sont présentés dans le texte (section 4.2). Ce processus d'évaluation ne tient pas compte des facteurs limitatifs.

Tableau 3. Tableau de classification des menaces pour la gérardie de Gattinger – en Manitoba.
MenacebDescription de la menaceImpactcPortéedGravitéeImmédiatetéf
2Agriculture et aquacultureblanc blanc blanc blanc 
2.1Cultures annuelles et pérennes de produits autres que le boisFaiblePetiteExtrêmeModérée
4Corridors de transport et de serviceblanc blanc blanc blanc 
4.1Routes et voies ferréesÉlevéGrandeÉlevéeÉlevée
4.2Lignes de services publicsÉlevéGrandeÉlevéeÉlevée
6Intrusions et perturbations humainesblanc blanc blanc blanc 
6.1Activités récréativesMoyenRestreinteÉlevéeÉlevée
6.1Activités récréativesFaiblePetiteModéréeÉlevée
7Modifications des systèmes naturelsblanc blanc blanc blanc 
7.1Incendies et suppression des incendiesInconnuGrandeInconnueÉlevée
7.3Autres modifications de l'écosystèmeFaibleGrandeLégèreÉlevée
8Espèces et gènes envahissants ou autrement problématiquesblanc blanc blanc blanc 
8.1Espèces exotiques (non indigènes) envahissantesMoyenGrandeModéréeÉlevée
8.2Espèces indigènes problématiquesFaibleGrandeLégère-modéréeÉlevée

b Numéro de la menace – Les menaces sont numérotées selon le système de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Seules les menaces pertinentes pour la gérardie de Gattinger sont présentées dans le tableau ci-dessus, la section 4.2 (Description des menaces), et la partie 2 (Programme de rétablissement de la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) en Ontario).

c Impact - Mesure dans laquelle on observe, infère ou soupçonne que l'espèce est directement ou indirectement menacée dans la zone d'intérêt. Le calcul de l'impact de chaque menace est fondé sur sa gravité et sa portée et prend uniquement en compte les menaces présentes et futures. L'impact d'une menace est établi en fonction de la réduction de la population de l'espèce, ou de la diminution/dégradation de la superficie d'un écosystème. Le taux médian de réduction de la population ou de la superficie pour chaque combinaison de portée et de gravité correspond aux catégories d'impact suivantes : très élevé (déclin de 75 %), élevé (40 %), moyen (15 %) et faible (3 %). Inconnu : catégorie utilisée quand l'impact ne peut être déterminé (p. ex. lorsque les valeurs de la portée ou de la gravité sont inconnues); non calculé : l'impact n'est pas calculé lorsque la menace se situe en dehors de la période d'évaluation (p. ex. l'immédiateté est non significative/négligeable ou faible puisque la menace n'existait que dans le passé); négligeable : lorsque la valeur de la portée ou de la gravité est négligeable; n'est pas une menace : lorsque la valeur de la gravité est neutre ou qu'il y a un avantage possible.

d Portée - Proportion de l'espèce qui, selon toute vraisemblance, devrait être touchée par la menace d'ici 10 ans. Correspond habituellement à la proportion de la population de l'espèce dans la zone d'intérêt (généralisée = 71-100 %; grande = 31-70 %; restreinte = 11-30 %; petite = 1-10 %; négligeable < 1 %).

e Gravité – Au sein de la portée, niveau de dommage (habituellement mesuré comme l'ampleur de la réduction de la population) que causera vraisemblablement la menace sur l'espèce d'ici une période de 10 ans ou de 3 générations (extrême = 71-100 %; élevée = 31-70 %; modérée = 11-30 %; légère = 1-10 %; négligeable < 1 %; neutre ou avantage possible ≥ 0 %).

f Immédiateté – Élevée = menace toujours présente; modérée = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à court terme [< 10 ans ou 3 générations]) ou pour l'instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à court terme); faible = menace pouvant se manifester uniquement dans le futur (à long terme) ou pour l'instant absente (mais susceptible de se manifester de nouveau à long terme); non significative/négligeable = menace qui s'est manifestée dans le passé et qui est peu susceptible de se manifester de nouveau, ou menace qui n'aurait aucun effet direct, mais qui pourrait être limitative.

4.2 Description des menaces

Les menaces sont présentées dans le même ordre que dans les tableaux de classification des menaces (tableau 2; tableau 3).

Ontario

Voir la section 1.6 (Menaces à la survie et au rétablissement) du programme de rétablissement provincial pour obtenir plus d'information sur les menaces pesant sur les populations de l'Ontario. La liste ci-dessous présente la façon dont les catégories de menaces de l'UICN utilisées au tableau 2 correspondent aux catégories de menaces utilisées dans la section 1.6 du programme de rétablissement provincial.

Menace de l'UICN no 1, développement résidentiel et commercial

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Développement et construction ».

Menace de l'UICN no 2, agriculture et aquaculture

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Conversion de la prairie en terres agricoles » et « Pâturage du bétail ».

Menace de l'UICN no 3, production d'énergie et exploitation minière

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Exploitation de carrières et extraction d'agrégats ».

Menace de l'UICN no 5, utilisation des ressources biologiques

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Exploitation forestière et activités industrielles ».

Menace de l'UICN no 6, intrusions et perturbations humaines

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Utilisation de véhicules hors route » et « Piétinement ».

Menace de l'UICN no 7, modifications des systèmes naturels

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Modification des processus écologiques ».

Menace de l'UICN no 8, espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques

Section 1.6 du programme de rétablissement provincial : « Espèces exotiques envahissantes ».

Manitoba

Au Manitoba, la gérardie de Gattinger se rencontre fréquemment aux côtés de la gérardie rude (Agalinis aspera), qui pousse dans le même type d'habitat que la gérardie de Gattinger mais compte un plus grand nombre de populations connues (Foster, 2008; Murray et Church, 2015). Les relevés se poursuivent, et la gérardie de Gattinger pourrait encore être découverte dans d'autres populations de gérardie rude. Les menaces pesant sur la gérardie rude, en plus de celles décrites pour la gérardie de Gattinger, sont l'extraction de gravier, l'agriculture et la modification des régimes hydrologiques (COSEWIC, 2006; Environment Canada, 2015). À l'heure actuelle, aucune de ces activités n'est considérée comme une menace courante dans les habitats hébergeant la gérardie de Gattinger (Friesen, comm. pers., 2016). Toutefois, ces activités pourraient constituer une menace pour la gérardie de Gattinger si celle-ci était découverte dans de nouveaux sites hébergeant la gérardie rude.

Menace de l'UICN no 2, agriculture et aquaculture (menace de l'UICN no 2.1, cultures annuelles et pérennes de produits autres que le bois)

Au Manitoba, la prairie à herbes hautes aurait connu un déclin d'environ 99,9 % par rapport à sa superficie initiale de 600 000 hectares, en grande partie à cause de la culture de plantes fourragères et céréalières (Samson et Knopf, 1994). Les espèces comme la gérardie de Gattinger ont donc probablement connu une perte considérable de leur habitat dans le passé. Plusieurs des populations restantes se trouvent dans les vestiges de prairie indigène qui forment des bandes entre les champs cultivés et en bordure des routes; ces bandes pourraient elles aussi finir par être cultivées ou pourraient être touchées par la dérive de pesticides ou l'empiètement d'espèces fourragères cultivées envahissantes provenant des champs cultivés adjacents (menace 8.1). Les populations qui se trouvent dans des bandes de pâturages indigènes encore assez larges pourraient être menacées par l'agriculture dans le futur, les années où les prix des cultures sont élevés (Honey et Oleson, 2006; Farm Credit Canada, 2013; Wright et Wimberly, 2013).

Menace de l'UICN no 4, corridors de transport et de service (menace de l'UICN no 4.1, routes et voies ferrées; menace de l'UICN no 4.2, lignes de services publics)

Au Manitoba, plusieurs populations poussent le long de fossés et dans des emprises bordant des routes, ce qui pourrait les rendre vulnérables à certaines activités de construction ou d'entretien, notamment l'amélioration des routes, l'utilisation de machinerie pour le nettoyage ou l'approfondissement des fossés (creusage), l'application d'herbicides et le fauchage à des moments inopportuns (en présence d'individus vivants). Les travaux réalisés en bordure des routes à la fin de l'été menacent particulièrement la gérardie de Gattinger au Manitoba, puisque c'est à cette période que l'espèce fleurit et produit des grainesNote 22 de bas de page; pour les espèces annuelles, la dispersion des graines est importante pour le maintien de la population. Par exemple, une population de gérardie rude a été fauchée en 2004; les individus ont donc été endommagés, et leurs graines n'ont pas pu être dispersées (COSEWIC, 2006; Foster, 2008). Des herbicides sont couramment appliqués en bordure des routes et, si cette activité est réalisée à un moment inopportun durant l'année, elle peut détruire les individus de l'espèce et/ou leurs plantes hôtes (Friesen, comm. pers., 2016). De plus, l'excavation associée à l'enfouissement de câbles à fibres optiques le long de fossés pourrait avoir des répercussions sur les populations de l'espèce (Murray, comm. pers., 2016).

Menace de l'UICN no 6, intrusions et perturbations humaines (menace de l'UICN no 6.1, activités récréatives)

Une population de gérardie de Gattinger est adjacente à un sentier où sont utilisés des VTT. On présume que les véhicules circulent principalement sur le sentier, mais il existe un risque que l'habitat occupé ou les individus de l'espèce soient directement endommagés.

Menace de l'UICN no 7, modifications des systèmes naturels (menace de l'UICN no 7.1, incendies et suppression des incendies; menace de l'UICN no 7.3, autres modifications de l'écosystème)

Menace de l'UICN no 7.1 - Incendies et suppression des incendies

Quelques populations de gérardie de Gattinger se trouvent dans des prairies à herbes hautes de terrain élevé où la végétation devient de plus en plus dense en raison de l'absence de perturbations périodiques naturelles (p.ex., incendies). Sans les perturbations comme les incendies ou le pâturage qui maintiennent un habitat dégagé de début de succession, la végétation se densifie et comble les parcelles à sol nu ou à végétation clairsemée dont dépend la gérardie de Gattinger. L'absence de perturbations peut aussi entraîner l'établissement de végétaux ligneux, qui peuvent créer de l'ombre et rendre l'habitat non convenable (voir la menace 8.2).

Menace de l'UICN no 7.3 - Autres modifications de l'écosystème

Certaines populations se trouvent dans des prairies indigènes qui sont tondues ou fauchées de façon périodique. La tonte ou le fauchage peuvent constituer des pratiques de gestion bénéfiques pour plusieurs espèces des prairies, puisqu'elles peuvent d'une certaine façon reproduire les perturbations naturelles et réduire la quantité de litière ou lutter contre les espèces exotiques envahissantes (menace de l'UICN no 8.1) et les espèces indigènes ligneuses problématiques (menace de l'UICN no 8.2). Toutefois, le moment où le fauchage est réalisé dans l'habitat de la gérardie de Gattinger est d'une importance cruciale. Si le fauchage n'est pas réalisé assez fréquemment, la végétation peut devenir trop dense pour permettre la survie de la gérardie de Gattinger, mais s'il est réalisé lorsque des individus vivants sont présents (environ du 1er juillet au 30 septembre), il peut endommager ou détruire les individus durant leur établissement et réduire leur capacité de parvenir à maturité, de produire des graines et de disperser celles-ci, ce qui peut avoir des effets à l'échelle de la population.

Menace de l'UICN no 8, espèces et gènes envahissants ou autrement problématiques (menace de l'UICN no 8.1, espèces exotiques [non indigènes] envahissantes; menace de l'UICN no 8.2, espèces indigènes problématiques)

Menace de l'UICN no 8.1 - Espèces exotiques (non indigènes) envahissantes

La concurrence exercée par les plantes envahissantes peut constituer une menace pour presque toutes les populations au Manitoba, puisque le mélilot blanc (Melilotus albus) pousse dans le même type d'habitat que la gérardie de Gattinger (Manitoba CDC, données inédites). Le brome inerme (Bromus inermis) et le pâturin des prés (Poa pratensis) sont également présents et très envahissants dans ces habitats (Friesen, comm. pers., 2016). 

Menace de l'UICN no 8.2 - Espèces indigènes problématiques

Les plantes indigènes peuvent représenter une menace directe pour la gérardie de Gattinger en lui livrant concurrence, car elles peuvent modifier la composition naturelle de la communauté. L'espèce a besoin d'un habitat relativement dégagé et ensoleillé, et est supplantée dans les zones où des plantes plus hautes persistent (Canne-Hilliker, 2001). L'empiètement d'espèces indigènes, comme le peuplier faux-tremble (Populus tremuloides) et des arbustes, a été signalé comme source de préoccupation pour certaines populations de gérardie de Gattinger du Manitoba.

5 Objectifs en matière de population et de répartition

En vertu de la LEP, un objectif en matière de population et de répartition doit être établi pour l'espèce. Conformément au but énoncé dans la Déclaration du gouvernement de l'Ontario, les objectifs en matière de population et de répartition établis par Environnement et Changement climatique Canada pour la gérardie de Gattinger au Canada sont les suivants :

  • Maintenir des populations autosuffisantes pour les 31 populations existantes;
  • Maintenir la répartition actuelle et, dans la mesure où cela est réalisable sur le plan biologique et technique, favoriser l'expansion naturelle de la gérardie de Gattinger dans l'habitat inoccupé aux populations existantes.

L'information actuellement accessible pour la présente espèce est insuffisante pour démontrer les tendances de la croissance et de la stabilité des populations. Cependant, comme les 31 populations existantes continuent de persister, il est présumé qu'elles sont autosuffisantes. L'objectif est donc de maintenir toutes les populations existantes connues et de s'assurer qu'elles demeurent autosuffisantes. Le rétablissement de la gérardie de Gattinger est donc fondé sur la persistance et l'abondance d'individus au sein d'une population. Selon les plus récents relevés de l'abondance de l'espèce, la population de gérardie de Gattinger compte environ 70 500 individus. Plus d'information sur la dynamique et la biologie des populations de l'espèce est requise pour déterminer la plage normale de variation de l'abondance afin d'utiliser celle-ci comme mesure du rétablissement.

6 Stratégies et approches générales pour l'atteinte des objectifs

Les mesures menées et appuyées par le gouvernement de l'Ontario qui sont énoncées dans les tableaux du document Gérardie de Gattinger et verge d'or de Houghton – Déclaration du gouvernement de l'Ontario en réponse au programme de rétablissement (partie 3) sont adoptées comme stratégies et approches générales pour l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition pour la région de l'Ontario.

Les stratégies et approches générales pour l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartition présentées ci-dessous s'appliquent uniquement à la région du Manitoba.

6.1 Mesures déjà achevées ou en cours

Ontario

Voir section 1.8 du programme de rétablissement provincial pour une description des mesures déjà achevées ou en cour en Ontario.

Manitoba

Le Centre de données sur la conservation du Manitoba a produit des cartes des emprises routières où des espèces en péril sont présentes, afin de réduire les menaces associées à l'entretien et à la construction des routes. Ces cartes indiquent l'emplacement général des populations de plantes rares sur les tronçons de route et renferment des données d'identification et des recommandations en matière de gestion destinées à réduire au minimum les perturbations des individus et à éviter la destruction de l'habitat de bord de route. Les cartes visent à orienter les activités d'entretien et de construction des routes menées par les municipalités rurales et le gouvernement provincial (Foster, 2008; Friesen et Murray, 2010). Un résumé général sur la gestion à l'intention du public ainsi que des propriétaires fonciers ou gestionnaires des terres a aussi été produit (Friesen, comm. pers., 2016).

6.2 Orientation stratégique pour le rétablissement

Tableau 4. Tableau de planification du rétablissement pour la région du Manitoba.
Stratégie généraleMenace ou élément limitatifPrioritégDescription générale des approches de recherche et de gestion
Stratégie générale : évaluation, gestion et conservation de l'habitat2.1, 4.1, 4.2, 8.1, 8.2Élevée
  • Atténuer l'impact des menaces pesant sur les populations et l'habitat en mobilisant les propriétaires fonciers et les gestionnaires de terres dans le cadre d'ententes en matière de conservation ou d'intendance visant la mise en œuvre de pratiques de gestion bénéfiques (PGB) et la protection de l'habitat essentiel; évaluer l'efficacité de ces ententes en matière de conservation de l'habitat.
  • Dans le cadre d'une gestion adaptative de l'habitat, évaluer l'efficacité des PGB à améliorer l'habitat; modifier les PGB au besoin.
  • Intégrer les mesures de gestion de l'habitat à celles qui visent d'autres espèces présentes dans le même habitat et la zone de gestion voisine.
Stratégie générale : évaluation, gestion et conservation de l'habitat8.1Moyenne
  • Éliminer les espèces exotiques envahissantes qui représentent une menace directe pour la gérardie de Gattinger.
Stratégie générale : communication, collaboration et mobilisation4.1, 4.2Élevée
  • Élaborer ou élargir les stratégies de communication et de sensibilisation destinées au personnel responsable de l'entretien des routes, aux planificateurs des villes et des municipalités et aux utilisateurs des terres, afin de réduire au minimum ou d'éliminer la détérioration ou la destruction de l'habitat durant les activités d'entretien ou de construction des routes.
Stratégie générale : communication, collaboration et mobilisationToutes les menacesÉlevée
  • Élaborer ou élargir les stratégies de communication et de sensibilisation destinées au grand public, aux utilisateurs des terres, aux intervenants et aux gestionnaires des terres, afin de réduire entre autres les menaces telles que l'utilisation de véhicules hors route, l'utilisation inconsidérée d'herbicides et l'introduction d'espèces exotiques envahissantes, et de modifier la perception des outils de gestion comme les brûlages dirigés.
Stratégie générale : recherche s'inscrivant dans un cadre de gestion adaptativeLacunes dans les connaissances sur la dynamique des populations et la biologie de l'espèce (toutes les menaces)Moyenne
  • Déterminer l'impact à long terme des menaces et des pratiques de gestion existantes sur les populations et la qualité de l'habitat.
  • Effectuer des recherches pour comprendre l'écologie de l'espèce et ses besoins en matière d'habitat (p. ex., plantes hôtes adéquates, réservoir de semences, germination).
  • Appliquer les résultats des recherches à l'élaboration ou à l'amélioration des PGB visant l'espèce, en particulier en ce qui concerne le fauchage, le brûlage et le pâturage.
Stratégie générale : recherche s'inscrivant dans un cadre de gestion adaptativeLacunes dans les connaissances sur la dynamique des populations et la biologie de l'espèce (toutes les menaces)Moyenne
  • Déterminer l'effet de la taille et de l'isolement des populations sur la diversité génétique et la viabilité des populations, et créer une banque de gènes (graines) si cela est jugé nécessaire.
Stratégie générale : inventaire et suiviAppuyer la mesure des progrès vers l'atteinte de l'objectif en matière de population et de répartitionMoyenne
  • Utiliser des modèles (p. ex. un modèle d'évaluation du caractère convenable des milieux ou un modèle de répartition de l'espèce) afin de déterminer les zones prioritaires pour la recherche de nouvelles populations.
  • À l'aide de techniques de relevé uniformes (p. ex. Henderson, 2010a), continuer à mener des relevés pour repérer de nouvelles populations.
  • À l'aide de techniques de surveillance uniformes, déterminer la plage de variation naturelle de la taille des populations et de la zone d'occupation des populations existantes.

g « Priorité » reflète l'ampleur dans laquelle la stratégie générale contribue directement au rétablissement de l'espèce ou est un précurseur essentiel à une approche qui contribue au rétablissement de l'espèce.

7 Habitat essentiel

7.1 Désignation de l'habitat essentiel de l'espèce

En vertu de l'alinéa 41(1)c) de la LEP, les programmes de rétablissement doivent inclure une désignation de l'habitat essentiel de l'espèce, dans la mesure du possible, et des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de cet habitat. Aux termes du paragraphe 2(1) de la LEP, l'habitat essentiel est l'« habitat nécessaire à la survie ou au rétablissement d'une espèce sauvage inscrite, qui est désigné comme tel dans un programme de rétablissement ou un plan d'action élaboré à l'égard de l'espèce ».

La LEVD de l'Ontario et la LEEVD du Manitoba n'exigent pas que les programmes de rétablissement provinciaux comprennent une désignation de l'habitat essentiel. Aux termes de la LEVD de l'Ontario et de la LEEVD du Manitoba, une espèce qui est inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition ou des espèces menacées bénéficie automatiquement d'une protection générale de son habitat. La gérardie de Gattinger bénéficie actuellement d'une protection générale de son habitat en vertu de la LEVD de l'Ontario et de la LEEVD du Manitoba. En outre, les habitats de prairie à herbes hautes et d'alvar sont des types d'écosystèmes désignés comme étant en voie de disparition aux termes de la LEEVD du Manitoba, mais cette désignation n'est associée à aucune protection réglementaire. Dans certains cas en Ontario, un règlement sur l'habitat de l'espèce peut être élaboré en remplacement des dispositions sur la protection générale de l'habitat. Le règlement sur l'habitat est l'instrument juridique par lequel la Province de l'Ontario prescrit une aire à protéger à titre d'habitat de l'espèce. Aucun règlement sur l'habitat de la gérardie de Gattinger n'a été élaboré en vertu de la LEVD.

L'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger au Canada est désigné dans la mesure du possible, sur la base de la meilleure information accessibleNote 23 de bas de page. Cette désignation est partielle, puisque l'habitat essentiel est désigné pour 15 des 26 populations existantes connues de gérardie de Gattinger en Ontario et pour les 5 populations existantes au Manitoba, et est jugée insuffisante pour atteindre les objectifs en matière de population et de répartition. Un calendrier des études (section 7.2; tableau 5) a été établi et décrit les activités requises pour la désignation de l'habitat essentiel additionnel en Ontario nécessaire à l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. De l'habitat essentiel additionnel pourrait être ajouté si de nouvelles données ou des données additionnelles soutiennent l'inclusion de zones au-delà de celles qui sont actuellement désignées (p. ex. nouveaux sites colonisés par l'espèce ou sites existants qui s'étendent dans des zones adjacentes).

La désignation de l'habitat essentiel est fondée sur les meilleures données accessibles et a été examinée et précisée par des comités distincts dans chaque territoire de compétence. Les critères pour la désignation de l'habitat essentiel ont été déterminés pour chaque province, d'après l'opinion consensuelle d'experts. La désignation de l'habitat essentiel dans chaque province est décrite en détail ci-dessous.

7.1.1 Désignation de l'habitat essentiel en Ontario

En Ontario, la gérardie de Gattinger se trouve dans des habitats d'alvars et de prairies à herbes hautes. Les habitats convenables se caractérisent généralement par les caractéristiques biophysiques décrites ci-dessous.

Dans les habitats de prairie à herbes hautes :

  • Conditions ouvertes et non ombragées pour la croissance et faible présence de végétaux ligneux;
  • Prairie/pré présentant une couverture végétale courte et clairsemée répartie en touffes;
  • Présence de quelques zones de gravier et de substrat minéral exposés dans l'habitat;
  • Végétation dominée par des graminées ou des cypéracées cespiteuses (poussant en touffes);
  • Présence d'espèces caractéristiques de la prairie à herbes hautes, comme le barbon à balai (Schizachyrium scoparium), le barbon de Gérard, le faux-sorgho penché (Sorghastrum nutans) et le panic raide;
  • Sol de type loam sableux;
  • Régime hydrique pouvant comporter une période humide durant l'année.

Dans les habitats d'alvar :

  • Conditions ouvertes et non ombragées pour la croissance et généralement faible présence de végétaux ligneux;
  • Conifères ne formant pas un couvert continu, lorsque présents;
  • Végétation caractéristique des prés d'alvar ou des substrats rocheux, formant une couverture courte et clairsemée répartie en touffes;
  • Présence de quelques zones de substrat rocheux ou graveleux exposé;
  • Végétation dominée par des graminées ou des cypéracées cespiteuses (poussant en touffes);
  • Sol mince recouvrant un substrat de calcaire ou de dolomie;
  • Présence d'espèces caractéristiques des alvars, comme le barbon à balai, le sporobole à glumes inégales (Sporobolus heterolepis) et le carex faux-scirpe (Carex scirpoidea);
  • Régime hydrique pouvant aller de conditions inondées à des conditions de sécheresses et changer rapidement.

En Ontario, l'habitat convenable de la gérardie de Gattinger peut être décrit à l'aide de la Classification écologique des terres (CET) pour le sud de l'Ontario (Lee et al., 1998); d'après la meilleure information accessible, cet habitat correspond aux types de végétation de la CET ci-dessous (Jones, 2015).

  • Alvar-pavage dégagé à plantes annuelles sur sol sec (ALO1-2)
  • Pré rocheux dégagé à barbon à balais sur sol sec à frais (ALO1-3)
  • Pré rocheux dégagé à danthonie à épi sur sol sec à frais (ALO1-4)
  • Alvar à arbustes nains, à genévrier horizontal et à potentille frutescente (ALS1-2)
  • Alvar boisé (savane) à pin gris, à thuya occidental et à épinette blanche (ALT1-4)
  • Prairie à herbes hautes sur sol frais à humide (TPO2-1)

La CET fournit un cadre normalisé pour l'interprétation et l'établissement des limites des écosystèmes dynamiques. Elle catégorise les milieux non seulement en fonction des communautés végétales, mais aussi en fonction de l'hydrologie et de la topographie. Elle constitue ainsi un point de départ pour la description des exigences écosystémiques de la gérardie de Gattinger et englobe les caractéristiques biophysiques de l'habitat convenable de la gérardie de Gattinger. En outre, nombreux gestionnaires des terres et spécialistes de la conservation connaissent bien la terminologie et les méthodes associées à la CET et ont adopté cet outil comme norme en Ontario.

Dans la CET de l'Ontario, les limites du type de végétation constituent l'échelle la plus efficace pour la délimitation de l'étendue des caractéristiques biophysiques nécessaires à l'espèce. Le type de végétation comprend les zones occupées par la gérardie de Gattinger et les zones environnantes qui présentent les conditions d'habitat convenable nécessaires aux processus vitaux de l'espèce, en plus de permettre aux processus naturels associés à la dynamique des populations et à la reproduction (p.ex. dispersion et pollinisation) de se produire. On ne dispose d'aucun renseignement précis sur la dispersion des graines, outre que les graines semblent dépourvues de mécanisme d'adaptation particulier qui permettrait la dispersion sur de longues distances (Jones, 2015). Le type de végétation de la CET occupé devrait donc être suffisant pour permettre la dispersion et l'expansion naturelle des populations. En outre, cette zone plus grande entourant les individus de l'espèce pourrait accroître la résilience de l'écosystème à l'égard des espèces exotiques envahissantes tout en protégeant les communautés généralement rares en Ontario. Elle contribuera également de façon générale à préserver l'écoulement local des eaux de surface qui détermine le cycle de l'eau saisonnier des alvars.

En Ontario, l'habitat essentiel est désigné comme étant l'étendue de l'habitat convenable où l'on sait que la gérardie de Gattinger existe. En plus de l'étendue de l'habitat convenable, une zone de fonctions essentielles de 50 m (distance radiale) est appliquée lorsque les caractéristiques biophysiques s'étendent sur moins de 50 m autour d'un individu (p. ex. individus qui se trouvent à la limite de l'étendue de l'habitat convenable ou près de cette limite). Cette distance de 50 m est considérée comme une « zone de fonctions essentielles » minimale ou comme la superficie minimale de fragment d'habitat nécessaire au maintien des propriétés constitutives du microhabitat d'une espèce (p. ex., seuils de luminosité, de température, d'humidité et de teneur en eau de la litière nécessaires à la survie). Actuellement, on ignore exactement à partir de quelle distance les processus physiques et/ou biologiques commencent à avoir des effets négatifs sur la gérardie de Gattinger en Ontario. Des études sur les gradients microenvironnementaux en bordure des habitats, soit la luminosité, la température et l'humidité de la litière (Matlack, 1993), et sur les effets de bordure sur les plantes dans les forêts de feuillus mixtes, qui se traduisent par des changements de la structure et de la composition des communautés végétales (Fraver, 1994), montrent que les effets de bordure peuvent être décelés jusqu'à 50 m à l'intérieur des fragments d'habitat; toutefois, d'autres études montrent que l'ampleur et la distance des effets de bordure varient en fonction de la structure et de la composition des types de milieux adjacents (Harper et al., 2005). Selon Forman et Alexander (1998) et Forman et al. (2003), les effets de bordure associés à la construction de chemins et à la circulation répétée se font principalement sentir, chez les végétaux, dans les premiers 30 à 50 m. Ainsi, une distance radiale de 50 m de tout individu de l'espèce a été incluse dans la désignation de l'habitat essentiel pour assurer le maintien des propriétés du microhabitat de la gérardie de Gattinger. À mesure que de nouveaux renseignements sur les besoins en matière d'habitat de l'espèce et les caractéristiques propres à chaque site deviennent disponibles, notamment en ce qui a trait à l'hydrologie, ces distances pourraient être révisées.

Les aménagements et les éléments d'infrastructure d'origine humaine existants ne possèdent pas les caractéristiques biophysiques de l'habitat convenable et ne participent pas au maintien des processus naturels; ils ne sont donc pas désignés comme habitat essentiel.

7.1.2 Désignation de l'habitat essentiel au Manitoba

L'approche utilisée pour la désignation de l'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger au Manitoba est fondée sur un arbre de décision élaboré par l'Équipe de rétablissement des plantes en péril des Prairies en vue de guider la désignation de l'habitat essentiel des espèces de plantes en péril terrestres et aquatiques des prairies (voir l'annexe A dans Environment Canada, 2012, pour l'arbre de décision entier). La gérardie de Gattinger pousse dans des prairies à herbes hautes sèches, à végétation clairsemée, à conditions dégagées permettant une pleine exposition au soleil (strate arbustive ou arborescente de densité faible à nulle) et à sol de dolomie ou de calcaire (voir la section 3.3). L'habitat peut être caractérisé comme étant en début de succession et subit l'influence d'un certain degré et d'un certain type de perturbation du sol, ce qui rend les parcelles d'habitat difficiles à définir dans le temps et dans l'espace. La désignation de l'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger est donc fondée sur les occurrences plutôt que sur l'habitat. L'habitat essentiel est désigné comme étant la zone à l'intérieur d'une zone de fonctions essentielles de 300 m qui entoure chaque occurrence (zone d'occupation) de gérardie de Gattinger. Les rivières, les lacs, les milieux humides ainsi que les aménagements et les éléments d'infrastructure d'origine humaine existants, à l'intérieur de la zone de fonctions essentielles, ne sont pas considérés comme de l'habitat essentiel.

Bien que l'on ignore l'étendue exacte d'habitat devant entourer les individus pour que les besoins en matière de reproduction, de dispersion et de survie à long terme de la population de gérardie de Gattinger soient satisfaits, la zone de fonctions essentielles de 300 m est fondée sur une analyse documentaire détaillée des effets de bordure de diverses activités d'utilisation des terres susceptibles d'influer de manière générale sur la disponibilité des ressources, et de contribuer à la croissance négative des populations de plantes de prairies indigènes (Henderson, 2010b; annexe B dans Environment Canada, 2012). Elle a également été déterminée d'après une analyse documentaire des facteurs ayant une incidence sur la qualité des parcelles de prairie indigène et le maintien des plantes rares et des pollinisateurs dans la prairie à herbes hautes au Manitoba (Environment and Climate Change Canada, 2016, examen inédit). Cette approche est conforme à celles utilisées pour la désignation de l'habitat essentiel d'autres espèces végétales de prairie qui occupent des types d'habitats semblables au Manitoba, comme la gérardie rude (Agalinis aspera) et l'aster soyeux (Symphyotrichum sericeum). Ainsi, pour assurer la viabilité et, si possible, l'expansion naturelle de la gérardie de Gattinger au Manitoba, la zone de fonctions essentielles de 300 m est considérée comme la distance minimale nécessaire au maintien de l'habitat requis pour l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. À mesure que de nouveaux renseignements sur les besoins en matière d'habitat de l'espèce et les caractéristiques propres à chaque site deviennent disponibles, ces distances pourraient être révisées.

7.1.3 Application des critères de désignation de l'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger

En Ontario, l'habitat essentiel est désigné pour 15 des 26 populations existantes (annexe A; tableau A1; figure A1). La désignation de l'habitat essentiel est donc partielle. Un calendrier des études (section 7,2; tableau 4) a été établi afin d'obtenir l'information requise pour achever la désignation de l'habitat essentiel nécessaire à l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. En Ontario, l'habitat essentiel correspond à l'étendue de l'habitat convenable occupé par l'espèce, en plus d'une zone de fonctions essentielles de 50 m entourant les individus de l'espèce qui se trouvent près de la limite de l'habitat convenable. En raison des ententes de partage des données avec l'Ontario, l'habitat essentiel dans cette province est présenté uniquement au moyen de carrés du quadrillage UTM de 1 km × 1 km, pour indiquer l'emplacement géographique général renfermant de l'habitat essentiel (annexe A; figure A1).

Au Manitoba, l'habitat essentiel est désigné pour les 5 populations existantes (annexe A; figures A2 et A3). La zone renfermant l'habitat essentiel a une superficie d'environ 304 hectares (3 km2) et occupe ou chevauche environ 22 quarts de section du système d'arpentage des terres fédérales (Dominion Land Survey) au Manitoba. Les localités géographiques générales à l'échelle des quadrillages de référence de 1 km × 1 km et les polygones détaillés des unités d'habitat essentiel sont présentés dans les cartes de l'habitat essentiel (annexe A; figures A2 et A3).

De plus amples renseignements sur l'habitat essentiel peuvent être obtenus, sur justification, auprès d'Environnement et Changement climatique Canada – Section de la planification du rétablissement, Service canadien de la faune, à ec.planificationduretablissement-recoveryplanning.ec@canada.ca.

7.2 Calendrier des études pour la désignation de l'habitat essentiel

Tableau 5. Calendrier des études visant à désigner l'habitat essentiel.
Description de l'activitéJustificationÉchéancier
Collaborer avec les organisations concernées en Ontario pour recueillir l'information nécessaire et désigner l'habitat essentiel.Il faut réaliser d'autres travaux pour achever la désignation de l'habitat essentiel, afin que les objectifs en matière de population et de répartition puissent être atteints.2017-2022
Confirmer/obtenir les données sur les populations et l'habitat pour les populations existantes en Ontario où l'habitat essentiel n'est pas désigné actuellement.Connaître l'emplacement des populations et confirmer les associations d'habitat, les caractéristiques biophysiques de l'habitat et l'étendue de l'habitat convenable.2017-2022

7.3 Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel

La compréhension de ce qui constitue la destruction de l'habitat essentiel est nécessaire à la protection et à la gestion de cet habitat. La destruction est déterminée au cas par cas. On peut parler de destruction lorsqu'il y a dégradation d'un élément de l'habitat essentiel, soit de façon permanente ou temporaire, à un point tel que l'habitat essentiel n'est plus en mesure d'assurer ses fonctions lorsque exigé par l'espèce. La destruction peut découler d'une activité unique à un moment donné ou des effets cumulés d'une ou de plusieurs activités au fil du temps. Il convient de noter que les activités qui se déroulent à l'intérieur ou à proximité de l'habitat essentiel ne sont pas toutes susceptibles d'en entraîner la destruction. Le tableau 6 donne des exemples d'activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel de l'espèce; il peut toutefois exister d'autres activités destructrices.

De plus, quelques types de perturbations légères, comme la circulation de randonneurs en dehors des sentiers ou un râtelage de faible intensité, pourraient être bénéfiques durant certaines périodes de l'année, car elles peuvent exposer le sol et permettre aux graines du réservoir de semences de la gérardie de Gattinger de germer.

Tableau 6. Activités susceptibles d'entraîner la destruction de l'habitat essentiel.
Description de l'activitéDescription de l'effet relatif à la perte de fonctionPrécisions sur les effets
Recouvrement du sol, qui peut être causé par des activités telles que la création ou l'expansion de structures permanentes ou temporaires, notamment la conversion des terres pour la construction de résidences ou de chalets et l'élargissement ou la modification du tracé des routes.Le recouvrement du sol bloque le rayonnement solaire et l'infiltration d'eau nécessaires à la germination des graines et à la survie des individus, l'habitat essentiel s'en trouvant détruit.

Cette activité doit se produire à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel pour en entraîner la destruction. Elle représente un effet direct et s'applique à tout moment de l'année.

Liée aux menaces 1.1, 1.2 et 4.1

Retournement, excavation ou extraction du sol, qui peuvent être causés par des activités telles que la mise en culture de nouvelles terres ou l'expansion de terres existantes (conversion de la prairie en terres agricoles), l'exploitation de carrières et l'extraction d'agrégats et l'installation de lignes de services publics.Le retournement, l'excavation ou l'extraction du sol entraîne une perte directe d'habitat essentiel en éliminant ou en endommageant le substrat sur lequel l'espèce pousse et en modifiant les caractéristiques biophysiques nécessaires à la germination, à l'établissement et à la croissance de la gérardie de Gattinger.

Cette activité doit se produire à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel pour en entraîner la destruction. Elle peut entraîner la destruction de façon directe ou cumulative et s'applique à tout moment de l'année.

Liée aux menaces 2.1, 2.3, 3.2, 4.2, 5.3 et 6.1

Compactage ou érosion du sol, qui peuvent être causés par des activités telles que l'utilisation des alvars comme aires d'entreposage pour l'exploitation forestière réalisée dans les forêts adjacentes, le transport des billes, du matériel et de la machinerie lourde dans les alvars, la création de sentiers et de routes, l'utilisation de véhicules hors route, le piétinement excessif ou destructeur par les humains, le pâturage du bétail d'intensité élevée dans les alvars et le camping dans l'habitat (installation de tentes, aménagement de foyers et utilisation de la végétation comme latrines), qui ont des effets semblables.Le compactage et l'érosion peuvent endommager la structure et la porosité du sol, réduire la disponibilité en eau en augmentant le ruissellement et en réduisant l'infiltration, empêcher l'établissement des semis ou accroître les risques que des espèces exotiques envahissantes perturbent la couverture végétale indigène. La circulation piétonnière peut avoir des effets semblables, mais seulement lorsque le niveau d'utilisation de l'habitat à cette fin est élevé.

Cette activité doit se produire à l'intérieur des limites de l'habitat essentiel pour en entraîner la destruction. Elle peut entraîner la destruction de façon directe ou cumulative et s'applique à tout moment de l'année, sauf en hiver, lorsque le sol est recouvert de neige et complètement gelé (température du sol inférieure à -10 °C).

Liée aux menaces 2.3, 5.3 et 6.1

Introduction involontaire ou délibérée d'espèces exotiques envahissantes et de plantes ligneuses (arbustes et arbres), qui peut être causée par des activités telles que le rejet délibéré ou l'épandage de balles de fourrage contenant des graines viables d'espèces exotiques envahissantes ou l'ensemencement de ces espèces ou d'espèces ligneuses dans l'habitat essentiel, le transport d'espèces exotiques envahissantes (p. ex. sur les pneus) ou la plantation de végétaux ligneux.Une fois établies, les espèces exotiques envahissantes et les plantes ligneuses peuvent modifier le régime hydrologique et la disponibilité des nutriments et de l'eau dans le sol, en plus de produire de l'ombre, modifiant ainsi les caractéristiques biophysiques et la structure de la communauté végétale et résultant en une concurrence directe avec la gérardie de Gattinger et d'autres espèces indigènes de la prairie et des alvars; elles peuvent donc entraîner des déclins de la population et détruire l'habitat essentiel.

Cette activité peut se produire à l'intérieur ou à proximité des limites de l'habitat essentiel et causer sa destruction, peut être un effet direct ou cumulatif et s'applique à tout moment de l'année.

Liée aux menaces 7.1, 7.3, 8.1 et 8.2

Application d'herbicides, d'engrais ou de pesticides, qui peut être causée par des activités telles que la pulvérisation d'herbicides et d'insecticides ou l'ajout d'engrais au sol.Les herbicides et les engrais peuvent modifier la composition en nutriments du sol ou de l'eau et ainsi créer des conditions favorables à certaines espèces végétales et défavorables à d'autres, ce qui peut entraîner un changement de la composition spécifique de la communauté végétale environnante. La modification de la composition en nutriments du sol ou de l'eau aura en outre une incidence sur l'issue de la concurrence interspécifique pour les nutriments. Par ailleurs, le ruissellement et la dérive de pesticides peuvent altérer les communautés de plantes et de pollinisateurs, ce qui pourrait causer une réduction de la capacité de l'habitat de soutenir la gérardie de Gattinger ou une perte complète de l'habitat si l'herbicide fait l'objet d'une utilisation directe et régulière.

Perte des conditions végétatives dont l'espèce a besoin pour réaliser son cycle vital. Cette activité peut entraîner la destruction de l'habitat essentiel si elle se produit à l'intérieur ou à proximité des limites de celui-ci (p. ex., dérive de produits chimiques, écoulement souterrain ou de surface d'eau contaminée). Elle peut entraîner la destruction de façon directe ou cumulative et s'applique à tout moment de l'année.

Liée aux menaces 7.3, 8.1 et 8.2

Modification du régime hydrologique, qui peut être causée par des activités telles l'inondation temporaire ou permanente résultant de la construction d'ouvrages de retenue en aval, les déversements d'eau en amont notamment l'aménagement de barrages et de fossés, les travaux de drainage, l'installation de ponceaux, les travaux d'élargissement des routes ou de rectification de leurs tracés, et la construction de résidences ou de chalets, qui modifient le régime hydrologique de l'habitat essentiel.Chez la gérardie de Gattinger, les graines du réservoir de semences et les individus sont adaptés à des sols bien drainés, de sorte qu'une inondation, même de courte durée, peut être suffisante pour modifier l'habitat de manière telle qu'il devient non propice à la survie et au rétablissement de l'espèce. La modification du régime hydrologique peut aussi faire en sorte que les conditions deviennent trop sèches, reproduisant une sécheresse prolongée. Par exemple, la construction routière peut interrompre ou altérer l'écoulement de l'eau en surface, modifiant les conditions du milieu et menaçant la survie à long terme de l'espèce à un emplacement donné. Un accroissement de l'humidité peut par ailleurs favoriser l'empiètement de la végétation ligneuse et de certaines espèces végétales envahissantes.

Cette activité peut entraîner la destruction de l'habitat essentiel si elle se produit à l'intérieur ou à proximité des limites de celui-ci. Elle peut entraîner la destruction de façon directe ou cumulative et s'applique à tout moment de l'année.

Liée aux menaces 1.1, 4.1 et 7.3

8 Mesure des progrès

Les indicateurs de rendement présentés ci-dessous proposent un moyen de définir et de mesurer les progrès vers l'atteinte des objectifs en matière de population et de répartition. Tous les cinq ans, le succès de la mise en œuvre du programme de rétablissement sera évalué au moyen des indicateurs de rendement suivants :

  • Des populations autosuffisantes ont été maintenues aux 31 populations existantes;
  • La répartition actuelle de la gérardie de Gattinger est maintenue;
  • Dans la mesure où cela était réalisable sur le plan biologique, les populations se sont propagées naturellement dans des sites inoccupés aux populations existantes.

9 Énoncé sur les plans d'action

Un ou plusieurs plans d'action visant la gérardie de Gattinger au Canada seront publiés dans le Registre public des espèces en péril d'ici décembre 2022.

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Annexe A : Habitat essentiel de la gérardie de Gattinger au Canada

Figure A1. L'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger en Ontario est représenté par les unités ombrées en rouge, là où les critères énoncés à la section 7.1 est respecté. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l'emplacement géographique général renfermant de l'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure A1

La figure A1 est un gros plan de l'habitat essentiel de l'espèce dans le groupe d'îles situées au nord de l'île Manitoulin, en Ontario. Carrés du quadrillage indiqués sur la carte, d'ouest en est : cinq carrés dans l'île Darch, deux carrés dans l'île Landerkin, douze carrés dispersés dans l'île Clapperton, trois carrés dans l'île Amedroz, deux carrés dans l'île Bedford, dix carrés dans les îles Rous, trois carrés à proximité de l'île Wabosons, quatre carrés dans l'île Goat ou à proximité de celle-ci, sept carrés dans l'île Strawberry.

Tableau A1. Carrés du quadrillage renfermant de l'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger en Ontario. L'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger se trouve dans les carrés du quadrillage UTM de référence de 1 km × 1 km, là où la description de l'habitat essentiel présentée à la section 7.1 est respectées. Les numéros des sites correspondent à ceux utilisés dans le tableau 1 de la partie 2.
Population [no du site]Code d'identifi-cation du carré du quadrillage UTM de référenceh de 1 km × 1 kmProvince/ territoireCoordonnées du carré du quadrillage UTMi

UTM Est
Coordonnées du carré du quadrillage UTMi

UTM Nord
Régime foncierj
Île Amedroz [4]17TML1918Ontario4110005098000Territoire non domanial
Île Amedroz [4]17TML1919Ontario4110005099000Territoire non domanial
Île Amedroz [4]17TML1928Ontario4120005098000Territoire non domanial
Île Bedford Est [6]17TML2906Ontario4200005096000Territoire non domanial
Île Bedford Est [6]17TML2907Ontario4200005097000Territoire non domanial
Île Bedford Ouest [7]17TML1976Ontario4170005096000Territoire non domanial
Île Bedford Ouest [7]17TML1986Ontario4180005096000Territoire non domanial
Île Clapperton – baie Beatty et N-O de la baie de Baker [8]17TML0927Ontario4020005097000Territoire non domanial
Île Clapperton – baie Beatty et N-O de la baie de Baker [8]17TML0937Ontario4030005097000Territoire non domanial
Île Clapperton – baie Beatty et N-O de la baie de Baker [8]17TML0938Ontario4030005098000Territoire non domanial
Île Clapperton – baie Beatty et N-O de la baie de Baker [8]17TML0948Ontario4040005098000Territoire non domanial
Île Clapperton - alvars du nord et baie Logan [9]17TML0958Ontario4050005098000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Clapperton - alvars du nord et baie Logan [9]17TML0968Ontario4060005098000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Clapperton - alvars du nord et baie Logan [9]17TML0969Ontario4060005099000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Clapperton - alvars du nord et baie Logan [9]17TML0978Ontario4070005098000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Clapperton - alvars du nord et baie Logan [9]17TML0979Ontario4070005099000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Clapperton - alvars du nord et baie Logan [9]17TMM0060Ontario4060005100000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Courtney [10]17TLL9996Ontario3990005096000Territoire non domanial
Île Courtney [10]17TML0906Ontario4000005096000Territoire non domanial
Île Darch [11]17TLM8092Ontario3890005102000Territoire non domanial
Île Darch [11]17TLM9001Ontario3900005101000Territoire non domanial
Île Darch [11]17TLM9002Ontario3900005102000Territoire non domanial
Île Darch [11]17TLM9011Ontario3910005101000Territoire non domanial
Île Darch [11]17TLM9012Ontario3910005102000Territoire non domanial
Pointe Freer [12]17TML1879Ontario4170005089000Territoire non domanial
Pointe Freer [12]17TML1889Ontario4180005089000Territoire non domanial
Pointe Freer [12]17TML1980Ontario4180005090000Territoire non domanial
Île Goat (pont tournant de Little Current) [13]17TML2992Ontario4290005092000Territoire non domanial
Île Goat (pont tournant de Little Current) [13]17TML3902Ontario4300005092000Territoire non domanial
Île Innes [18]17TLM9061Ontario3960005101000Territoire non domanial
Île Innes [18]17TLM9071Ontario3970005101000Territoire non domanial
Little Current, chemin Harbour View [19]17TML2991Ontario4290005091000Territoire non domanial
Little Current, chemin Harbour View [19]17TML3901Ontario4300005091000Territoire non domanial
Île Rous Est [20]17TML2926Ontario4220005096000Territoire non domanial
Île Rous Est [20]17TML2927Ontario4220005097000Territoire non domanial
Île Rous Est [20]17TML2936Ontario4230005096000Territoire non domanial
Île Rous Est [20]17TML2937Ontario4230005097000Territoire non domanial
Île Rous Ouest [21]17TML2905Ontario4200005095000Territoire non domanial
Île Rous Ouest [21]17TML2915Ontario4210005095000Territoire non domanial
Île Rous Ouest [21]17TML2916Ontario4210005096000Territoire non domanial
Île Rous Ouest [21]17TML2917Ontario4210005097000Territoire non domanial
Île Strawberry (extrémité nord) [22]17TML3839Ontario4330005089000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Strawberry (extrémité nord) [22]17TML3849Ontario4340005089000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Strawberry (extrémité nord) [22]17TML3930Ontario4330005090000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Strawberry (extrémité nord) [22]17TML3931Ontario4330005091000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Strawberry (extrémité nord) [22]17TML3940Ontario4340005090000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Strawberry (extrémité nord) [22]17TML3941Ontario4340005091000Autre territoire domanial et territoire non domanial
Île Strawberry (ouest de l'anse Bowell) [23]17TML3847Ontario4340005087000Territoire non domanial

h Fondé sur le système militaire de quadrillage UTM de référence (voir Le quadrillage UTM - Projections cartographiques), les deux premiers caractères et la lettre correspondent à la zone UTM, les deux lettres suivantes indiquent le quadrillage UTM de référence de 100 km x 100 km  suivies de deux caractères pour représenter le quadrillage UTM de référence  de 10 km x 10 km. Les deux derniers caractères représentent le quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km renfermant la totalité ou une partie d'une unité d'habitat essentiel. Ce code alphanumérique unique s'inspire de la méthodologie utilisée pour les Atlas des oiseaux nicheurs du Canada. (Pour en apprendre davantage sur les Atlas des oiseaux nicheurs, consulter le site Études d'Oiseaux Canada)

i Les coordonnées indiquées sont une représentation cartographique de l'emplacement de l'habitat essentiel, présenté comme étant le coin sud-ouest du carré du quadrillage UTM de référence de 1 km x 1 km renfermant la totalité ou une partie d'une unité d'habitat essentiel. Les coordonnées peuvent ne pas faire partie de l'habitat essentiel et ne fournissent qu'une indication générale de l'emplacement.

j Le régime foncier est fourni à titre indicatif seulement, pour donner une idée générale des détenteurs des droits de propriété des terres où sont situées les unités d'habitat essentiel. Pour déterminer avec exactitude le régime foncier d'une terre, il faudra comparer les limites de l'habitat essentiel aux informations figurant au cadastre.

Figure A2. L'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger au Manitoba (chemin Stony Ridge [OE 6095], chemin Wagon Creek [OE 6096], St. Laurent [OE 5196]) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l'emplacement géographique général renfermant de l'habitat essentiel. Les zones à l'extérieur des unités ombrées en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure A2

La figure A2 montre 14 carrés du quadrillage, tous situés près de Saint-Laurent, au Manitoba.

Figure A3. L'habitat essentiel de la gérardie de Gattinger au Manitoba (site 18W [OE 5045], site 16W [OE 5193]) est représenté par les unités ombrées en jaune, là où les critères énoncés à la section 7.1 sont respectés. Le quadrillage UTM de 1 km × 1 km montré dans cette figure est un système de quadrillage national de référence qui indique l'emplacement géographique général renfermant de l'habitat essentiel. Les zones à l'extérieur des unités ombrées en jaune ne renferment pas d'habitat essentiel.
Image de carte (voir longue description ci-dessous)
Description longue pour la figure A3

La figure A3 montre quatre carrés du quadrillage, au sud de Saint-Laurent, au Manitoba.

Annexe B : Effets sur l'environnement et sur les espèces non ciblées

Une évaluation environnementale stratégique (EES) est effectuée pour tous les documents de planification du rétablissement élaborés en vertu de la LEP, conformément à la Directive du Cabinet sur l'évaluation environnementale des projets de politiques, de plans et de programmes. L'objet de l'EES est d'incorporer les considérations environnementales à l'élaboration des projets de politiques, de plans et de programmes publics pour appuyer une prise de décisions éclairées du point de vue de l'environnement, et d'évaluer si les résultats d'un document de planification du rétablissement peuvent affecter un élément de l'environnement ou tout objectif ou cible de la Stratégie fédérale de développement durable (SFDD).

La planification du rétablissement vise à favoriser les espèces en péril et la biodiversité en général. Il est cependant reconnu que des programmes peuvent, par inadvertance, produire des effets environnementaux qui dépassent les avantages prévus. Le processus de planification fondé sur des lignes directrices nationales tient directement compte de tous les effets environnementaux, notamment des incidences possibles sur des espèces ou des habitats non ciblés. Les résultats de l'EES sont directement inclus dans le programme lui-même, mais également résumés dans le présent énoncé, ci-dessous.

Les principales menaces pesant sur la gérardie de Gattinger sont les corridors de transport et de service, les intrusions et perturbations humaines, les modifications du système naturel causées par les incendies et la suppression des incendies ainsi que les espèces exotiques (non indigènes) envahissantes. Les stratégies et approches générales et les mesures recommandées visent à appuyer le rétablissement de la gérardie de Gattinger au Canada. Dans l'ensemble, les activités de conservation et de gestion associées à la gérardie de Gattinger bénéficieront aux espèces non ciblées, aux communautés naturelles et aux processus écologiques. En règle générale, les mesures qui comportent ou reproduisent les régimes naturels de perturbations sont des composantes naturelles des écosystèmes et ne devraient pas avoir d'effet négatif sur la persistance des populations d'autres espèces indigènes, en particulier si le moment, l'intensité et la fréquence reproduisent ceux des processus naturels (p. ex. les incendies) (Samson et Knopf, 1994). Toutefois, certaines mesures de gestion, y compris les brûlages dirigés, le fauchage ou le pâturage, et certaines formes de lutte intégrée contre les mauvaises herbes, pourraient avoir des effets négatifs sur certaines autres espèces à court ou à long terme. Par exemple, le fauchage peut avoir des effets négatifs sur l'hespérie du Dakota (Hesperia dacotae), l'aster soyeux, la gérardie de Gattinger et la gérardie rude s'il est réalisé à la fin de l'été ou en automne, alors qu'il peut nuire à une autre espèce en péril, le cypripède blanc (Cypripedium candidum), s'il est effectué au printemps ou au début de l'été (Environment Canada, 2014; MB Conservation, résumés de gestion inédits). Les brûlages dirigés peuvent améliorer l'habitat d'espèces rares ou en péril de la prairie à herbes hautes, mais cette pratique pourrait aussi nuire à certaines espèces sensibles au feu. Par le passé, les incendies représentaient un processus naturel qui permettait le maintien des écosystèmes de prairie, et ils ont été utilisés comme outil de gestion par les collectivités autochtones durant des millénaires. Les réductions des populations d'espèces sensibles au feu causées par les brûlages ne devraient pas excéder les fluctuations qui découleraient d'un régime d'incendie naturel. En outre, les incendies peuvent réduire la présence des espèces ligneuses, ce qui serait bénéfique pour les espèces des prairies à herbes hautes. Les brûlages ne devraient pas avoir d'effet considérable sur les espèces ligneuses qui empiètent sur la prairie, car elles sont communes dans les milieux non brûlés.

Le tableau B1 renferme une liste de certaines des espèces qui pourraient profiter des activités de gestion, ainsi que leur statut de conservation. De nombreuses autres espèces non classées et rares à l'échelle provinciale (Catling, 1995; Reschke et al., 1999; Brownell et Riley, 2000) profiteront également de ces activités.

Tableau B1. Espèces en péril de compétence fédérale qui cohabitent, ou pourraient cohabiter avec la gérardie de Gattinger.
Nom françaisNom scientifiqueStatut selon la LEP
Gérardie rudeAgalinis asperaEn voie de disparition
Aster soyeuxSymphyotrichum sericeumEn voie de disparition
Verge d'or de HoughtonSolidago houghtoniiPréoccupante
Gérardie de SkinnerAgalinis skinnerianaEn voie de disparition
Cypripède blancCypripedium candidumEn voie de disparition
Platanthère blanchâtre de l'OuestPlatanthera praeclaraEn voie de disparition
Verge d'or de RiddellSolidago riddelliiPréoccupante
Hespérie du DakotaHesperia dacotaeEn voie de disparition
Chardon de HillCirsium hilliiMenacée
Platanthère blanchâtre de l'EstPlatanthera leucophaeaEn voie de disparition
Liatris à épiLiatris spicataMenacée
Polygale incarnatPolygala incarnataEn voie de disparition
Verge d'or voyanteSolidago speciosaEn voie de disparition
Alétris farineuxAletris farinosaMenacée
Hespérie de PoweshiekOarisma poweshiekMenacée
MonarqueDanaus plexippusPréoccupante

Annexe C : Cotes de conservations infranationales attribuées à la gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri) au Canada et aux États-Unis

Tableau C1. Définition des cotes (NatureServe, 2016a)
Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)

Cote mondiale (G)
Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)

Cote nationale (N) (Canada)
Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)

Cote infranationale (S) (Canada)
Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)

Cote nationale (N) (États-Unis)
Gérardie de Gattinger (Agalinis gattingeri)

Cote infranationale (S) (États-Unis)
G4nN2lOntario (S2l); Manitoba (S1k)NNRpAlabama (SHq), Arkansas (SNRp), Illinois (S3m), Indiana (S3m), Iowa (S1k), Kansas (SNRp), Kentucky (S3mS4n), Louisiana (SNRp), Michigan (S1k), Minnesota (S1k), Mississippi (SNRp), Missouri (SNRp), Nebraska (S1S3)
Ohio (S2l), Oklahoma (SNRp),
Tennessee (S2lS3m), Texas (S2l), Wisconsin (S2l)

Cotes infranationales :

k S1/N1 : Gravament en péril – Espèce extrêmement susceptible de disparaître du territoire N – national, S – État/province en raison d'une aire de répartition très limitée, d'un nombre très restreint de populations ou d'occurrences, de déclins très marqués, de menaces graves ou d'autres facteurs.

l S2/N2 : En péril –Espèce très susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition limitée, d'un nombre restreint de populations ou d'occurrences, de déclins marqués, de menaces graves ou d'autres facteurs.

m S3 : Vulnérable –Espèce modérément susceptible de disparaître du territoire en raison d'une aire de répartition plutôt limitée, d'un nombre relativement faible de populations ou d'occurrences, de déclins récents et généralisés, de menaces ou d'autres facteurs.

n S4/G4 : Apparemment non en péril – Espèce assez peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la grande étendue de son aire de répartition ou du grand nombre de populations ou d'occurrences, mais pour laquelle il existe des sources de préoccupations en raison de déclins localisés récents, de menaces ou d'autres facteurs.

o S5/N5/G5 : Non en péril –Espèce très peu susceptible de disparaître du territoire en raison de la très vaste étendue de son aire de répartition ou de l'abondance de populations ou d'occurrences et ne suscitant aucune préoccupation associée à des déclins ou des menaces ou n'en suscitant que très peu.

p SNR/NNR : Non classée – Espèce dont le statut de conservation national ou infranational n'a pas encore été évalué.

q SH : Possiblement disparue.

Note de bas de page

Note 4 de bas de page

Ces zones protégées par le gouvernement fédéral sont les suivantes : un parc national du Canada dénommé et décrit à l'annexe 1 de la Loi sur les parcs nationaux du Canada, le parc urbain national de la Rouge créé par la Loi sur le parc urbain national de la Rouge, une zone de protection marine sous le régime de la Loi sur les océans, un refuge d'oiseaux migrateurs sous le régime de la Loi de 1994 sur la convention concernant les oiseaux migrateurs ou une réserve nationale de la faune sous le régime de la Loi sur les espèces sauvages du Canada. Voir le paragraphe 58(2) de la LEP.

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Note 5 de bas de page

Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l'Ontario au programme de rétablissement dans laquelle gouvernement de l'Ontario résume les mesures prioritaires qu'il prévoit prendre ou appuyer.

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Note 6 de bas de page

Germination de la graine, établissement du semis, production et dispersion des graines.

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Note 7 de bas de page

Zones dégagées à sol mince recouvrant un substrat plat de calcaire ou de dolomie, où il n'y a pas de couvert continu d'arbres. Les alvars présentent une association très particulière d'espèces, dont plusieurs sont limitées à ce type d'habitat (Brownell et Riley, 2000).

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Note 8 de bas de page

Peu commune sans être rare; source de préoccupation à long terme en raison de déclins ou d'autres facteurs.

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Note 9 de bas de page

Espèce dont la situation à l'échelle du pays n'a pas encore été évaluée.

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Note 10 de bas de page

Espèce ou communauté pour laquelle il existe des mentions historiques dans l'État ou la province, et qu'on croit encore possible de retrouver.

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Note 11 de bas de page

Espèce vulnérable dans le pays, l'État ou la province en raison d'une aire de répartition limitée, d'un nombre relativement faible de populations (souvent 80 ou moins), de déclins récents et généralisés ou d'autres facteurs susceptibles d'entraîner sa disparition.

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Note 12 de bas de page

Espèce en péril dans le pays, l'État ou la province en raison de sa rareté, laquelle découle d'une aire de répartition très restreinte, d'un très petit nombre de populations (souvent 20 ou moins), de déclins marqués ou d'autres facteurs qui la rendent très susceptible de disparaître du pays, de l'État ou de la province.

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Note 13 de bas de page

Espèce gravement en péril dans le pays, l'État ou la province en raison de son extrême rareté (souvent 5 occurrences ou moins) ou de certains facteurs, tels que des déclins très marqués, qui la rendent particulièrement susceptible de disparaître de l'État ou de la province.

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Note 14 de bas de page

Espèce sauvage qui, de façon imminente, risque de disparaître du pays ou de la planète.

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Note 15 de bas de page

Espèce qui vit à l'état sauvage en Ontario, mais qui risque, de façon imminente, de disparaître de cette province ou de la planète.

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Note 16 de bas de page

« Lorsqu'il détermine qu'une espèce indigène du Manitoba est menacée de disparition imminente ou de déracinement dans toute la région ou une partie importante de la région qu'elle occupe dans la province, le lieutenant-gouverneur en conseil peut, par règlement, la déclarer espèce en voie de disparition. » (paragraphe 8(1) de la Loi sur les espèces et les écosystèmes en voie de disparition du Manitoba.

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Note 17 de bas de page

Aux fins du présent programme de rétablissement, une population est définie comme étant une ou plusieurs occurrences (un ou plusieurs individus de l'espèce) et correspond à une occurrence d'élément telle que définie par NatureServe (2016 b).

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Note 18 de bas de page

Population qui est considérée comme toujours existante, c'est-à-dire qui n'a pas été détruite ou n'est pas disparue.

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Note 19 de bas de page

Réserve de graines souvent dormantes naturellement présente dans le sol. Les plantes annuelles peuvent dépendre fortement des graines du réservoir pour se maintenir d'année en année, particulièrement dans les habitats de début de succession et/ou les habitats dynamiques naturellement transitoires ou morcelés; la germination est favorisée au moment et à l'endroit où les conditions idéales du microhabitat sont présentes.

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Note 20 de bas de page

Plante parasite qui est capable de photosynthèse, mais qui tire également des nutriments de sa plante hôte. Ce type d'organisme peut vivre indépendamment ou comme parasite.

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Note 21 de bas de page

Croisement (chez les animaux ou les végétaux) d'individus de souches différentes, mais généralement de la même espèce. Ce mode de croisement réduit les probabilités qu'un individu soit sujet à des maladies ou présente des anomalies génétiques.

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Note 22 de bas de page

La période de floraison de la gérardie de Gattinger s'échelonne généralement du 8 au 16 août et est terminée le 26 août au Manitoba (Murray, 2013; Jones, 2015).

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Note 23 de bas de page

Occurrences de la gérardie de Gattinger connues d'Environnement et Changement climatique Canada en date d'août 2015 (pour le Manitoba) et d'avril 2016 (pour l'Ontario).

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